Trek El Choro en autonomie : récit et guide pratique

Vue en descendant le col La Cumbre pendant le trek El Choro en Bolivie

Le trek El Choro est une des multiples activités de plein air qu’on peut pratiquer aux alentours de La Paz. On s’était déjà attaqués à l’ascension du Huayna Potosi quelques jours avant, un véritable défi mental et physique comme on en avait jamais fait.

Mais la Bolivie nous appelait de toutes ses forces à découvrir d’autres atouts de sa nature. C’était donc reparti pour un tour à la découverte des merveilleux paysages de Bolivie !

Ce qui fait toute la beauté et l’originalité d’El Choro, en plein Parc National Cotapata c’est la variété des paysages qu’il nous fait traverser. On débute dans la splendide Cordillera Real à 4660 mètres dans de gigantesques montagnes jaunies par l’herbe et encapuchonnées d’une épaisse neige.

Vue sur les montagnes enneigées et couvertes d'herbe jaune pendant la descente du col de La Cumbre pendant le trek El Choro en Bolivie
Les incroyables sommets du début du trek… Une beauté impressionnante

Après un col à 4900 mètres, on ne fait que descendre et pénétrons peu à peu dans un paysage qui se verdit jusqu’à entrer en pleine jungle.

Vallée verte et montagnes magnifiques pendant le trek El Choro en Bolivie
La splendeur verte qu’on découvre peu à peu dans le trek

El Choro, c’est un trek de 2 jours 1/2 qui retrace une ancienne route inca construite de grosses pierres, que le temps s’est parfois chargé d’enfouir à moitié sous de nouvelles couches.

Nous on s’est lancés dans le trek El Choro en indépendant parce que c’est quand même ce qu’on préfère : être libre de s’arrêter où on veut, avoir la nature à nous seuls, et aussi parce que c’est plus valorisant de se débrouiller seuls ! Bon et puis je vais être honnête : le fait qu’El Choro soit facilement faisable sans guide avec son parcours bien balisé aide 😉


Le trek El Choro en chiffres & faits

En chiffres

  • dénivelé positif : 1671 mètres
  • dénivelé négatif : 4991 mètres
  • altitude min : 1300 mètres
  • altitude max : 4900 mètres
  • distance : 51 km

 

En faits

  • météo (fin juin) : très humide et brumeux, pluie régulière
  • difficulté : facile (accessible à tous sans entraînement) mais attention aux genoux. Normalement l’altitude ne pose aucun problème si vous passez quelques jours à La Paz avant (La Paz est à 3600 mètres), d’autant qu’une fois passé le col, vous ne faites globalement que descendre.
  • technicité : aucune

 


Comment préparer le trek

 

EQUIPEMENT

Voici ce qu’on avait chacun pris pour ce trek, sauf la tente qu’on a naturellement partagé.

Equipement de randonnée pour le trek El Choro en Bolivie

  • Vêtements et accessoires 

– veste de pluie, pantalon imperméable : presque le plus important pour ce trek
veste en primaloft Vaude, veste en mérinos Icebreaker, pantalon de randonnée Vaude
buff, gants légers, bonnet
– bâtons de marche (pour éviter de finir les genoux ou les pieds en bouillie)
– chaussures de marche basses imperméables : mais j’ai quand même fini les pieds trempés car depuis qu’on est partis en tour du monde, elles ont pris cher (et je suis aussi un peu une brute 😅) et se sont donc déchirées
sac à dos 60 litres Vaude + housse de pluie
– lunettes de soleil, casquette, crème solaire (parce que vous avez aussi une bonne chance de grand soleil)
– anti-moustique
– legging, t-shirt thermique, grosses chaussettes et lampe frontale pour la nuit
– boxers/culottes et paire de chaussette de marche

Vaude que vous voyez régulièrement dans ma liste, c’est un peu ma marque fétiche : elle fait des vêtements techniques de qualité et écolos ! A adopter si vous ne savez pas où chercher une alternative un tant soit peu éco-responsable.

  • Hygiène & soins

– brosse à dent, savon naturel du Dr Bronner (qui fait aussi dentifrice) et déo
– trousse de premiers secours et médicaments : pansements de plusieurs tailles, miel (antibactérien, anti-inflammatoire et cicatrisant), paracétamol, anti-diarrhée

  • Camping

tente Jack Wolfskin Exolight II (pour deux personnes)
– matelas gonflable
– sac de couchage zone de confort -2 degrés

 

NOURRITURE & EAU

Niveau quantités, on avait souvent peur de ne pas avoir assez lors de nos premiers treks au Kirghizistan. C’était toujours le cas en Bolivie… C’est donc tout naturellement qu’on a trop pris haha. Mais voici tout de même notre liste :

  • Nourriture

Alors on a pas pris de réchaud car on s’est dit que ça nous dérangeait pas de manger froid pour à peine 3 jours. Ca valait pas vraiment le coup de s’encombrer du coup. Ceci dit, il est facile de se procurer un réchaud à La Paz dans la avenida Illampu qui est en plein centre. Sinon, voici ce qu’on a mangé pendant ces 2 jours 1/2.

– petit déjeuner : noix et autres oléagineux
– déjeuner : 1er jour pain et avocat, les deux autres jours pain avec du fromage + pommes et bananes
– dîner : fèves (fava beans) + semoule avec une conserve de thon par soir (la semoule gonfle et absorbe l’eau froide aussi !) + chocolat et cookies

→ alors oui le dîner est pas très végétarien (oui, car je suis végétarien, mais un peu moins en voyage)… Mais enfin là c’était plus pour rehausser le goût et équilibrer un minimum les repas. J’aurais bien pris plus de légumes et fruits mais en trek, mais c’est un peu une absurdité niveau poids et volume. D’autant que les calories indispensables en trek sont ailleurs.

– snacks : l’incontournable des treks… On avait chacun : 2 barres (aux céréales et au chocolat) par jour ainsi que des sucreries (chocolats, bonbons…)

Notre panier de courses de nourriture pour le trek El Choro en Bolivie
L’excitation de faire les provisions pour le trek !

→ recommandation snack : on a découvert la marque Crosoy en Bolivie (mais existe aussi au Pérou) qui utilise des ingrédients locaux pour certaines de ses barres : kiwicha (vous trouverez pas ça en France), cacahuètes, lin, etc. Et c’est pas cher du tout !

  • Eau

– gourde filtrante Water-to-go
– pastille filtrantes pour compléter la gourde qui fait 75 cl

Étapes où acheter à manger/boire

Lors du trek, il y a plusieurs étapes où vous pourrez acheter de quoi manger, mais mieux vaut prendre le maximum avec soi avant vu le choix réduit. Voici le détail :

– Samaña Pampa (jour 1) : crackers, conserves, sandwich à l’oeuf (à commander), sucreries, sodas, thé et café (à commander également).

– El Choro (jour 2) : eau, soda

– Buena Vista (jour 2) : eau, soda

– Bellavista (jour 2): soda

– Chairo (jour 3) : snack, eau, soda

 


Comment aller et revenir du trek ?

Il faut savoir que le trek débute à 4660 mètres à La Cumbre qui est aussi le point de départ des amateurs de sensations qui font la fameuse “Death Road” à vélo. Le retour se fait depuis Chairo ou Pacallo, je vous file tous les détails juste en dessous.

 

SE RENDRE À LA CUMBRE, LE POINT DE DÉPART

L’aller se fait en 2 étapes :

  • La Paz (centre) – Villa Fatima

Villa Fatima est en fait dans La Paz, mais assez loin. C’est là-bas que vous trouverez la gare routière Terminal Provincial Minas Yungas où vous choperez un minivan pour la seconde partie de trajet jusqu’à La Cumbre votre destination finale. Pour vous rendre à Villa Fatima, interceptez un micro (minivan) dans le centre qui affiche Villa Fatima et vous coûtera seulement 2 bolivianos par personne. Le trajet se fait en environ 20 minutes depuis le centre.

  • Villa Fatima – La Cumbre

A la gare routière, il vous faudra trouver un colectivo direction Coroico. Ce devrait être aisé avec tous les vendeurs ou vendeuses qui vous crient leurs destinations. Assurez-vous que votre chauffeur s’arrêtera bien à La Cumbre, votre destination. Le trajet coûte 20 bolivianos par personne et dure un peu moins de 3/4h. Bien sûr, comme souvent dans les pays en développement, le minivan part lorsqu’il est plein !

Minivan de la gare routière Terminal Provincial Minas Yungas à Villa Fatima pour aller au trek El Choro en Bolivie
Le minivan qui attend tranquillement d’être rempli pour partir…

 

RETOURNER À LA PAZ

Où finir le trek ? Chairo ou Pacallo ?

Comme évoqué rapidement avant, il y a deux endroits potentiels où arrêter le trek. Chairo ou Pacallo qui est plus loin.

  • Fin à Chairo : la solution pratique et facile mais coûteuse

Vous devrez prendre un minivan qui coûte 160 bolivianos (à diviser par le nombre de passagers) jusqu’à Coroico. Essayez d’attendre d’autres trekkeurs si vous pouvez pour diminuer le prix.

  • Fin à Pacallo : la solution effort supplémentaire mais gratuite

Il suffira de marcher depuis Chairo jusqu’à Pacallo (5,4 km, moins d’1h30 de marche sur une route de terre). Puis pour rejoindre Coroico, il vous en coûtera 10 bolivianos par personne en minivan. Le trajet dure à peine 3/4h.

On lit souvent en ligne que la rando s’arrête à Chairo. Donc si vous voulez continuer jusqu’à Pacallo à pieds, gardez bien en tête que le trek finit à Pacallo et non à Chairo, sinon ça va être pénible à encaisser psychologiquement haha.

Ensuite, il ne reste qu’une étape au retour.

  • Minivan Coroico – La Paz

Alors là c’est la partie un peu pénible du trajet car ça dure pas loin de 3h jusqu’à la gare routière Terminal Provincial Minas Yungas (celle d’où vous êtes partis) eh bon, ce sont des conducteurs sud-américains… Le trajet coûte 20 bolivianos par personne.


Itinéraire & étapes

Comme mentionné en début d’article, c’est un trek très facile à réaliser seuls, le chemin est bien balisé et bien entretenu.

Conseil pratique  

Pensez à utiliser maps.me tout le long du trek en cas de doute ou quoique ce soit, il sera votre ami fidèle pour ce trek !

→ Sauf en un point (c’est le seul, je vous rassure et on peut pas vraiment en vouloir à l’application) mais voici les indications pour remédier à cela :  

Juste avant El Choro, vous marchez au bord de la rivière. Maps.me vous indique de continuer jusqu’à après El Choro où vous êtes censés traverser la rivière sur un pont. Malheureusement ce dernier s’est fait emporter par le courant.

Donc avant d’arriver à El Choro (lorsque vous longez la rivière), guettez un câble métallique au-dessus de votre tête qui traverse la rivière. Rapprochez-vous de la rivière en suivant le câble, vous trouverez alors un pont de fortune qui vous emmènera de l’autre côté de la rivière.

 

JOUR 1

Vallée à l'herbe jaunie et dans le brouillard pendant le trek El Choro en Bolivie

– Camping
Challapampa
→ 15 bolivianos par tente

– Temps de marche
5h15

– Distance
21 km

– Altitudes
La Cumbre : 4660 mètres (départ)
Challapampa : 2807 mètres (arrivée)

– Accès à l’eau
On longe plus ou moins la rivière une fois en bas du col, sinon à Samaña Pampa (premier hameau qu’on croise en bas), il y a une échoppe qui vend eau et sodas.

 

JOUR 2

Vallée verte et nuageuse pendant le trek El Choro en Bolivie

– Camping
Au choix :
San Francisco (n°2 qui est le campement officiel – il y a deux San Francisco -) OU Sandillani
→ 15 bolivianos par tente : à Sandillani toilettes inclus, douche +5 bolivianos (possibilité de dortoir à 30 bolivianos par personne)

– Temps de marche
Jusqu’à San Francisco : environ 6h (estimation maps.me) / Jusqu’à Sandillani : 9h05 (notre temps)

– Distance
Jusqu’à San Francisco : 16 km / Jusqu’à Sandillani : 27 km

– Altitudes
Challapampa : 2807 mètres (départ)
San Francisco : 1978 mètres / Sandillani : 1971 mètres (arrivée)

– Accès à l’eau
On longe la rivière au début, puis après El Choro ça monte et on s’éloigne de la rivière. Mais il y a des échoppes qui vendent eau et sodas aux points suivants : El Choro, Buena Vista et Bellavista.

Choix de campement : San Francisco ou Sandillani

  • San Francisco

– Avantages : journée plus courte, 27 km pour aller à Sandillani ça fait vraiment beaucoup.

– Inconvénients : la journée du lendemain sera plus longue et début par une montée assez costaud

  • Sandillani

– Avantages : on a une troisième journée courte et facile !

– Inconvénients : on se tape une sacrée deuxième journée qui finit par une montée…  

Notre choix : on a préféré pousser jusqu’à Sandillani même si on a eu une sacrée 2ème journée. Pour nous il était important de s’éviter une journée qui débute avec une montée et qui nous aurait fait rentrer assez tard (sûrement dans les 18h passés) car nous avions décidé de finir notre trek à Pacallo et non Chairo.

D’ailleurs si vous allez aussi jusqu’à Pacallo en marchant (et non en minivan), je vous conseille aussi de faire halte à Sandillani, sinon une grosse journée de 20 km vous attends pour le lendemain ! Sachant que ce sera la dernière journée, vous serez peut-être moins enthousiastes pour faire une telle distance.

 

JOUR 3 

Vue sur les montagnes lors du lever de soleil pendant le trek El Choro en Bolivie

– Fin de trek
Chairo ou Pacallo

– Temps de marche
Depuis San Francisco jusqu’à Chairo : 5h40 (estimation maps.me) / Depuis San Francisco jusqu’à Pacallo : 7h30 (estimation maps.me)
Depuis Sandillani jusqu’à Chairo : 2h35 (estimation maps.me) / Depuis Sandillani jusqu’à Pacallo : 3h25 (notre temps)

– Distance
Depuis San Francisco jusqu’à Chairo : 15 km / Depuis San Francisco jusqu’à Pacallo : 20 km
Depuis Sandillani jusqu’à Chairo : 7 km / Depuis Sandillani jusqu’à Pacallo : 12 km

– Altitudes
San Francisco : 1978 mètres / Sandillani : 1971 mètres (départ)
Chairo : 1274 mètrres / Pacallo : 1452 mètres (arrivée)

– Accès à l’eau
Pas de rivière à proximité, mais magasin qui vend eau et sodas à Chairo.

Remarque concernant les temps de marche

Les estimations maps.me ne sont pas toujours justes. C’est un super outil, mais de temps en temps il se plante un peu (parfois gros écarts). En tout cas, dans l’ensemble on était plus rapides (et ça dépend bien sûr du rythme de chacun).

 


Budget

 

TOTAL

344,6 pour deux personnes.
→ 172,3 bolivianos par personne, soit 22€ au taux du moment (fin juin 2018).

 

BUDGET PAR POSTE 

Transport
Pour deux : 119 bolivianos
→ par personne : 59,5 bolivianos = 7,60€

Entrée du parc
Pour deux : 40 bolivianos
→ par personne : 20 bolivianos = 2,50€

Camping
Pour deux : 30 bolivianos
→ par personne : 15 bolivianos = 1,90€ (on paie par tente, donc à deux ça divise le prix)

Nourriture
Pour deux : 155,6 bolivianos
→ par personne : 77,8 bolivianos = 9,90€

 


Récit

 

JOUR 1

Après s’être levés tôt mais pas trop (à 6h du mat’), on endosse nos gros sac remplis de tout notre équipement. On a aucune idée de combien nos sacs doivent peser, mais on peut dire qu’ils sont pas tout légers !

Arrivés au carrefour de la Plaza del Estudiante on intercepte un micro (minivan) qui affiche Villa Fatima. On se fraie une place à bord avec nos énormes carapaces amovibles qu’on pose sur nos genoux. 20 minutes plus tard nous voilà Villa Fatima. On descend et c’est là que je réalise ma boulette : malin que je suis, j’ai épinglé Villa Fatima sur Google Maps au lieu de la gare routière qui est à Villa Fatima. Résultat : on se retrouve à une vingtaine de minutes de marche de la gare routière.

Bref, après une marche inutile et frustrante, nous voilà au Terminal Provincial Minas Yungas. On s’y fait immédiatement aborder et montons à bord d’un minivan pour Coroico quasi aussitôt. A 8h30, le colectivo part une fois plein d’un groupe de touristes brésiliens et de locaux.

 

Moins d’une heure plus tard, nous voilà arrivés à notre point de départ ! Enfin, pas exactement. N’étant pas très sûrs de l’endroit précis où le minivan devait s’arrêter (on savait que c’était La Cumbre, mais c’est où concrètement ?), on se laisse traîner bêtement avec les brésiliens jusqu’à un peu plus haut, là où ils souhaitent s’arrêter.

Vue sur les montagnes enneigées à La Cumbre pendant le trek El Choro
Bon, on s’est plantés un peu pour le départ, n’empêche que la vue en vaut la peine ! (les gens en bas à droite, c’est les brésiliens !)

Bon du coup, deuxième boulette de la journée (déjà), on commence la rando plus si loin du col à 4900 mètres. Un quart d’heure plus tard, nous l’atteignons déjà !

Ascension du col de La Cumbre pendant le trek El Choro en Bolivie
En route pour le col !

C’est alors qu’on entame notre descente du col. Eh ben je dois dire que c’est facile ! Mais les bâtons de marche y sont pour quelque chose. Et dans mon cas je suis réellement soulagé de les avoir. Mes genoux (enfin surtout le droit, allez savoir pourquoi) n’est toujours pas entièrement remis de notre descente du Huayna Potosi (eh oui après avoir grimpé les 6000 mètres, il faut les descendre…).

Le fait que ce soit facile nous permet de profiter au mieux de la vue. Au loin s’étalent les pieds jaunis d’herbe des sommets enneigés prisonniers d’une brume mystique… Quel spectacle !

Vallée d'herbe jaune envahie de brume pendant le trek El Choro en Bolivie

Arrivée en bas du col de La Cumbre pendant le trek El Choro en Bolivie
C’était magique cette brume…

Un peu plus d’une heure plus tard, nous voici au bas du col. La température s’est sensiblement accrue après un temps très rafraîchissant lorsqu’on était là-haut. Comme c’est un trek où on est censé quasiment que descendre, eh bien même après la descente du col… ça continue à descendre. Mais plus modérément désormais. Au fur et à mesure qu’on avance, on se rapproche d’une rivière que l’on longera ensuite un moment. On est contents car on se dit qu’on aura de quoi remplir nos gourdes filtrantes.

Sentier et brume dans les montagnes du trek el Choro en Bolivie
Arrivés en bas du col, le spectacle de brume qui s’étale sur les flancs montagneux continue…

Un peu plus tard, nous arrivons à un premier point d’enregistrement dans le petit hameau de Samaña Pampa.

Sentier et rivière dans les montagnes menant au village Samaña Pampa pendant le trek El Choro en Bolivie
Et on aperçoit un premier village !

A 12h10, on décide de s’arrêter pour déjeuner. On se pose jusqu’à côté d’un drapeau Pachamama, la Terre Mère dans la tradition indigène. A 12h30, on est déjà repartis, on voulait pas arriver trop tard au campement.

Pause déjeuner dans des paysages magnifiques pendant le premier jour du trek El Choro en Bolivie
Pause déj dans des paysages de rêve

 

C’est en arrivant au charmant petit hameau de Chucura que se passent deux choses. La première, il se met à bruiner. Oh c’est juste de la bruine se dit-on, c’est cool, ça va. Sauf que plusieurs heures plus tard, trempés, on déchantera…

Lisa triste à cause de la pluie pendant le trek El Choro en Bolivie
Lisa attristée par la pluie persistente

La deuxième chose qui se passe, c’est qu’on remarque que la végétation change ! Ca y est, nous quittons peu à peu les étendues d’herbe sèche et la végétation verte et luxuriante s’immisce.

On s’enregistre pour une deuxième fois auprès d’un homme qui demeure assis devant l’entrée d’une vaste maison de pierre vide. C’est aussi auprès de lui qu’on paie nos tickets d’entrée du Parc National Cotapata.

Maison où on paie le ticket du Parc National Cotapata et on s'enregistre pendant le trek El Choro en Bolivie
Le gentil monsieur devant sa maison vide avec qui on doit payer l’entrée du parc et s’enregistrer

 

Après avoir continué notre périple sous la pluie tantôt forte tantôt faible, nous arrivons enfin à Challapampa vers 15h. Les environs sont absolument charmants, mais putain de pluie ! Ordinairement ça nous aurait moins gêné : en général lorsqu’il pleut ça s’arrête. Là on aurait dit que c’était sans fin. Mais nous n’étions pas au bout de nos peines. Une fois posés sous l’abri du campement, on se réjouit de pouvoir enfin tout mettre à sécher et s’installer.

Installation du campement dans l'humidité pendant le premier jour du trek El Choro en Bolivie
On était tout contents de sortir tout le barda et le mettre à sécher !

Le climat hyper humide de la région en avait décidé autrement. Au moment de nous coucher rien n’est sec. Nos vêtements sont même encore plus mouillés qu’avant.

On décide de ne plus penser à tout ça et sombrons rapidement dans les bras de Morphée après un bon dîner.

 

JOUR 2

On est des crevards. En arrivant à Challapampa, on s’est installés sous le premier abri, celui qui est un peu laissé à l’abandon. On avait donc avarement espéré qu’on ne nous ferait pas payer ! Que nenni, la dame qui s’occupe du campement ne nous a pas ratés lorsque nous avons quitté le camp et croisé sa demeure à côté du second campement quelques mètres plus loin. Bon ok, j’ai exagéré, on est pas non plus si radins. C’est juste que l’abri était pas dans un état folichon, alors on s’est imaginé des choses… Et vous avez pas vu la tête des toilettes. D’ailleurs je vous conseille pas de la voir. Pourquoi ? 3 mots : cuvette, bouchée, pas de chasse d’eau.

 

On quitte Challapampa vers 8h30, prêts pour une nouvelle journée et contents de quitter cet endroit humide en espérant que ça irait mieux avec la chaleur de la journée. Parce que pendant la nuit, bien qu’il n’y ait pas plu, nos vêtements n’ont pas du tout séché ! C’est donc avec joie qu’on renfile nos vêtements trempés et plions une tente-éponge.

Et c’est vrai qu’il fait bon ce jour là, quel bonheur ! 17 degrés indique ma montre. Bonheur amplifié par l’absence de pluie ! Par contre, la pluie de la veille conjuguée à l’humidité tropicale laisse des traces : les pierres du chemin incas glissent pas mal ! Lisa a malheureusement écopé de quelques chutes. Mais plus de peur que de mal dans tout cela.

 

Après quelques heures de marches, nous atteignons le mignon village d’El Choro qui a donné son nom au trek. Enfin… On y arrive et on découvre grâce aux gesticulations d’un guide de deux jeunes français au loin derrière nous qu’on fait fausse route. En effet, on était censés traverser la rivière sur un pont juste après El Choro. Seulement la rivière dans ses caprices a emporté le pont en question. On fait demi-tour pour rejoindre le point que nous indique le guide en amont de la rivière. On découvre alors un pont de fortune (entendez trois troncs balancés au-dessus de la rivière) en-dessous d’un câble métallique traversant la rivière. C’est donc là qu’on passe, puis continuons à longer la rivière jusqu’à arriver à un début de montée. On jette un dernier coup d’oeil à la puissante rivière entourée de forêt tropical avant de d’engager notre ascension dans cette dernière.

 

A partir de là on a pas mal de montées. Heureusement on est encore en bonne forme. L’épaisse jungle empêche une quelconque vue sur les alentours et les montagnes. Mais elle vient souvent nous rappeler sa beauté foisonnante et merveilleuse de vie.

La jungle et l'épaisse forêt tropicale pendant le trek El Choro en Bolivie
La jungle est un spectacle fascinant…

C’est fou comment c’est différent des paysages secs et enneigés du début de trek. Ca n’a pas le côté impressionnant et majestueux des grands pics mais c’est tout aussi beau, dans un autre genre. C’est aussi un peu pour ça qu’on a eu un gros coup de coeur pour la Bolivie : il y a tant à voir, de telles variétés de paysages dans un seul pays. C’est assez incroyable et fascinant.

Avec le temps plutôt chaud et la montée, c’est très rapidement qu’on laisse tomber nos vestes pour continuer en t-shirt. J’aurais même mis un short si ce n’était pour les plantes et branches du bord de sentier qui viennent me fouetter les jambes. En arrivant en haut la vue se dégage et on a enfin un peu de perspective sur nos environs. Quelle beauté ! A midi passé on fait une courte halte à un point de vue pour mieux profiter.

 

Une demi-heure plus tard, il est l’heure de la pause déj’ ! On vient d’arriver à Buena Vista, un lieu qui porte fort bien son nom. Quel pied pour casser la croûte ! On se pose sur un banc de bois et dévorons avec grand plaisir nos sandwichs au fromage.

Pause déjeuner à Buena Vista avec une vue splendide le deuxième jour du trek El Choro en Bolivie
Un casse-croûte avec une telle vue, je dis pas non !

 

Une demi-heure plus tard, c’est déjà reparti ! Aujourd’hui est une grosse journée puisqu’on a décidé de pousser jusqu’à Sandillani, ce qui nous rajoute pas moins de 11 km comparé à si nous avions décidé de camper à San Francisco. En reprenant le chemin, on est ravis de voir que les pierres glissantes ont disparu ! Ca va nous éviter quelques glissades peu plaisantes. Un peu plus d’une heure plus tard, on atteint un pont, le moment idéal pour recharger nos gourdes ! En effet, depuis que nous nous sommes éloignés des rives du Rio Huarinnilla, on avait plus aucun accès à l’eau (sauf à acheter de l’eau en bouteille à Buena Vista, mais nos gourdes servent justement à éviter ce genre de gâchis de plastique).

Lisa qui traverse un pont de fortune pendant le trek el Choro en Bolivie
Bon alors on le distingue pas hyper bien, mais dans l’angle droit en haut, il y a le pont d’origine… Quelque peu en mauvais état. D’où le pont de fortune !

Et de l’eau on va en avoir besoin. Car après être descendus jusqu’au pont, il va nous falloir remonter jusqu’à San Francisco, puis Sandillani. Courage !

 

En milieu d’après-midi on est ravis d’atteindre enfin le premier San Francisco. On dirait qu’il n’y a pas âme qui vive ici. Au deuxième San Francisco, 5-10 minutes plus loin, c’est autre chose. On y croise des locaux qui semblent désespérés d’accueillir des touristes à leur campement ou échoppe. Faut dire qu’ils ont l’air de s’ennuyer paumés dans ces montagnes. Et dieu sait si c’est leur unique gagne-pain.

On quitte San Francisco puis nous nous engageons sur une descente… Mais ce n’est que pour mieux remonter une heure plus tard après le passage d’un second pont qui traverse le Rio Coscapa !

Pont suspendant dans la jungle pendant le trek El Choro en Bolivie
Lisa en pleine traversée du pont suspendu

Le truc cool c’est qu’en haut, on arrive à Bellavista, qui, lui aussi porte très bien son nom ! On fait une légère pause puis repartons avec ce qui nous reste de témérité. En effet, on commence vraiment à être à bout avec nos chaussures trempées de la veille qui créent des frottements entre nos chaussettes et nos pieds et nous font pas mal souffrir. On sent les ampoules venir ! Après un passage plat qu’on savoure intensément puis une descente, on repart pour une énième montée. Mais cette fois-ci la fin est proche !

 

Après avoir passé deux hameaux dans la jungle magnifique, on touche enfin au but. Nous arrivons à Sandillani, un petit village super joli et très soigné. On s’attendait à tout sauf à ça au milieu de nul part. Nous sommes fatigués, mais heureux.

On doit s’enregistrer une dernière fois et découvrons avec ravissement que le campement est super équipé : il y a des dortoirs, des chambres, des douches, une cuisine. Bref, le luxe si loin de tout. Bon c’est pas qu’on allait faire usage de la plupart des installations, mais enfin une salle de bain était bien appréciée ! Et quelle vue !

Notre tente au campement avec vue de Sandillani pendant le trek El Choro en Bolivie
Avouez, y’a pire pour camper, non ?

Cependant le froid est vite tombé, alors nous nous sommes réfugiés dans la tente pour prendre un dîner bien mérité et une bonne dose de sommeil.

 

JOUR 3

Le lendemain on part tranquillement un peu avant 8h. La température grimpe vite et c’est tant mieux. Adieu l’humidité. Ca descend, puis devient même plat, c’est plutôt facile. Rien de mieux pour profiter des paysages splendides remplis de verdure.

Montagnes couvertes de forêt tropicale verdoyante et de nuages pendant le trek El Choro en Bolivie
Chaque vue dégagée nous en mettait plein les yeux !

 

On ré-entame ensuite de la descente jusqu’à Chairo où on arrive après plus de 2h de marche. Bizarrement, personne ne nous enregistre comme sortis du parc, pas de check-out. Du coup on est officiellement entrés mais jamais sortis.  

Et là, après plus de 2 jours de marche dont une sacrée deuxième journée, après de la transpiration intense, on a qu’une envie : se descendre un soda glacé dans le gosier. Alors, nous pourtant anti junk food, on craque bien volontiers (d’ailleurs en voyage on craque régulièrement j’avoue).

Pause rafraîchissement avec soda à Chairo pendant le trek El Choro en Bolivie
Une pause bien méritée ! 😎

La vendeuse nous arrache 8 bolivianos par boisson, un prix exorbitant pour la Bolivie, mais bon on est un peu loin de tout, alors ça se paie. Je peux vous dire que les sodas sont vites descendus. On était bien là, posés à l’ombre avec une boisson rafraîchissante. Après 1/4h d’une pause bien agréable et fraîche on reprend la route.

 

Il ne nous a pas fallu plus d’une heure pour arriver à Pacallo, la fin de notre trek ! On a à peine eu le temps de réaliser qu’on allait enfin pouvoir soulager nos épaules de notre fardeau à bretelles qu’on profite de voir passer un minivan pour l’arrêter et lui demander de nous tirer jusqu’à Coroico où nous pourrons choper un autre minivan qui nous ramènera chez nous à La Paz.

 

EPILOGUE

Après deux coups de minivan (enfin 4h de route quand même) et un petit coup de taxi (oui pour le coup on avait pas mal la flemme de rentrer en micro), nous voilà enfin de retour à la casa. Enfin, bien sûr, pas vraiment notre chez nous, mais notre Airbnb à La Paz auquel on revenait après chaque excursion. Alors oui, on s’y sentait un peu comme chez nous.

Et quel bonheur de pouvoir enfin se doucher, se décrasser, se sentir comme un sou neuf ! Et pouvoir savourer un film sur Netflix… Ou plutôt tomber de fatigue et s’endormir devant, la tête pleine de beaux souvenirs, enrichie d’une formidable expérience en pleine nature et le corps assaini.


El Choro, une expérience bolivienne à ne pas manquer !

Randonnée dans le Parc National Cotapata en Bolivie
Alors, on y va ?

Si vous ne connaissiez pas le trek El Choro, j’espère vous avoir donné envie ! C’est vraiment une de nos plus belles expériences en Bolivie.

Pour ma part, après avoir visité le salar d’Uyuni et monté le Huayna Potosi, j’étais avide de découvrir encore de nouveaux paysages incroyables. Je voulais découvrir la jungle bolivienne, quelque chose qui allait nous changer des hautes montagnes. Sans pour autant renoncer à ces dernières justement. Eh ben El Choro était le trek parfait pour cela !

En plus le trek a l’avantage d’être particulièrement abordable et faisable facilement sans guide !

Bon et puis j’espère vous avoir filé toute l’aide possible avec cet article pour que vous n’hésitiez plus à faire le trek El Choro en autonomie si ça vous tente !

Mais si j’ai oublié des choses, posez-moi vos questions en commentaire, je vous répondrai de façon aussi complète que je pourrai !

 

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Trek El Choro en autonomie : récit & guide pratique Trek El Choro en autonomie : récit & guide pratique


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Tous les produits sont systématiquement testés et surtout approuvés par mes soins.

3 commentaires

    1. Hello Capitaine Rémi !
      Ah oui je te conseille fortement, il y a une telle diversité de paysages là-bas, c’est assez incroyable… Et si beau ! Un de nos pays préférés d’Amérique du sud !
      De rien 😊

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