C’est quoi un tour du monde ?

Mon tour du monde avec ma fiancée approchant à grand pas (on part début août), je commence à y penser de plus en plus après la retombée faisant suite à la grande décision. Et je me suis interrogé plus en profondeur qu’avant sur ce que cela signifiait exactement que faire un tour du monde (j’avais en effet déjà écrit un article à ce sujet).

J’ai réalisé qu’il y a plusieurs façons de voir un tour du monde. Et bien sûr il n’y en a qu’une de « valide » selon moi.

 

Ce que ça n’est pas

Ce n’est pas une course, une collection de pays sur une liste. Ca va peut-être vous faire rigoler, mais certaines personnes le voient comme cela. Dans son livre « L’homme qui voulait voir tous les pays du monde » André Brugiroux, un célèbre globe-trotter décrit la rencontre d’une jeune femme qui était fière d’annoncer le nombre de pays qu’elle avait « faits ». Déjà, je n’aime pas dire qu’on « fait » un pays. Enfin moi-même j’utilise encore couramment cette expression, mais je trouve cela totalement déplacé en réalité et cherche à m’éloigner de cette mauvaise habitude langagière. Parce que cette idée de « faire » un pays rejoint précisément l’idée d’une liste avec des choses à rayer. Le but étant d’en faire un maximum. Ridicule. On en oublie la saveur, on en oublie pourquoi on est là, à toujours courir après la prochaine destination, sans même avoir eu le temps d’ouvrir les yeux sur là où on était à l’instant. Pour preuve du ridicule, la jeune femme évoquée par Brugiroux passait seulement une poignée de jours par pays, afin de pouvoir ensuite prétendre être la plus jeune personne au monde à avoir « fait » autant de pays. Absurde.

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Ce n’est pas un concours photo Instagram. Vous savez ce genre de photos qui rendent morts de jalousie tous les suiveurs d’un-e célèbre voyageur-se sur Instagram. Ce que vous ne savez pas c’est l’envers du décor. Les heures passées à choisir le lieu idéal, comment cadrer la photo, le filtre à utiliser, la tenue du protagoniste, la pose du protagoniste, etc etc. Ca n’en a pas l’air comme ça, mais c’est du boulot, et c’est loin d’être aussi détendu que la photo le laisserait suggérer. Et ce encore une fois, au détriment de l’instant présent, au détriment de la découverte réelle d’un pays, d’une culture et de bien d’autres choses. Je ne dis pas que prendre des photos est interdit ou stupide, loin s’en faut. Mais se faire bouffer par sa dépendance aux réseaux sociaux alors qu’on a la chance de pouvoir vraiment vivre quelque chose d’extraordinaire m’attriste au plus haut point. La situation diffère légèrement si c’est dans le cadre professionnel (les blogueurs et autres qui vivent de leur voyage), dans le sens où c’est leur gagne-pain et non une vulgaire addiction. Mais l’empiétement des réseaux sociaux sur la partie immersion, découverte et expérience du voyage a également lieu, certains nomades admettent d’ailleurs eux-même volontiers le tort que cela peut leur causer.

Ce n’est pas une année sabbatique et après tout s’arrête. J’ai même rédigé un article « Le voyage comme mode de vie, un rêve ? » pour illustrer mon anticonformisme à ce sujet. Le tour du monde c’est le début d’une nouvelle vie, pas une simple parenthèse avant de retrouver « la vraie vie ». En effet, qui a décidé pour moi ce qu’est la vraie vie ? C’est tout de même incroyable ça que de se laisser dicter ce qui est vrai ou non, chacun a assez d’esprit critique pour pouvoir juger pour soi. Ce n’est pas parce que voyager en permanence reste peu fréquent dans notre société qu’il relève pour autant du domaine de l’extraordinaire ou du surnaturel. Bien sûr que tout n’est pas faisable, mais de là à dire non avant même d’avoir essayer… Quel dommage.

 

Ce que c’est vraiment

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Un tour du monde, qu’on l’entende par le fait de parcourir la circonférence de la terre ou par le fait d’en parcourir tous les pays, c’est d’abord et avant tout une expérience humaine. J’ai lu sur certains blogs ou pages Facebook de nomades que faire un tour du monde, c’est faire un tour de soi. Et je ne suis on ne peut plus d’accord avec cela. Ce n’est donc pas tant une rencontre des autres ou d’autres cultures que de soi-même (j’évoque la rencontre de l’autre et d’autres cultures dans mon article Pourquoi je vais faire le tour du monde ?)

Dans tous les cas, c’est bien cela que je chercherai lors du voyage. Découvrir mes limites, mes réactions face à des problèmes et des situations tant inattendus les uns que les autres, ouvrir mon esprit face à des choses que je n’aurais jamais imaginées dans mon confort quotidien. A cet égard, de façon générale, le voyage physique, l’acte de se déplacer est donc un voyage en soi-même. Apprendre à se découvrir, apprendre qui on est pour s’améliorer.

Il s’agit donc de se découvrir pour enfin réellement être soi. Car combien d’entre nous, moi compris jouons trop souvent des rôles ? Peur de blesser l’autre, peur d’être rejeté etc. Ce sont ces peurs souvent inconscientes, mises en exergue par la société qui nous donnent envie de rentrer dans le moule, faire partie d’un groupe, suivre la tendance etc. Dans une vie humaine c’est souvent : grandir, se rebeller, faire des études correctes, « s’assagir », trouver un boulot stable, rencontrer quelqu’un, devenir propriétaire, faire un enfant… attendre, mourir. Le problème il est là : « s’assagir ». Non pas que nous devrions rester d’éternels enfants ou adolescents. Mais nous ne devrions pas renoncer à nos rêves, nous devrions suivre nos intuitions infantiles. Car pour moi, un enfant, étant donné qu’il n’est pas encore formaté par la société est beaucoup plus spontané, il sait être lui-même, sans voile, sans faux-semblant ou attitude surfaite, il sait ce qu’il veut au fond de lui. Devenir adulte, au final, c’est savoir adapter ses envies à la « réalité » de la société. Mais c’est malheureusement souvent synonyme de sacrifice en réalité irrationnel et empêchant une personne d’être heureuse. Bien sûr qu’il faut être conscient de la société et de ses règles. Mais cela ne doit pas signifier sacrifier ses envies réelles puisées au fond de soi pour cela ni y cacher sa personnalité.

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La société nous amène à rentrer dans des cases bien souvent trop petites et ne permettant pas à un être de s’épanouir tranquillement. Il devrait y avoir autant de cases que d’êtres humains sur cette planète, ou même, pour pousser la logique jusqu’au bout, plus de cases du tout ! Car classer, c’est délimiter, délimiter c’est enfermer, emprisonner, et donc restreindre, diminuer et appauvrir. Certes, classer, nommer, catégoriser est d’une grande aide pour organiser la société et notre vision du monde. Mais cette manière de faire n’en reste pas moins une grossière approximation, capable d’ailleurs de conduire aux pires amalgames et préjugés irrespectueux de la singularité de chaque être.

 

Et partir autour du monde, se libérer de ce carcan, c’est à mon sens, pour moi, le meilleur moyen d’atteindre mon bonheur. Me rencontrer moi, libérer mon esprit de toute règle non formelle (donc règles qui ne sont pas la loi mais que nous respectons tout de même) et de cette façon m’épanouir.

 

Qui mieux que vous sait vos besoins ? Apprendre à se connaître est le premier des soins. Jean de La Fontaine

Quitter son boulot : la libération ?

C’est une page qui se tourne dans ma vie de bohème (ou presque). Adieu le CDI en Suisse, adieu l’appartement avec vu sur les montagnes, adieu le train-train quotidien emmerdant.

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Pourquoi je pars

Pourtant ça démarrait plutôt bien non ? J’étais censé me stabiliser, faire du fric en Suisse, trouver un boulot à responsabilité et monter en grade etc. Faire comme tout le monde quoi. J’ai commencé. Ça m’a bien plu un premier temps. Puis est arrivé ce projet de tour du monde. Dès le début sans une once d’hésitation j’ai eu envie de dire oui lorsque ma fiancée m’a proposé l’idée. Je savais que c’était de la folie (du moins selon les critères du commun des mortels), mais quelque chose au fond de moi, l’enfant fou et rêveur, l’enfant qui était constamment dans les nuages avait déjà dit oui. Le temps que le côté adulte digère l’idée, la retourne dans tous les sens, et le projet a été acté. Ma fiancée et moi allions partir, c’était bel et bien décidé. Cela voulait dire quitter mon boulot ? J’étais pas censé me stabiliser à l’origine ? D’un autre côté, il ne faut se forcer à rien. Si j’ai envie de partir, c’est qu’il faut partir. Peut-être qu’au final je ne suis pas fait pour me stabiliser, elle est là la réponse. En tout cas c’est bien dommage de quitter un boulot bien payé et pas désagréable, mais qu’importe, j’en retrouverai un comme je l’ai toujours fait. Ainsi, peu à peu, de sacrifice, la pensée de quitter mon poste à responsabilité en Suisse s’est muée en idée de liberté et d’accomplissement.

 

Fuir le train-train quotidien et prendre du recul

Parce que ma vision des choses a continué à changer au gré des vents et marées (ou plutôt au gré de mes lectures, visionnages et réflexions personnelles) et puis un peu aussi parce que mon travail commençait à ne me faire ni chaud ni froid. C’était la routine. Va au boulot, ramène l’argent, fais tes courses et continue comme cela sans te poser de question. Malgré cette indifférence relative, j’ai continué et continue toujours à travailler consciencieusement, non plus par intérêt (encore que j’essaie d’en trouver un, et y parviens parfois) mais davantage par pure conscience professionnelle, par respect pour mes supérieures, parce que je ne suis simplement pas un connard, peu importe ce que je pense par ailleurs du système et de ce qu’il engendre comme souffrance pour les salariés.

Et là vous aurez tôt fait de me dire, « comment oses-tu la ramener avec ton salaire Suisse ? » justement la question n’est pas là, même si j’admets être hautement chanceux d’avoir ce salaire et être plutôt bien loti, le travail salarié reste une aliénation par le capital. En effet, le travail salarié n’a rien d’épanouissant, il est tout juste bon à ramener son quignon de pain tous les jours à la maison. Vous allez alors me dire : « mais il y a des gens qui aiment leur travail ! ». C’est vrai, et tant mieux pour eux. Je ne mets donc pas en doute la capacité du travail en général à rendre heureux, mais bel et bien celle du travail salarié. La différence ? Le travail salarié par toutes les obligations qu’il créé, par les liens de subordination qu’il engendre enlève parfois la saveur du travail, le déshumanise et lui retire son âme : mensonge, manipulation, horaires strictes, trajet, lieux de travail, inconfort physique et mental, pression etc. Pour quoi ? Pour atteindre l’objectif (moneyyyy). Au final la rationalisation extrême du capitalisme et donc des relations de travail tend vers un traitement du salarié comme une simple machine, ce que nous ne sommes à aucun égard. Grossière erreur.

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D’où mon sentiment de libération ! Libération du joug capitaliste (du moins en partie), libération de l’esprit et du corps de la condition salariée, qui me permettent de me tourner vers un avenir nouveau, parsemé de nouvelles embûches, mais aussi de plein d’opportunités.

 

Vivre sans regret

Ainsi se tourne une page, pour en ouvrir une nouvelle. J’ai même plutôt l’impression que c’est un livre qui débute à partir de maintenant.

L’impression que tout est possible, tout est faisable. Douce illusion dans laquelle je m’autorise à me bercer afin d’éviter de tuer un projet dans l’œuf comme moi et bien d’autres avons tendance à le faire à tout instant de notre vie. Histoire de ne pas venir me plaindre dans 50 ans, que « j’aurais dû faire ça ». Lorsqu’il sera trop tard. Comme dit l’expression populaire consacrée : mieux vaut avoir des remords que des regrets. Les erreurs sont inévitables. La preuve : malgré mon parcours jusque là plutôt conventionnel et ma peur de me lancer dans l’inconnu, j’en ai fait ! Donc à l’avenir je souhaite agir différemment. Car j’en referai des erreurs. Je me trouverai à certains moments au mauvais endroit, ou sans le sou, ou bien seul ou que sais-je encore… Mais cela permettra d’en tirer des leçons et d’avancer.

L’impression que les sentiers battus appartiennent enfin définitivement au passé, d’enfin reprendre ma vie en main et me poser les questions que j’aurais dû me poser il y a 10 ans. Tout bachelier devrait commencer sa vie d’adulte par un voyage d’ailleurs. Ne pas être immédiatement lié, voire attaché à un boulot ou à des études immédiatement sans aucun recul, juste parce que c’est la voie classique imposée par la société.

 

Somme toute, cette décision a tout chamboulé : ma vie, ma vision des choses et celle de mon futur. Ou plutôt l’inverse, tout a été chamboulé donc j’ai pris cette décision. Bref, je ne sais plus très bien (encore ce problème de la poule et de l’œuf), mais c’est curieux comment ce projet de tour du monde m’a guidé vers cette décision nécessaire, et comment au final, de décision difficile elle est devenue libératrice et m’a amené à comprendre plein de choses sur le monde du travail salarié et sur ce que je voulais faire de ma vie. Bien sûr, peut-être qu’un jour je devrai le redevenir, salarié, eu égard ou non à mes critiques acerbes. Mais tout cela m’a tellement aidé ! J’ai enfin réalisé que je n’étais pas fait pour me stabiliser ni pour rester attaché à un travail passivement simplement parce qu’il faut bien gagner sa vie. Certes il faut gagner sa vie, mais désormais je cesserai de me battre contre des moulins à vent en refusant d’admettre que je veux au fond de moi vivre en bohème : passer d’un boulot à un autre, d’une ville à une autre, d’un voyage à un autre…

 

Car qu’est la vie si ce n’est un long voyage ? Lark East

Confessions d’un ex-accro (du shopping) devenu coco

J’avoue que mon titre est un poil racoleur, mais néanmoins assez proche de la vérité : je n’étais pas si accro au shopping, du moins pas pendant si longtemps, et je ne suis pas communiste car déjà je n’aime qu’on me catégorise/m’étiquette et ensuite parce que je me placerais plus comme un altermondialiste/utopiste/écolo/anticapitaliste/bobo/idéaliste puisque la société adore vous ranger dans une case.

Bref, vous l’avez vu, c’est pas si simple d’enfermer les gens dans une catégorie, et ce n’est pas non plus si simple de passer de l’une à l’autre, je l’ai découvert un peu à mes dépens.

Cela fait en effet maintenant quelques petites années que j’ai commencé ma révolution intérieure, que j’ai commencé à changer mon mode de vie et voici les leçons que j’en ai tiré.

1ère leçon : c’est tout à fait faisable

Avant d’être un « coco » et tout ça, j’étais attiré par le luxe (oh gros mot), les belles choses, l’argent, le statut social, la consommation etc… Enfin les belles choses, c’est toujours le cas, sauf que maintenant je me tourne davantage vers la nature que vers des vêtements par exemple. Ma période à Vienne était la pire : c’était shopping 1 à 2 fois par mois… C’est dire à quel point je viens de loin. Mais pourtant j’ai réussi. Du coup ça a mis du temps, ça se compte en années (pas 10 ans non plus je vous rassure) le temps que je décide réellement de changer ma consommation et mes habitudes.

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Puis il faut passer à l’acte, une fois que c’est décidé c’est facile, ou presque (disons que le plus gros du travail est déjà fait). En effet, vu comment fonctionne la société actuellement ce n’est pas toujours évident, les pubs nous sollicitent partout, pour nous dire toujours d’acheter moins cher…mais en réalité pour acheter plus en quantité, ce qui est exactement l’inverse de ce que je cherche à faire. Que je te foute des soldes par ici et un black Friday par là (le pire jour de l’année à mes yeux) et que ça ne s’arrête jamais, sinon la machine s’arrête et là quoi ? Fin du monde… ? Ben non ! Mais enfin, on est tellement bien éduqués et formatés à penser carrière, argent, consommation, toujours carrière, re-argent, re-consommation et ainsi de suite, qu’une fois enfermé dans ce cycle infernal, il faut s’armer de courage et patience pour en sortir, tellement cette éducation et ces pubs nous collent à la peau.

J’en suis d’ailleurs arrivé (et j’en suis heureux) au point où le mot carrière pour moi est vide de sens ! Cela ne fait référence à rien. Ah si, à ces gens qui passent leur vie à la perdre. Je ne veux pas/plus faire carrière. Je veux juste pouvoir gagner assez pour manger, passer de bons moments avec famille et amis et bien entendu voyager ! C’est tout. Mon but n’est pas un « bon » poste dans une grand boite, mon but c’est faire ce qui me plait. Bon évidemment dit ainsi, cela sonne comme une grosse utopie. C’est vrai, on ne fait pas toujours ce qui nous plait, mais si jamais j’arrive à gagner ma vie en faisant ce qui me plait, alors ce serait parfait. Dans tous les cas, ce qui compte c’est le développement personnel, pas le développement de mon compte en banque.

Ok j’arrête ma « digression » qui n’en est pas tant une dans le sens où carrière est fortement liée à gros boulot avec 50h au bureau par semaine et pouvoir d’achat en conséquence, course effrénée à la consommation soir et weekend, car après une semaine de boulot à travailler aussi rationnellement qu’une machine (on nous le demande), on a envie de céder aux émotions, au plaisir, à l’envie lors du temps « libre » et donc quoi de plus naturel que de consommer ?

Bref, malgré ces obstacles non négligeables, j’ai réussi à changer, c’est une question de temps et de courage principalement. J’ai appris à ne plus dévisager les publicités incessantes en me disant : « ah oui tiens, j’y avais pas pensé à m’acheter ça ! » Alors qu’en réalité, bien entendu, je n’avais absolument pas besoin de ça. La preuve ?…. »j’y avais pas pensé ». Tout est là. La publicité vous créé des occasions de consommer parce que le système en a besoin, mais est-ce que cela veut dire pour autant que vous en avez réellement besoin ? Que nenni ! Of course not! Pourquoi je m’achèterais la dernière Audi ? Pourquoi je devrais avoir le dernier iPhone ? Pourquoi déjà encore acheter des fringues ? Je ne m’attarde pas davantage sur la façon de se remettre en cause et moins consommer, j’en parle plus longuement dans mon article « Consommer rend-il heureux ?« . Mais sachez que c’est grâce aux questions évoquées dans ce dernier que j’ai réussi à moins consommer, et j’ai même, je pense, un peu trop bien réussi…

 

2ème leçon : ce n’est pas toujours facile

Eh oui, j’ai fait le malin… Mais récemment la réalité s’est soudainement rappelée à moi : après environ un an à n’acheter quasiment aucun vêtement (j’ai dû acheter 1 chemise, un costume, 2 paires de chaussettes, 2 pulls, point barre), je crois que j’ai un peu carrément craqué pour l’équipement de Tour du Monde. Entre aujourd’hui et le mois de novembre, j’ai fait des achats de vêtements techniques pour plusieurs centaines d’euros. C’est sûr, les vêtements techniques ça coûte cher. Mais tout de même. Le retour de bâton m’a giflé violemment ; aveuglé dans mon radicalisme je n’ai rien vu venir. Maintenant je n’ai d’autre choix que de réfléchir : serais-je allé trop loin dans ma morale anti-consommation ? La réponse est oui, en tout cas pour moi pour le moment . Alors, dans un monde absolu, où l’être humain est parfaitement objectif, j’ai eu tort de m’enflammer pour ces vêtements techniques, c’est certain (d’ailleurs à ma décharge, malgré la somme dépensée, chaque achat était mûrement réfléchi depuis plusieurs semaines). Seulement nous sommes des êtres subjectifs. C’est à tout un chacun d’évaluer jusqu’où il peut aller.

Bien sûr j’essaie toujours de faire mieux. Mais il est pourtant connu que le mieux est l’ennemi du bien. Et puis, sans vouloir me trouver une excuse, je pense aussi que vu que j’ai passé toute ma jeunesse à penser et à faire exactement l’inverse de ce que je pense et fais maintenant, je ne suis sûrement pas encore suffisamment habitué  à moins consommer, ou peut-être même que je ne peux le faire que dans une certaine mesure. Eh oui, passer d’un extrême à un autre, pas si facile.

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Mais ce n’est pas pour autant que je renonce à mes idéaux, seulement je les adapte à la réalité, à moi. C’est une sorte de confrontation esprit/matière à la Jack London dans le Loup des mers. Je suis partisan de la supériorité spirituelle, mais cela a été une belle leçon. J’ai ainsi pu admettre mes limites et ajuster ma vision des choses. Dans tous les cas, la question reste ouverte : est-ce l’esprit qui dirige le monde matériel et le façonne ? Ou bien est-ce à l’inverse, le monde matériel et factuel qui nous impose notre vision de celui-ci ?

 

3ème leçon : modération

Au final que retenir ? Si vous êtes sur la même route que moi, allez-y en douceur: ne vous forcez pas, ne vous mettez pas en situation où vous savez que vous allez culpabiliser. Mais par contre informez vous, et beaucoup de préférence. Prenez du recul à chaque achat, mais sachez vous faire plaisir ! Non ce n’est pas un gros mot, il faut savoir se faire plaisir. Attention plaisir ne veut pas dire achat stupide et compulsif, on confond souvent plaisir avec achat irréfléchi, et c’est le meilleur prétexte pour des achats à outrance et regrettés peu après (j’en parle plus en détail dans mon article « Consommer rend-il heureux ?« . Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que nos chers amis les publicitaires utilisent ce mot à la pelle dans nombre de publicités.

En tout cas, j’ai appris la leçon : je vais continuer sur la route d’une vie plus saine et équilibrée, tout en prêtant plus d’attention à mes limites potentielles. Car au fond, je l’ai déjà dit, il faut s’écouter soi intérieurement, écouter son intuition pour être heureux.

 

Il ne faut pas être sage plus qu’il ne faut, mais l’être avec modération. Saint Paul

Il était une fois…

Aujourd’hui ce n’est pas tant un article que je souhaite partager qu’une histoire, que j’ai découverte dans le fameux (pour ceux qui s’intéressent au développement personnel) livre de Tim Ferriss, « La semaine de 4h »

 

Evidemment, le titre du bouquin est très racoleur, seulement, ne vous-y trompez pas, le type sait très bien de quoi il parle, car il parle d’expérience. Et ce livre est tout simplement un bijou, il fait d’ailleurs partie de mon top 5 des livres qui ont influencé ma vision du monde.

Cependant, ce dont je veux vous parler, ce n’est pas l’expérience et les techniques de Ferriss pour devenir indépendant et faire ce qu’il vous plait dans la vie sans attendre la retraite ou qu’un miracle se produise (quoique ce serait aussi intéressant, mais les résumés là-dessus pullulent sur le web). Non, je voulais vous partager une histoire qui est une morale de vie, un peu à la façon des contes enfantins ou des poésies de La Fontaine.

 

L’histoire

De grâce, ne prenez pas l’histoire au pied de la lettre, j’ai vu des gens échanger à ce sujet sur internet, je peux vous dire que ça ne volait pas très haut. La voici donc :

« Au bord de l’eau dans un petit village côtier mexicain, un bateau rentre au port, ramenant plusieurs thons. L’américain complimente le pêcheur mexicain sur la qualité de ses poissons et lui demande combien de temps il lui a fallu pour les capturer.

“Pas très longtemps”, répond le mexicain.

“Mais alors, pourquoi n’êtes-vous pas resté en mer plus longtemps pour en attraper plus?” demande l’Américain. Le Mexicain répond que ces quelques poissons suffiront à subvenir aux besoins de sa famille.

L’américain demande alors :  “Mais que faites-vous le reste du temps?”

“Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir, je vais au village voir mes amis. Nous buvons du vin et jouons de la guitare. J’ai une vie bien remplie”.

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L’américain l’interrompt : “J’ai un MBA de l’université de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l’argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers. Au lieu de vendre vos poissons à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l’usine, et même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Mexico City, Los Angeles, puis peut-être New York, d’où vous dirigeriez toutes vos affaires.”

Le mexicain demande alors :  “Combien de temps cela prendrait-il?”

“15 à 20 ans”, répond le banquier américain.

“Et après?”

“Après, c’est là que ça devient intéressant”, répond l’américain en riant.

“Quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous gagnerez des millions”.

“Des millions? Mais après?”

“Après, vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos petits-enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme et passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis.” »

 

Mon interprétation

Mon interprétation personnelle est qu’il faut impérativement modifier notre rapport à l’argent, qu’il n’est pas l’ultime but. D’ailleurs c’est également celle de Ferriss.

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J’ai vu des cons (excusez-moi du mot) de businessmen (je n’ai rien contre eux a priori, Tim Ferriss en est un d’ailleurs, mais il n’est pas stupide, lui) sur le net qui interprètent l’histoire ainsi : « alors oui ça veut dire qu’il faut investir en bourse ou dans l’immobilier »… ben voyons, moi aussi je suis rentier/héritier, et moi non plus je n’ai pas d’objectif dans la vie à part accumuler de l’argent. Certes, c’est à chacun de l’interpréter selon sa vision du monde, seulement deux choses :

  1. Tim Ferriss cherche à modifier notre vision par cette histoire et non à faire à tout prix rentrer cette histoire dans une vision pré-établi, l’idée n’est pas que ça rentre à tout prix dans son cadre de pensée habituel, mais de penser « out of the box » comme on le dit en anglais. Mais bon, c’est bien connu, on préfère souvent son petit confort, car quel serait le prix d’une remise en cause ? Sur le court terme, c’est peut-être difficile psychologiquement, car on a peur de ne plus se reconnaître soi-même, de perdre quelque chose et de ne plus pouvoir revenir en arrière. Seulement, ce n’est pas ainsi que va le monde et fonctionnent les choses. Penser hors de la boite, c’est se libérer, et se hisser au-dessus de tout cela. Pas tout perdre, mais s’en détacher, pour mieux apprécier sa vie.
  2. Comme dit un peu plus haut, l’interprétation de Tim Ferriss, et il le dit clairement à plusieurs endroits du livre, est précisément que l’argent n’est le but, il n’est qu’un moyen. Qu’il en faut, certes, mais que sans temps (tout de suite et pas dans 20 ans) pour en profiter et sans idée de quoi en faire, cela ne sert à rien. Or les personnes dont je parle ont oublié, dirait-on, que l’argent n’est pas une fin, donc elles ont du lire Ferriss un peu trop rapidement. Je ne dis pas qu’elles n’ont pas de passion ou d’intérêt autre que celui-ci, je ne les connais pas. Mais l’argent, à mon avis, prend simplement beaucoup trop de place dans leur vie.

 

Tandis que la conclusion peut paraître évidente, on a bien vu qu’elle ne l’est pas pour tout le monde. Et quand bien même elle le serait, on serait alors tenté de penser « Quel est l’intérêt de cette histoire, si la conclusion est si évidente et connue de tous ? » Eh bien je trouve qu’elle est un très bon moyen de comprendre concrètement pourquoi l’argent n’est pas une fin. Car nombreux sommes nous à le prétendre, que l’argent n’est pas une fin mais un moyen. Mais à réellement l’appréhender, et encore mieux, à l’appliquer ? Tout de suite beaucoup moins nombreux. Et c’est là que repose toute l’utilité de ce récit à mon humble avis.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

L’argent, ah ! Fléau des humains ! Sophocle

Les 5 livres qui ont façonné ma vision du monde

Depuis les 3 dernières années environ, j’ai pas mal changé, ceux qui me connaissent bien s’en sont aperçus et me posent souvent des questions.

Alors j’ai décidé de leur donner une partie de la réponse. La réponse entière serait mieux bien sûr, mais c’est long et compliqué, alors on va y aller en plusieurs étapes.

 

A l’ouest rien de nouveau – Erich Maria Remarque

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C’est le livre qui a fait de moi un pacifiste convaincu. L’auteur réussi avec un talent fou à nous plonger dans la 1ère guerre mondiale et nous faire vivre ses affres et vices avec une vivacité et une imprégnation sans pareil. On ne peut rester de marbre après avoir lu ce bouquin. Pour moi c’est un vrai chef d’oeuvre.

Les arguments du style « oui moi aussi je suis contre la guerre mais tu comprends, parfois il faut….  » je les ai en horreur. Pourtant avant de lire ce livre j’étais un de ceux à les utiliser. Car l’humanité vaut mieux que ça, il n’y pas de place pour les « oui mais » lorsqu’il s’agit d’éthique, d’intégrité et de principes. Et comment ne pas avoir des principes plus hauts après avoir lu un tel livre ? On pourra me résister en prétendant « oui c’est affreux mais tu comprends… ». Non je ne comprends pas. Oui il y a toujours une explication aux guerres, je ne dis pas l’inverse, mais une explication est-elle une justification ? Pas à mon goût, sinon on peut justifier à ce compte tous les crimes de l’histoire. Lisez ce livre et vous verrez. Car non on ne peut pas comprendre les horreurs de la guerre. Non non et non, quelque soit l’argument que vous m’opposerez. La guerre c’est la déshumanisation.

 

Comment j’ai arrêter de CONsommer – Frédéric Mars

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Avec ce livre Frédéric Mars remet en cause notre frénésie consommatrice et tente de vivre avec moins. Frénésie ? Oui oui, même en pensant ne pas être obsédé par les weekends shopping ou les dernières nouveautés, vous avez forcément des réflexes consommateurs que vous ne remarquez même pas. Frédéric Mars s’y attaque méthodiquement et déconstruit toutes ces habitudes sur lesquelles on ne prend aucun recul.

Et c’est édifiant. J’ai moi même appris à regarder les choses différemment et commencé à changer mes habitudes. Ce livre n’est pas une bible et n’impose pas de règle. Mais il pousse à réfléchir et donnes des idées. Qui inévitablement amènent le changement, qu’il soit peu ou très important.

 

La semaine de 4h – Tim Ferris

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Ah Tim Ferris… Que dire. C’est un peu mon devenu mon gourou. Sans avoir révolutionné ma vie, il m’a apporté une vision bien différente de la vie et m’a nettement enrichi. C’est toujours agréable de sortir de sa boite pour penser en dehors. Pourquoi attendre la retraite pour profiter de la vie ? Pourquoi travailler de 9h à 18h en n’effectuant pas vraiment plus que si on travaillait que de 9 à 12h ? Pourquoi se rendre à son bureau tous les jours alors qu’avec une connexion internet une partie importante des professions peuvent se pratiquer chez soi ?

C’est, je pense, grâce à ce bouquin que je me suis (re)mis à écrire. C’est grâce à ce livre que je me dis désormais que peu importe si cela marche ou non, il faut essayer. C’est grâce à ce livre que je m’en moque de devoir quitter mon boulot pour partir en tour du monde, au contraire (vous n’avez pas idée), je suis heureux de quitter mon travail pour faire ce que je veux : voyager.

C’est avec cette lecture que ma deuxième vie a commencé.

 

99 Frs – Frédéric Beigbeder

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Le film d’adaptation vous est sûrement plus connu, pourtant le livre relate exactement la même chose, je trouve le film d’ailleurs étonnamment fidèle comme c’est rarement le cas. Lorsqu’on y pense, l’idée est peu la même que dans « Comment j’ai arrêté de CONsommer », mais à part cela les livres ne ressemblent que très peu.

Tandis que Mars nous fait un récit autobiographique de son expérience, Beigbeder nous conte une histoire dans laquelle il décrit le monde publicitaire. Ce qu’il narre est purement fictionnel. Fictionnel certes, mais en même temps si proche de la réalité. C’est ce qui en fait un livre choquant. On lit un roman, on se laisse aller sans trop réfléchir car après tout c’est juste de la fiction, n’est-ce pas ? Puis on se met à réfléchir et alors là ça nous frappe en pleine gueule : ce n’est pas une fiction mais la réalité pure et trébuchante.

 

Le pouvoir du moment présent – Eckhart Tolle

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Lorsque j’ai vu ce bouquin pour la première fois, tout de suite je me suis senti connecté, c’était très étrange. Il y a tout de suite eu un lien très fort, mais rationnel que je suis, j’ai tout de même feuilleté l’ouvrage avant de passer à l’achat. Et bingo, quelques semaines après avoir fini Tim Ferris, je me suis donc lancé dans ce livre qui semblait correspondre exactement à mon état d’esprit et à mes questions du moment.

C’est-à-dire que l’auteur découd et démonte toutes les croyances, non pas sur le monde, mais sur vous-même. Mais les deux sont en réalité liés étroitement. Liés par le fait que ce qui importe c’est le regard que l’on porte sur le monde, et non le monde lui-même. Car la solution est en vous et non ailleurs. Et le pouvoir il est là. Et il est immense. La solution ne repose absolument pas sur vos conditions matérielles ou vos relations. A partir de là, tout s’ouvre, tout ou presque semble possible. Au final, Tolle nous apprend à mieux à vivre avec nous-même et à nous rendre heureux par l’acceptation des choses telles quelles sont.  Ce qui ne veut pas dire qu’il faut tout accepter, attention, mais c’est là une autre histoire.

 

 

Savoir lire, c’est allumer une lampe dans l’esprit, relâcher l’âme de sa prison, ouvrir une porte sur l’univers. Pearl Buck

 

Pourquoi je veux devenir minimaliste

Vous avez vu, le nouvel iPhone est sorti ! (ou va sortir, je sais plus). Aller, dépêchez-vous de courir chez votre opérateur ou à la fnac, c’est l’iPhone 7, vous vous rendez compte ?

Il y en aurait 20, il faudrait toujours l’acheter de toute façon, c’est tellement essentiel à notre vie 😀

 

Plus, toujours plus

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A travers cette introduction quelque peu sarcastique, vous l’aurez compris, je cherche à critiquer notre société actuelle et ses travers. Bienvenu dans le capitalisme. Quel rapport direct avec le capitalisme ? N’est-ce pas plutôt juste une tendance récente dû au confort relatif dans lequel on vit en occident et qui consiste à s’équiper en tout ? Alors oui on cherche à s’équiper en tout, mais pourquoi ? Parce que c’est censé nous rendre heureux, tout simplement. Mais ce n’est bien sûr pas la vérité, du moins pas entière, je vous détaille un peu cela dans mon article « Consommer rend-t-il heureux ?« . Et pourquoi les entreprises cherchent-elles à nous persuader que cela rend heureux d’acheter, de consommer ? Pour vendre, évidemment. Pourquoi vendre, et surtout vendre encore et encore ? Pour gagner de l’argent. N’oubliez pas que dans « capitalisme » il y a « capital ». Pourquoi gagner encore et toujours plus d’argent ? Alors là en revanche, la réponse m’échappe. Avoir de l’argent est nécessaire, mais l’accumuler indéfiniment (si si, car c’est bien de cela dont il s’agit), cela m’échappe totalement. Ce qui ne m’échappe pas en revanche c’est qu’on est donc dans une fuite en avant, à toujours vouloir vendre plus, exploiter plus la terre et l’humain, sans limite posée, comme si on pouvait atteindre un infini alors que vous comme moi savons très bien que la terre et l’humain ont leurs limites.

 

Pourquoi le minimalisme ?

J’ai décidé de m’engager sur ce chemin et devenir minimaliste. Minimaliste pour moi c’est réduire sa consommation et ses achats, faire le tri dans ses affaires, vivre plus simplement et plus naturellement sans artifices inutiles.

En voici les raisons :

  • j’essaie de limiter l’impact négatif sur l’environnement et sur l’humain de la croissance infinie des richesses et la création d’objets et de services parfois au comble de l’artificialité et l’inutilité. C’est donc une démarche éthique, visant à améliorer le monde. Et non ce n’est pas de la prétention car je sais bien que c’est une goutte d’eau dans un océan, mais qu’est-ce un océan sinon une multitude de gouttes d’eau ?

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  • je suis persuadé qu’une extension qui tend vers l’infini des possessions matérielles ne rend pas plus heureux. Au contraire. Il s’agit aussi donc d’une démarche personnelle, visant le bonheur et le bien être. De plus, même en poussant la logique vers un réel minimalisme en limitant drastiquement ses possessions (ce n’est pas encore mon cas, je ne vais pas vous mentir), on réalise qu’on a besoin de très peu au final, ce qui veut dire que tout le reste nous a été vendu… pour rien. Mais comment je sais cela si je ne suis pas encore ce minimaliste que j’aimerais être ? C’est simple. En partant en voyage en backpacker. C’est le test qui vous fera réaliser que beaucoup de vos objets sont plus ou moins superficiels, voir totalement inutiles. Alors certes, en voyage nous n’avons pas exactement les même besoins (par exemple pas de besoin lié au déplacement pour aller travailler), mais tout de même. Quand je suis parti en Asie 2 mois, ma vie a tenu dans un sac de 50 litres. Si ce n’est pas dingue de se dire cela.

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Un parcours du combattant

Mais ce n’est pas aussi facile que cela en a l’air. Pourquoi ? Parce que nous avons peur. Vous avez peur, j’ai peur, nous avons tous peur. Peur de manquer de quelque chose, peur qu’il nous arrive un malheur… La phrase qui va vous venir à l’esprit est nécessairement « et si jamais? » ou encore « au cas où »… dont le résultat est sous vos yeux. Des objets à n’en plus finir, du shopping tous les weekends ou tous les mois, des produits « spécialisés » censés vous faciliter la vie mais qui la rendent juste plus complexe puisqu’au lieu d’un produit, vous en avez deux, voire trois ou davantage  (par exemple il y a la couverture avec manches, le sac spécial bouteille, la boite à chewing-gum, et plein d’autres encore).

Mais vous savez quoi ? Une fois débarrassés de ces choses inutiles, vous n’y penserez plus, vous les oublierez ! Pour l’instant vous continuez d’y penser car vous les voyez régulièrement, mais une fois hors de votre vue, c’est fini ! D’ailleurs rappelez-vous, la fois où avez fait un bon gros ménage de printemps et que vous avez retrouvé certains objets chez vous ? Vous ont-ils sincèrement manqués ? Apparemment non, sinon vous vous seriez mis en quête de les trouver…

Toujours pas convaincus ? Réfléchissez deux minutes, quel est la probabilité que vous ayez besoin de cet objet ? Proche de zéro ? Alors pourquoi le garder ?

Mettons que vous vous en débarrassiez, et que vous en ailliez en fait besoin. Pas de chance. Mais est-ce si grave ? Allez-vous être complètement démuni, malheureux et incapable de faire quoi que ce soit ? Rien n’est moins sûr. C’est l’idée que vous connaissez très bien de nom, mais n’appliquez peut-être pas autant que vous le souhaiteriez, qui consiste à relativiser. Quand tout va bien, on se fait souvent un monde de petites choses.

 

Oui c’est possible, et non je ne suis pas un ermite

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Non cela ne ressemble en rien à mon chez-moi

Voilà pourquoi je me lance là-dedans, même si ce n’est pas facile tous les jours, croyez-moi. Car il faut désapprendre tout ce que l’on nous a appris. Et réapprendre. Apprendre que l’on peut vivre autrement.

J’ai balancé la moitié environ de mes vêtements déjà (enfin balancé, je les ai donnés, hors de question que ça aille à la poubelle, certains sont quasiment neufs). Ce qui est dingue, c’est qu’ils ne me manquent absolument pas, moi qui fut il y a environ 7 ans de cela un admirateur de la mode.

Je commence à privilégier nettement la marche à pied par rapport aux transports en commun par exemple quand je suis à Paris ou en vacances. Pourquoi faire appel à un service de transport ? Pour gagner 10 minutes et perdre un peu de sa santé et du moment présent à admirer la vie d’une ville ?

Le shopping ? Un article tous les 3 mois environ. Et le tout après avoir mûrement réfléchi pour ne pas acheter un truc que je vais finir par donner/vendre/jeter si détérioré. Et ce même pour le plus petit achat qui soit, comme une paire de chaussettes par exemple ! Radical, certes, mais pour moi il s’agit surtout d’une question de cohérence.

Et je compte continuer avec le reste et je suis heureux comme ça. Car au final, ce n’est vraiment pas le plus important d’être entouré de tous ces objets et faire appel à tous ces services qui ne font en outre que détériorer indirectement l’environnement et les conditions de travail d’autres personnes. Le bonheur il n’est pas là, bien que ces objets puissent bien sûr participer au bonheur. Le bonheur il est en dans la capacité intérieure de se satisfaire de ce que l’on a.

 

Celui qui sait qu’assez c’est assez, en aura toujours suffisamment. Lao Tseu

Comment j’ai découvert la source du bonheur

Quoique l’on lise, que ce soit dans la presse sérieuse ou moins sérieuse, économique ou culturelle, philosophique ou de loisirs, lorsqu’il s’agit de bonheur, on s’attache à en trouver une recette à partir d’éléments aussi variés et divers que le revenu (bien sûr), le lieu de vie, les relations sociales, la situation politique du pays, le climat, l’accès à la culture etc.

 

Le bonheur, une recette ?

Alors à partir de ces éléments on nous concocte des élixirs, dont on a grand mal à déterminer s’il y en a vraiment un qui marche. Certes, on en vient souvent à des conclusions telles que celle-ci : les pays en situation de paix, de prospérité économique, et d’un fort accès à la culture sont parmi les plus heureux. Seulement c’est une erreur grossière. Le bonheur ne se mesure pas avec un revenu, un accès facilité à la culture, ou un quelconque autre critère venant du contexte.

 

En tout cas, c’est ce que me fait dire mon expérience personnelle. En effet, il y a environ 10 ans de cela, encore en pleine jeunesse et au début de mes études, je me faisais effectivement une image du bonheur surtout déterminée par certains éléments de l’environnement dans lequel je m’imaginais : un appartement cosy et aménagé selon mon goût à Paris, un boulot dans lequel je pourrais avoir des responsabilités et bien gagner ma vie, des relations sociales régulières avec ma famille et mes amis, et une compagne avec laquelle passer de bons moments. Je vais vous avouer une chose : c’est plus ou moins ce qu’il s’est passé mis à part l’instabilité (changement de compagne, de lieu de vie, de boulot etc).

 

Tout est en vous

Seulement, ce n’est pas grâce à cela que je suis heureux, j’ai souvent eu l’impression de l’être, mais ne le suis vraiment que maintenant (attention je dis pas que j’étais malheureux ces 10 dernières années non plus, encore heureux). Certes, loin de moi est l’idée de dire que mon environnement, ma situation ne comptent pas dans ma vie. Ce n’est pas mon propos. En effet, je suis content d’avoir une compagne que j’aime, de bien gagner ma vie, d’avoir des responsabilités au travail, un appartement bien aménagé et confortable, et voir régulièrement famille et amis. Mais mon cheminement m’a amené vers autre chose ces derniers temps, et je dois vous l’avouer : je n’ai jamais été si heureux.

 

Et chose importante : ma situation ici à Genève ne me satisfait plus. Tant parce que je ne suis pas fan de la ville que parce que je me lasse de mon boulot. Et malgré ce contexte défavorable (que d’autres estimeront à l’inverse idéal, mais bon, chacun son truc) je suis parvenu au bonheur.

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Comment ai-je fait ? Quand bien même ma situation est censée être la clé du bonheur ? Du moins nous le fait-on croire. Je me suis concentré sur moi-même, sur le moment présent, et ai commencé ma deuxième vie. En réalité cela fait déjà quelques mois que la marche est en cours. J’en parle de plus en plus sur mon blog de mes choix de vie et comment celle-ci a changé. Mais là, je trouvais important de l’aborder sous cet angle, car bon nombre d’entre nous ont tendance à l’oublier : le bonheur se situe en vous, il ne dépend pas de votre environnement. Tout est à l’intérieur et non à l’extérieur. Cela rejoint l’idée qui vous évoquera sûrement une certaine sagesse, mais aussi un côté tout à fait utopique : qu’il faut savoir se contenter de ce que l’on a. J’entends d’ici les “Oui, mais tu comprends c’est pas si simple, c’est vrai que dans l’idéal ça devrait être comme ça mais…”. Ce fameux “mais” que tous les “réalistes” exploiteront jusqu’à la moelle. Si vous raisonnez ainsi c’est parce que le bruit tout autour de vous, ces informations qui vous embrouillent l’esprit, la société de consommation, l’éducation qu’on vous donne vous a fait croire que la clé était dans une bonne situation professionnelle, avoir une maison, une compagne/un compagnon etc. On vous a fait croire que le bonheur dépendait entièrement de votre environnement, que ce soit professionnel, familial ou financier. Mais savoir atteindre le bonheur, c’est à dire s’accomplir, être soi, ne dépend nullement de l’univers, de sa forme ou de ses couleurs.

 

Ok, mais comment faire pour atteindre le bonheur alors ?

 

Savoir atteindre le bonheur, c’est s’arrêter de penser deux minutes, penser au moment présent, au bonheur de se sentir en vie, de ressentir l’environnement, admirer ce que l’on a devant les yeux au-delà de tout critère esthétique (que vous soyez sur le mont Fuji ou enfermé dans une rame de métro), apprécier chaque détail de ce que l’on goûte (le pétillement de cette bière, le bleu singulier du ciel, la senteur du parfum d’une femme croisée dans la rue…), se dire qu’on est là, que le temps ne compte plus, qu’on est bien ici et maintenant. Le fait de se sentir, se dire qu’on est en vie alors qu’on pourrait très bien ne pas l’être. Se dire que c’est une chance et sourire béatement sans raison apparente.

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Eckhart Tolle, dans son ouvrage « Le pouvoir du moment présent » en parle en termes d’“être”, moi je l’exprimerais plutôt en termes de “ressentir”, mais pas tant d’un point de vue émotionnel que d’un point de vue spirituel. Même si ce bonheur spirituel se manifeste souvent matériellement par un bonheur émotionnel. La grosse différence avec un “simple bonheur émotionnel” étant qu’il peut surgir n’importe où, n’importe quand sans aucune condition préalable, et de ce fait est bien plus puissant et omnipotent car il cherche ses racines en profondeur, en vous. Imaginez un peu, vous avez le pouvoir d’être heureux, juste comme ça.

 

Lâcher prise

Mais parvenir à un tel bonheur intérieur, et réaliser qu’il ne dépend pas d’éléments extérieurs, c’est aussi être capable de lâcher prise. Admettre qu’il y a certaines choses sur lesquels nous n’avons pas d’emprise. Arrêter de pester contre le métro en retard, arrêter de pester contre la météo pourrie, arrêter de pester parce que vous avez le ménage à faire etc. Ce sont des choses inévitables ? Oui ou non ? “Oui mais…” Il n’y a pas de “oui mais” qui tienne je suis désolé. Vous ne pouvez rien y faire alors calmez-vous et pensez que cela pourrait être bien pire. Imaginez aussi les conséquences : est-ce si grave ? Posez-vous vraiment la question. Vous verrez que la réponse est négative. Moi c’est comme cela que j’y arrive.

Pourtant je suis/j’étais un râleur professionnel, un émotionnel qui a tendance à s’énerver ou rouspéter dès qu’un truc va de travers. Mon chemin est encore long, je le sens au fond de moi, et je le constate au quotidien. Mais je réalise aussi, et c’est la bonne nouvelle, que certaines fois je me contente de ce qu’il se passe sans broncher et avec un calme intérieur profond, tandis que quelques années auparavant cela m’aurait fait éclater.

 

Celui qui sait se satisfaire aura toujours le nécessaire. Lao Tseu