Prêts pour le tour du monde ?

Tout d’abord je voulais dire que je suis désolé de ne pas avoir écrit depuis environ un mois ! Mais les divers préparatifs de voyage et occupations à droite à gauche ainsi que le manque d’inspiration m’en ont empêché depuis….

Dans tous les cas, à désormais 3 semaines du grand départ, la question de savoir si on était prêts m’est apparue légitime…

En effet, je réalise que pendant cette période de préparation, notre vie est belle est bien différente de celle que nous allons mener sur la route avec ma fiancée.

Et ce déjà pour la raison évidente que pour l’instant nous ne sommes techniquement pas sur la route et vivons donc dans un confort des plus appréciables. Chacun demeurant chez ses parents (elle en Autriche, moi en France), avec un accès à des douches chaudes, un bon lit confortable, de l’eau toujours potable à volonté, des moyens de déplacement pratiques et familiers, des vêtements propres et variés etc etc…. Cela paraît d’une évidence affligeante que d’avoir tout cela à disposition.

Pourtant, une fois partis, ce ne le sera plus.

 

Oui notre vie est bien différente pour le moment que ce qui nous attend au loin en Asie centrale et après.

 

Car nous sommes encore bien trop régulièrement suspendus à nos smartphones, à vérifier les news ou les notifications facebook, comme si cela avait une quelconque importance…

Car nous sommes à chaque fois excités d’aller acheter de nouveaux équipement pour le voyage… Alors que ce voyage justement est censé nous éloigné ne serait-ce qu’un temps soit peu de ces habitudes consommatrices devenues trop familières.

Je ne dis pas qu’il ne faut tirer aucun bonheur de cela, simplement qu’il y a plus important dans la vie, et que c’est précisément ce que nous sommes partis chercher pendant ce tour du monde.

Alors donc, cessons la culpabilisation, peut-être notre vie actuelle est-elle un peu superficielle, mais, dans notre esprit, en route nous le sommes déjà, rien que pour avoir décidé de partir, et donc de changer. Partir découvrir ce que nous sommes vraiment, ce que la vie a à offrir de mieux. Et l’essentiel c’est cela. Car ce qu’il y a d’important dans un voyage tant physique que spirituel, c’est le chemin, et non l’arrivée.

De toute façon, arrive-t-on jamais vraiment quelque part ?

 

 

Ce n’est pas le but qui compte, c’est le chemin. Valérie Guignabodet

Prenez votre temps

Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi vous n’avez le temps de rien faire ? Moi si.

Pourtant le temps, on en a ! Et même bien plus qu’avant. En effet, au 19ème siècle encore, on pratiquait la journée de travail de 14h couramment, on n’avait aucun congé payé, on se déplaçait à pieds ou à cheval, sans compter que beaucoup de choses devaient se faire en se déplaçant (rendez-vous, tâches administratives etc.) Aujourd’hui, on travaille environ 8h par jour, on a 5 semaines de congés payés par an, on traverse le monde en avion, les pays en train ou en voiture, on peut se voir sans se déplacer grâce aux nouvelles technologies…

Comment cela se fait-il donc que nous ayons cette impression, de ne jamais pouvoir dégager suffisamment de temps pour faire tout ce que l’on souhaite ?

En fait, pour avoir le temps, encore faudrait-il le prendre.

 

 

Le temps, ce n’est pas des maths

Le problème dans tout cela n’est en fait pas mathématique. Mais on nous a appris à le gérer comme tel. En effet, au travail, on se doit d’être efficace, alors on prend des habitudes. Puis notre société et l’éducation qu’on nous donne nous pousse toujours à cela, pour nos loisirs y compris. A raisonner en comptant tout, comme si le temps passé à faire des choses qu’on aime devait être efficace et rentable. Comme si tout se comptabilisait, comme si toutes les activités et occupations se valaient, et que le seul critère qui nous décidait à les faire ou non était le temps qu’elles nous prennent. Dramatique, mais c’est pourtant le point où nous sommes arrivés. Logique après tout, dans un monde dominé par l’économie capitaliste, où tout se compte et se calcule.

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Tout ne se vaut pas

Mais c’est une erreur grossière de jugement. Tout n’est pas réductible à de simples chiffres. Ça se saurait (ou pas, apparemment). Est-ce que vous attribuez une valeur au temps passé avec votre famille ou vos amis ? Non. Est-ce que vous attribuez une valeur à une balade en forêt ? Non. Est-ce que vous attribuez une valeur à un lever de soleil ? Non. C’est bien la preuve qu’on ne peut pas tout réduire à sa durée dans votre emploi du temps, ni à une valeur financière (l’un ayant souvent pour équivalent l’autre), ni encore à une utilité comptabilisable. Vous vous imaginez dire « j’ai vu des amis l’autre jour, mais ça a duré longtemps, ce n’était pas très efficace, j’ai perdu trop de temps » ?

Nous revoilà donc à ma phrase précédente : pour avoir le temps, il faut le prendre. Il faut sortir de cette logique de tout comptabiliser, calculer et chiffrer. Ca marche bien pour l’économie, mais tout n’est pas économie, richesse matérielle et argent ! (c’est normal, économie signifie « mesure de l’environnement »)

 

Arrêtez de remplir votre agenda, profitez !

En effet, nous passons notre temps à courir d’une activité à une autre, comme si le but ici était de simplement « remplir » le temps sans le prendre (encore une fois). Comme si dès qu’on se lançait dans quelque chose, on était tout de suite dans l’expectative de ce qui viendrait après. Tout cela sans prendre le temps de savourer, de prendre part réellement à ce que l’on fait.

La prochaine fois que vous ferez une activité que vous appréciez, éloignez montre, téléphone et tout appareil susceptible de vous déconcentrer en vous faisant compter le temps passé. Vous apprécierez ce moment d’autant plus. Et ne me dites pas : mais prendre mon temps ne me donnera pas plus de temps ! Non mais de toute façon le temps est limité, vous ne pourrez toujours faire qu’un certain nombre d’activités par jour, par mois ou par an. Mais encore une fois, le but n’est pas d’intercaler de plus en plus d’occupations dans chaque espace de temps « libre »: plus vous êtes « occupé », moins vous êtes libre. Avez-vous sincèrement l’impression d’être libre enchaîné au calendrier de votre smartphone ? Vous sentez-vous plus heureux ? Tout ne se vaut pas. Arrêtez de compter, et revoyez vos priorités.

 

Pour comprendre l’intérêt de revoir vos priorités, je vous conseille l’article « Pourquoi j’ai fait des « erreurs » de jeunesse » 😉

 

Ce qui remplit votre temps n’est pas forcément ce qui comble votre vie. Gilles Legardinier

Petit lexique de français Suisse

Suite à près de 3 ans passé en Suisse ou presque (je travaillais à Genève jusqu’alors mais résidais en France), je voulais vous livrer quelques mots qui pourront vous aider si vous souhaitez vous installer en Suisse ou simplement y faire du tourisme. 

Je ne traiterai que la Suisse romande (donc la partie ouest qui est francophone) car c’est là que j’étais.

 

  • Septante, huitante, nonante : cela paraît très bizarre pour un Français, cependant lorsqu’on y réfléchi un peu, c’est plus logique. On ne dit pas vingt-vingt ou trente-dix pour dire quarante, alors pourquoi soixante-dix ? Il doit y avoir une explication historique, mais il faut au moins admettre que la manière Suisse est plus cohérente. Attention par contre dans le canton de Genève on dit tout de même quatre-vingt… Du coup vous me direz, pour la cohérence on repassera.

 

  • Tout de bon ! : en Suisse on ne souhaite pas un joyeux anniversaire, ou une bonne continuation, non, on dit « tout de bon », c’est d’ailleurs un lexique partagé avec la Haute-Savoie. Cela vient à mon avis de l’influence germanique. En effet, en allemand on dit « Alles Gute » pour souhaiter un joyeux anniversaire, ce qui est la traduction littérale pour « tout de bon ».

 

  • Parquer : on vous demandera où vous êtes parqué pour savoir où vous êtes garé, encore une fois, je dois saluer la cohérence Suisse : normalement un garage est le lieu pour faire réparer sa voiture, voire en acheter une, pas pour la stationner (bien qu’elle stationne effectivement aussi dans un garage pour la réparation… d’où le lien j’imagine), et un parking le lieu pour la parquer. Logique donc.

 

  • Gentiment : bon a priori, ce mot, vous le connaissez. Sauf qu’en Suisse ça peut signifier autre chose. Le mot est effectivement utilisé pour dire par exemple que quelqu’un arrive tranquillement, sans précipitation. Ce qui est rigolo avec cette utilisation du mot je trouve, est le renforcement qu’il engendre du stéréotype (fondé ? 🙂 ) que nous avons à l’esprit du Suisse qui est plutôt lent dans ses actions. Je doute en effet que si vous allez à un rdv en France et qu’on vous demande où vous en êtes, vous alliez répondre que vous arrivez sans vous presser.

 

  • Service ! : c’est ce qu’un commerçant vous répondra par politesse lorsque vous le remercierez pour les renseignements qu’il vous a fourni par exemple. Plutôt que les classiques « je vous en prie » ou « de rien ». Quoiqu’on entende en France des « à votre service », mais c’est plutôt long, et nettement moins usité.

 

  • Natel : bon là je ne suis pas fan, car c’est un nom de marque… mais bon, il faut bien respecter les usages, car un langage reste un outil de communication, qu’on aime ou pas certains de ses mots. Pour en venir au mot en question, un natel est simplement un portable, un (téléphone) mobile. Mais Natel est à l’origine le nom du réseau mobile Suisse dont l’opérateur Swisscom possède désormais le nom de marque.

 

  • Une chiée : je ne l’ai remarqué que récemment mais c’est un mot utilisé en fait régulièrement pour évoquer « plein de », « tout un tas de » quelque chose. Au début j’étais, je dois le dire, un peu interloqué par cet usage, car cela reste un poil vulgaire à mon goût, mais pas choquant non plus. Peut-être les Suisses ne perçoivent-ils pas cela ainsi.

 

  • Sans autre : cela veut dire « sans chichi », sans se formaliser, de façon simple. 

 

  • Ça joue : alors cette expression est une des premières que j’ai entendue en Suisse et en Haute-Savoie y compris (que voulez-vous, les langues n’ont pas de frontières), j’étais un peu déconcerté au début, mais on s’y fait rapidement, car je trouve la signification assez logique. Cela veut simplement dire « ça marche » (ou tout autre variante, mais si je vous fais une liste, on en a pour un moment). D’ailleurs cette expression s’est taillée une place dans mon vocabulaire, on verra si cela reste une fois la Suisse quittée pour de bon.

 

  • Santé ! : vous allez me dire que vous connaissez, pas besoin d’aller en Suisse pour cela. Et bien si ! Car tout comme pour « gentiment », il y a un autre sens. Ce mot est à utiliser lorsque quelqu’un éternue, à la place de « à tes/vos souhaits » en France. Encore une fois, j’ai noté l’influence de l’idiome germanique, car en allemand on dit « Gesundheit! » lors d’un éternuement, ce qui est, une fois de plus, une traduction littérale.

 

  • Séance : jamais deux sans trois. Oui, encore un mot qui est utilisé en Suisse différemment qu’en France. En Suisse on n’est pas en réunion mais en séance. Le sens du mot en Suisse reste donc lié à celui en France, mais diffère tout de même.

 

  • Faites seulement : c’est une expression de politesse pour dire « je vous en prie ». Mais rien à voir avec le sens « de rien » puisqu’on retrouve une injonction dans les deux cas, indiquant à l’interlocuteur de procéder sans se gêner.

 

  • C’est tout bon : plutôt que de dire simplement « c’est bon », les Suisses, tout comme les hauts-savoyards disent « c’est tout bon », allez savoir pourquoi, peut-être qu’un simple « bon » n’était pas assez à leurs yeux. En tout cas j’ai chopé le virus et rajoute désormais depuis un moment un « tout » à tout ce qui est bon.

 

  • Maturité : encore un piège : cela n’a rien à voir avec la maturité d’un adolescent au sens où on l’entend en France (encore que, ça doit sûrement venir de là). Cela correspond tout simplement à l’équivalent du baccalauréat en France. Une fois de plus, c’est l’influence germanique qu’on ressent ici, car en allemand, le bac se dit « Matura ». Par contre, ce qui est intéressant, c’est que seulement les germanophones de Suisse ou d’Autriche disent Matura, en Allemagne c’est le mot « Abitur » qui vient remplacer la maturité.

 

Il y de nombreuses autres expressions ou mots à connaître pour comprendre et se faire comprendre en Suisse, mais je voulais juste lister ceux que j’ai entendu et/ou utilisés au quotidien. Si vous souhaitez compléter, de nombreux sites ont des listes plus longues (mais avec une simple traduction, sans explication), il suffit d’aller voir sur Google.

Bref, tout un monde la Suisse, l’apprentissage des particularités du français Suisse fût pour moi tantôt amusant, tantôt surprenant voire déconcertant. Dans tous les cas, il est toujours intéressant de remarquer par le biais de la langue les différences culturelles.

 

 

Connaître une langue à fond cela signifie connaître à fond le peuple qui la parle. Georg Christoph Lichtenberg

C’est quoi un tour du monde ?

Mon tour du monde avec ma fiancée approchant à grand pas (on part début août), je commence à y penser de plus en plus après la retombée faisant suite à la grande décision. Et je me suis interrogé plus en profondeur qu’avant sur ce que cela signifiait exactement que faire un tour du monde (j’avais en effet déjà écrit un article à ce sujet).

J’ai réalisé qu’il y a plusieurs façons de voir un tour du monde. Et bien sûr il n’y en a qu’une de « valide » selon moi.

 

Ce que ça n’est pas

Ce n’est pas une course, une collection de pays sur une liste. Ca va peut-être vous faire rigoler, mais certaines personnes le voient comme cela. Dans son livre « L’homme qui voulait voir tous les pays du monde » André Brugiroux, un célèbre globe-trotter décrit la rencontre d’une jeune femme qui était fière d’annoncer le nombre de pays qu’elle avait « faits ». Déjà, je n’aime pas dire qu’on « fait » un pays. Enfin moi-même j’utilise encore couramment cette expression, mais je trouve cela totalement déplacé en réalité et cherche à m’éloigner de cette mauvaise habitude langagière. Parce que cette idée de « faire » un pays rejoint précisément l’idée d’une liste avec des choses à rayer. Le but étant d’en faire un maximum. Ridicule. On en oublie la saveur, on en oublie pourquoi on est là, à toujours courir après la prochaine destination, sans même avoir eu le temps d’ouvrir les yeux sur là où on était à l’instant. Pour preuve du ridicule, la jeune femme évoquée par Brugiroux passait seulement une poignée de jours par pays, afin de pouvoir ensuite prétendre être la plus jeune personne au monde à avoir « fait » autant de pays. Absurde.

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Ce n’est pas un concours photo Instagram. Vous savez ce genre de photos qui rendent morts de jalousie tous les suiveurs d’un-e célèbre voyageur-se sur Instagram. Ce que vous ne savez pas c’est l’envers du décor. Les heures passées à choisir le lieu idéal, comment cadrer la photo, le filtre à utiliser, la tenue du protagoniste, la pose du protagoniste, etc etc. Ca n’en a pas l’air comme ça, mais c’est du boulot, et c’est loin d’être aussi détendu que la photo le laisserait suggérer. Et ce encore une fois, au détriment de l’instant présent, au détriment de la découverte réelle d’un pays, d’une culture et de bien d’autres choses. Je ne dis pas que prendre des photos est interdit ou stupide, loin s’en faut. Mais se faire bouffer par sa dépendance aux réseaux sociaux alors qu’on a la chance de pouvoir vraiment vivre quelque chose d’extraordinaire m’attriste au plus haut point. La situation diffère légèrement si c’est dans le cadre professionnel (les blogueurs et autres qui vivent de leur voyage), dans le sens où c’est leur gagne-pain et non une vulgaire addiction. Mais l’empiétement des réseaux sociaux sur la partie immersion, découverte et expérience du voyage a également lieu, certains nomades admettent d’ailleurs eux-même volontiers le tort que cela peut leur causer.

Ce n’est pas une année sabbatique et après tout s’arrête. J’ai même rédigé un article « Le voyage comme mode de vie, un rêve ? » pour illustrer mon anticonformisme à ce sujet. Le tour du monde c’est le début d’une nouvelle vie, pas une simple parenthèse avant de retrouver « la vraie vie ». En effet, qui a décidé pour moi ce qu’est la vraie vie ? C’est tout de même incroyable ça que de se laisser dicter ce qui est vrai ou non, chacun a assez d’esprit critique pour pouvoir juger pour soi. Ce n’est pas parce que voyager en permanence reste peu fréquent dans notre société qu’il relève pour autant du domaine de l’extraordinaire ou du surnaturel. Bien sûr que tout n’est pas faisable, mais de là à dire non avant même d’avoir essayer… Quel dommage.

 

Ce que c’est vraiment

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Un tour du monde, qu’on l’entende par le fait de parcourir la circonférence de la terre ou par le fait d’en parcourir tous les pays, c’est d’abord et avant tout une expérience humaine. J’ai lu sur certains blogs ou pages Facebook de nomades que faire un tour du monde, c’est faire un tour de soi. Et je ne suis on ne peut plus d’accord avec cela. Ce n’est donc pas tant une rencontre des autres ou d’autres cultures que de soi-même (j’évoque la rencontre de l’autre et d’autres cultures dans mon article Pourquoi je vais faire le tour du monde ?)

Dans tous les cas, c’est bien cela que je chercherai lors du voyage. Découvrir mes limites, mes réactions face à des problèmes et des situations tant inattendus les uns que les autres, ouvrir mon esprit face à des choses que je n’aurais jamais imaginées dans mon confort quotidien. A cet égard, de façon générale, le voyage physique, l’acte de se déplacer est donc un voyage en soi-même. Apprendre à se découvrir, apprendre qui on est pour s’améliorer.

Il s’agit donc de se découvrir pour enfin réellement être soi. Car combien d’entre nous, moi compris jouons trop souvent des rôles ? Peur de blesser l’autre, peur d’être rejeté etc. Ce sont ces peurs souvent inconscientes, mises en exergue par la société qui nous donnent envie de rentrer dans le moule, faire partie d’un groupe, suivre la tendance etc. Dans une vie humaine c’est souvent : grandir, se rebeller, faire des études correctes, « s’assagir », trouver un boulot stable, rencontrer quelqu’un, devenir propriétaire, faire un enfant… attendre, mourir. Le problème il est là : « s’assagir ». Non pas que nous devrions rester d’éternels enfants ou adolescents. Mais nous ne devrions pas renoncer à nos rêves, nous devrions suivre nos intuitions infantiles. Car pour moi, un enfant, étant donné qu’il n’est pas encore formaté par la société est beaucoup plus spontané, il sait être lui-même, sans voile, sans faux-semblant ou attitude surfaite, il sait ce qu’il veut au fond de lui. Devenir adulte, au final, c’est savoir adapter ses envies à la « réalité » de la société. Mais c’est malheureusement souvent synonyme de sacrifice en réalité irrationnel et empêchant une personne d’être heureuse. Bien sûr qu’il faut être conscient de la société et de ses règles. Mais cela ne doit pas signifier sacrifier ses envies réelles puisées au fond de soi pour cela ni y cacher sa personnalité.

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La société nous amène à rentrer dans des cases bien souvent trop petites et ne permettant pas à un être de s’épanouir tranquillement. Il devrait y avoir autant de cases que d’êtres humains sur cette planète, ou même, pour pousser la logique jusqu’au bout, plus de cases du tout ! Car classer, c’est délimiter, délimiter c’est enfermer, emprisonner, et donc restreindre, diminuer et appauvrir. Certes, classer, nommer, catégoriser est d’une grande aide pour organiser la société et notre vision du monde. Mais cette manière de faire n’en reste pas moins une grossière approximation, capable d’ailleurs de conduire aux pires amalgames et préjugés irrespectueux de la singularité de chaque être.

 

Et partir autour du monde, se libérer de ce carcan, c’est à mon sens, pour moi, le meilleur moyen d’atteindre mon bonheur. Me rencontrer moi, libérer mon esprit de toute règle non formelle (donc règles qui ne sont pas la loi mais que nous respectons tout de même) et de cette façon m’épanouir.

 

Qui mieux que vous sait vos besoins ? Apprendre à se connaître est le premier des soins. Jean de La Fontaine

Comment devenir autonome vis-à-vis du système ?

Il est grand temps de devenir autonome vis à vis de cette société qui sait tout sans rien savoir, qui va toujours plus vite sans avoir le temps de rien, qui consomme toujours plus sans profiter de ce qu’elle a déjà.

Je tiens à préciser que je ne fais cependant référence ici qu’à une autonomie toute relative dans la mesure où être totalement autonome vis à vis du système, c’est en sortir et se retrouver seul. A moins de pouvoir changer le système immédiatement ou sur le court terme, ce qui n’est pas faisable. J’admets que dans un avenir lointain, je rêve que l’humanité puisse sortir de la comptabilisation de tout, du matérialisme, du chronométrage permanent et de la marchandisation de tout ce qui est possible et imaginable. Ce sont des outils qu’on laisse totalement nous diriger et détruire. Mais en attendant, je doute que tout le monde souhaite s’exclure du système et se retrouver seul sans alternative vivable pour le moment.

Heureusement, il existe des petits gestes tout à fait réalisables et qui nous rapprochent un tant soit peu de l’objectif de sortie du système.

Globalement, cela s’axe autour de 3 piliers : autonomie d’information, autonomie de déplacement et autonomie de consommation.

 

Ce qu’il faut éviter

INFORMATION

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  • Avoir une télé : entre les JT complètement biaisés (car destinés à  faire peur pour que vous achetiez les produits des publicités qui passent juste après, regardez cette vidéo de Horizon Gull si cela vous intrigue) et les films du dimanche soir bien pourris et/ou que vous avez vu 300 fois il n’y a vraiment pas grand chose d’intéressant à part quelque séries et documentaires. Mais le pire avec la télé, c’est le côté passif : vous attendez que les images défilent, quelles qu’elles soient, publicités comprises. Et il faut voir le nombre d’interruption publicitaires. Bref, ce qui était une révolution au siècle passé, est aujourd’hui une arnaque avec un grand « a ».
  • Lire le 20 minutes/métro : ce n’est simplement pas de l’information… Mais uniquement ou presque des faits divers. Sans compter la manière dont c’est « rédigé » ni les erreurs aussi bien dans le fond que la forme dues soit à l’absence d’enquête journalistique, soit au fait que ce soit un copié-collé de l’article d’un autre. Ah oui et c’est bourré de publicités (logique, c’est gratuit). Sérieusement vous trouvez cela normal d’intituler sa Une avec des choses du genre « Odette a perdu son chat » ? Bon j’invente, mais j’exagère à peine.

 

CIRCULATION

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  • Rouler en voiture en ville : une voiture ça coûte. Non seulement ça coûte cher en soi, mais aussi à cause de l’essence, et puis de l’entretien. Et quel travail pénible que de se soucier de devoir remplir régulièrement le réservoir d’essence et vérifier à un moindre intervalle que les pneus sont gonflés, que le niveau d’huile est suffisant, que la batterie est suffisamment pleine etc etc etc. Les conducteurs savent mieux que moi ce dont je parle. A cela se rajoute bien entendu les pièces qu’il faut commencer à changer au bout de quelques années d’usage. Sans compter les places de parking qu’on cherche pendant 1/2h et qui sont hors de prix. Bref, niveau autonomie on a vu mieux.
  • Utiliser les transports systématiquement : c’est dans l’ensemble bien pratique, mais en les utilisant, vous restez dépendant et vous vous faites laver le cerveau par des publicités alors que vous avez peut-être autre chose à faire lorsque vous allez au boulot, vous balader, ou voir des amis.

 

ACHATS

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Entre les publicités télévisuelles, celles sur internet, les affiches, les catalogues, ou même les médias qui mettent en avant un produit via un « communiqué de presse » ou du sponsoring, nous sommes constamment sous le joug de la pression sociale et de ces messages qui jouent dessus pour nous pousser à des achat inutiles. A ne pas faire donc :

  • Suivre les marques sur les réseaux sociaux : je trouve qu’il y a assez de publicités en général sans qu’on ait besoin d’aller nous même volontairement en rajouter une couche. J’entends d’ici les « oui mais j’aime bien leur univers » ou bien « j’aime bien leur mentalité »… Il est vrai que j’ai pensé cela au début, mais après réflexion je me suis dit que cela restait jouer le jeu des marques et risquer chaque jour de vouloir craquer pour des choses dont je n’ai absolument pas besoin… De plus je suis personnellement anti-idôlatrie, c’est un peu une façon de remplacer un Dieu par des marques, même si vous aimez bien une marque. D’où ma question rhétorique : avez-vous besoin de suivre une marque sur les réseaux sociaux pour vous souvenir que vous l’appréciez ?
  • Etre abonné aux « newsletters » : vous avez déjà classé la moitié des emails que vous recevez dans vos spams, c’est bien que cela fait trop « d’informations », non ? Et puis les newsletters, même sans être des spams, en général on ne les lit pas, ou bien on le fait mais rapidement. Quel intérêt alors ? Et puis, bon « newsletter » déjà rien que le nom est trompeur. Ce ne sont pas des lettres d’informations mais bel et bien des outils marketing à part entière. Alors oui parfois elles ne mettent pas en avant un produit, mais elles vous incitent tout de même à vous rendre sur le site de la marque, et boum, 10 minutes plus tard, votre compte s’est appauvri de 50€ juste parce que vous vous êtes dit « je vais aller voir au cas où il y a du nouveau » ou bien « je vais aller voir au cas où il y a quelque chose qui me plait »…
  • Lire les catalogues de marques : c’est un peu comme les newsletter. Sous prétexte de vous offrir de l’information sur la marque et ses produits, vous passez du temps à chercher une éventuelle affaire, ou un éventuel produit dont vous auriez besoin. Juste parce qu’on vous a mis le catalogue entre les mains. Pourtant avant cela, aviez-vous exprimé un besoin ? Pas sûr…

Ce qu’il faut faire

INFORMATION

Il est aisé de s’imaginer plein d’obstacles mentaux pour éviter de se débarrasser d’un objet si « précieux » qu’une télé, mais c’est purement psychologique et irrationnel. Car à l’heure d’internet, ça n’est plus du tout si fou.

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Adieu donc télé, torchons journaux gratuits et compagnie. Bonjour les médias indépendants en ligne, les livres, les vidéos Youtube. Parmi mes recommandations (ce ne sont que des suggestions bien sûr), il y a :

  • Médias indépendants : Médiapart, Mr Mondialisation, Basta!. AgoraVox, Le Vent Se Lève. Mais si vous souhaitez, tous les médias « traditionnels » sont aussi en ligne, avec des sites d’informations, des replays, des flux d’actualité. Bref tout y est. Mon favori : Arte.
  • Livres : je vous donne plus de détail sur les livres importants à mes yeux dans mon article Les 5 livres qui ont façonné ma vision du monde. Dans tous les cas, les livres en général constituent une source d’information et surtout de réflexion sur le fond, sans être forcément attaché l’actualité. Je ne suis pourtant pas un grand lecteur, mais vous n’imaginez pas à quel point lire alimente ma réflexion.
  • Vidéos Youtube : Horizon Gull, Demos Kratos, Data Gueule, Le Fil d’Actu, Osons Causer, , Jean-Luc Mélenchon : La revue de la semaine (cela ne demande nullement d’adhérer à son mouvement, mais il commente l’actualité sous un angle intéressant car différent de la soupe Le Monde/TF1 etc…). Il y a aussi quantité d’autres chaines thématiques ou d’actualité (il y en a véritablement des tas, et sur tous les sujets, vous trouverez forcément chaussure à votre pied). A vous ensuite de composer votre arrangement.

 

CIRCULATION

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Ne pas dépendre d’un objet si coûteux et nécessitant autant d’entretien qu’une voiture, dans une certaine mesure également ne pas dépendre des transports publics, c’est faisable pour les trajets urbains :

  • Rouler à vélo :  fini le réflexe voiture pour faire quelques kilomètres, en ville ou en banlieue c’est prouvé, le vélo est plus rapide, plus économique et plus écologique. En plus vous allez faire du sport, vous savez la bonne résolution du nouvel an que vous lâchez au bout de 3 semaines. A part la chaîne qui peut dérailler de temps en temps, il n’y a que très rarement des soucis avec un vélo comparé à une voiture. Et puis pas besoin d’être un mécano (je ne le suis pas) : l’entretien de base se fait soi-même. Le vélo c’est la tranquillité d’esprit !
  • Circuler à pieds : c’est aussi une bonne option sur les courts trajets par rapport aux transports publics (ne parlons même pas de la voiture). Je fais régulièrement des comparatifs lorsque je suis à Paris sur les temps de trajets et clairement marcher pour de courts/moyens trajets ne rajoute souvent que 5 à 10 minutes pour une totale autonomie vis à vis des transports publics (si le temps de trajet est un critère pour vous). Et puis c’est tellement agréable de réhabiliter le plaisir du moment présent et ne justement pas tout compter, chronométrer et toujours courir.

 

ACHATS

Cela peut paraître une tâche titanesque que de se détacher des messages publicitaires et la pression qu’il nous mettent inconsciemment mais il n’en est rien. En fait, il s’agit surtout de ne pas faire certains gestes expliqués au début de mon article.

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Mais la principale tâche vient d’un nouvel état d’esprit à se forger :

Mais que faire si je veux être informé de la sortie de tel ou tel article ? Que faire si je n’ai pas d’idée de cadeau pour un tel ? No worries, il est toujours possible de s’informer volontairement en allant sur internet ou dans les magasins physiques ! Et puis si vous cherchez l’autonomie, n’oubliez pas que cela ne va pas sans quelques « contraintes », c’est une toute nouvelle mentalité et de nouveaux réflexes à acquérir. Rome ne s’est pas faite en un jour comme indique le dicton populaire consacré. Il faut donc s’habituer à vivre sans tous ces messages, vivre de façon beaucoup plus libre et autonome. Car autonomie veut également dire initiative personnelle. Les choses ne vous tomberont pas dans le bec, ce sera à vous d’aller les chercher, mais au moins vous aurez fait un choix bien plus sage, autonome et critique. J’irai même jusqu’à dire simplement que vous aurez fait un « choix ». Car manipulé sans cesse inconsciemment toute la journée, quel espace de choix vous reste-t-il ? Très peu. Le libre-arbitre ? Haha, les neurologues au service des marques vous rient au nez. Bon, ok, j’exagère un peu, mais l’idée est là.

 

Pour aller plus loin

Bien sûr cet article n’est qu’une ébauche, ce sont quelques idées tirées ça et là de mon expérience personnelle.

Cependant, il est bien entendu possible de faire davantage. Par exemple, on aimerait bien, lorsqu’on sera de retour de voyage avec ma fiancée, se lancer dans l’entretien d’un mini potager sur notre balcon (si on en a un). Cela permet de réduire la dépendance aux supermarchés, aussi bio soient-ils. Car il n’y a pas plus indépendant et vertueux que consommer sa production. De même, durant notre tour du monde, nous aimerions pratiquer un peu le stop, plutôt que dépendre systématiquement d’un bus, train ou autre.

Mais cela reste à chacun de se rapprocher de l’autonomie selon ses idées !

 

La volonté de renoncer à son indépendance, de troquer le témoignage de ses sens contre le sentiment confortable mais déformant la réalité, d’être en harmonie avec un groupe, est l’aliment dont se nourrissent les démagogues.  Paul Watzlawick

Pourquoi je ne m’abstiendrai PAS au 2nd tour

Dès l’annonce des résultats je me suis dit que je ne voterai pas, que je m’abstiendrai.
En effet, comment choisir entre la peste et le choléra ? D’autant que de toute façon, Macron va passer, non ? Alors inutile d’aller le légitimer en votant pour lui donc. Cela semble être la meilleur chose à faire. De plus, cela éviterait de faire le jeu des médias qui utilisent encore le coup du « Front Républicain » pour faire gagner ce qu’on devrait plutôt appeler « le CAC 40″…

Sauf qu’après réflexion ainsi que quelques lectures, j’ai commencé à mesurer l’ampleur de l’abstention qu’il risque d’y avoir. En effet, de nombreux pro-Mélenchon ou pro-Hamon ayant un raisonnement similaire à celui que j’ai eu d’abord, n’iront pas voter. Cela représente 26% de ceux qui ont voté au premier tour, c’est énorme. Mathématiquement, ils offriraient ainsi un boulevard au FN (ce qu’ils ne souhaitent pas, certes, mais ça serait néanmoins le cas). De plus, les gens pro-FN iront voter eux. Peut-être même une bonne partie des pro-Fillon avec eux. Et Le Pen essaie même, pitoyablement certes, mais elle essaie, de récupérer des voix à Mélenchon… Voter Macron n’est donc pas idéologique (fort heureusement) mais logique.

Dieu sait que j’abhorre Macron et sa clique (j’ai même rédigé un article contre lui) De plus, son néo-libéralisme (plus si néo que cela d’ailleurs, cela fait plus de 30 ans qu’on se le tape) est la source du vote contestataire FN. Je l’abhorre donc, mais Le Pen je l’exècre. Voter Macron empêchera au moins le FN d’accéder au pouvoir. Car comme je le disais plus haut: ne pas voter, c’est laisser une chance au FN de prendre le pouvoir.

Voter pour le moins pire, voilà ce qui arrive quand la démocratie est absente. Bien sûr, rien ne m’y oblige. Mais j’ai déjà exposé mes raisons.

A ceux qui se demandent encore en quoi le FN est pire, je vous répondrai simplement : le FN c’est le fascisme. Qu’on regarde l’histoire ou qu’on regarde ce que fait le FN dans les municipalités qu’il tient actuellement, on voit ce même pouvoir totalitaire et discriminant qui se met en place (opposition politique réduite au silence, associations humanitaires fermées etc).
Avec Macron, aussi détestable soit-il, il nous restera toujours la rue, ce qui ne sera peut-être pas le cas avec Le Pen.

Ça veut dire quoi être civilisé ?

L’autre jour j’écoutais attentivement une conférence d’Alain Badiou, un philosophe marxiste renommé. Mais ce n’est pourtant pas de théorie économique que je souhaite vous parler ici, mais de civilisation (enfin, les deux sont liés). Car c’est un mot qui revenait régulièrement dans son discours sur les meurtres de masse et comment le capitalisme explique ces comportements (bon c’est une théorie holistique à laquelle bien sûr personne n’est obligé de se raccorder). D’ailleurs, mon questionnement a démarré même avant de visionner cette vidéo. Souvent, lorsque j’entends parler de civilisation, ça fait tilt dans mon cerveau. Tilt parce que nous nous caractérisons comme civilisés, mais sans définir ce que l’on met-on derrière. Sans aller jusqu’à des propos catastrophiques, il est pourtant clair que la race humaine, particulièrement ceux qui la dirigent (donc les puissances occidentales) se met elle-même en grand danger. Et ce, avec un aveuglement qui semble sans limite.

Par civilisé, on entend souvent le fait d’appartenir à une société développée économiquement, techniquement, culturellement et intellectuellement. C’est sur ces deux derniers critères que le bas blesse.

 

Développé culturellement ?

Dans nos sociétés occidentales prétendument civilisés et bien trop souvent ethnocentristes, un discours revient fréquemment. Et il est le suivant : les papous de Nouvelle-Guinée (c’est un exemple) seraient des barbares avec leurs coutumes, qui, parce qu’elles sont différentes, sont estimées comme inférieures, primaires ou que sais-je encore ? Juger ainsi, c’est faire preuve de l’ethnocentrisme le plus affreux. Tout cela parce que cette civilisation ou d’autres encore suivent de nombreux rituels et traditions que nous avons laissé tombé depuis belle lurette. Ce ne sont certes pas les même traditions ni coutumes, mais en quoi pouvons-nous nous juger supérieurs ? Voyons, prenons un peu de recul. Pourquoi y aurait-il donc une hiérarchie ? Et qui sommes-nous pour juger ?

avengers

De plus, si de nombreux rituels et superstitions sont tombés en désuétude dans l’occident, c’est en grande partie à cause de l’invasion du capitalisme dans les moindre recoins de notre « civilisation ». Un exemple très probant : le cinéma américain. Vous voyez de quoi je parle. Tous ces blockbusters qui ont le même script parce que c’est ce qui marche pour faire des recettes. Un autre exemple bien pire : les chaînes de fast food, dont une tout particulièrement que je ne citerai pas. Manger partout la même chose, quelle merveilleuse idée !! Voilà comment on efface peu à peu les identités et cultures des peuples pour n’en faire qu’une, regroupant ses disciples sous le drapeau consumériste.

Attention, je ne suis pas en train de faire l’apologie de l’extrême droite, qui n’a toujours pas compris qu’une identité évolue et que c’est sain qu’elle le fasse, mais ce qui est triste c’est l’uniformité dans laquelle nous baignons de plus en plus. Il est bon que les peuples et traditions se mélangent ! Cela créé de nouveaux us et coutumes, enrichissant ainsi un peuple comme l’autre. Mais il est effrayant de se dire que tout devienne une purée uniforme et sans goût.

 

Développé intellectuellement ?

Parce que nous écrivons, parce que nous faisons de la recherche, parce que l’information est bien diffusée, nous pensons être « au-dessus » intellectuellement. Au-dessus de quoi ? Bien entendu, toujours des mêmes civilisations soi-disant non avancées.

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Nous avons un accès hyper facilité à l’information d’une part grâce à la technologie, d’autre part grâce à nos formes d’état « démocratiques ». Si si, cela mérite des guillemets, car nous ne sommes pas en démocratie mais en Etat de droit. Cependant, l’information, bien que manipulée à tout bout de champs est très accessible dans son ensemble. C’est également parce que l’éducation est bonne (bien que de moins en moins), parce que la presse n’est pas trop censurée etc.

Et bien malgré cela, il y a un consensus scientifique autour duquel nous sommes en train de créer les conditions de notre propre disparation. On dit pour parler des milieux mafieux que l’argent n’a pas d’odeur. Je dirais plutôt au sujet du système capitaliste que l’argent n’a pas d’yeux. Effectivement, comment la recherche du profit à court terme (au maximum un an dans les projections des entreprises) pourrait être compatible avec la préservation d’un environnement vieux de plusieurs milliards d’années d’évolution ? Bien sûr que cela modifie la donne. Et bien sûr que ces deux vecteurs du changement (l’évolution naturelle et la recherche du profit à court terme) ne sont pas toujours compatibles. J’ai un ami libéral qui me dit souvent « mais si, il faut laisser faire les entreprises, et ne pas leur mettre des bâtons dans les roues, elles se préoccuperont d’elles-même de l’environnement s’il y a une demande des consommateurs ». Déjà premier point, si les consommateurs n’étaient pas un minimum éduqués, cela voudraient dire qu’on s’en moquerait éperdument de la planète, super. Ensuite, quand bien même les entreprises se mettraient au vert, elles le font d’ailleurs de plus en plus, c’est toujours avec comme but ultime le profit à court terme, pas de sauver la planète. On peut me rétorquer que le premier amènera le second, que ce n’est qu’un moyen. Oui, sauf que justement ce moyen jusqu’à présent il n’a produit que l’inverse de son but. Pour preuve par exemple, les traités internationaux facilitant les échanges commerciaux entre les pays. On importe des marchandises du monde entier, polluant énormément sur le trajet de retour et polluant aussi les pays où nous les produisons et réduisant ce faisant à l’état d’esclaves de nombreux travailleurs. De plus, quand une entreprise aujourd’hui produit « vert » c’est bien souvent du green washing, c’est-à-dire : l’acte de transmettre au public des informations qui sont – dans le fond et dans leur forme – une présentation déformée des faits et de la vérité, dans le but d’apparaître socialement et/ou environnementalement responsable aux yeux d’un public ciblé. Et pour quoi ? Pour vendre, pas pour sauver la planète donc.

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Il y a ainsi une fracture dans le changement climatique dû à l’action de l’homme, perverti par son argent (oh oui ça paraît simpliste comme discours, mais en même-temps, allez prétendre l’inverse), tourné sur lui-même et son potentiel gain à court terme, alors que son environnement comme son nom l’indique, n’autorise pas les pratiques individualistes et égocentriques. Nous avons perdu une vision d’ensemble. D’où le résultat que l’on connait : en 20 ans, nous aurons accompli un réchauffement qui a normalement lieu en 20 000 ans. Et par notre arrogance de sociétés « civilisées » intellectuellement parlant, par notre incapacité à remettre en cause le paradigme capitaliste, désigné à longueur de journée comme système sans alternative viable, s’érigeant ainsi quasiment comme un axiome de nos sociétés, nous approchons à grande vitesse du point de non retour. Mais enfin peu importe, les actionnaires ont des dividendes en augmentation ce trimestre ! Tout va bien alors 🙂

 

Et je ne parle même pas de notre mentalité belliqueuse et cupide qui nous pousse à aller massacrer des innocents en Syrie (par exemple) pour s’accaparer des ressources, ou encore de la montée de l’extrême droite en Europe qui prône la discrimination d’une partie de la population comme s’ils étaient moins qu’humains… La liste est longue, mais je pense avoir fait mon point.

 

Alors, l’occident, civilisé ?

 

Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Aimé Césaire