6 affaires indispensables dans le sac d’un backpackeur

Des listes d’affaires à emporter dans votre sac pour votre voyage (que ce soit un weekend prolongé ou un tour du monde), vous en trouverez des tas sur le net. De la liste minimaliste où vous partez avec un(e) caleçon/culotte et un t-shirt à la liste exhaustive où vous aurez même un oreiller gonflable, il y a le choix. Mais ce n’est pas à moi de vous dire si vous devez mettre un t-shirt de plus ou de moins dans votre sac, non.

En revanche, je peux vous dire quelles sont les affaires dont je ne pourrais personnellement plus me passer après mes 7 premières semaines de tour du monde. Des affaires que vous ne trouverez pas forcément dans d’autres listes, mais auxquelles vous ne prêterez même plus attention tellement il sera devenu utile et normal de les utiliser.

 

1) Des sacs Compactor

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Ce sont de gros sacs en plastique façon zip-lock mais compressibles. Du coup ça vous permet de compartimenter vos vêtements et avoir un sac super organisé, réduire nettement la place que prennent vos habits en les compressant, et puis surtout les garder au sec. En effet, même avec une housse de pluie, lorsqu’il pleut comme vache qui pisse, personne n’est malheureusement à l’abri d’une infiltration d’eau dans son sac… Autant vous dire que j’ai tout de suite adhéré à cette invention simple, mais tout à fait géniale !

 

2) La gourde Water-to-go

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C’est LA gourde dont on ne se passe plus en voyage grâce à son filtre intégré. Car des possibilités de purification de l’eau il y en des tas, mais l’avantage de la Water-to-go c’est que c’est écolo (pas besoin d’acheter 3 bouteilles d’eau par jour), et qu’en comparaison des pastilles il n’y a pas besoin d’attendre 2h avant d’avoir de l’eau potable. En plus, mes tests dans différents pays ont été plus que concluants : l’eau a toujours bon goût et je ne suis jamais tombé malade ! Avec cette gourde c’est aussi simple que cela : remplissez et profitez tout de suite !

 

3) Des t-shirts en laine de mérinos

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La laine de mérinos, c’est de la laine qui respire : les t-shirts sèchent en rien de temps et évitent les odeurs au bout de plusieurs jours de portage. Du coup, j’en utilise systématiquement pour partir en trek ou simplement lorsqu’il fait trop chaud en ville et à chaque fois je me dis que j’ai fait le bon choix !

 

4) Le savon Dr. Bronner

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C’est un savon mais pas que : il fait aussi shampoing, lessive, dentifrice, mousse à raser et j’en passe. Résultat : au lieu de vous trimbaler trois/quatre bouteilles dans votre trousse de toilette, vous avez juste ce savon en version solide ou liquide. Votre dos vous en sera très reconnaissant, croyez-moi. Je n’ai malheureusement pas encore testé tous les usages du savon tellement il y en a, mais pour le corps, les cheveux et le linge, c’est le top du top ! Et le bonus écolo : c’est du 100% naturel.

 

 

5) Une liseuse

 

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Des centaine de milliers de livres dans un seul appareil léger ? C’est possible. Et quand on porte toutes ses affaires sur son dos à travers villes, mers et montagnes, ça devient vite indispensable.

 

6) L’application maps.me

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Bon, ce n’est pas vraiment une affaire à proprement parler… Ceci dit, je dois vous en parler, car je ne pourrais certainement pas y renoncer. Maps.me c’est Google Maps mais en hors ligne (seul petit bémol : certaines adresses référencées n’existent plus). Ainsi, plus besoin de changer de carte sim à chaque pays, il vous suffit de télécharger la carte dont vous avez besoin juste avant de partir. Ah oui j’oubliais : c’est gratuit !

 

C’est en route que l’on voit si les bagages sont bien chargés. Proverbe italien

 

Kirghizistan : premières impressions (Bichkek et alentours)

C’est fou ce que le temps passe vite ! J’ai l’impression que mon tour du monde avec ma compagne débute à peine, et pourtant non, cela fait déjà 4 semaines que nous sommes partis. Partis pour ce pays encore inconnu de la plupart des gens, du moins lorsqu’il s’agit de le localiser sur un globe. Allez, je vous aide : c’est un petit pays d’Asie centrale recouvert à 70% de montagnes, niché entre la Chine, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kazakhstan.

 

Ce qui me marqua dès notre arrivée à Bichkek, la capitale du pays, ce fut le nombre incroyable de français parmi les touristes. Je quitte à peine mon pays que m’y voilà partiellement replongé. C’est tout de même le comble. Le retour en « France » fut cependant bref. L’arrivée du bus navette depuis l’aéroport vers la ville me ramena très vite à la réalité une fois séparé de mes concitoyens.

 

Le voyage pouvait enfin commencer. Quand bien même je n’avais justement pas encore réalisé que le tour du monde avait commencé, je ne manquais pourtant pas d’observer et de m’immerger dans mon nouveau lieu de vie temporaire.

 

Bichkek, une ville étendue

Bichkek est une ville qui manque de caractère : de ces larges avenues tracées par les soviétiques, seules les belles lignées d’arbres viennent agrémenter le tout. C’est une ville néanmoins intéressante de par son animation, et il est aisé de trouver de bons restaurants et cafés, tout aussi bien que de manger pour pas cher du tout. Enfin, ce doit être mon côté parisien amateur de grandes villes qui apprécie ce remue-ménage et cette excitation, ce n’est pas le cas de tout le monde.

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Une ville qui manque quelque peu de charme…
Mais à part ça, je dois dire qu’on en a vite fait le tour : quelques monuments, mémoriaux ou parcs par ci par là, et voilà. Enfin, on a vite fait le tour… manière de parler, la ville est en réalité très étendue.

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Un des monuments qui agrémentent Bichkek
Nous avons d’ailleurs fait les frais de la taille hégémonique de la ville. La navette qui relie l’aéroport à la ville nous ayant déposé à la gare routière de l’ouest, elle-même située à plusieurs kilomètres du centre-ville, nous avons dû nous farcir une bonne marche, chargés d’environ 18 kilos chacun, en plein soleil sous 37 degrés. Quelle poisse ! (Ai-je pensé sur le moment). Ce que je ne savais pas encore, c’est qu’une fois enfin arrivés au centre (sur Chuy, l’avenue centrale de Bichkek), notre périple n’était pas terminé. En effet, nous cherchions un logement et n’avions rien réservé. Préférant voyager libre, nous nous abstenons quasi-systématiquement de faire des réservations, afin de n’être ni attaché par un lieu ni par une date à respecter. De plus, mon guide indiquait que même en haute saison, il n’était pas nécessaire de réserver à Bichkek. Mais le destin avait décidé de nous faire payer notre chère liberté pour cette fois-ci : on s’est retrouvés à errer dans la ville tels des vagabonds désespérés, en essayant plusieurs auberges de jeunesses toutes plus pleines les unes que les autres et chacune séparée de plusieurs kilomètres de l’autre… Après quasiment une journée entière à user nos jambes et nos dos sous la chaleur écrasante, nous avons enfin trouvé un toit. Ce dernier prit la forme d’une auberge en plein centre où nous avions une chambre généreusement spacieuse avec lit double et meubles de rangement. Une jolie récompense après une journée que je ne suis pas prêt d’oublier.

 

Une bonne chose à faire à Bichkek : manger (local) !

Je n’oublierai pas non plus nos découvertes culinaires dans la capitale. Notre tout premier restaurant au Kirghizistan fut un petit restaurant local, que nous avions déniché en pleine recherche de logement lors de notre fameux premier jour. Il ne payait pas de mine de l’extérieur, c’est à peine si on pouvait deviner qu’il s’agissait d’un restaurant depuis dehors, à moins d’y attarder un peu plus son attention. On s’est installés à une table, avons posé nos gros sacs avant d’essayer de demander un menu dans notre russe quasi-inexistant. Ici au Kirghizistan, on parle russe et kirghize (du coup on s’était mis en tête d’apprendre un peu le russe pour faciliter les échanges, mais nous ne sommes jamais allés très loin). Puis on a essayé de commander. Après quelques tentatives de communication plus ou moins fructueuses, on a réussi à commander un plat. Il s’agissait de Mantys, de délicieux raviolis fourrés de mouton, de sa graisse, et d’oignons. Un régal de gras. Que nous avons d’ailleurs pris l’habitude de régulièrement commander au restaurant.

 

Une autre découverte culinaire fort agréable fut celle que nous avons fait au bazar Och, à l’ouest de la ville. Bazar qui porte le même nom que la ville du sud du pays fameuse pour… son bazar.

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Le bazar Och à Bichkek
En déambulant dans les allées du bazar, nous sommes tombés sur un petit restaurant au bout d’un recoin où nous avons eu le bon flair d’aller fourrer notre nez. Nous nous sommes accordés ma compagne et moi pour commander un plat dont le nom ne nous évoquait rien : des Oromos. Ça ressemble à des Mantys mais en plus gros. La garniture en l’occurrence n’était pas exactement la même : il y avait du mouton bien sûr, mais aussi de la ciboulette pour agrémenter le tout. C’était très bon, notamment avec cette sorte de ketchup épicé que les kirghizes semblent rajouter dans de nombreux plats.

Le bazar nous a aussi permis de trouver un autre restaurant, moins caché celui-là, mais qui fut néanmoins digne de la découverte. Nous y avons goûté le Plov, un plat composé majoritairement de riz, avec en plus des carottes râpées ainsi que des petits bouts de viande (souvent du bœuf). Encore une fois, cela baignait dans l’huile, à se demander s’ils y ont versé une bouteille entière. Je force bien sûr le trait, mais j’ai remarqué que les supérettes vendaient des bouteilles de 5 litres, là où en France on trouverait des bouteilles d’un litre. Mais bon, le gras donne bon goût, « le gras c’est la vie » comme disait Karadoc dans une célèbre série française.

 

Dernier essai de cuisine locale que nous avons fait à Bichkek : il s’agissait d’un restaurant typique assez connu du nom d’une ville de sud du Kirghizistan : Djalalabad. Nous avions trouvé l’adresse dans notre guide. Ce lieu était typique non seulement pour la nourriture (je vais y venir après), mais aussi pour ses Takhtan : il s’agit de plateformes surélevées, cernées par une barrière basse sur son long et ponctuée en son centre d’une large ou longue table basse. Des coussins viennent apporter le confort nécessaire tout du long de cette table.

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Des Takhtans (joli et cosy non ?) 
C’est là que nous avons goûté pour la première fois le Laghman, un plat que mangent régulièrement les kirghizes. Il y a deux versions : une avec bouillon, une sans bouillon où les éléments sont sautés à la poêle. Pour cette fois, nous avions la seconde. Ce fut délicieux, cela nous a fait penser à la cuisine du sud-est asiatique. Et pour cause : c’est un plat ouïgour, une ethnie originaire de Chine. Il était constitué de nouilles longues (qui font référence à la longévité, c’est la seule raison pour laquelle elles sont longues, car il faut avouer que ce n’est pas toujours pratique à manger), de légumes (souvent du poivron et des pommes de terre, mais parfois aussi parfois des haricots, des tomates ou autre), et de viande (de bœuf le plus souvent).

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Laghman : nouilles, boeuf et légumes

En somme, la cuisine kirghize est loin de ce qui est souvent décrit tant bien sur le web que dans les guides : on ne mange pas que du mouton, encore moins les yeux, du moins dans les restaurants. En revanche, il y a effectivement de la viande partout mais pas nécessairement en grande quantité, et c’est généralement très gras. Au final, cela fait de la cuisine kirghize une cuisine riche et très bonne au goût mais à compléter si vous le pouvez par des fruits achetés au marché. Il est heureux que le Kirghizistan soit généralement l’occasion de faire de la randonnée et d’éliminer par la même les calories en trop.

Si jamais l’envie vous prend de faire une pause café occidental, je vous recommande fortement le Chuykoff (Чуйkoff), c’est un café central équipé du wifi pour donner des nouvelles ou glander sur facebook si le cœur vous en dit. Mais bien plus important que cela, il dispose d’une terrasse sympathique et sert des thés glacés à tomber ! Même si on est censés se méfier de l’eau à l’étranger, après un mois ici on a jamais eu aucun problème avec les thés glacés ou les légumes crus (par contre on a pris soin d’éviter de boire directement au robinet), le fait d’avoir des montagnes et donc des sources toutes proches doit aider.

 

Randonnée et paresse à Ala Archa

En parlant de montagne justement, c’est à la randonnée que nous nous sommes justement attelés après nos trois jours passés dans la capitale kirghize. A 40 kilomètres seulement au sud de Bichkek sont plantées de majestueuses montagnes que l’on peut d’ailleurs apercevoir par temps dégagé dans certaines rues de la ville. C’est là que nous nous sommes rendus, plus précisément au parc national de Ala Archa. Randonnée donc… mais aussi flânerie et pique-niques dans les environs.

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Petit-déj en bord de rivière…
Les paysages alpins du parc sont tout simplement touchants de beauté. C’était vraiment ressourçant de passer du temps là-bas. 

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En pleine randonnée, un peu d’eau issue des glaciers pour se fouetter le visage et on repart !
Ressourçant non seulement lors de la randonnée qui fut un émerveillement renouvelé à chaque seconde, mais également lors du temps que nous avons passé près d’une charmante rivière, où des locaux sont venus partager une partie de leur pique-nique avec nous. Ils nous ont gentiment apporté un plat ressemblant à une ratatouille avec du bœuf ainsi que le pain blanc typique : le Tandir Nan. Il est en forme de couronne et cuit collé sous la voûte d’un four en glaise. Un régal.

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Plein de Tandir Nans… Miam !
Au fait, je ne le vous l’ai pas encore dit, mais pour le Kirghizistan et la Mongolie, j’ai décidé de suspendre temporairement mon végétarisme. Pour une raison pratique déjà : la viande est omniprésente, il est difficile de l’éviter, à moins de se nourrir de salade ou d’acheter du pain et du fromage. Et c’est là qu’intervient justement la deuxième raison : je ne suis pas venu au Kirghizistan pour bouffer du pain et du fromage. Voyager c’est pour moi découvrir une culture, et la cuisine en fait naturellement partie.

 

Voici comment s’achevèrent nos 5 premiers jours dans celle qu’on surnomme la Suisse d’Asie centrale.

Tour d’un monde

Jusqu’à la dernière minute j’ai cru que je finirai par réaliser ce qui nous arrive ma fiancée et moi avant de partir. Et puis tout s’est déroulé si vite à la fin : tout à coup c’était au revoir les amis, puis au revoir la famille, et bien sûr au revoir Paris la belle. Je pensais que j’aurais plein de temps pour être excité et réaliser pendant les deux mois passés à Paris pour les préparatifs et pour voir famille et amis, et bien non. Je n’en ai pas eu le temps, car j’étais occupé à autre chose. C’est seulement maintenant que nous sommes au Kirghizistan depuis deux semaines que je commence à réaliser. Il fallait donc voir pour croire…

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Finalement ce tour du monde, je pense qu’il va falloir l’apprivoiser tant c’est une expérience unique et inhabituelle, tant cela sort des sentiers battus. A force de lire des blogs, forums et pages facebook sur ce sujet, on a presque fini par croire que c’était normal de partir un an en voyage. Pourtant ça ne l’est pas, et ça reste ainsi difficile à appréhender. Car même si nous sommes de plus en plus nombreux à le faire, on ne fait tout de même pas un tour du monde tous les quatre matins en un claquement de doigts. Et pour cause : quitter son boulot, quitter son appart, c’est bien quelque chose de spécial.

Et puis…Un an. Un an c’est long. Nous étions partis au maximum 2 mois en Asie du sud-est, c’est déjà pas mal, mais à côté ça reste peu. Un an donc à profiter, un an à voir des paysages comme on ne pouvait qu’en rêver, un an à faire et défaire les sacs-à-dos tous les deux jours, un an à rencontrer des gens de toutes sortes, un an dans les bus locaux, un an avec des vêtements pas toujours propres, un an à déguster des plats plus originaux/bizarres les uns que les autres et j’en passe.

 

Oui, un an de voyage c’est long, et je crois qu’en fin de compte il faudra bien cette année pour le réaliser.

 

Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. Lao-Tseu

Prêts pour le tour du monde ?

Tout d’abord je voulais dire que je suis désolé de ne pas avoir écrit depuis environ un mois ! Mais les divers préparatifs de voyage et occupations à droite à gauche ainsi que le manque d’inspiration m’en ont empêché depuis….

Dans tous les cas, à désormais 3 semaines du grand départ, la question de savoir si on était prêts m’est apparue légitime…

En effet, je réalise que pendant cette période de préparation, notre vie est belle est bien différente de celle que nous allons mener sur la route avec ma fiancée.

Et ce déjà pour la raison évidente que pour l’instant nous ne sommes techniquement pas sur la route et vivons donc dans un confort des plus appréciables. Chacun demeurant chez ses parents (elle en Autriche, moi en France), avec un accès à des douches chaudes, un bon lit confortable, de l’eau toujours potable à volonté, des moyens de déplacement pratiques et familiers, des vêtements propres et variés etc etc…. Cela paraît d’une évidence affligeante que d’avoir tout cela à disposition.

Pourtant, une fois partis, ce ne le sera plus.

 

Oui notre vie est bien différente pour le moment que ce qui nous attend au loin en Asie centrale et après.

 

Car nous sommes encore bien trop régulièrement suspendus à nos smartphones, à vérifier les news ou les notifications facebook, comme si cela avait une quelconque importance…

Car nous sommes à chaque fois excités d’aller acheter de nouveaux équipement pour le voyage… Alors que ce voyage justement est censé nous éloigné ne serait-ce qu’un temps soit peu de ces habitudes consommatrices devenues trop familières.

Je ne dis pas qu’il ne faut tirer aucun bonheur de cela, simplement qu’il y a plus important dans la vie, et que c’est précisément ce que nous sommes partis chercher pendant ce tour du monde.

Alors donc, cessons la culpabilisation, peut-être notre vie actuelle est-elle un peu superficielle, mais, dans notre esprit, en route nous le sommes déjà, rien que pour avoir décidé de partir, et donc de changer. Partir découvrir ce que nous sommes vraiment, ce que la vie a à offrir de mieux. Et l’essentiel c’est cela. Car ce qu’il y a d’important dans un voyage tant physique que spirituel, c’est le chemin, et non l’arrivée.

De toute façon, arrive-t-on jamais vraiment quelque part ?

 

 

Ce n’est pas le but qui compte, c’est le chemin. Valérie Guignabodet

Prenez votre temps

Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi vous n’avez le temps de rien faire ? Moi si.

Pourtant le temps, on en a ! Et même bien plus qu’avant. En effet, au 19ème siècle encore, on pratiquait la journée de travail de 14h couramment, on n’avait aucun congé payé, on se déplaçait à pieds ou à cheval, sans compter que beaucoup de choses devaient se faire en se déplaçant (rendez-vous, tâches administratives etc.) Aujourd’hui, on travaille environ 8h par jour, on a 5 semaines de congés payés par an, on traverse le monde en avion, les pays en train ou en voiture, on peut se voir sans se déplacer grâce aux nouvelles technologies…

Comment cela se fait-il donc que nous ayons cette impression, de ne jamais pouvoir dégager suffisamment de temps pour faire tout ce que l’on souhaite ?

En fait, pour avoir le temps, encore faudrait-il le prendre.

 

 

Le temps, ce n’est pas des maths

Le problème dans tout cela n’est en fait pas mathématique. Mais on nous a appris à le gérer comme tel. En effet, au travail, on se doit d’être efficace, alors on prend des habitudes. Puis notre société et l’éducation qu’on nous donne nous pousse toujours à cela, pour nos loisirs y compris. A raisonner en comptant tout, comme si le temps passé à faire des choses qu’on aime devait être efficace et rentable. Comme si tout se comptabilisait, comme si toutes les activités et occupations se valaient, et que le seul critère qui nous décidait à les faire ou non était le temps qu’elles nous prennent. Dramatique, mais c’est pourtant le point où nous sommes arrivés. Logique après tout, dans un monde dominé par l’économie capitaliste, où tout se compte et se calcule.

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Tout ne se vaut pas

Mais c’est une erreur grossière de jugement. Tout n’est pas réductible à de simples chiffres. Ça se saurait (ou pas, apparemment). Est-ce que vous attribuez une valeur au temps passé avec votre famille ou vos amis ? Non. Est-ce que vous attribuez une valeur à une balade en forêt ? Non. Est-ce que vous attribuez une valeur à un lever de soleil ? Non. C’est bien la preuve qu’on ne peut pas tout réduire à sa durée dans votre emploi du temps, ni à une valeur financière (l’un ayant souvent pour équivalent l’autre), ni encore à une utilité comptabilisable. Vous vous imaginez dire « j’ai vu des amis l’autre jour, mais ça a duré longtemps, ce n’était pas très efficace, j’ai perdu trop de temps » ?

Nous revoilà donc à ma phrase précédente : pour avoir le temps, il faut le prendre. Il faut sortir de cette logique de tout comptabiliser, calculer et chiffrer. Ca marche bien pour l’économie, mais tout n’est pas économie, richesse matérielle et argent ! (c’est normal, économie signifie « mesure de l’environnement »)

 

Arrêtez de remplir votre agenda, profitez !

En effet, nous passons notre temps à courir d’une activité à une autre, comme si le but ici était de simplement « remplir » le temps sans le prendre (encore une fois). Comme si dès qu’on se lançait dans quelque chose, on était tout de suite dans l’expectative de ce qui viendrait après. Tout cela sans prendre le temps de savourer, de prendre part réellement à ce que l’on fait.

La prochaine fois que vous ferez une activité que vous appréciez, éloignez montre, téléphone et tout appareil susceptible de vous déconcentrer en vous faisant compter le temps passé. Vous apprécierez ce moment d’autant plus. Et ne me dites pas : mais prendre mon temps ne me donnera pas plus de temps ! Non mais de toute façon le temps est limité, vous ne pourrez toujours faire qu’un certain nombre d’activités par jour, par mois ou par an. Mais encore une fois, le but n’est pas d’intercaler de plus en plus d’occupations dans chaque espace de temps « libre »: plus vous êtes « occupé », moins vous êtes libre. Avez-vous sincèrement l’impression d’être libre enchaîné au calendrier de votre smartphone ? Vous sentez-vous plus heureux ? Tout ne se vaut pas. Arrêtez de compter, et revoyez vos priorités.

 

Pour comprendre l’intérêt de revoir vos priorités, je vous conseille l’article « Pourquoi j’ai fait des « erreurs » de jeunesse » 😉

 

Ce qui remplit votre temps n’est pas forcément ce qui comble votre vie. Gilles Legardinier

Petit lexique de français Suisse

Suite à près de 3 ans passé en Suisse ou presque (je travaillais à Genève jusqu’alors mais résidais en France), je voulais vous livrer quelques mots qui pourront vous aider si vous souhaitez vous installer en Suisse ou simplement y faire du tourisme. 

Je ne traiterai que la Suisse romande (donc la partie ouest qui est francophone) car c’est là que j’étais.

 

  • Septante, huitante, nonante : cela paraît très bizarre pour un Français, cependant lorsqu’on y réfléchi un peu, c’est plus logique. On ne dit pas vingt-vingt ou trente-dix pour dire quarante, alors pourquoi soixante-dix ? Il doit y avoir une explication historique, mais il faut au moins admettre que la manière Suisse est plus cohérente. Attention par contre dans le canton de Genève on dit tout de même quatre-vingt… Du coup vous me direz, pour la cohérence on repassera.

 

  • Tout de bon ! : en Suisse on ne souhaite pas un joyeux anniversaire, ou une bonne continuation, non, on dit « tout de bon », c’est d’ailleurs un lexique partagé avec la Haute-Savoie. Cela vient à mon avis de l’influence germanique. En effet, en allemand on dit « Alles Gute » pour souhaiter un joyeux anniversaire, ce qui est la traduction littérale pour « tout de bon ».

 

  • Parquer : on vous demandera où vous êtes parqué pour savoir où vous êtes garé, encore une fois, je dois saluer la cohérence Suisse : normalement un garage est le lieu pour faire réparer sa voiture, voire en acheter une, pas pour la stationner (bien qu’elle stationne effectivement aussi dans un garage pour la réparation… d’où le lien j’imagine), et un parking le lieu pour la parquer. Logique donc.

 

  • Gentiment : bon a priori, ce mot, vous le connaissez. Sauf qu’en Suisse ça peut signifier autre chose. Le mot est effectivement utilisé pour dire par exemple que quelqu’un arrive tranquillement, sans précipitation. Ce qui est rigolo avec cette utilisation du mot je trouve, est le renforcement qu’il engendre du stéréotype (fondé ? 🙂 ) que nous avons à l’esprit du Suisse qui est plutôt lent dans ses actions. Je doute en effet que si vous allez à un rdv en France et qu’on vous demande où vous en êtes, vous alliez répondre que vous arrivez sans vous presser.

 

  • Service ! : c’est ce qu’un commerçant vous répondra par politesse lorsque vous le remercierez pour les renseignements qu’il vous a fourni par exemple. Plutôt que les classiques « je vous en prie » ou « de rien ». Quoiqu’on entende en France des « à votre service », mais c’est plutôt long, et nettement moins usité.

 

  • Natel : bon là je ne suis pas fan, car c’est un nom de marque… mais bon, il faut bien respecter les usages, car un langage reste un outil de communication, qu’on aime ou pas certains de ses mots. Pour en venir au mot en question, un natel est simplement un portable, un (téléphone) mobile. Mais Natel est à l’origine le nom du réseau mobile Suisse dont l’opérateur Swisscom possède désormais le nom de marque.

 

  • Une chiée : je ne l’ai remarqué que récemment mais c’est un mot utilisé en fait régulièrement pour évoquer « plein de », « tout un tas de » quelque chose. Au début j’étais, je dois le dire, un peu interloqué par cet usage, car cela reste un poil vulgaire à mon goût, mais pas choquant non plus. Peut-être les Suisses ne perçoivent-ils pas cela ainsi.

 

  • Sans autre : cela veut dire « sans chichi », sans se formaliser, de façon simple. 

 

  • Ça joue : alors cette expression est une des premières que j’ai entendue en Suisse et en Haute-Savoie y compris (que voulez-vous, les langues n’ont pas de frontières), j’étais un peu déconcerté au début, mais on s’y fait rapidement, car je trouve la signification assez logique. Cela veut simplement dire « ça marche » (ou tout autre variante, mais si je vous fais une liste, on en a pour un moment). D’ailleurs cette expression s’est taillée une place dans mon vocabulaire, on verra si cela reste une fois la Suisse quittée pour de bon.

 

  • Santé ! : vous allez me dire que vous connaissez, pas besoin d’aller en Suisse pour cela. Et bien si ! Car tout comme pour « gentiment », il y a un autre sens. Ce mot est à utiliser lorsque quelqu’un éternue, à la place de « à tes/vos souhaits » en France. Encore une fois, j’ai noté l’influence de l’idiome germanique, car en allemand on dit « Gesundheit! » lors d’un éternuement, ce qui est, une fois de plus, une traduction littérale.

 

  • Séance : jamais deux sans trois. Oui, encore un mot qui est utilisé en Suisse différemment qu’en France. En Suisse on n’est pas en réunion mais en séance. Le sens du mot en Suisse reste donc lié à celui en France, mais diffère tout de même.

 

  • Faites seulement : c’est une expression de politesse pour dire « je vous en prie ». Mais rien à voir avec le sens « de rien » puisqu’on retrouve une injonction dans les deux cas, indiquant à l’interlocuteur de procéder sans se gêner.

 

  • C’est tout bon : plutôt que de dire simplement « c’est bon », les Suisses, tout comme les hauts-savoyards disent « c’est tout bon », allez savoir pourquoi, peut-être qu’un simple « bon » n’était pas assez à leurs yeux. En tout cas j’ai chopé le virus et rajoute désormais depuis un moment un « tout » à tout ce qui est bon.

 

  • Maturité : encore un piège : cela n’a rien à voir avec la maturité d’un adolescent au sens où on l’entend en France (encore que, ça doit sûrement venir de là). Cela correspond tout simplement à l’équivalent du baccalauréat en France. Une fois de plus, c’est l’influence germanique qu’on ressent ici, car en allemand, le bac se dit « Matura ». Par contre, ce qui est intéressant, c’est que seulement les germanophones de Suisse ou d’Autriche disent Matura, en Allemagne c’est le mot « Abitur » qui vient remplacer la maturité.

 

Il y de nombreuses autres expressions ou mots à connaître pour comprendre et se faire comprendre en Suisse, mais je voulais juste lister ceux que j’ai entendu et/ou utilisés au quotidien. Si vous souhaitez compléter, de nombreux sites ont des listes plus longues (mais avec une simple traduction, sans explication), il suffit d’aller voir sur Google.

Bref, tout un monde la Suisse, l’apprentissage des particularités du français Suisse fût pour moi tantôt amusant, tantôt surprenant voire déconcertant. Dans tous les cas, il est toujours intéressant de remarquer par le biais de la langue les différences culturelles.

 

 

Connaître une langue à fond cela signifie connaître à fond le peuple qui la parle. Georg Christoph Lichtenberg

C’est quoi un tour du monde ?

Mon tour du monde avec ma fiancée approchant à grand pas (on part début août), je commence à y penser de plus en plus après la retombée faisant suite à la grande décision. Et je me suis interrogé plus en profondeur qu’avant sur ce que cela signifiait exactement que faire un tour du monde (j’avais en effet déjà écrit un article à ce sujet).

J’ai réalisé qu’il y a plusieurs façons de voir un tour du monde. Et bien sûr il n’y en a qu’une de « valide » selon moi.

 

Ce que ça n’est pas

Ce n’est pas une course, une collection de pays sur une liste. Ca va peut-être vous faire rigoler, mais certaines personnes le voient comme cela. Dans son livre « L’homme qui voulait voir tous les pays du monde » André Brugiroux, un célèbre globe-trotter décrit la rencontre d’une jeune femme qui était fière d’annoncer le nombre de pays qu’elle avait « faits ». Déjà, je n’aime pas dire qu’on « fait » un pays. Enfin moi-même j’utilise encore couramment cette expression, mais je trouve cela totalement déplacé en réalité et cherche à m’éloigner de cette mauvaise habitude langagière. Parce que cette idée de « faire » un pays rejoint précisément l’idée d’une liste avec des choses à rayer. Le but étant d’en faire un maximum. Ridicule. On en oublie la saveur, on en oublie pourquoi on est là, à toujours courir après la prochaine destination, sans même avoir eu le temps d’ouvrir les yeux sur là où on était à l’instant. Pour preuve du ridicule, la jeune femme évoquée par Brugiroux passait seulement une poignée de jours par pays, afin de pouvoir ensuite prétendre être la plus jeune personne au monde à avoir « fait » autant de pays. Absurde.

coucher de soleil

Ce n’est pas un concours photo Instagram. Vous savez ce genre de photos qui rendent morts de jalousie tous les suiveurs d’un-e célèbre voyageur-se sur Instagram. Ce que vous ne savez pas c’est l’envers du décor. Les heures passées à choisir le lieu idéal, comment cadrer la photo, le filtre à utiliser, la tenue du protagoniste, la pose du protagoniste, etc etc. Ca n’en a pas l’air comme ça, mais c’est du boulot, et c’est loin d’être aussi détendu que la photo le laisserait suggérer. Et ce encore une fois, au détriment de l’instant présent, au détriment de la découverte réelle d’un pays, d’une culture et de bien d’autres choses. Je ne dis pas que prendre des photos est interdit ou stupide, loin s’en faut. Mais se faire bouffer par sa dépendance aux réseaux sociaux alors qu’on a la chance de pouvoir vraiment vivre quelque chose d’extraordinaire m’attriste au plus haut point. La situation diffère légèrement si c’est dans le cadre professionnel (les blogueurs et autres qui vivent de leur voyage), dans le sens où c’est leur gagne-pain et non une vulgaire addiction. Mais l’empiétement des réseaux sociaux sur la partie immersion, découverte et expérience du voyage a également lieu, certains nomades admettent d’ailleurs eux-même volontiers le tort que cela peut leur causer.

Ce n’est pas une année sabbatique et après tout s’arrête. J’ai même rédigé un article « Le voyage comme mode de vie, un rêve ? » pour illustrer mon anticonformisme à ce sujet. Le tour du monde c’est le début d’une nouvelle vie, pas une simple parenthèse avant de retrouver « la vraie vie ». En effet, qui a décidé pour moi ce qu’est la vraie vie ? C’est tout de même incroyable ça que de se laisser dicter ce qui est vrai ou non, chacun a assez d’esprit critique pour pouvoir juger pour soi. Ce n’est pas parce que voyager en permanence reste peu fréquent dans notre société qu’il relève pour autant du domaine de l’extraordinaire ou du surnaturel. Bien sûr que tout n’est pas faisable, mais de là à dire non avant même d’avoir essayer… Quel dommage.

 

Ce que c’est vraiment

voyage

Un tour du monde, qu’on l’entende par le fait de parcourir la circonférence de la terre ou par le fait d’en parcourir tous les pays, c’est d’abord et avant tout une expérience humaine. J’ai lu sur certains blogs ou pages Facebook de nomades que faire un tour du monde, c’est faire un tour de soi. Et je ne suis on ne peut plus d’accord avec cela. Ce n’est donc pas tant une rencontre des autres ou d’autres cultures que de soi-même (j’évoque la rencontre de l’autre et d’autres cultures dans mon article Pourquoi je vais faire le tour du monde ?)

Dans tous les cas, c’est bien cela que je chercherai lors du voyage. Découvrir mes limites, mes réactions face à des problèmes et des situations tant inattendus les uns que les autres, ouvrir mon esprit face à des choses que je n’aurais jamais imaginées dans mon confort quotidien. A cet égard, de façon générale, le voyage physique, l’acte de se déplacer est donc un voyage en soi-même. Apprendre à se découvrir, apprendre qui on est pour s’améliorer.

Il s’agit donc de se découvrir pour enfin réellement être soi. Car combien d’entre nous, moi compris jouons trop souvent des rôles ? Peur de blesser l’autre, peur d’être rejeté etc. Ce sont ces peurs souvent inconscientes, mises en exergue par la société qui nous donnent envie de rentrer dans le moule, faire partie d’un groupe, suivre la tendance etc. Dans une vie humaine c’est souvent : grandir, se rebeller, faire des études correctes, « s’assagir », trouver un boulot stable, rencontrer quelqu’un, devenir propriétaire, faire un enfant… attendre, mourir. Le problème il est là : « s’assagir ». Non pas que nous devrions rester d’éternels enfants ou adolescents. Mais nous ne devrions pas renoncer à nos rêves, nous devrions suivre nos intuitions infantiles. Car pour moi, un enfant, étant donné qu’il n’est pas encore formaté par la société est beaucoup plus spontané, il sait être lui-même, sans voile, sans faux-semblant ou attitude surfaite, il sait ce qu’il veut au fond de lui. Devenir adulte, au final, c’est savoir adapter ses envies à la « réalité » de la société. Mais c’est malheureusement souvent synonyme de sacrifice en réalité irrationnel et empêchant une personne d’être heureuse. Bien sûr qu’il faut être conscient de la société et de ses règles. Mais cela ne doit pas signifier sacrifier ses envies réelles puisées au fond de soi pour cela ni y cacher sa personnalité.

Afterglow Aesthetic Trees Nature Branches

La société nous amène à rentrer dans des cases bien souvent trop petites et ne permettant pas à un être de s’épanouir tranquillement. Il devrait y avoir autant de cases que d’êtres humains sur cette planète, ou même, pour pousser la logique jusqu’au bout, plus de cases du tout ! Car classer, c’est délimiter, délimiter c’est enfermer, emprisonner, et donc restreindre, diminuer et appauvrir. Certes, classer, nommer, catégoriser est d’une grande aide pour organiser la société et notre vision du monde. Mais cette manière de faire n’en reste pas moins une grossière approximation, capable d’ailleurs de conduire aux pires amalgames et préjugés irrespectueux de la singularité de chaque être.

 

Et partir autour du monde, se libérer de ce carcan, c’est à mon sens, pour moi, le meilleur moyen d’atteindre mon bonheur. Me rencontrer moi, libérer mon esprit de toute règle non formelle (donc règles qui ne sont pas la loi mais que nous respectons tout de même) et de cette façon m’épanouir.

 

Qui mieux que vous sait vos besoins ? Apprendre à se connaître est le premier des soins. Jean de La Fontaine