Comment devenir autonome vis-à-vis du système ?

Il est grand temps de devenir autonome vis à vis de cette société qui sait tout sans rien savoir, qui va toujours plus vite sans avoir le temps de rien, qui consomme toujours plus sans profiter de ce qu’elle a déjà.

Je tiens à préciser que je ne fais cependant référence ici qu’à une autonomie toute relative dans la mesure où être totalement autonome vis à vis du système, c’est en sortir et se retrouver seul. A moins de pouvoir changer le système immédiatement ou sur le court terme, ce qui n’est pas faisable. J’admets que dans un avenir lointain, je rêve que l’humanité puisse sortir de la comptabilisation de tout, du matérialisme, du chronométrage permanent et de la marchandisation de tout ce qui est possible et imaginable. Ce sont des outils qu’on laisse totalement nous diriger et détruire. Mais en attendant, je doute que tout le monde souhaite s’exclure du système et se retrouver seul sans alternative vivable pour le moment.

Heureusement, il existe des petits gestes tout à fait réalisables et qui nous rapprochent un tant soit peu de l’objectif de sortie du système.

Globalement, cela s’axe autour de 3 piliers : autonomie d’information, autonomie de déplacement et autonomie de consommation.

 

Ce qu’il faut éviter

INFORMATION

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  • Avoir une télé : entre les JT complètement biaisés (car destinés à  faire peur pour que vous achetiez les produits des publicités qui passent juste après, regardez cette vidéo de Horizon Gull si cela vous intrigue) et les films du dimanche soir bien pourris et/ou que vous avez vu 300 fois il n’y a vraiment pas grand chose d’intéressant à part quelque séries et documentaires. Mais le pire avec la télé, c’est le côté passif : vous attendez que les images défilent, quelles qu’elles soient, publicités comprises. Et il faut voir le nombre d’interruption publicitaires. Bref, ce qui était une révolution au siècle passé, est aujourd’hui une arnaque avec un grand « a ».
  • Lire le 20 minutes/métro : ce n’est simplement pas de l’information… Mais uniquement ou presque des faits divers. Sans compter la manière dont c’est « rédigé » ni les erreurs aussi bien dans le fond que la forme dues soit à l’absence d’enquête journalistique, soit au fait que ce soit un copié-collé de l’article d’un autre. Ah oui et c’est bourré de publicités (logique, c’est gratuit). Sérieusement vous trouvez cela normal d’intituler sa Une avec des choses du genre « Odette a perdu son chat » ? Bon j’invente, mais j’exagère à peine.

 

CIRCULATION

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  • Rouler en voiture en ville : une voiture ça coûte. Non seulement ça coûte cher en soi, mais aussi à cause de l’essence, et puis de l’entretien. Et quel travail pénible que de se soucier de devoir remplir régulièrement le réservoir d’essence et vérifier à un moindre intervalle que les pneus sont gonflés, que le niveau d’huile est suffisant, que la batterie est suffisamment pleine etc etc etc. Les conducteurs savent mieux que moi ce dont je parle. A cela se rajoute bien entendu les pièces qu’il faut commencer à changer au bout de quelques années d’usage. Sans compter les places de parking qu’on cherche pendant 1/2h et qui sont hors de prix. Bref, niveau autonomie on a vu mieux.
  • Utiliser les transports systématiquement : c’est dans l’ensemble bien pratique, mais en les utilisant, vous restez dépendant et vous vous faites laver le cerveau par des publicités alors que vous avez peut-être autre chose à faire lorsque vous allez au boulot, vous balader, ou voir des amis.

 

ACHATS

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Entre les publicités télévisuelles, celles sur internet, les affiches, les catalogues, ou même les médias qui mettent en avant un produit via un « communiqué de presse » ou du sponsoring, nous sommes constamment sous le joug de la pression sociale et de ces messages qui jouent dessus pour nous pousser à des achat inutiles. A ne pas faire donc :

  • Suivre les marques sur les réseaux sociaux : je trouve qu’il y a assez de publicités en général sans qu’on ait besoin d’aller nous même volontairement en rajouter une couche. J’entends d’ici les « oui mais j’aime bien leur univers » ou bien « j’aime bien leur mentalité »… Il est vrai que j’ai pensé cela au début, mais après réflexion je me suis dit que cela restait jouer le jeu des marques et risquer chaque jour de vouloir craquer pour des choses dont je n’ai absolument pas besoin… De plus je suis personnellement anti-idôlatrie, c’est un peu une façon de remplacer un Dieu par des marques, même si vous aimez bien une marque. D’où ma question rhétorique : avez-vous besoin de suivre une marque sur les réseaux sociaux pour vous souvenir que vous l’appréciez ?
  • Etre abonné aux « newsletters » : vous avez déjà classé la moitié des emails que vous recevez dans vos spams, c’est bien que cela fait trop « d’informations », non ? Et puis les newsletters, même sans être des spams, en général on ne les lit pas, ou bien on le fait mais rapidement. Quel intérêt alors ? Et puis, bon « newsletter » déjà rien que le nom est trompeur. Ce ne sont pas des lettres d’informations mais bel et bien des outils marketing à part entière. Alors oui parfois elles ne mettent pas en avant un produit, mais elles vous incitent tout de même à vous rendre sur le site de la marque, et boum, 10 minutes plus tard, votre compte s’est appauvri de 50€ juste parce que vous vous êtes dit « je vais aller voir au cas où il y a du nouveau » ou bien « je vais aller voir au cas où il y a quelque chose qui me plait »…
  • Lire les catalogues de marques : c’est un peu comme les newsletter. Sous prétexte de vous offrir de l’information sur la marque et ses produits, vous passez du temps à chercher une éventuelle affaire, ou un éventuel produit dont vous auriez besoin. Juste parce qu’on vous a mis le catalogue entre les mains. Pourtant avant cela, aviez-vous exprimé un besoin ? Pas sûr…

Ce qu’il faut faire

INFORMATION

Il est aisé de s’imaginer plein d’obstacles mentaux pour éviter de se débarrasser d’un objet si « précieux » qu’une télé, mais c’est purement psychologique et irrationnel. Car à l’heure d’internet, ça n’est plus du tout si fou.

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Adieu donc télé, torchons journaux gratuits et compagnie. Bonjour les médias indépendants en ligne, les livres, les vidéos Youtube. Parmi mes recommandations (ce ne sont que des suggestions bien sûr), il y a :

  • Médias indépendants : Médiapart, Mr Mondialisation, Basta!. AgoraVox, Le Vent Se Lève. Mais si vous souhaitez, tous les médias « traditionnels » sont aussi en ligne, avec des sites d’informations, des replays, des flux d’actualité. Bref tout y est. Mon favori : Arte.
  • Livres : je vous donne plus de détail sur les livres importants à mes yeux dans mon article Les 5 livres qui ont façonné ma vision du monde. Dans tous les cas, les livres en général constituent une source d’information et surtout de réflexion sur le fond, sans être forcément attaché l’actualité. Je ne suis pourtant pas un grand lecteur, mais vous n’imaginez pas à quel point lire alimente ma réflexion.
  • Vidéos Youtube : Horizon Gull, Demos Kratos, Data Gueule, Le Fil d’Actu, Osons Causer. Il y a aussi quantité d’autres chaines thématiques ou d’actualité (il y en a véritablement des tas, et sur tous les sujets, vous trouverez forcément chaussure à votre pied). A vous ensuite de composer votre arrangement.

 

CIRCULATION

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Ne pas dépendre d’un objet si coûteux et nécessitant autant d’entretien qu’une voiture, dans une certaine mesure également ne pas dépendre des transports publics, c’est faisable pour les trajets urbains :

  • Rouler à vélo :  fini le réflexe voiture pour faire quelques kilomètres, en ville ou en banlieue c’est prouvé, le vélo est plus rapide, plus économique et plus écologique. En plus vous allez faire du sport, vous savez la bonne résolution du nouvel an que vous lâchez au bout de 3 semaines. A part la chaîne qui peut dérailler de temps en temps, il n’y a que très rarement des soucis avec un vélo comparé à une voiture. Et puis pas besoin d’être un mécano (je ne le suis pas) : l’entretien de base se fait soi-même. Le vélo c’est la tranquillité d’esprit !
  • Circuler à pieds : c’est aussi une bonne option sur les courts trajets par rapport aux transports publics (ne parlons même pas de la voiture). Je fais régulièrement des comparatifs lorsque je suis à Paris sur les temps de trajets et clairement marcher pour de courts/moyens trajets ne rajoute souvent que 5 à 10 minutes pour une totale autonomie vis à vis des transports publics (si le temps de trajet est un critère pour vous). Et puis c’est tellement agréable de réhabiliter le plaisir du moment présent et ne justement pas tout compter, chronométrer et toujours courir.

 

ACHATS

Cela peut paraître une tâche titanesque que de se détacher des messages publicitaires et la pression qu’il nous mettent inconsciemment mais il n’en est rien. En fait, il s’agit surtout de ne pas faire certains gestes expliqués au début de mon article.

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Mais la principale tâche vient d’un nouvel état d’esprit à se forger :

Mais que faire si je veux être informé de la sortie de tel ou tel article ? Que faire si je n’ai pas d’idée de cadeau pour un tel ? No worries, il est toujours possible de s’informer volontairement en allant sur internet ou dans les magasins physiques ! Et puis si vous cherchez l’autonomie, n’oubliez pas que cela ne va pas sans quelques « contraintes », c’est une toute nouvelle mentalité et de nouveaux réflexes à acquérir. Rome ne s’est pas faite en un jour comme indique le dicton populaire consacré. Il faut donc s’habituer à vivre sans tous ces messages, vivre de façon beaucoup plus libre et autonome. Car autonomie veut également dire initiative personnelle. Les choses ne vous tomberont pas dans le bec, ce sera à vous d’aller les chercher, mais au moins vous aurez fait un choix bien plus sage, autonome et critique. J’irai même jusqu’à dire simplement que vous aurez fait un « choix ». Car manipulé sans cesse inconsciemment toute la journée, quel espace de choix vous reste-t-il ? Très peu. Le libre-arbitre ? Haha, les neurologues au service des marques vous rient au nez. Bon, ok, j’exagère un peu, mais l’idée est là.

 

Pour aller plus loin

Bien sûr cet article n’est qu’une ébauche, ce sont quelques idées tirées ça et là de mon expérience personnelle.

Cependant, il est bien entendu possible de faire davantage. Par exemple, on aimerait bien, lorsqu’on sera de retour de voyage avec ma fiancée, se lancer dans l’entretien d’un mini potager sur notre balcon (si on en a un). Cela permet de réduire la dépendance aux supermarchés, aussi bio soient-ils. Car il n’y a pas plus indépendant et vertueux que consommer sa production. De même, durant notre tour du monde, nous aimerions pratiquer un peu le stop, plutôt que dépendre systématiquement d’un bus, train ou autre.

Mais cela reste à chacun de se rapprocher de l’autonomie selon ses idées !

 

La volonté de renoncer à son indépendance, de troquer le témoignage de ses sens contre le sentiment confortable mais déformant la réalité, d’être en harmonie avec un groupe, est l’aliment dont se nourrissent les démagogues.  Paul Watzlawick

Confessions d’un ex-accro (du shopping) devenu coco

J’avoue que mon titre est un poil racoleur, mais néanmoins assez proche de la vérité : je n’étais pas si accro au shopping, du moins pas pendant si longtemps, et je ne suis pas communiste car déjà je n’aime qu’on me catégorise/m’étiquette et ensuite parce que je me placerais plus comme un altermondialiste/utopiste/écolo/anticapitaliste/bobo/idéaliste puisque la société adore vous ranger dans une case.

Bref, vous l’avez vu, c’est pas si simple d’enfermer les gens dans une catégorie, et ce n’est pas non plus si simple de passer de l’une à l’autre, je l’ai découvert un peu à mes dépens.

Cela fait en effet maintenant quelques petites années que j’ai commencé ma révolution intérieure, que j’ai commencé à changer mon mode de vie et voici les leçons que j’en ai tiré.

1ère leçon : c’est tout à fait faisable

Avant d’être un « coco » et tout ça, j’étais attiré par le luxe (oh gros mot), les belles choses, l’argent, le statut social, la consommation etc… Enfin les belles choses, c’est toujours le cas, sauf que maintenant je me tourne davantage vers la nature que vers des vêtements par exemple. Ma période à Vienne était la pire : c’était shopping 1 à 2 fois par mois… C’est dire à quel point je viens de loin. Mais pourtant j’ai réussi. Du coup ça a mis du temps, ça se compte en années (pas 10 ans non plus je vous rassure) le temps que je décide réellement de changer ma consommation et mes habitudes.

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Puis il faut passer à l’acte, une fois que c’est décidé c’est facile, ou presque (disons que le plus gros du travail est déjà fait). En effet, vu comment fonctionne la société actuellement ce n’est pas toujours évident, les pubs nous sollicitent partout, pour nous dire toujours d’acheter moins cher…mais en réalité pour acheter plus en quantité, ce qui est exactement l’inverse de ce que je cherche à faire. Que je te foute des soldes par ici et un black Friday par là (le pire jour de l’année à mes yeux) et que ça ne s’arrête jamais, sinon la machine s’arrête et là quoi ? Fin du monde… ? Ben non ! Mais enfin, on est tellement bien éduqués et formatés à penser carrière, argent, consommation, toujours carrière, re-argent, re-consommation et ainsi de suite, qu’une fois enfermé dans ce cycle infernal, il faut s’armer de courage et patience pour en sortir, tellement cette éducation et ces pubs nous collent à la peau.

J’en suis d’ailleurs arrivé (et j’en suis heureux) au point où le mot carrière pour moi est vide de sens ! Cela ne fait référence à rien. Ah si, à ces gens qui passent leur vie à la perdre. Je ne veux pas/plus faire carrière. Je veux juste pouvoir gagner assez pour manger, passer de bons moments avec famille et amis et bien entendu voyager ! C’est tout. Mon but n’est pas un « bon » poste dans une grand boite, mon but c’est faire ce qui me plait. Bon évidemment dit ainsi, cela sonne comme une grosse utopie. C’est vrai, on ne fait pas toujours ce qui nous plait, mais si jamais j’arrive à gagner ma vie en faisant ce qui me plait, alors ce serait parfait. Dans tous les cas, ce qui compte c’est le développement personnel, pas le développement de mon compte en banque.

Ok j’arrête ma « digression » qui n’en est pas tant une dans le sens où carrière est fortement liée à gros boulot avec 50h au bureau par semaine et pouvoir d’achat en conséquence, course effrénée à la consommation soir et weekend, car après une semaine de boulot à travailler aussi rationnellement qu’une machine (on nous le demande), on a envie de céder aux émotions, au plaisir, à l’envie lors du temps « libre » et donc quoi de plus naturel que de consommer ?

Bref, malgré ces obstacles non négligeables, j’ai réussi à changer, c’est une question de temps et de courage principalement. J’ai appris à ne plus dévisager les publicités incessantes en me disant : « ah oui tiens, j’y avais pas pensé à m’acheter ça ! » Alors qu’en réalité, bien entendu, je n’avais absolument pas besoin de ça. La preuve ?…. »j’y avais pas pensé ». Tout est là. La publicité vous créé des occasions de consommer parce que le système en a besoin, mais est-ce que cela veut dire pour autant que vous en avez réellement besoin ? Que nenni ! Of course not! Pourquoi je m’achèterais la dernière Audi ? Pourquoi je devrais avoir le dernier iPhone ? Pourquoi déjà encore acheter des fringues ? Je ne m’attarde pas davantage sur la façon de se remettre en cause et moins consommer, j’en parle plus longuement dans mon article « Consommer rend-il heureux ?« . Mais sachez que c’est grâce aux questions évoquées dans ce dernier que j’ai réussi à moins consommer, et j’ai même, je pense, un peu trop bien réussi…

 

2ème leçon : ce n’est pas toujours facile

Eh oui, j’ai fait le malin… Mais récemment la réalité s’est soudainement rappelée à moi : après environ un an à n’acheter quasiment aucun vêtement (j’ai dû acheter 1 chemise, un costume, 2 paires de chaussettes, 2 pulls, point barre), je crois que j’ai un peu carrément craqué pour l’équipement de Tour du Monde. Entre aujourd’hui et le mois de novembre, j’ai fait des achats de vêtements techniques pour plusieurs centaines d’euros. C’est sûr, les vêtements techniques ça coûte cher. Mais tout de même. Le retour de bâton m’a giflé violemment ; aveuglé dans mon radicalisme je n’ai rien vu venir. Maintenant je n’ai d’autre choix que de réfléchir : serais-je allé trop loin dans ma morale anti-consommation ? La réponse est oui, en tout cas pour moi pour le moment . Alors, dans un monde absolu, où l’être humain est parfaitement objectif, j’ai eu tort de m’enflammer pour ces vêtements techniques, c’est certain (d’ailleurs à ma décharge, malgré la somme dépensée, chaque achat était mûrement réfléchi depuis plusieurs semaines). Seulement nous sommes des êtres subjectifs. C’est à tout un chacun d’évaluer jusqu’où il peut aller.

Bien sûr j’essaie toujours de faire mieux. Mais il est pourtant connu que le mieux est l’ennemi du bien. Et puis, sans vouloir me trouver une excuse, je pense aussi que vu que j’ai passé toute ma jeunesse à penser et à faire exactement l’inverse de ce que je pense et fais maintenant, je ne suis sûrement pas encore suffisamment habitué  à moins consommer, ou peut-être même que je ne peux le faire que dans une certaine mesure. Eh oui, passer d’un extrême à un autre, pas si facile.

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Mais ce n’est pas pour autant que je renonce à mes idéaux, seulement je les adapte à la réalité, à moi. C’est une sorte de confrontation esprit/matière à la Jack London dans le Loup des mers. Je suis partisan de la supériorité spirituelle, mais cela a été une belle leçon. J’ai ainsi pu admettre mes limites et ajuster ma vision des choses. Dans tous les cas, la question reste ouverte : est-ce l’esprit qui dirige le monde matériel et le façonne ? Ou bien est-ce à l’inverse, le monde matériel et factuel qui nous impose notre vision de celui-ci ?

 

3ème leçon : modération

Au final que retenir ? Si vous êtes sur la même route que moi, allez-y en douceur: ne vous forcez pas, ne vous mettez pas en situation où vous savez que vous allez culpabiliser. Mais par contre informez vous, et beaucoup de préférence. Prenez du recul à chaque achat, mais sachez vous faire plaisir ! Non ce n’est pas un gros mot, il faut savoir se faire plaisir. Attention plaisir ne veut pas dire achat stupide et compulsif, on confond souvent plaisir avec achat irréfléchi, et c’est le meilleur prétexte pour des achats à outrance et regrettés peu après (j’en parle plus en détail dans mon article « Consommer rend-il heureux ?« . Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que nos chers amis les publicitaires utilisent ce mot à la pelle dans nombre de publicités.

En tout cas, j’ai appris la leçon : je vais continuer sur la route d’une vie plus saine et équilibrée, tout en prêtant plus d’attention à mes limites potentielles. Car au fond, je l’ai déjà dit, il faut s’écouter soi intérieurement, écouter son intuition pour être heureux.

 

Il ne faut pas être sage plus qu’il ne faut, mais l’être avec modération. Saint Paul

Noël est-il à fuir ?

Et boum, c’est déjà Noël. Enfin pas tout à fait, mais les magasins eux, font tout pour vous mettre dans l’ambiance et vous faire acheter au maximum.

Achète par ici, achète par là, t’as pas d’idée cadeau, on la trouve pour toi ! Le marketing est à la pointe sur ce sujet, pas d’inquiétude. Du coup, on a bien trop souvent l’impression que cette fête d’origine religieuse se réduit à un événement mercantile. Enfin si l’on s’en tient à sa réelle origine, c’est-à-dire les saturnales, il s’agit bien d’un échange de cadeaux que les romains pratiquaient. De ce point de vue donc, pas de quoi dire que la naissance du petit Jésus est gâchée puisque c’est l’Eglise même qui a décidé de la faire coïncider avec les saturnales romaines (et cela bien avant que la légende de Saint Nicolas apparaisse). Faudra pas s’étonner.

 

Des cadeaux inutiles ?

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En revanche, est-ce que les origines romaines de Noël constituent une raison suffisante pour accepter la consommation excessive et parfois inutile dans laquelle on cherche à nous plonger ? Vous est-il jamais arrivé de recevoir un cadeau dont vous ne saviez pas quoi faire et qui pourrit tranquillement dans le fond de votre placard ? Sûrement plus d’une fois ! Mais voilà, c’est soit-disant une tradition (certes) alors tous les ans, on ne se pose pas de question et on fonce dans les centres commerciaux !

Et le résultat, je viens de le décrire… Ne trouvez-vous pas cela absurde ? C’est tout de même ridicule de se retrouver avec tous ces objets dont on ne sait que faire ! Alors vous allez peut-être faire semblant d’y trouver un intérêt pour vous éviter de culpabiliser de ne pas l’utiliser car sinon cela vous ferait de la peine en pensant à la personne qui vous l’a offert… Mais cela ne durera guère, car vous ne réussirez sûrement pas à vous convaincre que tout à coup, cet objet est super utile ! Mais dans quel monde est-on ? La tradition je veux bien (d’ailleurs j’adore en découvrir, je suis toujours curieux), mais à quel prix ? Celui de la débilité ?

De même, on peut critiquer cette créativité très mal placée pour les « calendriers de l’avent » (oui je mets des guillemets) : sans être religieux (loin s’en faut), je trouve qu’il ne faudrait tout de même pas oublier qu’à l’origine il s’agit d’allumer une bougie chaque semaine. Il est ensuite entré dans les mœurs d’ouvrir une fenêtre d’un calendrier avec une image chaque jour, puis aujourd’hui un chocolat chaque jour. Bon pourquoi pas. Mais j’ai vu des pubs à faire pâlir… Par exemple des calendriers avec des produits de beauté ! Sérieusement, on se fout de qui là ? Tout est bon pour vendre, vraiment.

 

Mais quid du plaisir d’offrir ?

Bon, il s’agit là en réalité d’une mauvaise question. Mais pourquoi intituler mon paragraphe ainsi ? Parce que je sais que certains peuvent se poser cette question, et cela mérite donc une explication.

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Un des éléments centraux de Noël reste le plaisir d’offrir.  Ce que j’ai dit avant n’empêche pas que j’aime personnellement offrir des cadeaux à mes proches et voir leur visage s’illuminer en déballant le cadeau,de même que j’aime recevoir des cadeaux lorsque ceux-ci sont attentionés.

Le problème vient quand il s’agit d’offrir à tout prix quelque chose, même lorsqu’on a pas d’idée ! Pas d’offrir quelque chose en soi. Et c’est là où cet abrutissement des marques à cette période devient absurde ! Achetez, offrez, on trouve les idées pour vous, quitte à ce que ce soit totalement impersonnel ! Je force le trait, mais c’est presque ça.

De toute façon, et fort heureusement d’ailleurs, lorsqu’on connait suffisamment bien une personne et qu’on l’aime, il est bien plus aisé de trouver un cadeau à lui offrir, sans que cela prenne cet aspect de course aux cadeaux à tout prix, sans que cette pression vienne vous pousser dans tous les magasins de la ville, sans que cette course contre la montre ne vous bouscule.

 

Heureusement, y’a la famille !

Pour moi, avec le plaisir d’offrir, c’est la raison de célébrer Noël et de m’en réjouir, oui car je ne vous ferai pas de topo sur la naissance de Jésus, je suis athée.

Certes, il m’est agréable de recevoir et d’offrir des cadeaux, lorsque ceux-ci sont utiles, ou du moins attentionnés, mais ce qui est de loin le plus important, c’est de passer du temps avec ma famille. Voilà pour moi toute la véritable importance que revêt Noël, et je suis d’ailleus sûr que c’est pour la plupart d’entre vous également vrai. Mais ne vous laissez pas emporter par cette folie consommatrice (enfin, vous faites ce que vous souhaitez bien sûr), qui viendrait à vous faire oublier l’essentiel (votre famille), et vous vider votre portefeuille sans pour autant que tous ces biens matériels ne vous rendent pour autant plus heureux. Le vrai bonheur à Noël, il est auprès de vos proches, pas ailleurs.

 

 

Celui qui a inventé la Noël, c’est un mec qui devait tenir un magasin. Jean-Marie Gourio

Les 5 livres qui ont façonné ma vision du monde

Depuis les 3 dernières années environ, j’ai pas mal changé, ceux qui me connaissent bien s’en sont aperçus et me posent souvent des questions.

Alors j’ai décidé de leur donner une partie de la réponse. La réponse entière serait mieux bien sûr, mais c’est long et compliqué, alors on va y aller en plusieurs étapes.

 

A l’ouest rien de nouveau – Erich Maria Remarque

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C’est le livre qui a fait de moi un pacifiste convaincu. L’auteur réussi avec un talent fou à nous plonger dans la 1ère guerre mondiale et nous faire vivre ses affres et vices avec une vivacité et une imprégnation sans pareil. On ne peut rester de marbre après avoir lu ce bouquin. Pour moi c’est un vrai chef d’oeuvre.

Les arguments du style « oui moi aussi je suis contre la guerre mais tu comprends, parfois il faut….  » je les ai en horreur. Pourtant avant de lire ce livre j’étais un de ceux à les utiliser. Car l’humanité vaut mieux que ça, il n’y pas de place pour les « oui mais » lorsqu’il s’agit d’éthique, d’intégrité et de principes. Et comment ne pas avoir des principes plus hauts après avoir lu un tel livre ? On pourra me résister en prétendant « oui c’est affreux mais tu comprends… ». Non je ne comprends pas. Oui il y a toujours une explication aux guerres, je ne dis pas l’inverse, mais une explication est-elle une justification ? Pas à mon goût, sinon on peut justifier à ce compte tous les crimes de l’histoire. Lisez ce livre et vous verrez. Car non on ne peut pas comprendre les horreurs de la guerre. Non non et non, quelque soit l’argument que vous m’opposerez. La guerre c’est la déshumanisation.

 

Comment j’ai arrêter de CONsommer – Frédéric Mars

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Avec ce livre Frédéric Mars remet en cause notre frénésie consommatrice et tente de vivre avec moins. Frénésie ? Oui oui, même en pensant ne pas être obsédé par les weekends shopping ou les dernières nouveautés, vous avez forcément des réflexes consommateurs que vous ne remarquez même pas. Frédéric Mars s’y attaque méthodiquement et déconstruit toutes ces habitudes sur lesquelles on ne prend aucun recul.

Et c’est édifiant. J’ai moi même appris à regarder les choses différemment et commencé à changer mes habitudes. Ce livre n’est pas une bible et n’impose pas de règle. Mais il pousse à réfléchir et donnes des idées. Qui inévitablement amènent le changement, qu’il soit peu ou très important.

 

La semaine de 4h – Tim Ferris

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Ah Tim Ferris… Que dire. C’est un peu mon devenu mon gourou. Sans avoir révolutionné ma vie, il m’a apporté une vision bien différente de la vie et m’a nettement enrichi. C’est toujours agréable de sortir de sa boite pour penser en dehors. Pourquoi attendre la retraite pour profiter de la vie ? Pourquoi travailler de 9h à 18h en n’effectuant pas vraiment plus que si on travaillait que de 9 à 12h ? Pourquoi se rendre à son bureau tous les jours alors qu’avec une connexion internet une partie importante des professions peuvent se pratiquer chez soi ?

C’est, je pense, grâce à ce bouquin que je me suis (re)mis à écrire. C’est grâce à ce livre que je me dis désormais que peu importe si cela marche ou non, il faut essayer. C’est grâce à ce livre que je m’en moque de devoir quitter mon boulot pour partir en tour du monde, au contraire (vous n’avez pas idée), je suis heureux de quitter mon travail pour faire ce que je veux : voyager.

C’est avec cette lecture que ma deuxième vie a commencé.

 

99 Frs – Frédéric Beigbeder

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Le film d’adaptation vous est sûrement plus connu, pourtant le livre relate exactement la même chose, je trouve le film d’ailleurs étonnamment fidèle comme c’est rarement le cas. Lorsqu’on y pense, l’idée est peu la même que dans « Comment j’ai arrêté de CONsommer », mais à part cela les livres ne ressemblent que très peu.

Tandis que Mars nous fait un récit autobiographique de son expérience, Beigbeder nous conte une histoire dans laquelle il décrit le monde publicitaire. Ce qu’il narre est purement fictionnel. Fictionnel certes, mais en même temps si proche de la réalité. C’est ce qui en fait un livre choquant. On lit un roman, on se laisse aller sans trop réfléchir car après tout c’est juste de la fiction, n’est-ce pas ? Puis on se met à réfléchir et alors là ça nous frappe en pleine gueule : ce n’est pas une fiction mais la réalité pure et trébuchante.

 

Le pouvoir du moment présent – Eckhart Tolle

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Lorsque j’ai vu ce bouquin pour la première fois, tout de suite je me suis senti connecté, c’était très étrange. Il y a tout de suite eu un lien très fort, mais rationnel que je suis, j’ai tout de même feuilleté l’ouvrage avant de passer à l’achat. Et bingo, quelques semaines après avoir fini Tim Ferris, je me suis donc lancé dans ce livre qui semblait correspondre exactement à mon état d’esprit et à mes questions du moment.

C’est-à-dire que l’auteur découd et démonte toutes les croyances, non pas sur le monde, mais sur vous-même. Mais les deux sont en réalité liés étroitement. Liés par le fait que ce qui importe c’est le regard que l’on porte sur le monde, et non le monde lui-même. Car la solution est en vous et non ailleurs. Et le pouvoir il est là. Et il est immense. La solution ne repose absolument pas sur vos conditions matérielles ou vos relations. A partir de là, tout s’ouvre, tout ou presque semble possible. Au final, Tolle nous apprend à mieux à vivre avec nous-même et à nous rendre heureux par l’acceptation des choses telles quelles sont.  Ce qui ne veut pas dire qu’il faut tout accepter, attention, mais c’est là une autre histoire.

 

 

Savoir lire, c’est allumer une lampe dans l’esprit, relâcher l’âme de sa prison, ouvrir une porte sur l’univers. Pearl Buck

 

Pourquoi je veux devenir minimaliste

Vous avez vu, le nouvel iPhone est sorti ! (ou va sortir, je sais plus). Aller, dépêchez-vous de courir chez votre opérateur ou à la fnac, c’est l’iPhone 7, vous vous rendez compte ?

Il y en aurait 20, il faudrait toujours l’acheter de toute façon, c’est tellement essentiel à notre vie 😀

 

Plus, toujours plus

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A travers cette introduction quelque peu sarcastique, vous l’aurez compris, je cherche à critiquer notre société actuelle et ses travers. Bienvenu dans le capitalisme. Quel rapport direct avec le capitalisme ? N’est-ce pas plutôt juste une tendance récente dû au confort relatif dans lequel on vit en occident et qui consiste à s’équiper en tout ? Alors oui on cherche à s’équiper en tout, mais pourquoi ? Parce que c’est censé nous rendre heureux, tout simplement. Mais ce n’est bien sûr pas la vérité, du moins pas entière, je vous détaille un peu cela dans mon article « Consommer rend-t-il heureux ?« . Et pourquoi les entreprises cherchent-elles à nous persuader que cela rend heureux d’acheter, de consommer ? Pour vendre, évidemment. Pourquoi vendre, et surtout vendre encore et encore ? Pour gagner de l’argent. N’oubliez pas que dans « capitalisme » il y a « capital ». Pourquoi gagner encore et toujours plus d’argent ? Alors là en revanche, la réponse m’échappe. Avoir de l’argent est nécessaire, mais l’accumuler indéfiniment (si si, car c’est bien de cela dont il s’agit), cela m’échappe totalement. Ce qui ne m’échappe pas en revanche c’est qu’on est donc dans une fuite en avant, à toujours vouloir vendre plus, exploiter plus la terre et l’humain, sans limite posée, comme si on pouvait atteindre un infini alors que vous comme moi savons très bien que la terre et l’humain ont leurs limites.

 

Pourquoi le minimalisme ?

J’ai décidé de m’engager sur ce chemin et devenir minimaliste. Minimaliste pour moi c’est réduire sa consommation et ses achats, faire le tri dans ses affaires, vivre plus simplement et plus naturellement sans artifices inutiles.

En voici les raisons :

  • j’essaie de limiter l’impact négatif sur l’environnement et sur l’humain de la croissance infinie des richesses et la création d’objets et de services parfois au comble de l’artificialité et l’inutilité. C’est donc une démarche éthique, visant à améliorer le monde. Et non ce n’est pas de la prétention car je sais bien que c’est une goutte d’eau dans un océan, mais qu’est-ce un océan sinon une multitude de gouttes d’eau ?

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  • je suis persuadé qu’une extension qui tend vers l’infini des possessions matérielles ne rend pas plus heureux. Au contraire. Il s’agit aussi donc d’une démarche personnelle, visant le bonheur et le bien être. De plus, même en poussant la logique vers un réel minimalisme en limitant drastiquement ses possessions (ce n’est pas encore mon cas, je ne vais pas vous mentir), on réalise qu’on a besoin de très peu au final, ce qui veut dire que tout le reste nous a été vendu… pour rien. Mais comment je sais cela si je ne suis pas encore ce minimaliste que j’aimerais être ? C’est simple. En partant en voyage en backpacker. C’est le test qui vous fera réaliser que beaucoup de vos objets sont plus ou moins superficiels, voir totalement inutiles. Alors certes, en voyage nous n’avons pas exactement les même besoins (par exemple pas de besoin lié au déplacement pour aller travailler), mais tout de même. Quand je suis parti en Asie 2 mois, ma vie a tenu dans un sac de 50 litres. Si ce n’est pas dingue de se dire cela.

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Un parcours du combattant

Mais ce n’est pas aussi facile que cela en a l’air. Pourquoi ? Parce que nous avons peur. Vous avez peur, j’ai peur, nous avons tous peur. Peur de manquer de quelque chose, peur qu’il nous arrive un malheur… La phrase qui va vous venir à l’esprit est nécessairement « et si jamais? » ou encore « au cas où »… dont le résultat est sous vos yeux. Des objets à n’en plus finir, du shopping tous les weekends ou tous les mois, des produits « spécialisés » censés vous faciliter la vie mais qui la rendent juste plus complexe puisqu’au lieu d’un produit, vous en avez deux, voire trois ou davantage  (par exemple il y a la couverture avec manches, le sac spécial bouteille, la boite à chewing-gum, et plein d’autres encore).

Mais vous savez quoi ? Une fois débarrassés de ces choses inutiles, vous n’y penserez plus, vous les oublierez ! Pour l’instant vous continuez d’y penser car vous les voyez régulièrement, mais une fois hors de votre vue, c’est fini ! D’ailleurs rappelez-vous, la fois où avez fait un bon gros ménage de printemps et que vous avez retrouvé certains objets chez vous ? Vous ont-ils sincèrement manqués ? Apparemment non, sinon vous vous seriez mis en quête de les trouver…

Toujours pas convaincus ? Réfléchissez deux minutes, quel est la probabilité que vous ayez besoin de cet objet ? Proche de zéro ? Alors pourquoi le garder ?

Mettons que vous vous en débarrassiez, et que vous en ailliez en fait besoin. Pas de chance. Mais est-ce si grave ? Allez-vous être complètement démuni, malheureux et incapable de faire quoi que ce soit ? Rien n’est moins sûr. C’est l’idée que vous connaissez très bien de nom, mais n’appliquez peut-être pas autant que vous le souhaiteriez, qui consiste à relativiser. Quand tout va bien, on se fait souvent un monde de petites choses.

 

Oui c’est possible, et non je ne suis pas un ermite

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Non cela ne ressemble en rien à mon chez-moi

Voilà pourquoi je me lance là-dedans, même si ce n’est pas facile tous les jours, croyez-moi. Car il faut désapprendre tout ce que l’on nous a appris. Et réapprendre. Apprendre que l’on peut vivre autrement.

J’ai balancé la moitié environ de mes vêtements déjà (enfin balancé, je les ai donnés, hors de question que ça aille à la poubelle, certains sont quasiment neufs). Ce qui est dingue, c’est qu’ils ne me manquent absolument pas, moi qui fut il y a environ 7 ans de cela un admirateur de la mode.

Je commence à privilégier nettement la marche à pied par rapport aux transports en commun par exemple quand je suis à Paris ou en vacances. Pourquoi faire appel à un service de transport ? Pour gagner 10 minutes et perdre un peu de sa santé et du moment présent à admirer la vie d’une ville ?

Le shopping ? Un article tous les 3 mois environ. Et le tout après avoir mûrement réfléchi pour ne pas acheter un truc que je vais finir par donner/vendre/jeter si détérioré. Et ce même pour le plus petit achat qui soit, comme une paire de chaussettes par exemple ! Radical, certes, mais pour moi il s’agit surtout d’une question de cohérence.

Et je compte continuer avec le reste et je suis heureux comme ça. Car au final, ce n’est vraiment pas le plus important d’être entouré de tous ces objets et faire appel à tous ces services qui ne font en outre que détériorer indirectement l’environnement et les conditions de travail d’autres personnes. Le bonheur il n’est pas là, bien que ces objets puissent bien sûr participer au bonheur. Le bonheur il est en dans la capacité intérieure de se satisfaire de ce que l’on a.

 

Celui qui sait qu’assez c’est assez, en aura toujours suffisamment. Lao Tseu

Consommer rend-il heureux ?

Vous êtes-vous jamais posé la question ? Moi oui, et de plus en plus. C’est une chose assez récente, et ça ne vient pas automatiquement. Mais alors absolument pas ! Devinez pourquoi ? Parce qu’on nous en empêche. Ok, formulée comme ma phrase l’est, vous pensez que je vais bientôt vous sortir une théorie du complot en bonne et due forme. Non non. Ce que je veux simplement dire c’est que la société nous formate tellement bien l’esprit, qu’il est dur de prendre le recul nécessaire et de se poser enfin la bonne question : consommer rend-il heureux ? 

Remise en contexte

C’est à mon avis une des questions essentielles au 21ème siècle. Parce que la première moitié du 20ème siècle a vu naître une génération qui a vécu dans l’opulence, a eu la “chance” de vivre les trente glorieuses, d’avoir un niveau de vie qui a monté en flèche, de pouvoir être propriétaire aisément, s’équiper, s’habiller, aller au resto, voyager, enfin tout tout tout quoi. Consommer, consommer encore et toujours. Et on ne peut pas leur en vouloir, car déjà qui est-on pour juger ? Et puis après la guerre, cela leur a très probablement servi de repère, d’oasis, tout devait paraître si simple. Mais au lieu de partir sur un autre système, sur une autre idée de la société, ils ont choisi celui là, celui de la consommation. Consommation donc qui est censé rendre heureux. Mais est-ce vraiment le cas ?

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Les publicités à outrance nous le font penser. On a beau être la personne la plus détachée et réfléchie qui soit, on est forcément touché par celles-ci, cela s’incruste malgré nous dans notre cerveau.

Pour réduire l’humanité en esclavage, la publicité a choisi le profil bas, la souplesse, la persuasion. Frédéric Beigbeder

La publicité nous fait constamment miroiter des moments de bonheur, et à force de nous le répéter, on finit par y croire. C’est d’ailleurs en partie pour cela que je n’ai pas de télévision chez moi et j’en suis très heureux. Non seulement on nous impose un programme (par ailleurs assez pourri, il faut le dire), mais en plus on “paie” à travers toutes ces pubs qui nous abrutissent. Bien sûr la télévision n’est pas le seul moyen de diffusion de publicité, malheureusement pour moi. A travers celles-ci on nous fait gentiment croire que le produit ou service vanté va régler le moindre de nos problèmes (allant jusqu’à nous inventer des problèmes parfois : ah bah oui faut bien qu’ils vendent hein), vous rendre plus heureux et ainsi de suite.

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Publicités à Times Square, NYC

Et on est tellement envahis, que même si vous ne me suivrez pas sur mon opinion totalement, vous devez bien l’avouer : on se passerait volontiers de la moitié des pubs auxquels nous sommes exposées. 

 

Et la réponse à la question ? 

Maintenant il s’agit de répondre à la question posée. Consommer rend-il heureux ? J’ai un peu envie de vous faire une réponse de Normand : p’tet’ ben que oui, p’tet’ ben que non. Ou formulé de façon plus littéraire : oui et non.

 

Oui cela rend plus heureux. Bien sûr que je suis heureux d’aller faire du shopping dans les rues commerçantes de Vienne, Genève ou Paris ! Bien sûr que ça m’excite de m’acheter le dernier téléphone à la mode (et hors de prix). Bien sûr que de façon générale j’aime flâner dans les boutiques, “au cas où” quelque chose me plairait. On sait jamais que j’ai soudainement une envie. Il est vrai que se projeter en train de se faire plaisir, participe également au bonheur. Acheter c’est aussi récompenser le cerveau pour avoir patienté jusqu’à ce que le prochain salaire tombe, acheter c’est un plaisir simple et rapide. Que demander de plus ?

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Oui mais voilà : le problème il est justement là lorsqu’on flâne dans les boutiques et qu’on se dit “on ne sait jamais”. Comment ça on sait jamais ? Alors je n’ai besoin de rien, mais je me dis qu’aller dépenser de l’argent sans réelle raison est une bonne idée ? Et puis n’y a-t-il pas la plus petite chance que cela finisse dans un tiroir au bout de quelques mois et ce pour y rester jusqu’au prochain déménagement ? Et combien de temps dure ce plaisir ? Est-ce un plaisir si intense ? Réfléchissez-y bien. Vous verrez qu’on vous a un peu sur-vendu le truc.

L’avantage avec la nouveauté, c’est qu’elle ne reste jamais neuve. Il y a toujours une nouvelle nouveauté pour faire vieillir la précédente. Frédéric Beigbeder

En essayant d’être entièrement honnête avec vous même, vous viendrez à réaliser que le moment où vous avez finalement été le plus heureux c’est au moment de l’achat. Puis après ce pic, la courbe du bonheur ne va faire que chuter. Elle sera encore haute lorsque vous essayerez/installerez/utiliserez votre achat pour la première fois, vous en serez fier. Puis peu à peu vous oublierez. Lentement certes, mais sûrement. Jusqu’à n’en tirer plus aucun bénéfice en particulier. Parce que ce n’est plus nouveau et que ça n’a résolu aucun problème (ah tiens ?). On adore la nouveauté, on nous donne toujours envie de renouveler nos habits, notre téléviseur, notre voiture etc (pourtant l’ancien(ne) est encore en très bon état). Et c’est là que ça pose problème. On oublie que le véritable bonheur ne dépend pas d’un objet extérieur mais de soi. Alors bien sûr un objet peut procurer du plaisir. Mais sans un état d’esprit intérieur adapté, sans une véritable force intérieure capable de rendre heureux indépendamment du reste, cela n’a aucun intérêt. Cela peut paraître radical, mais regardez bien : combien de fois avez vous fait du shopping, êtes allés au cinéma, êtes allés boire un verre, êtes partis en vacances, avez acheté un objet à la mode pour “guérir” une insatisfaction intérieure ? Et combien de fois cela a-t-il vraiment aidé ? Je suis désolé, mais non consommer ne vous débarrassera pas de vos problèmes, consommer ne vous rendra pas heureux. Consommer va vous fatiguer, vous appauvrir (si si, regardez votre compte bancaire après cet après-midi au centre commercial). Vous aurez échangé du temps et de l’argent contre un bonheur éphémère. Est-ce que ça en vaut la peine ?

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L’abus de biens et de consommation est un fardeau qui rétrécit l’existence. L’absence d’encombrement procure de l’espace pour penser, et sans doute même pour comprendre. John Pawson

 

Alors, consommer ou non ?

Au final, je ne pense pas qu’on puisse dire que consommer rende particulièrement heureux. Alors oui le moment de l’achat est généralement assez excitant, au début vous serez heureux de profiter de votre nouvel achat. Mais le plus important est de savoir faire preuve du détachement nécessaire pour comprendre que ce n’est qu’un élément parmi d’autres (que sont le voyage, le temps passé avec les amis et la famille pour mon cas), que cela peut procurer du plaisir, mais que c’est souvent bien éphémère et que ça ne résoudra pas vos problèmes. Car ce qui compte d’abord et avant tout c’est d’être et de vivre. Vivre le moment présent et ne pas s’effacer dans des “moments” de consommation dont la société (les publicités) nous renvoient une image bien trop vendeuse et exagérément avantageuse. Vous l’aurez peut-être remarqué, la société place souvent le verbe avoir avant le verbe être, tout en nous faisant passer l’avoir pour du être. Quel mensonge. Et pourtant à l’école ou dans votre famille, on vous a appris que être est plus important qu’avoir. En votre for intérieur d’ailleurs aussi vous le savez qu’être est plus important. Mais le signal est tellement submergé par ces autres signaux qu’on a construit autour qu’on ne l’écoute plus. Il est temps de se réveiller.

Il est temps de se réveiller et mieux consommer. Moins et mieux. On s’est tellement habitué à plus consommer, on est tellement obsédés par la quantité (toujours plus, toujours la dernière nouveauté), qu’on en a oublié la qualité. Dit comme ça, cela parait évident que la qualité est plus importante, comme pour beaucoup de choses. Et pourtant à en juger par nos comportements, c’est loin d’être le cas. Il faut réaliser que sans être déjà heureux intérieurement, et sans un détachement vis à vis de vos actes de consommation, vous n’en tirerez pas autant qu’espéré. Multiplier les achats n’arrangera rien. Alors, ne pensez-vous pas que vous pourriez un peu changer vos comportements ?

La publicité est à la consommation ce que l’érotisme est à l’amour. Le plaisir ne suit pas toujours… Philippe Bouvard

 

Pour aller plus loin

P.S. : pour approfondir le sujet s’il vous intéresse, je vous recommande fortement :

  • le livre de Frédéric Beigbeder : « 99 Francs » pour plonger dans le monde publicitaire et ses affres. Il y a aussi bien sûr le film du même nom.
  • le livre de Frédéric Mars : « Comment j’ai arrêté de CONsommer » qui suit le parcours initiatique de quelqu’un qui fait le choix d’arrêter de consommer sans réfléchir.

Pourquoi je suis devenu végétarien

L’actualité récente concernant le traitement des animaux n’est à mon avis pas tombée dans l’oreille de sourds. Et pourtant, en écrivant ces lignes, je ne cherche pas à faire écho à l’actualité concernant les abattoirs et autres lieux de barbarie. J’ai d’ailleurs commencé la rédaction de cet article avant que cela n’arrive dans la presse. Car de toute façon, ce n’est pas parce que les médias réagissent seulement maintenant que le problème n’existait pas avant ou n’existera pas après. Dans tous les cas, cela n’a pas dû vous laisser indifférent, alors pourquoi pas un éclairage sur la vie d’un végétarien ? C’est une espèce certes de plus en plus répandu, mais encore largement minoritaire.

D’abord dites vous bien que ce n’est pas un choix anodin, je ne me suis pas levé un jour  en me disant « eh tiens, si j’arrêtais de bouffer de la viande ? ». C’est un choix mûri, ça ne se décide pas sur un coup de tête. Et même si ça se décidait sur un coup de tête, ce serait de toute façon une très mauvaise idée, car sans préparation psychologique, c’est le meilleur moyen d’échouer et de revenir à un statut omnivore, voir plus radicalement très carnivore au bout de quelques semaines ou mois. C’est aussi pour cette raison qu’il faut y aller peu à peu et être sûr de son choix. Mais la question reste la même : comment et pourquoi en suis-je arrivé là ?

Comment ça a commencé


Tout a commencé (comme de nombreux changements qui sont intervenus dans ma vie, vous le verrez) en Asie. C’est la première fois que j’étais initié à l’idée de ne pas tuer d’animal. C’était un beau jour de ballade en charrette à Bagan (Myanmar), le charretier me faisait la conversation, et a notamment évoqué de nombreux aspects du Bouddhisme, dont un qui m’a paru alors très intéressant : le fait de ne pas avoir le droit de tuer ni humain, ni animal. Du moins, ne pas en avoir la volonté. C’est-à-dire qu’il est interdit de tuer un bœuf pour en consommer. En revanche, si vous marchez sans le faire exprès sur des fourmis, votre âme est alors sauve. On retrouve d’ailleurs si vous y songez, ces mêmes principes dans le droit : un acte volontaire est toujours plus fortement sanctionné qu’un acte involontaire, comme par exemple l’homicide justement. Sauf que dans le cas du droit romain en tout cas, les animaux ne sont pas concernés pour autant que je sache.
Ensuite, j’ai régulièrement été exposé à ce genre d’idées à travers mes lectures en ligne, et un jour, deuxième élément qui m’a mis sur la voie je pense : j’ai visionné une vidéo d’un moine Bouddhiste Français (il s’agit de Matthieu Ricard). Il évoquait principalement les raisons pour lesquelles il était végétarien et il se trouve que j’étais assez réceptifs à ses idées.  Il faut en effet être prêt à recevoir ce genre d’idée pour que cela soit un élément déclencheur. Car la plupart des gens se diront : « il a raison, c’est vrai, MAIS ». Ce fameux « mais » qui nous empêche de faire tant de choses.

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Matthieu Ricard, moine Bouddhiste et fervent défenseur des droits des animaux. Photo © Charles Platiau / Agence Reuters

Et là, ça fait « clic »

Bref, il a simplement expliqué que les animaux tués pour la consommation de leur chair souffraient tout autant qu’un être humain le pourrait. Que ce n’est pas parce que c’est un animal qu’il ne ressent rien. Il n’a certes pas le degré de conscience développé d’un être humain mais il souffre. Il sent la douleur. Tout autant que vous quand vous vous êtes coupés un doigt en faisant la cuisine ou cassé une jambe lors d’un accident de scooter. Aucune révélation donc, mais une évidence que l’on veut trop souvent nier ou minimiser car ça nous arrange bien. Restons dans notre zone de confort, privilégions le statut quo, sinon Dieu sait ce qu’il pourrait arriver ! 

Car je suis convaincu que nous sommes appelés à mieux, qu’il est du devoir de l’espèce humaine de s’élever.

J’aimerais ajouter un argument supplémentaire à celui de la souffrance animale, car si vous êtes un peu informés en biologie, vous saurez alors que les insectes ne ressentent pas la souffrance par exemple (c’est pour ça que quand on était gamins et qu’on « s’amusait » à arracher les pâtes d’une mouche ou autre, elle continuait sa petite bonhomme de vie sans ciller). Il est pour moi dur de concevoir que sous prétexte d’être l’espèce « supérieure » (j’insiste sur les guillemets) nous avons le droit de vie et de mort sur les autres espèces. D’où se permet-on ce jugement ? Alors oui nous avons une certaine maîtrise sur notre environnement, (et encore me direz vous, mais c’est un autre sujet), et nous avons un degré de conscience plus élevé jusqu’à preuve du contraire. Mais cela justifie-t-il de tuer ? Ce degré de conscience supérieur nous permet de réaliser que nous avons justement une conscience supérieure, et ainsi de prendre du recul et de ne pas nous enfermer dans une logique animalière. Cela nous permet de faire mieux que ce que nous faisons actuellement, car je suis convaincu que nous sommes appelés à mieux, qu’il est du devoir de l’espèce humaine de s’élever.

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Pourquoi c’est quand même difficile


Il est néanmoins difficile de renoncer à la viande et au poisson. Car pour moi aussi cela a été dur au début, il ne faut pas croire. La consommation de viande est en effet inscrite dans notre culture. Par opposition à ce qui nous vient de la nature. Ce qui est culture est inculqué par notre environnement, tandis que ce qui est nature est intrinsèque, génétique. Donc rien d’inné à la consommation carnivore. Songez-y, les hommes préhistoriques prenaient ce qu’ils trouvaient. Et ils n’avaient pas développé de réflexion sur la moralité de tuer un animal ou non, pyramide des besoins oblige. Tout comme on ne peut pas dire à des personnes sans-abris/pauvres de faire attention à l’environnement ! C’est ainsi. Or, dans une société contemporaine, ou la plupart (je dis bien la plupart) d’entre nous pouvons satisfaire nos besoins les plus primaires, une telle réflexion y trouve toute sa place. Alors, il est dur de se détacher de bonnes habitudes, il est vrai. Car manger de la viande, c’est dans notre culture, c’est notre éducation, c’est tout ce qu’on nous apprend ! Comme si il n’existait pas d’alternative. Comme si c’était « normal ». Vous allez me dire que ça l’est, mais essayez deux secondes de vous imaginer un monde sans consommation de viande. Est-ce que cela vous parait si dingue ? Si inapproprié ? Si utopique ? Que nenni ! Si ? C’est peut-être parce que cela fait 15 ans, 25 ou 50 ans que vous mangez de la viande. Imaginez un peu l’importance que cela a dans votre culture et donc vos habitudes. Même si la plupart des personnes ne mangent pas de la viande à chaque repas mais disons plutôt une fois par jour, (enfin de plus en plus seulement quelques fois par semaine pour des raisons de budget souvent) cela fait beaucoup. Et ce depuis le plus jeune âge ou presque. Les vieilles habitudes ont la vie dure.

 

Et le goût dans tout ça ?

Culture, habitudes me direz-vous mais et le goût ? Comment peut-on sacrifier toutes ces bonnes choses sur l’hôtel d’une soi-disant éthique supérieure ? Pour qui dois-je bien me prendre ? En tout cas pour personne de supérieur, croyez-moi. Pour preuve, je suis un bon vivant de la plus pure espèce. Le moment du repas a toujours été pour moi un moment privilégié. J’ai toujours adoré le goût de la charcuterie, d’un poulet rôti, d’une côte de porc grillée ou encore d’un rosbeef bien tendre. J’ai toujours aimé accompagner cela d’ un ou deux verre(s) de vin lors d’un repas en famille. J’ai toujours comme beaucoup de personnes eu une faiblesse pour les desserts chocolatés (ou vanillés ou que sais-je encore). Mais pourtant j’ai franchi le pas. Cela ne s’est naturellement pas fait du jour au lendemain. Mon envie de devenir végétarien a démarré il y a plus d’un an maintenant. Seulement justement à cette époque, le goût qu’offraient tous ces aliments pesaient encore bien trop lourd dans la balance pour moi. En effet, après tout le cheminement expliqué auparavant, l’idée avait enfin germé dans ma tête. Mais je n’étais pas encore prêt.

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Côtes de porc au barbecue

 

Comment j’en suis tout de même arrivé là

Dès lors, comment ai-je pu en arriver là ? En fait, lorsque nous faisons ce genre de choix qui peut paraître cornélien (le goût de la viande ou la diminution de la souffrance animale) si vous êtes réceptifs à ce genre d’idées, nous ne pensons pas à ce que nous allons perdre. Ou plutôt si, mais nous décidons que c’est moins important. Car ce que nous sacrifions en faisant ce choix devient d’une importance toute relative en sachant ce qui compte réellement et en faisant une priorité. 

Se mettre des priorités, c’est une chose que j’apprends peu à peu à faire, car durant toute ma vie d’adolescent et de jeune adulte, j’ai toujours voulu tout faire, sans choisir, et donc sans rien sacrifier (car choisir c’est sacrifier ou plutôt « choisir c’est renoncer » comme dit le fameux dicton). J’ai tellement essayé de tout faire, que j’ai même partiellement réussi (je dis bien partiellement). Mais au sacrifice de certaines choses sans que je m’en aperçoive forcément. Car il y a toujours un sacrifice, même si nous n’en sommes pas conscient ou si nous ne voulons pas voir la vérité en face.

Si je n’avais pas appris à gérer mes priorités et à faire de vrais choix (et accepter les sacrifices qui vont avec), je n’aurais pas pu devenir végétarien. Un choix que j’assume pleinement. Je sais que je viens de parler beaucoup de sacrifice, mais c’est pour montrer que je suis pleinement conscient des difficultés qu’un tel choix peut représenter. Cependant je n’en reste pas moins fier et sûr de mon choix, car pour moi agir en direction d’une baisse de la souffrance animale prime sur certains de mes goûts alimentaires. Goûts qui d’ailleurs sont looooin d’être dénudés de saveurs ou de variété contrairement à ce que l’on pourrait imaginer. En devenant végétarien j’ai découvert tout un tas de nouveaux plats et de nouveaux goûts. Mais ça, ce serait l’objet d’un autre article 🙂

 

Peu importe l’ampleur du sacrifice ; ce qui compte, c’est la grandeur du but que l’on s’assigneAnonyme