Oulan-Bator : 5 jours dans la modernité mongole

gratte-ciel et modernité à Oulan-Bator, Mongolie

J’avais lu qu’Oulan-Bator était une ville moderne, mais malgré cela rien ne m’avait préparé à voir de grands buildings à l’américaine érigés un peu partout dans le centre ville. Notre arrivée en Mongolie, notre deuxième destination de tour du monde, a donc été un peu un choc pour moi.

gratte-ciel de nuit à Oulan-Bator en Mongolie
La nuit tombant sur un gratte-ciel d’Oulan-Bator

Un trafic automobile de dingue

Oulan-Bator est le modèle type d’une ville moderne, avec ses inconvénients et ses avantages. C’est en arrivant dans le centre depuis l’aéroport Gengis Khan que nous avons été surpris de découvrir un trafic automobile monstrueux se frayant difficilement une place dans les larges rues creusées entre de grands et très modernes immeubles.

En revanche, j’ai été agréablement étonné de voir qu’il était composé de voitures assez récentes dans l’ensemble dont au moins la moitié de Prius (la fameuse voiture hybride de Toyota). Quel bonheur de voir que les mongoles prennent l’environnement au sérieux ! Sauf que la vérité est autre : ce n’est apparemment pas tant pour la planète que parce que cette voiture coûte peu cher là-bas qu’il y a un tel engouement pour celle-ci. Et pour cause : toutes les Prius sont achetées d’occasion (seulement 10 par an sont achetées neuves).

En parlant de voiture toujours… Eh bien les villes européennes latines n’ont rien à envier à Oulan-Bator : en tant que piéton vous n’existez pas. Ou plutôt si, mais en tout cas dans l’esprit d’un conducteur là-bas c’est tout comme ! Soyez ultra-prudent donc lorsque vous traversez une rue, y compris sur un passage piéton.

tour de verre et modernité à Oulan-Bator en Mongolie
La modernité d’Oulan-Bator

 

Précautions pour se rendre à et quitter l’aéroport

Je ne saurais que trop vous recommander de prendre une bonne marge d’ailleurs lorsqu’il s’agit de vous rendre à l’aéroport qui est à 17 kilomètres du centre ou à une des gares routières, vous risquez de passer un bon bout de temps dans le bus qui y mène.

D’autant que…pour trouver le bon bus, ce n’est pas toujours évident car il est difficile de les distinguer et de savoir le numéro de la ligne (il y a deux numéros sur le devant du bus : un en haut et un en bas à droite). Du coup, nous à la fin on regardait tout simplement le plan souvent affiché sur la vitre latérale du bus plutôt que d’essayer de retenir quelle ligne va où ou on demandait tout simplement au chauffeur ou aux passagers où allait le bus. Je vous conseille de faire de même 😉 Enfin, il y a bien une ligne qui menait clairement à l’aéroport, la numéro 9.

bus près du bureau de post central d'Oulan-Bator en Mongolie
Voilà un des fameux bus !

Nous avons nous même passé bien plus de temps que prévu dans le bus depuis l’aéroport… Mais pas qu’à cause du trafic. Fraîchement débarqués avec nos liasses de gros billets du distributeur de l’aéroport, nous avons gentiment fait le tour de la ville du sud au nord et nord au sud pendant deux heures car le chauffeur de bus n’avait pas la monnaie ! A faire donc : acheter un snack ou n’importe quel petit truc à l’aéroport pour casser un gros billet de 20 000 que le distributeur est susceptible de vous donner car le trajet (n’importe quel trajet) coûte 500 Tugriks. Et pour éviter de reproduire ce problème de monnaie, achetez une carte de bus dans un kiosque si vous restez plusieurs jours à Oulan-Bator, c’est encore plus simple !

Toyota Prius et autres voitures devant le magasin d’Etat à Oulan-Bator en Mongolie
Un flot de Prius devant le magasin d’Etat

 

Enseignes occidentales et restaurants sympas

La modernité de la capitale mongole se retrouve également à travers toutes les enseignes occidentales (ou leur équivalent asiatique) que vous trouverez à Peace Avenue notamment dans le magasin d’État (State Department Store) ou à Seoul Street. Cette dernière est parsemée de restaurants et cafés bien tenus de tous genre ! Mais avec un nom comme cela, la rue regorge naturellement…. De restaurants coréens.

La ville en général d’ailleurs en offre un choix pléthorique. Dans tous les cas profitez des restaurants sympathiques et diversifiés car une fois dans la steppe, vous devrez manger mongole tout le temps. Nous on a su se faire plaisir en tout cas, et moi qui suis végétarien (enfin j’ai dû faire des exception dans la steppe mongole et au Kirghizistan), j’ai été ravi de découvrir qu’Oulan-Bator compte nombre de restaurants végétariens dont le merveilleux Luna Blanca, une des références en la matière dans la capitale. Je n’aurais jamais deviné qu’un pays qui a une telle réputation de mangeurs de viande abriterait des restaurants sans viande !

Et comme si ce n’était pas assez, on trouve aussi des quantités incroyables de cafés, avec plusieurs chaînes comme le Café Bene ou le Tom N Toms. Nous avons plutôt opté pour un café qui n’est pas une chaîne mais qui nous a néanmoins beaucoup plu, le Adventure Temple Café. On se sent bien dans son cadre cosy et bien travaillé, la nourriture est délicieuse (je recommande le Tsuivan et les Sprin Roll), et le wifi rapide. Si vous voulez de la nourriture locale en revanche, je vous conseille fortement de vous rendre sur Baga Toiruu, une agréable rue un peu au nord, où il y a plusieurs restaurants locaux très sympas. Attention par contre aux prix de rêve de Buuz et Huushuurs, c’est à l’unité ! Ceci dit, même avec plusieurs le prix reste très attractif.

A l’intérieur du magasin d’Etat, on dirait presque les Galeries Lafayette !

 

Délicieux plat végétarien avec du riz
Un délicieux plat au Luna Blanca

Et comme modernité rime souvent avec confort, nous avons passé un séjour des plus doux à la Sara’s guesthouse, dans la rue Baga Toiruu au nord du centre-ville. Les chambres sont top et le petit-déjeuner qui est inclus a ravi nos papilles ! Sans compter qu’il est idéalement situé au calme et à seulement 15 minutes du magasin d’Etat qui est en plein centre.

délicieux petit déjeuner avec salade, buuz, pâtes et gâteaux
Le petit déj’ chez Sara’s

Des banlieues délaissées…

Le souci d’Oulan-Bator c’est que la richesse et le confort du centre n’atteignent guère la périphérie de la ville où se réfugient tous les laissés pour compte. La banlieue qui se peuple d’habitations de fortunes et de gers (ger est le mot mongole pour yourte, il s’agit de l’habitation traditionnelle nomade) sur des kilomètres offre un contraste assez cru avec le centre moderne et développé. En effet, Oulan-Bator est une oasis de richesse par rapport au reste du pays et attire des milliers de personnes venant y tenter leur chance, dont une bonne partie finit dans ces lieux insalubres.

Une ger au milieu des tours d’immeubles à Oulan-Bator en Mongolie
Une ger sans sanitaire perdue au milieu des tours d’immeubles en périphérie d’Oulan-Bator

Heureusement, ce n’est pas tous leur cas, la demande en logement est telle que de grandes tours d’immeubles émergent par dizaines partout dans la capitale pour abriter les autres plus chanceux. Ainsi, presque la moitié de la population de la Mongolie réside à Oulan-Bator, soit 1,3 millions d’habitants sur un total de 3 millions.

Tours d’immeubles en construction à Oulan-Bator en Mongolie
Des dizaines de tours d’immeubles poussent à la périphérie d’Oulan-Bator

Une mondialisation très présente

S’il y a bien un endroit en Mongolie qui ne fait pas spécialement mongole, c’est sa capitale. Il y a effectivement nombre de musées et théâtres pour profiter de l’art mongole, mais les traditions elles, sont assez effacées. La ville regorge en effet d’enseignes internationales et adopte un style de vie très occidental écrasant ainsi petit à petit le mode de vie mongole traditionnel. C’est certes très convenable lorsqu’on est en recherche de confort et de praticité mais aussi quelle dommage ! L’uniformisation du monde par le capitalisme mondialisé efface peu à peu les typicités locales. De plus, ce n’est pas vraiment ce que nous cherchons en voyageant autour du monde : on est en quête de différence, de diversité et surtout de nouveauté ! De ce point de vue là je suis resté quelque peu sur ma faim.

 

On peut tout y acheter

Enfin, tout n’est pas si négatif, car comme indiqué, il y a beaucoup de musées à Oulan-Bator. Le problème c’est que nous n’y avons jamais mis les pieds ! On peut nous porter le blâme là-dessus, je reconnais.

Il faut dire que nous étions très occupés à faire du shopping d’équipement de randonnée et camping : tente, sacs de couchage, matelas, sac à dos, pantalon imperméable, nous avons tout trouvé ! Alors certes, nous avons galopé à travers la ville dans un sens puis dans l’autre, mais tout y est. Il y a plusieurs boutiques au magasin d’État qui offrent un choix déjà conséquent.

Mais en tant qu’écolo convaincu, je me dois de vous parler de la boutique Seven Summits qui revend la marque Vaude, spécialisée dans l’équipement sportif écologique. Le magasin Ayashin Outifitters de Peace Avenue vaut également la visite. La modernité n’a pas que des mauvais côtés car on trouve vraiment tout à Oulan-Bator, pas que de l’équipement de randonnée.

 

Une cuisine à découvrir

La culture mongole se goûte aussi : nous avons dégusté des spécialités locales, et sur ce point, on ne peut effectivement pas dire que nous sommes restés sur notre faim.

Tout comme au Kirghizistan, la viande est omniprésente. Même dans le thé ! J’ai en effet eu la surprise de découvrir un bout de gras de mouton dans le thé au lait que j’avais commandé dans une cantine mongole. Fort heureusement ce fut la première et dernière fois.

Mais pour en revenir aux spécialités, je vous conseille de goûter le Huushuur, une sorte de beignet plat frit et fourré de viande, c’est particulièrement savoureux. Le Tsuivan est aussi un met à base de nouilles délicieux ! Les Buuz (et non buzz) valent le détour, il s’agit de raviolis fourrés à la viande, graisse et oignons. C’est très similaire aux Mantys que nous avons découvert au Kirghizistan, un pays pour lequel il n’est guère difficile de trouver des raisons de vouloir s’y rendre !

 

De belles visites à faire

En plus de la cuisine qui n’est mis à part les éléments précédemment cités pas non plus à couper le souffle, le peu que nous avons vu dans les rues d’Oulan-Bator de la culture locale se limitait aux rares personnes en au Del. C’est l’habit traditionnel mongole (il s’agit d’une espèce de kimono épais qui descend jusqu’aux chevilles cerné d’une ceinture colorée, porté par les hommes comme par les femmes). Nous avons également visité le monastère bouddhiste Gandan Khiid, un des plus importants du pays. Une découverte merveilleuse !

le grand monastère de Gandan Khiid à Ouan-Bator en Mongolie
Le splendide monastère de Gandan Khiid

Notre balade jusqu’au mémorial Zaïsan qui se situe sur une colline avec panorama sur la ville était également impressionnante, on a pu y admirer l’étendue incroyable de la ville et les barres d’immeubles qui poussent partout.

Le mémorial de Zaïsan et sa fresque colorée
La très colorée fresque du mémorial de Zaïsan
vue dégagée sur la vaste ville d'Oulan-Bator depuis la colline du mémorial Zaïsan en Mongolie
Vue très dégagée sur l’étendue d’Oulan-Bator depuis le mémorial Zaïsan perché sur une colline

Un passage par la place Gengis Khan s’impose aussi naturellement, mais elle est tellement centrale que vous aurez bien du mal à la louper !

Le palais du gouvernement au nord de la place Gengis Khan à Oulan-Bator en Mongolie
Le palais du gouvernement mongole au nord de la place Gengis Khan
Le palais du gouvernement mongole illuminé de nuit à Oulan-Bator en Mongolie
L’illumination splendide et kitsch du palais du gouvernement de nuit

Bien que ce soient les seuls lieux culturels que nous avons vu, il y a fort heureusement d’autres temples, musées ou palais à explorer comme le temple Choijin Lama, le palais d’hiver du Bogdo Khan ou encore le musée national d’histoire mongole.

 

Des traditions qui se perdent

Oulan-Bator est donc une belle vitrine de la culture mongole à travers ses musées, temples et théâtres. Le mode de vie ainsi que les traditions, eux, sont malheureusement quasiment absent de la gigantesque capitale. Pourtant, dans l’imaginaire collectif, c’est justement le mode de vie des nomades, les traditions et la steppe qu’on a en tête. Bien sûr il est clair qu’un mode de vie 100% nomade ne peut exister en ville. Mais de là à laisser s’effacer la plupart des traditions, il y a tout de même un fossé. Et c’est bien dommage.

 

Oulan-Bator en un mot

Au final, il est vrai que je dois vous confesser quelque chose : malgré le tableau un peu noirci que j’ai dressé à propos des traditions et de leur effacement sous le joug de la mondialisation, j’admets qu’Oulan-Bator m’a plu. Elle m’a plu parce que je suis un citadin et qu’une grande ville, son confort et ses tours de verre ont toujours su parler à mon cœur (certes pas de la même façon qu’un paysage naturel). À cet égard donc, la capitale mongole a tout de plaisant. En revanche si vous êtes en quête de traditions mongoles, il vous faudra pousser jusqu’à la steppe.

 

 Mes conseils en un coup d’oeil :

  • Acheter une carte pour le bus dans un kiosque si vous restez plusieurs jours à Oulan-Bator
  • S’y prendre beaucoup en avance pour aller à l’aéroport ou à une gare routière
  • Pour trouver le bon bus, regarder le plan sur la vitre latérale
  • Faire de la monnaie à l’aéroport si vous prenez le bus pour le centre

Que faire et voir :

  • Où manger ? Le restaurant végétarien Luna Blanca, les rues Séoul street (international) ou Baga Toiruu (local) sont idéales
  • Quoi manger ? Goûter aux Buuz, Tsuivan et Huushuur. Commander plusieurs Buuz ou Huushuur (servis à l’unité)
  • Où boire un café ? Le Adventure Temple Café est parfait
  • Que visiter ? Le Gandan Khiid, le mémorial de Zaïsan, la place Gengis Khan mais aussi le temple Choijin Lama, le palais d’hiver du Bogdo Khan et le musée national mongole
  • Où loger ? Dormir à la Sara’s Guesthouse
  • Où faire du shopping randonnée ? Le magasin d’État, la boutique Seven Summits et le magasin Ayashin Outiftters de Peace Avenue ont tout ce qu’il faut

Vous aimez ? Epinglez !

Le monastère Gandan Khiid à Oulan-Bator

 

7 commentaires

  1. Pour les musées, peu de regrets à avoir. Entre ceux qui sont définitivement fermés, ceux qui sont interdits au public hors de la saison touristique, le choix demeure restreint(même si certaines pièces sont très intéressantes).

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