Le sud du Kirghizistan, un voyage incroyable

Vue sur le massif montagneux Babash Ata depuis le panorama à Arslanbob au Kirghizistan

Bichkek et le lac Issyk Kul nous ayant apporté leurs lots d’agréments, nous avons poursuivi notre voyage en allant au sud du Kirghizistan. De ce qu’on avait pu lire dans le guide, cela semblait être adorable.

 

Direction : le sud du Kirghizistan en minivan

Pour débuter notre périple, nous avions décidé de commencer par Och. C’est la seconde plus grosse ville du pays après Bichkek et la première ville du sud Kirghizistan. Malheureusement, point de mashroutka (bus local) pour cette destination. Malheureusement le terrain est peu propice aux gros véhicules (nombreux lacets dans les montagnes). Du coup, seuls des minivans et taxis relient Bichkek à Och. On était déçus de devoir payer si “cher” (environ 16€ par personne) pour un transport, mais on avait pas le choix. Et de toute façon, on était motivés pour découvrir cette région ! Et bien heureusement ! On avait décidé d’économiser une nuit en auberge ainsi qu’un jour passé dans les transports en voyageant de nuit… Mauvaise idée !

On a passé la nuit dans un minivan serrés à 8 là-dedans, collés à un voisin quelque peu odorant et balancés d’un côté puis de l’autre du véhicule en raison de la conduite sauvage du chauffeur dans les lacets de montagne… Un plaisir. Autant vous dire que la nuit on l’aurait plus volontairement passée en auberge dans un vrai lit. D’où mon conseil : optez pour un taxi privé avec lequel pour 2,5€ de plus vous serez seuls et bien tranquilles dans votre véhicule. Et ce, dans des conditions sûrement plus favorable à la quête de sommeil.

 

Och, on dirait le sud…

Mais cette courte nuit ne nous a guère empêchés de profiter d’Och. Le centre-ville offre des perspectives des plus charmantes avec ses arbres qui ornent ses avenues bruyantes et ses quelques bâtiments colorés qui rappelleraient presque le sud de l’Europe.

maison du bonheur à Och au sud du Kirghizistan
La Maison du Bonheur (office d’Etat civil où ont lieu les mariages)

Mais le mieux dans ces rues reste d’explorer les parcs qui baignent dans une ambiance incroyable. Vous y verrez familles et groupes d’amis qui se baladent, rigolent, jouent dans les divers attractions et mangent dans les boui-bouis ou stands de Chachliks (brochettes).

Joueurs d'échecs dans un parc à Och au Kirghizistan
Joueurs d’échecs passionnés dans un des nombreux parcs

Un « homestay » au top du confort

Le fait d’avoir eu un logement très confortable a peut-être joué aussi sa part dans notre bonne appréciation de la ville. En effet, on ne manquait de rien dans notre homestay. Les chambres sont très bien meublées et confortables, les salles de bain très bien équipées, spacieuses. Les douches sont chaudes, la cour intérieur bien aménagée…

Par contre on regrette clairement que le contact avec les locaux se soit limité à “Hello…Goodbye…I’d like breakfast at 9”. Là-dessus, le CBT grâce auquel nous avions trouvé le logement nous a un peu déçu. Enfin bref, pas de quoi se plaindre non plus, une bonne douche chaude et un lit moelleux nous ont clairement semblés être des récompenses dues et méritées après notre trek au col du Jiptik.

 

Un bazar avec peu d’artisanat

Dans l’esprit d’un voyageur au Kirghizistan, Och rime souvent avec bazar. C’est donc tout naturellement que nous sommes allés y faire un tour, voir de quoi il en retournait. Malheureusement, celui-ci ne s’est pas tout à fait montré à la hauteur de mes attentes… D’ailleurs, peut-être un peu trop hautes lorsque j’y resonge. Je m’attendais en effet à pouvoir y admirer une pléthore d’artisanat local et de souvenirs. A part trois quatre stands vendant ce genre de produits, on n’y pas vu grand chose. Et trois quatre stands, comparé à la taille du bazar, c’est vraiment peu.

 

Mais une ambiance très locale

Cela n’en demeure pas moins des échoppes d’intérêt. Notamment car cela reste l’endroit idéal pour se procurer de l’artisanat ou des souvenirs typiques comme des chapeaux ou pantoufles en feutres si vous êtes de passage dans le sud du Kirghizistan. L’atmosphère toute spéciale et très pittoresque qui règne dans le bazar en revanche ne m’a nullement déçue : c’est un vrai paradis pour les emplettes des locaux. On y trouve donc pains (naan), fruits, viande (tête de mouton comprise), vêtements traditionnels et occidentaux, ustensils de cuisine, électroménager…Bref, tout y est.

femmes kirghizes au bazar de la ville d'Och au sud du Kirghizistan
Locales en pleine transaction
Femmes kirghizes au bazar d'Och dans le sud du Kirghizistan
Petit boui-boui dans les rues labyrinthiques du bazar

Il est aussi possible de manger sur place, tout est donc très bien prévu pour les marchands et acheteurs. Ne manquez d’ailleurs pas l’occasion de faire de même et d’y goûter à quelques unes des nombreuses spécialités kirghizes ! Tout cela fait du bazar un incontournable pour qui veut y capter l’ambiance de la ville d’Och et ramener un souvenir à la maison.

 

Croyances et grimpette

Le mont Sulaiman Too (qui signifie trône de Salomon) est également une très bonne occasion de saisir l’atmosphère particulière qui règne dans Och.

C’est sur cette colline qui surplombe la ville que montent de jeunes femmes dans l’espoir de tomber enceinte. Un rocher en forme de femme enceinte serait à l’origine de cette croyance. Ainsi, arrivés en haut, nous avons pu voir de nombreuses jeunes filles glisser sur un gros rocher/toboggan lissé par les nombreux passages dans le but d’accomplir ce rituel. Jeunes filles d’ailleurs très jolies dans l’ensemble, je ne saurais expliquer pourquoi à cet endroit tout particulièrement. Dans tous les cas, je me suis senti bien flatté lorsqu’un groupe de ces belles demoiselles a demandé à être photographié à mes côtés.

rencontre avec des jeunes kirghizes sur le Sulaiman Too
Les belles demoiselles et moi sur le mont Sulaiman Too

Mais cette colline est aussi l’abri de nombreux pétroglyphes et sites religieux (mosquées et lieux de cultes pré-islamiques). Sulaiman Too a donc été et reste un lieux sacré pour les habitants d’Och. D’ailleurs, il reflète assez bien le mélange de croyances à la fois animistes, chamaniques et islamiques que l’on retrouve dans l’ensemble du pays. En tant que touristes, l’attrait majeur était bien sûr la vue sur la ville qui est spectaculaire. Je trouve toujours intéressant d’avoir une vue “aérienne”. Tout ce qu’on a vu en bas prend soudain un certain sens.

vue sur la ville d'Och depuis le mont Suljaman Too
Lisa et la vue sur la ville

La nature nous a en plus gratifié d’un magnifique coucher de soleil se cachant derrière le rocher qui surmonte le point de vue. Nous sommes ainsi redescendus très satisfaits de notre petite excursion.

Coucher de soleil sur le mont Sulaiman Too, le mont sacré d'Och au sud du Kirghizistan
Coucher de soleil sur le mont Sulaiman Too

Un conseil : renseignez-vous sur l’heure du coucher de soleil et partez du bas une bonne grosse demi heure avant. On a fait l’ascension en 20 minutes, certaines personnes mettent 30 minutes ou un peu plus. L’entrée coûte 20 soms, soit environ 0,25€

 

Et pour changer, je vais encore vous parler de nourriture

Mais Och n’aurait pas été si délicieuse… Sans de bon repas. Repas de spécialités particulièrement bien préparées, comme ceux que nous avons mangés au bazar. Je vous recommande aussi un petit restaurant local (habituellement appelés Achkanas) en face du 274 Kurmanjan Datka (facile à repérer, il est tout vert) en plein centre. La propriétaire, Gulia, nous a très cordialement accueillis et a gentiment engagé la discussion avec nous. On s’est sentis si bien, que nous sommes retournés manger dans ce restaurant.

Achkana servant des plats typiques kirghizes dans le centre d'Och au Kirghizistan
L’achkana de Gulia
rencontre avec une kirghize
Voici la fameuse propriétaire Gulia qui aime prendre une photo avec ses clients étrangers

Et puis à ce prix là, pour ce goût là, on ne crache pas dessus, c’est le cas de le dire : pour 140 soms (soit 1,7€ environ) vous aurez l’estomac plein ! (prix pour deux oromos, des énormes raviolis et un samsa, un chausson à la viande ou aux légumes). Nous étions d’autant plus heureux d’avoir trouvé ce restaurant que la plupart des nombreux restaurants d’Och ferment assez tôt. Attention donc à vous y prendre en avance.

 

Arslanbob, la fin du voyage au sud du Kirghizistan

Après ces douces expériences à Och, c’est Arslanbob qui nous a accueilli à son tour pour notre périple au sud du Kirghizistan. On avait rencontré un couple allemand très sympa à Och qui avait également prévu d’aller à Arslanbob. On en a donc profité pour partager un taxi avec eux. Par contre si vous voulez vraiment économiser, optez plutôt pour le trajet en mashroutka.

On a un peu été surpris en arrivant. En effet, le village est en réalité très étendu et nous n’étions pas bien sûr d’où il commençait exactement en arrivant… En revanche, ce que nous avons su immédiatement c’est que cette ville allait beaucoup nous plaire. Arslanbob c’est un tissu de verdure magnifique au sein duquel de petites maisons pointent le bout de leur toits. Un régal de charme. Pour ne pas déroger à nos bonnes habitudes, nous sommes allés quérir un logement auprès du CBT local.

Le bureau du CBT (Community Based Tourism) à Arslanbob au Kirghizistan
Le CBT d’Arslanbob

Son coordinateur, Hayat est un type impressionnant. Il nous a raconté comment ils essayaient de construire le tourisme de façon écologique et responsable. Ça faisait plaisir d’entendre quelqu’un parler de cela et se sentir concerné par ce genre de problème. Hayat nous a aussi impressionné par sa démarche personnelle : cherchant constamment l’amélioration, il est passé de porteur à guide, pour finir coordinateur. Le tout en multipliant les rencontres avec des européens avec lesquels il s’est d’ailleurs lié d’amitié.

 

Détente à Arslanbob

Arslanbob nous a permis de prendre beaucoup de repos… Sans pour autant négliger de profiter des lieux ! Dans ce village très tranquille paumé dans ses arbres aux creux des montagnes tout le monde semble y vivre plus lentement. Et c’était ô combien appréciable pour nous qui cherchions un peu de quiétude.

Hommes kirghizes déambulant dans les rues d'Arslanbob au Kirghizistan
De vieux kirghizes déambulant tranquillement dans les rues d’Arslanbob
Petit ruelle à Arslanbob au Kirghizistan et vue sur le massif montagneux Babash Ata
Une rue peinarde d’Arslanbob
Centre ville d'Arslanbob avec vue sur le massif montagneux Babash Ata
Les rues non goudronnées du village avec vue sur la montagne Babash Ata

Nous nous sommes en effet offert des pauses détente dans le petit jardin tranquille du homestay, perchés paisiblement sur un takhtan (plateforme surélevé utilisée notamment pour manger) le tout avec vue sur les montagnes environnantes.

 

LA forêt de noyer

Entre les séances de délassement, les repas soigneusement et copieusement préparés par nos hôtes, et les flâneries dans les rues rarement asphaltées du village, nous sommes allés découvrir rien moins que la forêt de noyers la plus grande au monde.

Dîner kirghize dans un homestay à Arslanbob au Kirghizistan
Un des supers repas avec du Dymlama (une sorte de ratatouille) dans notre homestay

Et là vous pensez peut-être que ça devait être un spectacle tout simplement fascinant. Et bien non. Etant donné que dans une forêt on voit rarement plus qu’à quelques dizaines de mètres, on a pas pu se rendre compte de l’ampleur de celle-ci. Mais le fait d’imaginer que si on avait continué pendant des kilomètres (la forêt fait 600 kilomètres carrés)…Eh bien nous serions toujours en plein dedans ! Ca c’était impressionant et ça nous dépassait complètement !

Mais cela ne nous a en rien enlevé le plaisir d’être là. Il a suffit que nous commencions à ramasser les premières noix tombées et à nous en délecter. Il nous était difficile d’en trouver au début, puis en prenant l’habitude c’était devenu un vrai petit jeu ! Une noix par ici, une noix par là…  Et Dieu que c’était bon. Nous en avons même récolté quelques unes pour notre pique-nique avec vue sur Arslanbob.

Noix ramassée dans la plus grande forêt de noyers au monde à Arslanbob au Kirghizistan
Bon appétit !

 

Un panorama bien mérité

Pique-nique bien mérité après avoir grimpé jusqu’à une cascade et surtout…Après avoir tenté de trouver le chemin pour accéder au panorama, le point de vue du village. On avait commencé à monter par la gauche mais l’accès était seulement possible par la droite ! Déçus mais toujours motivés, nous sommes descendus puis remontés de l’autre côté et sommes enfin arrivés au panorama. Panorama qui nous a d’ailleurs offert une vue splendide sur les environs. Au moins nous n’avions pas fait tout cela pour rien.

Le panorama à Arslanbob avec vue sur le village et le massif montagneux Babash Ata au Kirghizistan
Content d’être arrivé au panorama, le point de vue d’Arslanbob

Pour une journée tranquille je trouve qu’on avait tout de même fait pas mal d’exercice. Pas de quoi se plaindre dans tous les cas, ça a été un vrai délice de profiter de la nature d’Arslanbob. Après notre trek au col du Jiptik, nous étions heureux de pouvoir toujours faire du sport simplement de façon plus modérée pour reprendre des forces. Puis, les paysages étaient radicalement différents de tout ce que nous avions pu voir jusqu’à là alors. C’est vraiment une des choses qui m’a beaucoup beaucoup plu au Kirghizistan : où qu’on aille, on se laisse surprendre par une vue différente et splendide à la fois. Que demander de plus ?

 

Kirghizistan : une histoire d’amour vient de naître

Mais ça n’a pas été cela qui a ponctué avec majesté notre séjour au Kirghizistan. Cela arriva un peu plus tard. En effet, en quittant le sud du Kirghizistan, nous avons dû retourner à Bichkek d’où nous avions notre vol pour la Mongolie. On avait décidé encore une fois de faire le trajet de nuit dans un minivan. Décidément on doit être un peu masochistes, vu l’expérience précédente… Que voulez-vous, quand on voyage avec un budget à surveiller, on fait des sacrifices parfois stupides.

Et c’est justement dans ce minivan que nous avons rencontré la raison qui nous a fait adorer encore davantage le Kirghizistan. Comme si c’était nécessaire, nous étions déjà amoureux…

Cette raison s’appelait Ernist, un jeune homme de 22 ans qui semblait s’être pris d’affection pour nous durant ce trajet. Affection qui est vite devenue réciproque. En effet, à de nombreuses reprises il a tenté de nouer la conversation avec nous via son application de traduction. En effet, il ne parlait que très peu anglais. Alors on s’est pris au jeu, en lui posant à notre tour des questions via notre cher Google Translate… Oubliant bien vite qu’on était censés dormir. Mais qu’importe ! Nous avions mieux à faire ! Arrivant plus tôt que prévu à la capitale (vers 4h du matin), on avait décidé d’essayer de trouver un endroit où se poser en attendant le lever du jour.

Et c’est là que nous avons passé de superbes moments. Notre nouvel ami se joignait à nous pour continuer à se lier avec nous et nous faire une visite guidée de la ville.

rencontre avec des kirghizes
Selfie time avec Ernist en pleine visite guidée de la ville !

 

Un bonheur inattendu

Jamais on n’aurait imaginé qu’on pouvait être si heureux en étant complètement crevé, à errer avant l’aube dans les rues d’une ville qui n’est pas la nôtre.

C’est ainsi que nos dernières heures au Kirghizistan scellèrent notre amour pour celui-ci. Si vous voulez savoir plus en détail pourquoi on est tombés amoureux de ce pays, retrouvez les 7 bonnes raisons d’aller au Kirghizistan 🙂

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Deux vieux kirghizes dans les rues d’Arslanbob au sud du Kirghizistan

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