Kirghizistan : premières impressions (Bichkek et alentours)

C’est fou ce que le temps passe vite ! J’ai l’impression que mon tour du monde avec ma compagne débute à peine, et pourtant non, cela fait déjà 4 semaines que nous sommes partis. Partis pour ce pays encore inconnu de la plupart des gens, du moins lorsqu’il s’agit de le localiser sur un globe. Allez, je vous aide : c’est un petit pays d’Asie centrale recouvert à 70% de montagnes, niché entre la Chine, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kazakhstan.

 

Ce qui me marqua dès notre arrivée à Bichkek, la capitale du pays, ce fut le nombre incroyable de français parmi les touristes. Je quitte à peine mon pays que m’y voilà partiellement replongé. C’est tout de même le comble. Le retour en « France » fut cependant bref. L’arrivée du bus navette depuis l’aéroport vers la ville me ramena très vite à la réalité une fois séparé de mes concitoyens.

 

Le voyage pouvait enfin commencer. Quand bien même je n’avais justement pas encore réalisé que le tour du monde avait commencé, je ne manquais pourtant pas d’observer et de m’immerger dans mon nouveau lieu de vie temporaire.

 

Bichkek, une ville étendue

Bichkek est une ville qui manque de caractère : de ces larges avenues tracées par les soviétiques, seules les belles lignées d’arbres viennent agrémenter le tout. C’est une ville néanmoins intéressante de par son animation, et il est aisé de trouver de bons restaurants et cafés, tout aussi bien que de manger pour pas cher du tout. Enfin, ce doit être mon côté parisien amateur de grandes villes qui apprécie ce remue-ménage et cette excitation, ce n’est pas le cas de tout le monde.

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Une ville qui manque quelque peu de charme…
Mais à part ça, je dois dire qu’on en a vite fait le tour : quelques monuments, mémoriaux ou parcs par ci par là, et voilà. Enfin, on a vite fait le tour… manière de parler, la ville est en réalité très étendue.

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Un des monuments qui agrémentent Bichkek
Nous avons d’ailleurs fait les frais de la taille hégémonique de la ville. La navette qui relie l’aéroport à la ville nous ayant déposé à la gare routière de l’ouest, elle-même située à plusieurs kilomètres du centre-ville, nous avons dû nous farcir une bonne marche, chargés d’environ 18 kilos chacun, en plein soleil sous 37 degrés. Quelle poisse ! (Ai-je pensé sur le moment). Ce que je ne savais pas encore, c’est qu’une fois enfin arrivés au centre (sur Chuy, l’avenue centrale de Bichkek), notre périple n’était pas terminé. En effet, nous cherchions un logement et n’avions rien réservé. Préférant voyager libre, nous nous abstenons quasi-systématiquement de faire des réservations, afin de n’être ni attaché par un lieu ni par une date à respecter. De plus, mon guide indiquait que même en haute saison, il n’était pas nécessaire de réserver à Bichkek. Mais le destin avait décidé de nous faire payer notre chère liberté pour cette fois-ci : on s’est retrouvés à errer dans la ville tels des vagabonds désespérés, en essayant plusieurs auberges de jeunesses toutes plus pleines les unes que les autres et chacune séparée de plusieurs kilomètres de l’autre… Après quasiment une journée entière à user nos jambes et nos dos sous la chaleur écrasante, nous avons enfin trouvé un toit. Ce dernier prit la forme d’une auberge en plein centre où nous avions une chambre généreusement spacieuse avec lit double et meubles de rangement. Une jolie récompense après une journée que je ne suis pas prêt d’oublier.

 

Une bonne chose à faire à Bichkek : manger (local) !

Je n’oublierai pas non plus nos découvertes culinaires dans la capitale. Notre tout premier restaurant au Kirghizistan fut un petit restaurant local, que nous avions déniché en pleine recherche de logement lors de notre fameux premier jour. Il ne payait pas de mine de l’extérieur, c’est à peine si on pouvait deviner qu’il s’agissait d’un restaurant depuis dehors, à moins d’y attarder un peu plus son attention. On s’est installés à une table, avons posé nos gros sacs avant d’essayer de demander un menu dans notre russe quasi-inexistant. Ici au Kirghizistan, on parle russe et kirghize (du coup on s’était mis en tête d’apprendre un peu le russe pour faciliter les échanges, mais nous ne sommes jamais allés très loin). Puis on a essayé de commander. Après quelques tentatives de communication plus ou moins fructueuses, on a réussi à commander un plat. Il s’agissait de Mantys, de délicieux raviolis fourrés de mouton, de sa graisse, et d’oignons. Un régal de gras. Que nous avons d’ailleurs pris l’habitude de régulièrement commander au restaurant.

 

Une autre découverte culinaire fort agréable fut celle que nous avons fait au bazar Och, à l’ouest de la ville. Bazar qui porte le même nom que la ville du sud du pays fameuse pour… son bazar.

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Le bazar Och à Bichkek
En déambulant dans les allées du bazar, nous sommes tombés sur un petit restaurant au bout d’un recoin où nous avons eu le bon flair d’aller fourrer notre nez. Nous nous sommes accordés ma compagne et moi pour commander un plat dont le nom ne nous évoquait rien : des Oromos. Ça ressemble à des Mantys mais en plus gros. La garniture en l’occurrence n’était pas exactement la même : il y avait du mouton bien sûr, mais aussi de la ciboulette pour agrémenter le tout. C’était très bon, notamment avec cette sorte de ketchup épicé que les kirghizes semblent rajouter dans de nombreux plats.

Le bazar nous a aussi permis de trouver un autre restaurant, moins caché celui-là, mais qui fut néanmoins digne de la découverte. Nous y avons goûté le Plov, un plat composé majoritairement de riz, avec en plus des carottes râpées ainsi que des petits bouts de viande (souvent du bœuf). Encore une fois, cela baignait dans l’huile, à se demander s’ils y ont versé une bouteille entière. Je force bien sûr le trait, mais j’ai remarqué que les supérettes vendaient des bouteilles de 5 litres, là où en France on trouverait des bouteilles d’un litre. Mais bon, le gras donne bon goût, « le gras c’est la vie » comme disait Karadoc dans une célèbre série française.

 

Dernier essai de cuisine locale que nous avons fait à Bichkek : il s’agissait d’un restaurant typique assez connu du nom d’une ville de sud du Kirghizistan : Djalalabad. Nous avions trouvé l’adresse dans notre guide. Ce lieu était typique non seulement pour la nourriture (je vais y venir après), mais aussi pour ses Takhtan : il s’agit de plateformes surélevées, cernées par une barrière basse sur son long et ponctuée en son centre d’une large ou longue table basse. Des coussins viennent apporter le confort nécessaire tout du long de cette table.

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Des Takhtans (joli et cosy non ?) 
C’est là que nous avons goûté pour la première fois le Laghman, un plat que mangent régulièrement les kirghizes. Il y a deux versions : une avec bouillon, une sans bouillon où les éléments sont sautés à la poêle. Pour cette fois, nous avions la seconde. Ce fut délicieux, cela nous a fait penser à la cuisine du sud-est asiatique. Et pour cause : c’est un plat ouïgour, une ethnie originaire de Chine. Il était constitué de nouilles longues (qui font référence à la longévité, c’est la seule raison pour laquelle elles sont longues, car il faut avouer que ce n’est pas toujours pratique à manger), de légumes (souvent du poivron et des pommes de terre, mais parfois aussi parfois des haricots, des tomates ou autre), et de viande (de bœuf le plus souvent).

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Laghman : nouilles, boeuf et légumes

En somme, la cuisine kirghize est loin de ce qui est souvent décrit tant bien sur le web que dans les guides : on ne mange pas que du mouton, encore moins les yeux, du moins dans les restaurants. En revanche, il y a effectivement de la viande partout mais pas nécessairement en grande quantité, et c’est généralement très gras. Au final, cela fait de la cuisine kirghize une cuisine riche et très bonne au goût mais à compléter si vous le pouvez par des fruits achetés au marché. Il est heureux que le Kirghizistan soit généralement l’occasion de faire de la randonnée et d’éliminer par la même les calories en trop.

Si jamais l’envie vous prend de faire une pause café occidental, je vous recommande fortement le Chuykoff (Чуйkoff), c’est un café central équipé du wifi pour donner des nouvelles ou glander sur facebook si le cœur vous en dit. Mais bien plus important que cela, il dispose d’une terrasse sympathique et sert des thés glacés à tomber ! Même si on est censés se méfier de l’eau à l’étranger, après un mois ici on a jamais eu aucun problème avec les thés glacés ou les légumes crus (par contre on a pris soin d’éviter de boire directement au robinet), le fait d’avoir des montagnes et donc des sources toutes proches doit aider.

 

Randonnée et paresse à Ala Archa

En parlant de montagne justement, c’est à la randonnée que nous nous sommes justement attelés après nos trois jours passés dans la capitale kirghize. A 40 kilomètres seulement au sud de Bichkek sont plantées de majestueuses montagnes que l’on peut d’ailleurs apercevoir par temps dégagé dans certaines rues de la ville. C’est là que nous nous sommes rendus, plus précisément au parc national de Ala Archa. Randonnée donc… mais aussi flânerie et pique-niques dans les environs.

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Petit-déj en bord de rivière…
Les paysages alpins du parc sont tout simplement touchants de beauté. C’était vraiment ressourçant de passer du temps là-bas. 

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En pleine randonnée, un peu d’eau issue des glaciers pour se fouetter le visage et on repart !
Ressourçant non seulement lors de la randonnée qui fut un émerveillement renouvelé à chaque seconde, mais également lors du temps que nous avons passé près d’une charmante rivière, où des locaux sont venus partager une partie de leur pique-nique avec nous. Ils nous ont gentiment apporté un plat ressemblant à une ratatouille avec du bœuf ainsi que le pain blanc typique : le Tandir Nan. Il est en forme de couronne et cuit collé sous la voûte d’un four en glaise. Un régal.

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Plein de Tandir Nans… Miam !
Au fait, je ne le vous l’ai pas encore dit, mais pour le Kirghizistan et la Mongolie, j’ai décidé de suspendre temporairement mon végétarisme. Pour une raison pratique déjà : la viande est omniprésente, il est difficile de l’éviter, à moins de se nourrir de salade ou d’acheter du pain et du fromage. Et c’est là qu’intervient justement la deuxième raison : je ne suis pas venu au Kirghizistan pour bouffer du pain et du fromage. Voyager c’est pour moi découvrir une culture, et la cuisine en fait naturellement partie.

 

Voici comment s’achevèrent nos 5 premiers jours dans celle qu’on surnomme la Suisse d’Asie centrale.

3 réflexions sur « Kirghizistan : premières impressions (Bichkek et alentours) »

  1. Salut les deux, c’est interessant et amusant a la fois de « vous » lire (Lisa schreibst du dann auch mal über deine Eindrücke?). Quelle envie d’etre a votre place… mais je n’aurai evidemment plus l’energie.
    Bonne continuation! Olivia

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    1. Salut ! Merci, on est contents que le blog plaise, on espère vous faire voyager un peu avec nous 🙂 Lisa est toujours là pour m’aider à la rédaction en donnant aussi ses impressions et son point de vue. On compte publier des articles tout au long du voyage, on espère que ça vous plaira toujours autant !

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