Pourquoi je ne m’abstiendrai PAS au 2nd tour

Dès l’annonce des résultats je me suis dit que je ne voterai pas, que je m’abstiendrai.
En effet, comment choisir entre la peste et le choléra ? D’autant que de toute façon, Macron va passer, non ? Alors inutile d’aller le légitimer en votant pour lui donc. Cela semble être la meilleur chose à faire. De plus, cela éviterait de faire le jeu des médias qui utilisent encore le coup du « Front Républicain » pour faire gagner ce qu’on devrait plutôt appeler « le CAC 40″…

Sauf qu’après réflexion ainsi que quelques lectures, j’ai commencé à mesurer l’ampleur de l’abstention qu’il risque d’y avoir. En effet, de nombreux pro-Mélenchon ou pro-Hamon ayant un raisonnement similaire à celui que j’ai eu d’abord, n’iront pas voter. Cela représente 26% de ceux qui ont voté au premier tour, c’est énorme. Mathématiquement, ils offriraient ainsi un boulevard au FN (ce qu’ils ne souhaitent pas, certes, mais ça serait néanmoins le cas). De plus, les gens pro-FN iront voter eux. Peut-être même une bonne partie des pro-Fillon avec eux. Et Le Pen essaie même, pitoyablement certes, mais elle essaie, de récupérer des voix à Mélenchon… Voter Macron n’est donc pas idéologique (fort heureusement) mais logique.

Dieu sait que j’abhorre Macron et sa clique (j’ai même rédigé un article contre lui) De plus, son néo-libéralisme (plus si néo que cela d’ailleurs, cela fait plus de 30 ans qu’on se le tape) est la source du vote contestataire FN. Je l’abhorre donc, mais Le Pen je l’exècre. Voter Macron empêchera au moins le FN d’accéder au pouvoir. Car comme je le disais plus haut: ne pas voter, c’est laisser une chance au FN de prendre le pouvoir.

Voter pour le moins pire, voilà ce qui arrive quand la démocratie est absente. Bien sûr, rien ne m’y oblige. Mais j’ai déjà exposé mes raisons.

A ceux qui se demandent encore en quoi le FN est pire, je vous répondrai simplement : le FN c’est le fascisme. Qu’on regarde l’histoire ou qu’on regarde ce que fait le FN dans les municipalités qu’il tient actuellement, on voit ce même pouvoir totalitaire et discriminant qui se met en place (opposition politique réduite au silence, associations humanitaires fermées etc).
Avec Macron, aussi détestable soit-il, il nous restera toujours la rue, ce qui ne sera peut-être pas le cas avec Le Pen.

Macron, piège à cons ? (2/2)

Après avoir démontré dans la première partie de cet article que Macron était précisément l’inverse d’un rebelle et qu’il est le digne héritier d’un système qui n’a cure des besoins du peuple dès lors qu’il ne fait partie de l’élite à laquelle il appartient, je ne souhaitais pas m’arrêter en si bon chemin. Car mettons que vous croyiez toujours au miracle de renouveau Macron, ou bien même que vous n’y croyiez pas mais que vous pensez tout de même qu’il a malgré (ou grâce à) son côté élitiste un bon programme économique, je vais vous prouver qu’il n’en est rien. 

Relancer l’économie ?

Le peu qu’on sait de ce qu’il compte entreprendre fait peur. Pour exemple prenons son ambition annoncée de supprimer l’ISF pour les actionnaires. L’idée est de permettre aux entreprises d’avoir de quoi investir. Mettons qu’on y croit une seconde, et regardons dans le passé ce que le gouvernement (sous l’insufflation de M. Macron bien entendu) a mis en place dans ce même esprit (relancer l’investissement des entreprises pour relancer l’économie, l’emploi etc.) : le CICE (Crédit Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi). Le but était que les entreprises puissent réinvestir notamment dans l’emploi . Cependant les différents rapports mettent en lumière que la création d’emploi était très faible voire inexistante. Même Hollande admet « probable un effet direct de l’ordre de 50.000 à 100.000 emplois créés ou sauvegardés sur la période 2013-2014 ». Contre 1 000 000 annoncés par Gattaz  (monsieur Medef). Ah oui ça il a su réclamer les sous pour les copains, après, il n’est plus responsable de rien. De plus, il faut faire attention à bien déchiffrer la phrase de Hollande : entre « probable »(oui rien que ça), « créés OU sauvegardés » (alors que cela devait créer, pas « créer ou sauvegarder ») et la fourchette de 50 000 à 100 000, c’est du grand n’importe quoi. Tout ça nous coûte tranquillement 1% du PIB. Le pire ? (oui oui car il y a pire) Un rapport d’un des organismes du gouvernement rajoute également qu’il y a eu « une amélioration sensible des marges des entreprises ». Voilà. C’est officiel, c’était bien pour les copains. Et M. Macron futé comme il est veut nous imposer une mesure similaire. On ne dormirait pas debout parfois ?

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Vous remarquerez d’ailleurs que tout bon libéral (au sens économique et non moral) vous dira toujours que les entreprises et donc ses investisseurs ont besoin d’argent pour… investir justement, notamment dans l’emploi, la recherche etc. Bref ce sont les dieux auxquels nous devons faire offrande dans l’espérance du salut. Oui mais voilà ce n’est pas comme ça que ça marche, parce que l’argent ils le prennent et ils le gardent. Le seul moment où les entreprises investissent c’est lorsque c’est nécessaire pour augmenter le chiffre d’affaire. Autrement non. Et ne me dites pas qu’ils ont d’autres objectifs que le chiffre d’affaire car c’est faux, ça reste l’objectif principal de toute entreprise, il ne faudrait pas oublier que le système s’appelle « capital-isme ». Donc si on leur offre sur un plateau d’argent (que dis-je ; de platine) le CICE par exemple ils se servent directement, sans investir un kopeck. Vous pensez que j’exagère ou que ce que je crache mon venin sur le CAC40 de façon injustifiée ? Alors prenons une fois de plus des faits tangibles pour le prouver : le montant versé par les entreprises du CAC40 à leurs actionnaires en 2016 a augmenté de 77% (c’est-à-dire quasiment multiplié par deux, rien que ça) par rapport à 2015. Et le souci c’est que la libéralisation croissante encourage la redistribution des richesses vers les actionnaires. Pour comprendre comment cela marche, je vous conseille fortement de visionner la vidéo de Data Gueule. Cela est à mettre en relation avec la création d’emploi… relativement faible en 2016 : 178 000-47 000 = 131 000, on cherche toujours les 1 000 000 de Gattaz. Les 47 000 de ces créations que je me suis permis d’ôter sont du vent : une simple histoire de papiers administratifs, mais aucune embauche correspondante.

On se targuera ensuite fièrement d’être un pays riche, mais regarde-t-on jamais qui détient le capital, comment il est réparti ? Combien y a-t-il de pauvres ? Combien y a-t-il de riches ? Les médias et politiciens semblent obnubilés par le PIB et sa sacro-sainte croissance, mais les 9 millions de pauvres en voient-ils jamais la couleur ? De plus, à force de nous répéter son importance, ils finissent par nous obnubiler également, on deviendrait presque aveugle à notre propre sort. En grossissant un peu le trait, à en croire le discours ambiant, on aurait presque l’impression que tout le monde va bien et s’enrichit tant que la croissance est là. Pourtant, n’importe quelle personne qui n’a jamais étudié l’économie voit bien l’erreur de raisonnement tellement elle est aberrante. Ainsi il est bien clair qu’il n’y a pas d’économie à relancer, puisque la richesse est là : le PIB est toujours en hausse même faible, les marges augmentent, les patrons augmentent leurs salaires… Bref, l’argent ne manque pas, pourquoi alors vous faire croire qu’il en faut davantage ? Pourquoi ne pas se poser la question de sa répartition ? Attention aux nuances, je ne dis qu’on a pas besoin d’argent, je dis simplement qu’on a déjà bien assez, il n’est simplement pas dans les bonnes poches.

Et qu’on ne me rétorque pas : s’ils sont riches, c’est qu’ils l’ont mérité, c’est qu’ils ont travaillé dur. Ah oui ? Des vrais self made men/women, il y en a bien quelques un(e)s, mais les gens dont on parle ici naissent avec une cuillère en argent dans la bouche. Ils ont accès à des études coûteuses, à un réseau de contacts bien placés, etc… De plus, il faut considérer ceci : un patron du CAC40 gagne plusieurs siècles de SMIC en un mois (oui rien que ça…), pensez-vous vous réellement en votre for intérieur qu’un grand patron est plusieurs centaines, voire milliers de fois plus méritant que le salarié se trouvant en bas de la hiérarchie ? A-t-il 1000 fois plus de compétences ? A-t-il travaillé 1000 fois plus dur ? A bon entendeur…

Travailler plus, sans gagner plus ?

Autre mesure détestable de Macron : la flexibilité du temps de travail (notamment par la fin des 35h pour les jeunes). Vous allez me dire, pourquoi ne pas laisser chacun travailler selon ses besoins, ses envies ? Pourquoi encadrer cela ? Enfin en tout cas c’est que dirait un bon libéral. Seulement voilà, Macron veut que la flexibilité passe par des accords de branche. Or qui a l’avantage dans de telles situations ? Certainement pas vous, puisque le chantage à l’emploi est déjà actuellement omniprésent (étant donné que le marché de l’emploi est tendu). Donc vous clouerez gentiment votre bec de peur de devoir aller pointer à pôle emploi juste après. Et du coup, tour de magie, qui a décidé de votre temps de travail ? Pas vous, mais votre patron, ou celui du voisin (puisque c’est un accord de branche, et non un accord d’entreprise). D’autant que ce sera souvent pour travailler plus et non moins, en tout cas pour les jeunes, sans qu’on sache si vous serez mieux payés. Macron ne s’en cache pas d’ailleurs :

« Quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas assez. On veut travailler plus, on veut apprendre son job. Et puis, il y a un principe de réalité. Un entrepreneur raisonne ainsi : ce jeune n’est pas qualifié, je veux bien l’embaucher mais il va apprendre son job en entrant dans mon entreprise, donc il faut qu’il effectue davantage d’heures. »

Le « principe de réalité ». J’ai failli m’étrangler d’énervement en lisant cela. Ce fameux principe qui vient vous faire doucement avaler tout et n’importe quoi, en l’occurrence la pilule amère d’une jeunesse passée au service d’un patron, sans forcément vouloir lui consacrer autant de temps que ce qu’on vous y oblige. Mais se targuer d’être réaliste justifie miraculeusement tout et donne un air sérieux à M. Macron. Après avoir entendu ce mot on éteint son cerveau et on gobe ce qu’il nous dit comme parole d’évangile. Je parle plus en longueur du détournement du mot « réaliste » dans mon article « Que signifie être réaliste de nos jours ?« . Autre chose très rigolote : « quand on est jeune […] on veut travailler plus ». J’ai 28 ans et c’est loin d’être mon cas. Ni celui de plus en plus de gens de ma génération (ou d’autres) qui se réveillent et en ont marre de cette antienne inlassablement ressassée par des parangons du capitalisme, prêts à repousser les barbares de protectionnistes, altermondialistes, communistes, anarchistes et autres doux rêveurs (tout est dans le vocabulaire encore une fois, mais ici c’était bien sûr de l’autodérision). Non je n’ai pas envie de gâcher ma jeunesse 40h ou plus par semaine dans une entreprise le cul vissé sur ma chaise de bureau. Oui si je le pouvais 20h me suffiraient. Le travail ce n’est pas la vie M. Macron. Le travail ce n’est pas le salut. Il faut sortir de ce paradigme où le travail est la source jamais questionnée du bonheur (alors oui et non, c’est un peu plus complexe que cela, je discute la question dans mon article « Quitter son boulot : la libération ?« ). Source nous permettant, une fois la semaine de dur labeur achevée, une fois épuisés, de pouvoir enfin dépenser notre salaire durement gagné. J’exagère ? Vous connaissez une semaine de travail à la fin de laquelle vous vous sentez en forme?

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Je remercie M. Macron de nous dire quoi penser, c’est vrai que je n’en aurais pas été capable moi-même. Vous noterez le « je ne veux plus entendre », on sent l’envie de débattre. Et ça se dit « démocrate ». Bien sûr il y aussi l’idée de culpabiliser les chômeurs ici, nous y reviendrons plus tard.

Pourquoi le travail est au centre du modèle libéral

Mais si on veut aller plus loin et comprendre pourquoi le travail est ainsi placé sur un piédestal, il faut se demander qui fait tourner les entreprises et qui achète leurs produits. Les travailleurs salariés. Vous pourrez me dire qu’il y a besoin aussi de capital. Certes, mais ce n’est pas comme si les bénéfices des entreprises du CAC40 étaient en baisse et qu’ils n’avaient pas les moyens d’investir (ce qu’ils ne font pas). Ce n’est pas non plus comme si le PIB de la France était nul. La richesse elle est là, seulement elle est dans la poche des actionnaires (donc des propriétaires de capitaux, donc de l’élite financière), comme nous l’avons vu plus haut. Donc pour continuer à faire tourner la machine, c’est-à-dire produire ainsi que remplir les carnets de commande des entreprises, il faut des travailleurs. Là encore vous pourrez m’interrompre et me dire que c’est au contraire les actionnaires qui vont remplir le carnet de commandes des entreprises grâce à leur plus fort pouvoir d’achat. Sauf que c’est faux. La part du revenu disponible dépensé est bien plus élevée chez les personnes les plus pauvres. Et ce pour deux raisons :

  • 1/ Duesenberry, un économiste du 20ème siècle explique que les ménages se répartissent en groupes, des plus pauvres aux plus riches, et adoptent des habitudes de consommation qui les amènent à imiter les individus du groupe supérieur. Il appelle cela l’effet de démonstration. La conséquence de ce dernier est que la propension à consommer (ou bien tendance à consommer) est généralement peu sensible (inélasticité) aux fluctuations du revenu. Ainsi les choix de consommation dépendent certes en partie du niveau de revenu, mais sont modulés en fonction de l’image que le consommateur veut présenter aux autres membres de la société par ses choix de consommation. C’est pour cette raison par exemple que le taux d’équipement en smartphone est aussi élevé parmi les plus pauvres que parmi les plus riches (et pourtant un smartphone est loin d’être un faible investissement).
  • 2/ Les plus riches sont en nombre bien inférieurs que les moins riches, comme viennent nous le rappeler régulièrement les médias ou l’Oxfam par exemple : les 1% les plus riche possèdent la moitié des richesses. Comment voulez-vous relancer la consommation avec 1% de la population, dont la consommation personnelle n’est en proportion pas si élevée que cela ?

Ainsi la boucle est bouclée : la semaine est dédiée  à travailler tels de véritables machines car le capitalisme tend à mettre en place une organisation visant l’augmentation du profit par la rationalisation systémique du travail, or qu’est-ce qui est rationnel, si ce n’est une machine ?

Nous, les hommes et femmes ne ressemblons pourtant en rien à des machines ne serait-ce parce que nous sommes des êtres sensibles, émotifs, nous ne sommes pas uniquement des êtres rationnels qui analysons tout en permanence. De plus, nous nous fatiguons au travail, nous avons besoin de repos, et notre capacité de concentration est limitée : la concentration est possible par cycle de 1h à 2h, avec des intervalles de repos entre chaque à moins de vouloir se flinguer le cerveau. Mais faites-vous vraiment des pauses toutes les heures ou deux heures ? Il m’est permis d’en douter. A l’inverse, une machine peut continuer sans interruption, sans fatigue, sans coup de barre ni besoin de sommeil, il lui suffit simplement d’être branchée. Pourtant, c’est bien vers ce fonctionnement de machine qu’on vous pousse.

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La fatigue chronique, un problème récurant pour nombre de salariés

Et le soir ou weekend lorsque vous avez enfin un peu de temps pour vous, il ne reste que des miettes de votre capacité d’analyse car elle a été principalement dédiée à votre travail et votre rationalité est nettement amoindrie. Vous avez juste envie de céder à l’émotion, au plaisir facile et immédiat, à l’envie irrationnelle. Quoi de mieux pour ce faire que de consommer ? Shopping au centre commercial ou sur internet, film à la télévision, verre avec les amis, excursion en province ou au musée etc etc. (attention je ne dis pas que ces consommations sont négatives, j’explique simplement un mécanisme). Mais c’est bien normal de céder à tout cela après une semaine à travailler de façon rationnelle telle des machines, car justement nous n’en sommes pas. Et voilà qui est donc parfait pour les possesseurs de capitaux (les grandes entreprises, je ne m’attaque pas aux TPE et PME, car leur organisation diffère largement quoique leur but ultime reste le même : le profit) : vous leur fournissez la force de travail la semaine et remplissez leurs caisses le weekend. Le mécanisme, comme vous le constatez, est très bien huilé.

Comment le travail est-il mis au cœur des préoccupations ?

Mais comment la caste politique et financière vous pousse donc-t-elle pour que vous répondiez à son attente et vous mettiez en quête d’un travail, où vous satisfassiez du vôtre si vous en avez déjà un ? C’est simple, c’est comme au loto : vous espérez grâce à lui devenir gagnant. J’exagère ? L’analogie n’a rien à faire là ? Regardez plutôt : au loto vous avez un grand nombre de participants et très peu de gagnants, à tel point que le grand gagnant (celui qui décroche la plus haute somme) avait moins de chance de gagner que de se prendre un astéroïde sur la figure. Les proportions sont légèrement amoindries pour le monde de l’entreprise et du travail, mais le principe reste le même : très peu de places pour beaucoup de participants. En effet grâce à la hiérarchie verticale, une majeure partie des salariés restent en bas de l’échelle sociale car plus on monte vers les postes à responsabilités (et donc bien rémunérés) moins il y a de place. Vous allez me dire que tous les salariés n’aspirent pas à devenir PDG ou même manager d’un département. En effet, tout comme tout le monde ne joue pas au loto. Il y a dans les deux cas une proportion infime de « gagnants ».

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Ainsi en entretenant l’espoir (eh oui tout est là) d’une promotion, d’une ascension sociale, d’un avenir potentiellement meilleur, on parvient à garder les travailleurs salariés dans l’illusion et donc sous contrôle (c’est une analyse purement statistique et psychologique et non sociologique, c’est en dehors de toute considération de mérite, de chance ou autre). Tout cette illusion est aussi naturellement entretenue par l’éducation à l’école, les publicités, les informations dans les médias (qui nous l’avons vu appartiennent à ces même personnes qui ont besoin que vous leur fournissiez votre force de travail, tout est lié). Qui a jamais questionné la valeur travail à part une poignée de philosophes et sociologues ? Personne. Voilà pourquoi je me suis montré si critique à l’égard du travail un peu avant.

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Les chômeurs : de vrais boucs émissaires

Ainsi en plaçant le travail comme valeur supérieure, on le justifie et on vous pousse même à vous en procurer un à tout prix. A tout prix, c’est le mot. Il faut voir en effet à quel point les chômeurs sont culpabilisés dans notre pays, comment ils sont constamment rabroués, dénigrés, rabaissés, ce sont des « assistés », des « fainéants » à écouter l’élite politique. Facile de parler de la sorte lorsqu’on naît avec une cuillère en argent dans la bouche (je rappelle que M. Macron est le fils de deux médecins). Les statistiques prouvent pourtant que les chômeurs sont loin d’être des fainéants, une vidéo Data Gueule le montre très bien.

De plus, considérer que les pauvres et chômeurs le sont par choix, c’est une ineptie d’un point de vue socio-psychologique : il n’est effectivement pas à oublier que s’ils sont au chômage c’est parce que la plupart se sont fait licencier, ou n’ont pas encore trouvé leur premier emploi. Et s’ils ne trouvent pas d’emploi ce n’est pas forcément qu’ils ne sont pas compétents, mais c’est aussi et surtout parce que le marché de l’emploi est tendu, il faut veiller à ne pas tout mélanger. Ici les raisons expliquant le chômage sont donc principalement économiques, elles sont à attribuer au contexte et non à l’individu lui-même (ce qu’on appelle en psychologie une attribution causale externe). Cependant, il est courant de sous-estimer les causes externes et surestimer les causes internes (en l’occurrence : le chômeur est fautif).

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Mais voyons, la caste dirigeante (actionnaires, PDG, politiciens etc.) a besoin d’un bouc émissaire, comme toujours, divisant ainsi l’opinion. Auriez-vous oublié le vieil adage « diviser pour régner » ? Pas eux en tout cas. De plus, la plupart d’entre eux, qu’ils soient de gauche ou de droite, se connaissent de plus ou moins loin, voire même s’ apprécient en se rendant mutuellement des services (nous avons vu leurs liens dans la première partie de l’article). C’est ce que Marx aurait appelé une conscience de classe, sauf que pour lui, elle était plus encline à s’exprimer et se développer rapidement au sein du prolétariat, alors que les faits évoqués juste avant tendraient à prouver qu’elle s’exprime plus facilement chez les propriétaires du capital. Et par cette conscience, que j’appellerai ici plutôt solidarité de classe, la caste bourgeoise existe en tant qu’entité, aux visages certes multiples, mais unie tout de même. Concrètement cela signifie que malgré les différents candidats, faisant tous ou presque partie de cette caste, voter, revient à voter pour cette élite unie par sa solidarité, et non pour un individu. Et en nous présentant des candidats soit-disant « différents » ils parviennent à maintenir l’illusion d’un choix lors des élections.

Glorifier le travail

Parallèlement au lynchage quasi-unanime des chômeurs dans le système capitaliste libéral, on vous vante les mérites du travail. Le travail c’est l’insertion social, c’est l’intégration, car il n’y aucun autre moyen dirait-on. Travailler c’est la norme et c’est même bien mieux, c’est être épanoui, être utile, apprendre… Bref, le travail est au prolétaire ce que l’honneur était au chevalier : il est un moyen de justifier ses actions, pour le meilleur comme pour le pire. De plus, il est bien entendu que personne ne vous le présentera sous le jour sous lequel je l’ai décrit un peu plus haut. Personne ne viendra vous dire de travailler comme une machine. A la place, on vous demandera d’être professionnel, d’être efficace, d’être orienté résultat et que sais-je encore. Et puis si jamais par chance vous parvenez à monter en grade au sein de votre entreprise ou d’une autre, on vous dit que vous le méritez. Attribution causale interne, encore une fois, il n’est jamais question d’un coup de chance, ou même de façon moins sujette à débat, il n’est jamais question de contexte favorable (économie en plein boom, embauches en augmentation etc.). Au final, dans la vision libérale l’individu est entièrement responsable de son sort, que ce soit dans le travail ou le chômage, sans tenir compte du contexte dans lequel il évolue, comme si l’individu pouvait moduler son environnement selon ses désirs, comme si il avait un contrôle absolu sur ce dernier, conférant ainsi à l’individu des qualités quasiment divines. Grossière simplification, ne trouvez-vous pas ? Mais une fois encore, c’est tellement plus facile de donner des leçons lorsqu’on a la chance de naître dans la caste bourgeoise. Et je ne veux guère entendre les « mais ne serait-pas une façon de déresponsabiliser l’individu ? » Que nenni, il s’agit de rééquilibrer une situation où on jette régulièrement l’opprobre sur les individus quand bien même ils ne sont pas entièrement responsables de leur situation. Il s’agit ainsi de corriger l’approche libérale qui voit les choses de façon complètement erronée.

 

 

Alors, toujours envie de voter pour le très libéral Macron ? Il faut reconnaître que le système qu’il prône a le don de maintenir l’illusion d’un avenir meilleur, mais nous l’avons bien vu, cela n’arrive jamais, les richesses sont mal réparties, alors en continuant d’appliquer ces mêmes recettes qui ne fonctionnent pas, comment espérer un résultat différent ? Si je ne savais pas qu’il cherche à œuvrer seulement pour son intérêt et celui de sa caste politico-financière je dirais qu’il est con, malheureusement c’est loin d’être le cas, et ce, au plus grand détriment du peuple.

 

Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnait. Michel Audiard

Macron, piège à cons ? (1/2)

On aura tous entendu les médias faire l’apologie sans retenue aucune (trop peu ont passé leur temps à autre chose que l’encenser) du jeune et brillant M. Macron, le symbole de la rébellion anti-système, je dirais presque « le rempart contre la barbarie » du FN, des Républicains et de la France Insoumise (tel Jean Dujardin dans OSS 117), le renouveau politique incarné, le sauveur de l’humanité, enfin bref, tout un tas de qualificatifs plus miraculeux les uns que les autres lui sont attribués.

Enfumage.

 

Un rebelle vraiment ?

Macron donne l’image de l’anti-système, du rebelle (je vous renvoie aux différents titres de presse), il a même eu le culot d’appeler son livre « Révolution » (eh oui, plus c’est gros, mieux ça passe) mais comment en arrive-t-il là ? Et cela est-il justifié ?

Absolument pas.

Tout d’abord penchons-nous sur son passé : il a fait l’ENA, puis a travaillé comme inspecteur des finances, ensuite pour la banque Rothschild (où il a géré le rachat par Nestlé d’une filiale de Pfizer, une opération à 9 milliards d’euros, qui lui a rapporté personnellement 2 millions d’euros bruts) avant de prendre sa place au gouvernement. Son passé ne parle pas en sa faveur dans la mesure où les ponts entre privé et public sont de plus en plus nombreux, ou du moins de plus en plus exposés à nos yeux. Ne se demande-t-on pas pourquoi ? Et également si cela est un danger pour l’indépendance de l’Etat ? N’y a-t-il pas risque de corruption dans un sens plus large que celui de la loi ?

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En tout cas, corruption avérée ou non, M. Macron a un parcours tout à fait classique pour un homme politique et n’a rien d’anti-système ou de rebelle. Et c’est sans compter que lorsqu’il était ministre il s’est plié à la politique du gouvernement. Pourquoi ne juge-t-on pas les politiciens à l’aune de leurs actions plutôt que de leurs discours ? Nous ne vérifions même pas s’ils agissent en fonction de leurs soit-disant idées. Où est donc le rebelle tant vanté par les médias ? Vous pensez tout de même qu’il va changer les choses et provoquer une réelle révolution ?

 

Elections, piège à cons

Vous serez d’accord avec moi pour dire que Macron est un libéral, lui et les médias le disent sans détour aucun. Il nous rappelle aussi régulièrement l’importance du travail. Pourtant qui a été chassé à coup de vote Hollande en 2012 ? Sarkozy. De quelle tendance économique était-il ? Libérale. Que passait-il son temps à faire ? Nous répéter l’importance du travail, on n’aurait tout de même pas oublié son « travailler plus pour gagner plus » des fois ? Exactement comme Macron. Il y a des moments où j’ai du mal à suivre le peuple Français, à trouver sa cohérence. On chasse Sarkozy le libéral et maintenant on souhaite en mettre un autre au pouvoir.

En fait ce n’est pas si surprenant dans la mesure où cela reflète la tendance du peuple à un certain conformisme, s’inscrivant dans le temps comme tendance conservatrice. Par cette dernière j’entends le fait de ne rien changer, je ne fais pas référence au conservatisme moral comme on l’entend souvent. En cela le libéralisme est un conservatisme et un conformisme économique puisque nous vivons déjà dedans et qu’il représente la norme (et donc le libéralisme macronnien n’a rien de nouveau contrairement à ce que veulent nous faire croire les médias en parlant de M. Macron, sauf que dès qu’on parle de nouveauté, qu’elle soit avérée ou non, le cerveau adore, c’est de la simple chimie). L’article « Libéralisme ou conservatisme… une histoire d’ignorance et de confusion » du blog Hacking Social démontre très bien cette tendance des personnes à se conformer à la pensée de leur époque et donc à maintenir un certain conformisme.

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La Salle du Jeu de Paume, un symbole de la Révolution Française

D’accord mais cela n’explique rien me direz-vous : comment ce conformisme favorable à cette caste politique s’est-il mis en place et comment perdure-t-il ? Par la capacité à une élite bourgeoise à s’être installée au pouvoir et à y être restée. Pour vous expliquer cela, revenons un peu en arrière je vous prie. Jusqu’en 1789. La révolution française qu’on nous vante à l’école comme ayant mis en place un système démocratique grâce à la constitution de 1791 n’en a en fait que l’apparence. Il ne faut en effet pas oublier que la révolution est menée par des bourgeois, pas par le peuple, qui la soutient et qui y a été effectivement encouragé (et d’ailleurs sans qui elle n’aurait pas abouti), mais il n’est en rien l’instigateur du mouvement. Pourquoi par des bourgeois ? Le capitalisme naissant de l’époque souhaite un changement du droit de la propriété pour que les commerces des bourgeois puissent continuer à prospérer sans entrave. En effet, pendant le féodalisme (avant la révolution donc), un seigneur (un aristocrate, qui n’était « aristocrate » que de naissance) était propriétaire de terres simplement pour être né au bon endroit au bon moment et rien ne pouvait le changer. Terres soumises à son joug unique, ce qui représente un obstacle pour les marchands bourgeois dans la quête d’un accroissement de leur enrichissement. Voici comment notre chère révolution est née. Par une lutte de pouvoir, des bourgeois contre les aristocrates. J’aime mieux vous dire qu’ils ont fort bien réussi. En mettant en place ce qu’ils appellent « démocratie », ils ont réussi à leurrer le peuple qui les soutenaient.

Comment cela ? Pourtant « demos » veut bien dire « peuple » et « kratos » signifie « pouvoir » ? En effet, mais le truchement (c’est d’ailleurs bien plus qu’un truchement tellement il éloigne le peuple du pouvoir) est simple, j’ai nommé : les élections de représentants, et plus particulièrement d’un petit nombre de représentants. Alors, vous me direz que lors d’une élection, c’est bien le peuple qui est appelé à voter. Certes, mais à voter pour qui ? Il y a-t-il un des candidats réellement issus du « peuple » (peuple dans le sens où il n’appartiendrait pas à une élite détachée de ce dernier) ? Non, car qui a mis en place le système actuel ? Les bourgeois. Pour pouvoir se présenter ensuite eux-même comme représentants à élire. Voici la preuve que nos chers candidats ne sont pas des prolétaires : les parents de M. Macron n’étaient pas pauvres, loin de là car médecins, il a lui-même gagné une petite fortune chez les Rothschild. Il en est de même pour M. Hamon mais lui a été responsable des affaires publiques chez LMVH, M. Fillon, honnêtement je ne me fatigue même pas (merci Le Canard Enchaîné), Mme Le Pen est née à Neuilly-sur-Seine (banlieue résidentielle chère), a épousé un dirigeant d’entreprise et est montée au sein du FN grâce à son père (d’ailleurs elle joue la carte de l’anti-système depuis bien plus longtemps que M. Macron, cela me ferait bien rire si elle n’était pas si dangereuse). Le seul issu du peuple est Mélenchon, dont les parents étaient respectivement receveur des PTT (postes, télégraphe et téléphone) et institutrice. Il est vrai qu’il gagne désormais bien sa vie, mais on ne peut pas lui enlever qu’il vient du peuple.

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Le mode de vie de nos dirigeants… qu’on leur céderait bien volontiers si seulement nous étions réellement en démocratie

Bref, ils font tous partie de l’élite financière curieusement. Comme choix de représentants pour le peuple je trouve cela très discutable. S’ils étaient réellement « représentatifs », pourquoi n’y a-t-il pas également parmi eux des personnes issus de classes modestes ou moyennes ? Pourquoi se gêneraient-ils à soutenir en premier lieu leurs propres intérêts avant les vôtres ? Vous me direz que cela n’empêche en rien que vous puissiez faire votre choix librement (mais encore une fois, quel choix). Ah oui ? Savez-vous qu’Alexis de Tocqueville, lors de la révolution Française a dit « Le suffrage universel ne me fait pas peur, les gens voteront comme on leur dira ». Et il avait raison. D’où ce conformisme évoqué un peu avant. Si le mécanisme qui a installé cette élite au pouvoir vous intéresse, je vous recommande fortement la vidéo de Demos Kratos. En outre, à qui appartiennent les médias qui influencent constamment votre esprit (de façon plus ou moins consciente et volontaire) ? A ces mêmes bourgeois. Une poignée de grosses fortunes les détiennent quasiment tous :

  • M. Drahi : l’archi-libéral qui a dépêché M. Mourad ancien banquier et ancien patron d’Altice (le groupe média de M. Drahi) pour conseiller M. Macron dans sa campagne.
  • Famille Rothschild : la famille pour laquelle Macron a justement travaillé.
  • M. Bolloré : ami de M. Sarkozy, et ce qui nous intéresse plus ici : ami avec le patron de BNP Paribas, dont l’ancien directeur général de BNP Paribas Asset Management, Christian Dargnat gère désormais la levée de fonds et collecte de dons de M. Macron.
  • Mme Bettencourt : son mari a été sénateur, membre de plusieurs gouvernements ET dirigeant de L’Oréal qu’elle a ensuite repris.
  • M. Niel : soutient fervent de M. Macron.
  • M. Bouygues : ami de M. Sarkozy
  • M. Lagardère : ami très proche de M. Sarkozy, également ami avec M. Bouygues, M. Arnault, (ces deux-là étant dans la présente liste), M. Breton, M. Blair et… M. Strauss Kahn qui, verrait régulièrement M. Macron et dont il partage une bonne partie des idées.
  • M. Bergé : ancien ami de M. Mitterand, a financé le P.S. et soutient aujourd’hui M. Macron
  • M. Arnault : ami de M. Sarkozy (décidément encore lui), dirigeant de LMVH pour qui M. Hamon a travaillé, soutient actuellement M. Macron
  • M. Dassault : sénateur ET chef d’entreprise…

Vous vous rappelez lorsque je parlais de ponts entre le public et privé ? Le monde est petit décidément, enfin en tout cas dans la caste dirigeante. Le détail des médias que possèdent ces personnes est disponible sur Le Monde Diplomatique. Et n’allez pas croire que ce phénomène est récent, l’AFP (Agence France-Presse, oui oui celle qui est censée être neutre) par exemple a été créée par Charles Louis Havas, négociant international et banquier au XIXème siècle. Ainsi, Macron est le représentant parfait du système actuel, système d’élection qui n’est en rien démocratique, mais plutôt ploutocratique, à savoir qui donne le pouvoir aux plus riches.

 

Macron, un candidat surexposé médiatiquement

Tout est dans la communication. C’est grâce à ses amis bien placés dans les médias que M. Macron a profité d’une surexposition médiatique tout bonnement incroyable. Pour le prouver, rien de plus simple : dans les titres du Monde, de l’Express, de l’Obs et de Libération les articles évoquant le candidat entre janvier 2015 et janvier 2017 sont plus de 8000, contre 7400 pour l’ensemble de ses concurrents de gauche réunis ! (Mélenchon, Hamon, Montebourg ; ce dernier n’est effectivement plus dans la course, mais cette étude a débuté en 2015). Depuis sa nomination à Bercy il y a deux ans et demi maintenant, il a fait la Une de L’Express, de Marianne, du Point, et de L’Obs deux fois. Vous n’avez pas mangé assez de Macron ? Pas grave, la presse people se charge d’achever votre gavage : il est apparu cinq fois en Une de VSD entre son arrivée au gouvernement et août 2016 (et l’eau a coulé sous les ponts depuis, il a probablement fait d’autres Unes, mais je ne peux pas non plus faire une liste exhaustive), il a fait plusieurs fois celle de Closer sur cette même période et deux fois celle de Paris Match en 2014. Encore ? Allez, je vais être bon prince : les Unes qui lui sont consacrées sont parmi les meilleures ventes !

Le jour où Macron a officialisé sa candidature, France 2 lui a consacré 2/3 de son JT. Rien que ça. Et sur TF1 encore mieux, on lui a donné la parole pour 17 minutes. Qu’on lui donne la parole c’est bien normal, au contraire. Mais 17 minutes, alors que le JT de TF1 ne dure que 36 minutes, ça commence à faire beaucoup, non ?

Il est surexposé mais également hautement valorisé (démarche quantitative mais aussi qualitative donc), et pour ce faire, les médias s’en sont donnés à cœur joie :

« Entre courage et imagination, il incarne la modernité » L’Express (la modernité avec des recettes vieilles de plusieurs décennies ?)

« Emmanuel Macron apporte un air de renouveau dans la campagne présidentielle » LCI (le libéralisme c’est nouveau ?)

« L’iconoclaste Macron » BFMTV (pourquoi pas le révolutionnaire ? Ah, que dis-je, c’est déjà pris)

« Macron enfin candidat ! » France Inter (bonjour l’objectivité)

«  »L’espérance », « l’anti-système », la « révolution démocratique »…L’ancien ministre de l’économie de François Hollande a enfin officialisé sa candidature à Bobigny ». L’Obs (en voilà qui n’ont pas mâché leurs mots)

Et ceci n’est que la partie émergée de l’iceberg bien sûr. Une recherche sur internet vous permettra de compléter le tableau.

 

Des sondages pour conforter sa position

Le résultat de tout cela ? Il annonce officiellement qu’il est candidat en novembre 2016 et déjà il est à 15 % d’intentions de votes, alors que, rappelons-le, il y a 5 ans, personne ne le connaissait. Étrange ? Pas tant que cela. Et comme ce n’est jamais assez, il est aujourd’hui crédité de 23 % des intentions de votes.

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Sondage au 1er février 2017 (vous remarquerez que bien des journaux ne mentionnent même plus les « petits candidats » contrairement à ici)

Et le pire, pour parfaire un système déjà complètement biaisé (pour ne pas dire que l’élite politique triche complètement) : les sondages l’aident. Comment ? Parce qu’il a été prouvé, non pas que les sondages modifient complètement l’opinion des gens (encore heureux), mais qu’ils influencent les indécis et ceux qui ont perdu leurs repères idéologiques, les désabusés de la politique (ce qui n’est pas beaucoup moins dangereux).

Il y a deux mécanismes qui expliquent l’influence des sondages sur l’opinion. D’une part le fait que les indécis, vont choisir de donner leur voix au candidat qui a le plus de chances d’être élu (dans la mesure où il est suffisamment proche de leurs idées, bien entendu). D’autre part il y a ce qu’on appelle en psychologie le conformisme (déjà vu avant, mais je vous fournis ici son explication) : c’est la tendance à se conformer aux usages, à accepter les manières de penser ou d’agir du plus grand nombre, les normes sociales. Plus particulièrement on observe grâce aux sondages un effet hit parade (qui est un des effets visibles du conformisme) : on se tourne naturellement vers le candidat qui a le meilleur score, en dehors de toute considération sur ses compétences (attention je ne dis pas que le conformisme est le seul facteur qui va pousser à voter pour un tel ou un autre, mais cela a une forte influence, et je rappelle que nous évoquons ici les indécis). Horizon Gull vous explique cela mieux que moi dans sa vidéo. Et là en revanche c’est nettement plus dangereux. De cette façon, les indécis voyant les résultats de sondage, vont avoir tendance pour une bonne partie d’entre eux à voter comme la majorité du groupe, c’est à dire pour Macron qui est donné deuxième au premier tour et gagnant au second. Pourquoi ? Parce que notre cerveau imagine spontanément que si le groupe constitué du plus grand nombre a pris une décision, c’est qu’il a de bonnes raisons de le faire. D’ailleurs, si vous regardez votre quotidien, vous verrez le conformisme partout, dans les mouvements de foules par exemple (à un concert, dans les transport, à un événement sportif…).

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Regardez comment le lever de main s’empare de la foule

Mais ce n’est pas tout : M. Macron, ou du moins ses conseillers, connaissent bien ces mécanismes psychologiques et se sont donc jetés dans la brèche pour les exploiter. En effet, M. Macron en se positionnant comme « ni gauche, ni droite » se place de façon parfaite pour capter les indécis de la gauche et de la droite dans la mesure où ils sont suffisamment proches du centre (il ratisse certes large, mais pas non plus jusqu’aux extrêmes). De même, M. Macron a tout à fait compris comment séduire les « désabusés » qui sont, comme nous l’avons vu plus haut, également plus sensibles aux sondages. En effet une personne qui a perdu ses repères idéologiques, qui a l’impression « qu’ils sont tous les mêmes » va plus volontiers voter pour un candidat qui se présente comme « rebelle » et « révolutionnaire », ce qui suppose qu’il va changer le système, qu’il est réellement différent des autres.

 

 

Ce qu’il représente, dans tous les cas, nous l’avons vu, ce n’est pas le « renouveau » et encore moins la « révolution » : c’est un digne héritier de la caste bourgeoise dirigeante, parangon de la « démocratie » qui est en réalité une ploutocratie (où le pouvoir est à ceux qui ont l’argent) où l’on fait croire aux électeurs qu’ils ont toujours le pouvoir, tout en guidant leur vote grâce aux médias et notamment à leurs sondages. On peut moquer les soixante-huitards autant qu’on veut, il n’empêche qu’ils avaient raison avec leur slogan « élections, piège à cons ». Le côté rebelle de Macron est en fait feint, ce n’est qu’une simple posture, c’est un positionnement marketing, mais il n’y a rien de vrai et sincère dans son attitude. M. Macron n’est pas anti-système, il est le système. 

 

Que signifie être « réaliste » de nos jours ?

Ce mot n’a certainement plus grand chose à voir avec son sens d’origine, et c’est pourquoi je ne me classe pas comme réaliste mais comme idéaliste. Et non je ne suis pas utopiste ou toujours dans la lune.

Non, j’ose simplement rêver d’un monde meilleur. Comme tout un chacun. Mais sans fatalisme. D’ailleurs pour moi l’idéalisme n’est pas à opposer au réalisme mais bien au fatalisme et je vais vous expliquer pourquoi.

Un problème de sémantique

Le problème est là : on a complètement détourné le mot « réalisme » de son véritable sens. En effet, le réalisme originellement fait référence au fait de décrire une situation de façon la proche possible de ce qu’elle est vraiment, en essayant de tendre à l’objectivité.

Désormais on utilise ce mot à très mauvais escient pour caractériser et même (et c’est tout le problème) justifier une attitude passive et fataliste. En effet, « être réaliste » de nos jours cela englobe effectivement de décrire la situation telle qu’elle est (et encore….), mais aussi et malheureusement l’idée que rien ne peut être fait pour la changer. Dès qu’une initiative surgit, dès qu’un projet est proposé on crie à la naïveté de ses initiateurs, prétextant une situation inchangeable par ce projet, prétextant qu’il n’est pas du tout adapté ou réaliste.

Ainsi, en ayant détourné le mot de son sens, les « réalistes » parviennent à tourner la situation à leur avantage, se donnant de cette façon des airs de sérieux. En effet, quoi de mieux pour être crédible, que de faire partie de ceux qu’on surnomme « réalistes » ? Quoi de plus efficace ? Bien sûr, il faut gratter le vernis pour voir ce qu’il y a dessous, mais avec un tel (abus de) vocabulaire pour se définir, qui va le faire ? De même, les partisans du « réalisme » parviennent par ce tour de passe-passe à faire passer les idéalistes pour des gens qui planent complètement, des naïfs, des amateurs, des utopistes, etc, le vocabulaire ne manque pas lorsqu’il s’agit d’accabler et tourner en ridicule ceux qui proposent un réel changement.

Du réalisme au fatalisme

Nous convenons tous qu’il faut être réaliste, mais vu comment (nous venons de le voir) ce mot est travesti et galvaudé, il vaut mieux s’en méfier comme de la peste noire ! En tout cas c’est que je fais désormais. Malheureusement on voit ou entend ce mot partout : dans les journaux, à la télé, sur les médias sociaux, en pleine discussion avec les amis ou la famille. Vous connaissez forcément quelqu’un de votre entourage qui vous a fait le coup.

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Mais en quoi est-il détourné ? En quoi est-il devenu du fatalisme ? C’est assez simple. Les gens usant et abusant de ce mot font souvent référence à l’état de fait. L’état de fait, est un état des choses, du monde, de la société tel qu’ils sont actuellement. C’est une réalité matérielle incontestable. Bon déjà, il y a un premier biais, mais celui-ci nous ne pouvons le leur reprocher, car nous y faisons tous face : la description d’un état de fait est forcément sujette à la subjectivité du sujet qui l’énonce. Mais mettons que nous trouvions un consensus objectif (je sais, ce n’est pas parce que c’est un consensus que c’est objectif, mais là on déborde complètement sur un autre sujet) sur la description de cet état de fait.

Par exemple, il y a consensus ou presque, sur le changement climatique. D’ailleurs, qui serait bien assez bête pour dire qu’il ne passe rien ? (bon si, en fait il y en a qui vont vous dire que c’est un cycle naturel, sauf que c’est pas si simple : un cycle de réchauffement naturel mets 20 000 ans, tandis que là, dans 20 ans on est cuits, c’est le cas de le dire). Et pourtant, malgré cet accord sur l’état de fait, la plupart des politiques tiendront des discours de ce style : « il faut être réaliste voyons, la sortie du nucléaire est impossible, ce n’est simplement pas réaliste » (oui je sais, je pique où ça fait mal).

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Effectivement, à l’heure actuelle, nous avons majoritairement recours au nucléaire pour nos besoins énergétiques en France, et même dans le cas où nous voudrions en sortir, nous sommes bons pour encore au moins 20 ans, le temps de faire la transition et tout démanteler. Faits incontestables donc, mais par une tautologie foireuse et je dirais même une prophétie auto-réalisatrice, on nous annonce qu’il ne faut rien changer ou presque, « car ce n’est pas réaliste ». Bon, vous irez dire cela à vos enfants lorsque l’air sera devenu totalement irrespirable, la nourriture totalement infestée de pesticides, les eaux totalement polluées, et le sol plein de déchets nucléaires. A moins que Fessenheim ne leur ait explosé à la gueule avant, leur épargnant de ce fait ces souffrances. Mais vous ne réalisez donc pas que le raisonnement ne tient pas du tout la route ? Je ne suis pas là pour donner des cours de rhétorique mais c’est tout de même énorme ! En exagérant à peine j’en abouti à cela : la situation est ainsi, donc elle ne peut que le rester. J’exagère ? Pourtant M. Fillon (pour ne citer que lui) a bien dit vouloir poursuivre le nucléaire pendant au moins 40 ans. Il veut donc poursuivre, ne rien changer.

Ainsi, l’état de fait prend le pas sur la volonté, c’est l’état de fait qui détermine nos actions si on suit le discours de ces personnes. Sauf qu’en l’occurrence, où est l’action ? Nul part, puisqu’il s’agit là au grand contraire de la passivité la plus féroce ! Donc, sous couvert de « réalisme » on veut en réalité maintenir le statu quo, une attitude fataliste face aux problèmes. Bien sûr, si on gratte un peu, on sait que M. Fillon n’est pas con (encore que, vu les news en ce moment… bref vous savez ce dont il retourne), il veut juste faire plaisir à ses amis patrons et refiler la patate chaude au prochain président. Mais le discours demeure, et puisqu’il a l’air sérieux, les gens voteront pour lui ! Notez que j’aurais pu par exemple tout aussi bien parler d’austérité budgétaire : le « réalisme » sert à faire passer crème nos sacrifices pour que les banques privées puissent continuer à voler l’argent de l’Etat, donc le nôtre (la dette  de l’Etat auprès des banques est énorme et constituée principalement de l’intérêt dû, chose absurde). Ou encore j’aurais pu parler de M. Macron que bon nombre pensent être réaliste par rapport aux « rêveurs » de la vraie gauche, mais encore une fois, cela permet de justifier tout et n’importe quoi, enfin surtout n’importe quoi car M. Macron n’incarne en rien un changement puisqu’il est libéral et que le libéralisme on nage dedans depuis des décennies et on a bien vu ce que cela donnait. Je développe cela dans mes articles « Macron, piège à cons ? 1/2 » et 2/2.

Ne vous faites pas avoir !

Alors il est vrai que l’état de fait a une incidence sur nos actions à venir et projets, point n’est mon intention de le réfuter. Et non je n’ai pas dit exactement l’inverse juste avant, tout est question de nuance : j’ai dit que l’état de fait ne détermine pas les projets, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas tenir compte de l’état de fait pour adapter les projets, c’est en cela que l’état de fait influence les projets. Mais c’est au final le problème de la poule et de l’œuf. Car un projet aussi, lorsqu’il est mis en application a une incidence sur la réalité, sur l’état de fait. Mais nier la première partie du raisonnement, ou plutôt la simplifier et aplatir un projet devant « l’état de fait » pour justifier le fatalisme et le statu quo, c’est une procédure des plus malhonnêtes ! Alors la prochaine fois que vous entendrez un truand politicien vous demander d’être réaliste, pensez-y à deux fois : ne le laissez pas dire à votre place ce qui est « réaliste » et demandez-vous si ses propositions constituent un réel changement ou non 😉 

Soyer réalistes : demandez l’impossible. Che Guevara

Pourquoi et comment je me mets au naturel

La récente fusion des géants du poison de Monsanto et Bayer a fait couler de l’encre noire, voir très noire, et pour cause : l’un distribue les produits chimiques utilisés pour les plantations, l’autre les médicaments qui guérissent les maladies créées par le premier. C’est un peu grossir le trait, mais personne viendra pourtant affirmer l’inverse, je vous renvoie au documentaire « The true cost », où nous voyons les conséquences désastreuses des pesticides sur la population locale indienne qui crève en silence de diverses maladies.

Le point commun de ces deux entreprises ? Elles vous proposent des “solutions” toxiques qui sont tout sauf naturelles. Ainsi, moi comme de nombreuses personnes choisissent d’en revenir au naturel.

Eh non le naturel, ce n’est pas que le bio ! Eh non ce n’est pas non plus forcément aller vivre dans la cambrousse façon Into the Wild, encore que ça me tenterait bien de faire ça quelque temps un de ces 4.

Le naturel ça veut dire quoi déjà ? Je pense que la notion s’explique par elle-même en fait. Mais mon article n’est pas nécessairement axé écologie, l’idée en fait est de vous faire découvrir un mode de vie plus sain, plus naturel justement, un certain retour à la Terre et aux choses simples, mais néanmoins efficaces.

 

Pourquoi ?

Il y a 2 raisons principales à cela :

Pour ma santé :

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La nocivité de certains produits (cosmétiques, alimentaires, vestimentaires) n’est plus à prouver, pourtant ils sont toujours sur le marché ! Entre les études des différentes associations notamment les associations de consommateurs, nous avons suffisamment d’informations pour étayer cette affirmation. Ce n’est pas une simple théorie comme aimeraient à le faire croire les puissants lobbies des grand groupes industriels (tels que Nestlé, Mars, Mondelez, Kraft, Monsanto, Johnson & Johnson, Sanofi, Bayer, Procter & Gamble ou Unilever). D’ailleurs l’Europe dans ses heures de “gloire” (je veux dire par-là les fois où nos chers fonctionnaires européens ne se sont pas laissés corrompre) a tout de même interdit certains produits en raison de leur nocivité pour la santé comme les NPE dans les vêtemens (éthoxylates de nonylphénol, c’est un élément toxique et un perturbateur endocrinien). Généralement les effets des produits vont de la simple irritation aux perturbations endocriniennes et aux cancers. Ce n’est donc pas un sujet à prendre à la légère, et c’est pour cette raison que je me suis mis au vert et souhaite vous partager cette information.

Pour l’environnement :

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Toujours en raison de leur nocivité, les produits d’hygiène, les produits ménagers, les pesticides (utilisés à outrance en Union Européenne vu que les OGM sont interdits, enfin rien ne dit d’ailleurs que si les OGM sont autorisés cela va changer… la preuve aux Etats-Unis), les aliments (et donc les pesticides aussi dans le cas du non-bio), les vêtements sont loin d’être neutres pour notre planète. Mais pour en savoir davantage sur ces effets négatifs, je vous renvoie à mon article sur les conseils de protection de l’environnement. Savez-vous que 93% (oui vous avez bien lu) des fleuves et rivières en France sont pollués par les pesticides ? Je n’irai pas m’y baigner… Quant aux OGM, on peut ne pas voir le problème, mais il réside en cela : quid de la biodiversité ? Et comment faisait le monde avant ? Il se débrouillait. Alors on nous prétexte l’élévation du rendement, afin de nourrir plus de bouches (en réalité c’est évidemment une question d’argent, les multinationales ne sont pas devenues philanthropes) quand bien même la production alimentaire suffirait largement à nourrir la planète entière si elle était bien répartie. Encore autre chose : les éléments toxiques de vos produits d’hygiène et de soin, où vont-ils ? Dans les rivières. L’eau épurée dans les centrales prévues à cet effet ne l’est qu’à 90%. Certes c’est déjà bien, mais 10% de matière non organique dans les rivières (donc d’origine chimique) je trouve cela tout de même bien dégoûtant.  

 

Et jusqu’à preuve du contraire le naturel n’est pas nocif pour la santé lorsqu’il est bien utilisé et il ne l’est jamais pour l’environnement. Puis j’ai envie de dire, le naturel paraît plus naturel à utiliser au final, non pas que je rejette tout ce qui est artificiel (je me vois mal me séparer de mon ordinateur ou mon téléphone), mais aller dans cette direction me paraît une bonne chose, au-delà des arguments rationnels exposés ci-dessus, cela paraît simplement être du bon sens.

 

Comment ?

Cela recouvre pas mal de choses en fait :

Les médicaments :

Je ne prends quasiment plus jamais de médicaments (j’ai aussi la chance de n’être presque jamais malade), les seules exceptions sont lorsque j’ai un mal de crâne énorme et que j’ai passé la journée à essayer des solutions naturelles justement et que ça n’a pas assez bien marché (eh oui cela arrive parfois, rien n’est parfait). Néanmoins, il y a un produit Sri Lankais issu de la médecine ayurvédique qui s’appelle le Samahan et qui est d’une efficacité redoutable : un maux de tête ? Hop, c’est terminé ! Problème de digestion ? Fini ! Un coup de froid ? On n’en parle plus ! Un vrai miracle. C’est industriel, certes, mais fait de plantes et épices uniquement. Pas de produit de synthèse ou d’additifs bizarres qui ne font que s’attaquer aux symptômes et non à la source. Sinon il y a toujours les remèdes de grand-mère comme les inhalations avec des huiles essentielles ou des épices, les douches froides ou chaudes (en fonction de la situation), les décoctions ou infusions avec des huiles essentiels ou des épices.

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Personnellement je prends tous les jours une décoction à base de citron, gingembre et curcuma, c’est excellent pour le corps car cela renforce le système immunitaire et lutte contre le rhum, les maux de gorges, les allergies saisonnières, les nausées, l’indigestion, les douleurs ou spasmes, la fatigue etc. Sinon j’ai récemment testé le poivre de cayenne contre le mal de tête, en l’appliquant directement dans le nez (cela permet de faire effet quasi immédiatement). Ça pique (d’ailleurs dosez tranquillement, sinon bonjour les saignements), mais ça marche du tonnerre. En 5 minutes j’étais guéri. L’huile essentiel de menthe poivrée en massage sur les tempes ou le front marche super bien aussi contre la fièvre, j’ai essayé le weekend dernier. Enfin dernière pratique : je bois du thé vert tous les jours. Il brûle les graisses, lutte contre les maladies chroniques comme le cancer, le diabète ou l’arthrite, et ralentit le vieillissement de la peau grâce à ses effets anti-oxydants 25 à 100 plus puissants que la vitamine C ou E.

La nourriture :

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J’essaie d’éviter les aliments transformés, et cela ne recouvre pas que les plats préparés. Les aliments transformés ce sont ceux qui ne sont plus à leur état naturel, qui ont subi une transformation qui va du simple épluchage à l’ajout d’additifs (vous savez ceux qui commencent par E) pour épaissir, ou acidifier par exemple. Alors il m’arrive de pécher environ une fois par semaine en m’achetant une pizza (parce que oui la faire soi-même ça prend du temps, le temps que la pâte lève). Mais sinon, je m’en tiens au minimum : lait de soja français (donc sans OGM), quelques gâteaux, du chocolat, des yaourts au soja (français toujours), du fromage, du houmous et du pain complet. Mais j’ai dit adieu aux plats préparés, aux conserves, et tous les autres aliments trop éloignés de leur état brut. Pour un éclairage plus précis, je vous conseille entre autres cet article sur Atlantico.

Les produits ménagers et d’hygiène :

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Soit j’achète que des produits naturels (donc aucun produit chimique et souvent toxique d’ailleurs), soit je les fabrique moi-même à base de produits naturels. Je donne plus de détails dans mon article sur les conseils pour protéger la planète.

Les vêtements :

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Je boycotte H&M et compagnie depuis quelques mois maintenant, et fais des efforts pour laisser une empreinte la moins négative possible sur notre bonne vieille Terre. Déjà cela commence par réduire drastiquement mes achats, au lieu de 1 à 2 fois par mois, c’est devenu plutôt 1 à 2 fois tous les 6 mois, et au lieu de 3 ou 4 nouvelles fringues, c’est juste une ou deux maximum. Les marques qui proposent du coton bio sont de plus en plus nombreuses. On peut compter parmi elles, Ekyog (femme), Somewhere ou Komodo par exemple, et pour le sport en plein air, la marque la plus engagée que j’ai trouvée est Vaude (après tout cela paraît logique d’être habillé plus “naturel” en étant en pleine nature – je mets entre guillemets car cela reste en grande partie synthétique, mais sans PFC ou autres). La plupart de ces marques coûtent plus cher que H&M j’en ai bien conscience, mais l’excuse du prix est en fait fausse. Démonstration : t-shirt H&M basic tous les 2 mois, prix 10€. Cela fait 60€ par an. T-shirt Komodo basic tous les ans, prix 60€, cela fait aussi 60€ par an. Et vous le garderez bien plus longtemps que votre t-shirt H&M croyez-moi. Seul inconvénient “réel” si je puis dire : il va falloir réfléchir avant d’acheter car c’est sûr que 60€ d’un coup, ça reste plus que 10€ d’un coup. Mais bon, ça peut pas faire de mal, non ?

 

Alors vous passez quand au naturel ? Pour peu que vous soyiez un peu curieux et aimiez chercher l’information (je vous ai déjà donné des pistes, c’est un début), ce n’est pas si compliqué et c’est on ne peut plus sain, et pour vous et pour la planète ! Vous ne vous en sentirez que mieux physiquement et mentalement.

 

Ce qui est naturel n’est jamais disgrâcieux. Louis Fortin

Consommer rend-il heureux ?

Vous êtes-vous jamais posé la question ? Moi oui, et de plus en plus. C’est une chose assez récente, et ça ne vient pas automatiquement. Mais alors absolument pas ! Devinez pourquoi ? Parce qu’on nous en empêche. Ok, formulée comme ma phrase l’est, vous pensez que je vais bientôt vous sortir une théorie du complot en bonne et due forme. Non non. Ce que je veux simplement dire c’est que la société nous formate tellement bien l’esprit, qu’il est dur de prendre le recul nécessaire et de se poser enfin la bonne question : consommer rend-il heureux ? 

Remise en contexte

C’est à mon avis une des questions essentielles au 21ème siècle. Parce que la première moitié du 20ème siècle a vu naître une génération qui a vécu dans l’opulence, a eu la “chance” de vivre les trente glorieuses, d’avoir un niveau de vie qui a monté en flèche, de pouvoir être propriétaire aisément, s’équiper, s’habiller, aller au resto, voyager, enfin tout tout tout quoi. Consommer, consommer encore et toujours. Et on ne peut pas leur en vouloir, car déjà qui est-on pour juger ? Et puis après la guerre, cela leur a très probablement servi de repère, d’oasis, tout devait paraître si simple. Mais au lieu de partir sur un autre système, sur une autre idée de la société, ils ont choisi celui là, celui de la consommation. Consommation donc qui est censé rendre heureux. Mais est-ce vraiment le cas ?

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Les publicités à outrance nous le font penser. On a beau être la personne la plus détachée et réfléchie qui soit, on est forcément touché par celles-ci, cela s’incruste malgré nous dans notre cerveau.

Pour réduire l’humanité en esclavage, la publicité a choisi le profil bas, la souplesse, la persuasion. Frédéric Beigbeder

La publicité nous fait constamment miroiter des moments de bonheur, et à force de nous le répéter, on finit par y croire. C’est d’ailleurs en partie pour cela que je n’ai pas de télévision chez moi et j’en suis très heureux. Non seulement on nous impose un programme (par ailleurs assez pourri, il faut le dire), mais en plus on “paie” à travers toutes ces pubs qui nous abrutissent. Bien sûr la télévision n’est pas le seul moyen de diffusion de publicité, malheureusement pour moi. A travers celles-ci on nous fait gentiment croire que le produit ou service vanté va régler le moindre de nos problèmes (allant jusqu’à nous inventer des problèmes parfois : ah bah oui faut bien qu’ils vendent hein), vous rendre plus heureux et ainsi de suite.

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Publicités à Times Square, NYC

Et on est tellement envahis, que même si vous ne me suivrez pas sur mon opinion totalement, vous devez bien l’avouer : on se passerait volontiers de la moitié des pubs auxquels nous sommes exposées. 

 

Et la réponse à la question ? 

Maintenant il s’agit de répondre à la question posée. Consommer rend-il heureux ? J’ai un peu envie de vous faire une réponse de Normand : p’tet’ ben que oui, p’tet’ ben que non. Ou formulé de façon plus littéraire : oui et non.

 

Oui cela rend plus heureux. Bien sûr que je suis heureux d’aller faire du shopping dans les rues commerçantes de Vienne, Genève ou Paris ! Bien sûr que ça m’excite de m’acheter le dernier téléphone à la mode (et hors de prix). Bien sûr que de façon générale j’aime flâner dans les boutiques, “au cas où” quelque chose me plairait. On sait jamais que j’ai soudainement une envie. Il est vrai que se projeter en train de se faire plaisir, participe également au bonheur. Acheter c’est aussi récompenser le cerveau pour avoir patienté jusqu’à ce que le prochain salaire tombe, acheter c’est un plaisir simple et rapide. Que demander de plus ?

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Oui mais voilà : le problème il est justement là lorsqu’on flâne dans les boutiques et qu’on se dit “on ne sait jamais”. Comment ça on sait jamais ? Alors je n’ai besoin de rien, mais je me dis qu’aller dépenser de l’argent sans réelle raison est une bonne idée ? Et puis n’y a-t-il pas la plus petite chance que cela finisse dans un tiroir au bout de quelques mois et ce pour y rester jusqu’au prochain déménagement ? Et combien de temps dure ce plaisir ? Est-ce un plaisir si intense ? Réfléchissez-y bien. Vous verrez qu’on vous a un peu sur-vendu le truc.

L’avantage avec la nouveauté, c’est qu’elle ne reste jamais neuve. Il y a toujours une nouvelle nouveauté pour faire vieillir la précédente. Frédéric Beigbeder

En essayant d’être entièrement honnête avec vous même, vous viendrez à réaliser que le moment où vous avez finalement été le plus heureux c’est au moment de l’achat. Puis après ce pic, la courbe du bonheur ne va faire que chuter. Elle sera encore haute lorsque vous essayerez/installerez/utiliserez votre achat pour la première fois, vous en serez fier. Puis peu à peu vous oublierez. Lentement certes, mais sûrement. Jusqu’à n’en tirer plus aucun bénéfice en particulier. Parce que ce n’est plus nouveau et que ça n’a résolu aucun problème (ah tiens ?). On adore la nouveauté, on nous donne toujours envie de renouveler nos habits, notre téléviseur, notre voiture etc (pourtant l’ancien(ne) est encore en très bon état). Et c’est là que ça pose problème. On oublie que le véritable bonheur ne dépend pas d’un objet extérieur mais de soi. Alors bien sûr un objet peut procurer du plaisir. Mais sans un état d’esprit intérieur adapté, sans une véritable force intérieure capable de rendre heureux indépendamment du reste, cela n’a aucun intérêt. Cela peut paraître radical, mais regardez bien : combien de fois avez vous fait du shopping, êtes allés au cinéma, êtes allés boire un verre, êtes partis en vacances, avez acheté un objet à la mode pour “guérir” une insatisfaction intérieure ? Et combien de fois cela a-t-il vraiment aidé ? Je suis désolé, mais non consommer ne vous débarrassera pas de vos problèmes, consommer ne vous rendra pas heureux. Consommer va vous fatiguer, vous appauvrir (si si, regardez votre compte bancaire après cet après-midi au centre commercial). Vous aurez échangé du temps et de l’argent contre un bonheur éphémère. Est-ce que ça en vaut la peine ?

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L’abus de biens et de consommation est un fardeau qui rétrécit l’existence. L’absence d’encombrement procure de l’espace pour penser, et sans doute même pour comprendre. John Pawson

 

Alors, consommer ou non ?

Au final, je ne pense pas qu’on puisse dire que consommer rende particulièrement heureux. Alors oui le moment de l’achat est généralement assez excitant, au début vous serez heureux de profiter de votre nouvel achat. Mais le plus important est de savoir faire preuve du détachement nécessaire pour comprendre que ce n’est qu’un élément parmi d’autres (que sont le voyage, le temps passé avec les amis et la famille pour mon cas), que cela peut procurer du plaisir, mais que c’est souvent bien éphémère et que ça ne résoudra pas vos problèmes. Car ce qui compte d’abord et avant tout c’est d’être et de vivre. Vivre le moment présent et ne pas s’effacer dans des “moments” de consommation dont la société (les publicités) nous renvoient une image bien trop vendeuse et exagérément avantageuse. Vous l’aurez peut-être remarqué, la société place souvent le verbe avoir avant le verbe être, tout en nous faisant passer l’avoir pour du être. Quel mensonge. Et pourtant à l’école ou dans votre famille, on vous a appris que être est plus important qu’avoir. En votre for intérieur d’ailleurs aussi vous le savez qu’être est plus important. Mais le signal est tellement submergé par ces autres signaux qu’on a construit autour qu’on ne l’écoute plus. Il est temps de se réveiller.

Il est temps de se réveiller et mieux consommer. Moins et mieux. On s’est tellement habitué à plus consommer, on est tellement obsédés par la quantité (toujours plus, toujours la dernière nouveauté), qu’on en a oublié la qualité. Dit comme ça, cela parait évident que la qualité est plus importante, comme pour beaucoup de choses. Et pourtant à en juger par nos comportements, c’est loin d’être le cas. Il faut réaliser que sans être déjà heureux intérieurement, et sans un détachement vis à vis de vos actes de consommation, vous n’en tirerez pas autant qu’espéré. Multiplier les achats n’arrangera rien. Alors, ne pensez-vous pas que vous pourriez un peu changer vos comportements ?

La publicité est à la consommation ce que l’érotisme est à l’amour. Le plaisir ne suit pas toujours… Philippe Bouvard

 

Pour aller plus loin

P.S. : pour approfondir le sujet s’il vous intéresse, je vous recommande fortement :

  • le livre de Frédéric Beigbeder : « 99 Francs » pour plonger dans le monde publicitaire et ses affres. Il y a aussi bien sûr le film du même nom.
  • le livre de Frédéric Mars : « Comment j’ai arrêté de CONsommer » qui suit le parcours initiatique de quelqu’un qui fait le choix d’arrêter de consommer sans réfléchir.

Pourquoi je suis devenu végétarien

L’actualité récente concernant le traitement des animaux n’est à mon avis pas tombée dans l’oreille de sourds. Et pourtant, en écrivant ces lignes, je ne cherche pas à faire écho à l’actualité concernant les abattoirs et autres lieux de barbarie. J’ai d’ailleurs commencé la rédaction de cet article avant que cela n’arrive dans la presse. Car de toute façon, ce n’est pas parce que les médias réagissent seulement maintenant que le problème n’existait pas avant ou n’existera pas après. Dans tous les cas, cela n’a pas dû vous laisser indifférent, alors pourquoi pas un éclairage sur la vie d’un végétarien ? C’est une espèce certes de plus en plus répandu, mais encore largement minoritaire.

D’abord dites vous bien que ce n’est pas un choix anodin, je ne me suis pas levé un jour  en me disant « eh tiens, si j’arrêtais de bouffer de la viande ? ». C’est un choix mûri, ça ne se décide pas sur un coup de tête. Et même si ça se décidait sur un coup de tête, ce serait de toute façon une très mauvaise idée, car sans préparation psychologique, c’est le meilleur moyen d’échouer et de revenir à un statut omnivore, voir plus radicalement très carnivore au bout de quelques semaines ou mois. C’est aussi pour cette raison qu’il faut y aller peu à peu et être sûr de son choix. Mais la question reste la même : comment et pourquoi en suis-je arrivé là ?

 

~ Comment ça a commencé ~


Tout a commencé (comme de nombreux changements qui sont intervenus dans ma vie, vous le verrez) en Asie. C’est la première fois que j’étais initié à l’idée de ne pas tuer d’animal. C’était un beau jour de ballade en charrette à Bagan (Myanmar), le charretier me faisait la conversation, et a notamment évoqué de nombreux aspects du Bouddhisme, dont un qui m’a paru alors très intéressant : le fait de ne pas avoir le droit de tuer ni humain, ni animal. Du moins, ne pas en avoir la volonté. C’est-à-dire qu’il est interdit de tuer un bœuf pour en consommer. En revanche, si vous marchez sans le faire exprès sur des fourmis, votre âme est alors sauve. On retrouve d’ailleurs si vous y songez, ces mêmes principes dans le droit : un acte volontaire est toujours plus fortement sanctionné qu’un acte involontaire, comme par exemple l’homicide justement. Sauf que dans le cas du droit romain en tout cas, les animaux ne sont pas concernés pour autant que je sache.
Ensuite, j’ai régulièrement été exposé à ce genre d’idées à travers mes lectures en ligne, et un jour, deuxième élément qui m’a mis sur la voie je pense : j’ai visionné une vidéo d’un moine Bouddhiste Français (il s’agit de Matthieu Ricard). Il évoquait principalement les raisons pour lesquelles il était végétarien et il se trouve que j’étais assez réceptifs à ses idées.  Il faut en effet être prêt à recevoir ce genre d’idée pour que cela soit un élément déclencheur. Car la plupart des gens se diront : « il a raison, c’est vrai, MAIS ». Ce fameux « mais » qui nous empêche de faire tant de choses.

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Matthieu Ricard, moine Bouddhiste et fervent défenseur des droits des animaux. Photo © Charles Platiau / Agence Reuters

~ Et là, ça fait « clic » ~

 

Bref, il a simplement expliqué que les animaux tués pour la consommation de leur chair souffraient tout autant qu’un être humain le pourrait. Que ce n’est pas parce que c’est un animal qu’il ne ressent rien. Il n’a certes pas le degré de conscience développé d’un être humain mais il souffre. Il sent la douleur. Tout autant que vous quand vous vous êtes coupés un doigt en faisant la cuisine ou cassé une jambe lors d’un accident de scooter. Aucune révélation donc, mais une évidence que l’on veut trop souvent nier ou minimiser car ça nous arrange bien. Restons dans notre zone de confort, privilégions le statut quo, sinon Dieu sait ce qu’il pourrait arriver ! 

Car je suis convaincu que nous sommes appelés à mieux, qu’il est du devoir de l’espèce humaine de s’élever.

J’aimerais ajouter un argument supplémentaire à celui de la souffrance animale, car si vous êtes un peu informés en biologie, vous saurez alors que les insectes ne ressentent pas la souffrance par exemple (c’est pour ça que quand on était gamins et qu’on « s’amusait » à arracher les pâtes d’une mouche ou autre, elle continuait sa petite bonhomme de vie sans ciller). Il est pour moi dur de concevoir que sous prétexte d’être l’espèce « supérieure » (j’insiste sur les guillemets) nous avons le droit de vie et de mort sur les autres espèces. D’où se permet-on ce jugement ? Alors oui nous avons une certaine maîtrise sur notre environnement, (et encore me direz vous, mais c’est un autre sujet), et nous avons un degré de conscience plus élevé jusqu’à preuve du contraire. Mais cela justifie-t-il de tuer ? Ce degré de conscience supérieur nous permet de réaliser que nous avons justement une conscience supérieure, et ainsi de prendre du recul et de ne pas nous enfermer dans une logique animalière. Cela nous permet de faire mieux que ce que nous faisons actuellement, car je suis convaincu que nous sommes appelés à mieux, qu’il est du devoir de l’espèce humaine de s’élever.

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~ Pourquoi c’est quand même difficile ~



Il est néanmoins difficile de renoncer à la viande et au poisson. Car pour moi aussi cela a été dur au début, il ne faut pas croire. La consommation de viande est en effet inscrite dans notre culture. Par opposition à ce qui nous vient de la nature. Ce qui est culture est inculqué par notre environnement, tandis que ce qui est nature est intrinsèque, génétique. Donc rien d’inné à la consommation carnivore. Songez-y, les hommes préhistoriques prenaient ce qu’ils trouvaient. Et ils n’avaient pas développé de réflexion sur la moralité de tuer un animal ou non, pyramide des besoins oblige. Tout comme on ne peut pas dire à des personnes sans-abris/pauvres de faire attention à l’environnement ! C’est ainsi. Or, dans une société contemporaine, ou la plupart (je dis bien la plupart) d’entre nous pouvons satisfaire nos besoins les plus primaires, une telle réflexion y trouve toute sa place. Alors, il est dur de se détacher de bonnes habitudes, il est vrai. Car manger de la viande, c’est dans notre culture, c’est notre éducation, c’est tout ce qu’on nous apprend ! Comme si il n’existait pas d’alternative. Comme si c’était « normal ». Vous allez me dire que ça l’est, mais essayez deux secondes de vous imaginer un monde sans consommation de viande. Est-ce que cela vous parait si dingue ? Si inapproprié ? Si utopique ? Que nenni ! Si ? C’est peut-être parce que cela fait 15 ans, 25 ou 50 ans que vous mangez de la viande. Imaginez un peu l’importance que cela a dans votre culture et donc vos habitudes. Même si la plupart des personnes ne mangent pas de la viande à chaque repas mais disons plutôt une fois par jour, (enfin de plus en plus seulement quelques fois par semaine pour des raisons de budget souvent) cela fait beaucoup. Et ce depuis le plus jeune âge ou presque. Les vieilles habitudes ont la vie dure.

 

~ Et le goût dans tout ça ? ~

 

Culture, habitudes me direz-vous mais et le goût ? Comment peut-on sacrifier toutes ces bonnes choses sur l’hôtel d’une soi-disant éthique supérieure ? Pour qui dois-je bien me prendre ? En tout cas pour personne de supérieur, croyez-moi. Pour preuve, je suis un bon vivant de la plus pure espèce. Le moment du repas a toujours été pour moi un moment privilégié. J’ai toujours adoré le goût de la charcuterie, d’un poulet rôti, d’une côte de porc grillée ou encore d’un rosbeef bien tendre. J’ai toujours aimé accompagner cela d’ un ou deux verre(s) de vin lors d’un repas en famille. J’ai toujours comme beaucoup de personnes eu une faiblesse pour les desserts chocolatés (ou vanillés ou que sais-je encore). Mais pourtant j’ai franchi le pas. Cela ne s’est naturellement pas fait du jour au lendemain. Mon envie de devenir végétarien a démarré il y a plus d’un an maintenant. Seulement justement à cette époque, le goût qu’offraient tous ces aliments pesaient encore bien trop lourd dans la balance pour moi. En effet, après tout le cheminement expliqué auparavant, l’idée avait enfin germé dans ma tête. Mais je n’étais pas encore prêt.

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Côtes de porc au barbecue

 

~ Comment j’en suis tout de même arrivé là ~

 

Dès lors, comment ai-je pu en arriver là ? En fait, lorsque nous faisons ce genre de choix qui peut paraître cornélien (le goût de la viande ou la diminution de la souffrance animale) si vous êtes réceptifs à ce genre d’idées, nous ne pensons pas à ce que nous allons perdre. Ou plutôt si, mais nous décidons que c’est moins important. Car ce que nous sacrifions en faisant ce choix devient d’une importance toute relative en sachant ce qui compte réellement et en faisant une priorité. 

Se mettre des priorités, c’est une chose que j’apprends peu à peu à faire, car durant toute ma vie d’adolescent et de jeune adulte, j’ai toujours voulu tout faire, sans choisir, et donc sans rien sacrifier (car choisir c’est sacrifier ou plutôt « choisir c’est renoncer » comme dit le fameux dicton). J’ai tellement essayé de tout faire, que j’ai même partiellement réussi (je dis bien partiellement). Mais au sacrifice de certaines choses sans que je m’en aperçoive forcément. Car il y a toujours un sacrifice, même si nous n’en sommes pas conscient ou si nous ne voulons pas voir la vérité en face.

Si je n’avais pas appris à gérer mes priorités et à faire de vrais choix (et accepter les sacrifices qui vont avec), je n’aurais pas pu devenir végétarien. Un choix que j’assume pleinement. Je sais que je viens de parler beaucoup de sacrifice, mais c’est pour montrer que je suis pleinement conscient des difficultés qu’un tel choix peut représenter. Cependant je n’en reste pas moins fier et sûr de mon choix, car pour moi agir en direction d’une baisse de la souffrance animale prime sur certains de mes goûts alimentaires. Goûts qui d’ailleurs sont looooin d’être dénudés de saveurs ou de variété contrairement à ce que l’on pourrait imaginer. En devenant végétarien j’ai découvert tout un tas de nouveaux plats et de nouveaux goûts. Mais ça, ce serait l’objet d’un autre article 🙂

 

Peu importe l’ampleur du sacrifice ; ce qui compte, c’est la grandeur du but que l’on s’assigneAnonyme