Pourquoi ma vie ne ressemble en rien à ce que j’imaginais il y a 10 ans

highway au coucher de soleil

A l’aube de mes 30 ans (ok, bientôt 28 pour le moment), je viens seulement de réaliser une chose : que ma vie ne ressemble pas à celle de mes parents et certainement pas à ce que j’imaginais qu’elle serait il y a 10 ans de cela. Et elle n’y ressemblera pas non plus.

Enfin, il faut dire que la procédure est déjà bien entamée :  à mon âge mes parents étaient déjà mariés, j’étais déjà là, et leur situation était stable dans leur petit appartement à Paris.

Or quand je regarde ma vie, elle ressemble plutôt à ça : nouveau lieu de vie tous les ans environ, nouveau boulot qui va avec, voyages réguliers, et pas du tout envie d’avoir des enfants pour le moment. Autrement dit, c’est plus ou moins tout l’inverse de ce que mes parents ont fait. Quand j’avais 18 ans encore, je m’imaginais faire mes études, chercher un boulot, puis un appartement, me marier, devenir riche, puis devenir propriétaire, avoir des enfants et voilà. Cela s’arrêtait là. Alors c’est cool, je ne dis pas. Seulement cela ne ressemble en rien à ce qu’il s’est passé ou à ce que je cherche désormais. Et pourquoi ?

 

Avant c’était pour ça

lost found searching

Initialement, il y a 3 raisons à cette trajectoire si instable et éloignée de celle que je m’étais imaginée :

1/ Je n’ai jamais su définir clairement ce que je voulais (enfin la réponse était souvent “tout”) et ça commence seulement enfin à prendre forme dans ma tête (si si à bientôt 30 ans). Ou quand bien même j’y parvenais, 6 mois plus tard, mon rêve était déjà différent. Résultat : j’ai bossé dans la vente, aussi bien que dans le webmarketing ; j’ai vécu à Chicago puis suis revenu à Paris et plus tard suis parti vivre à Lille ; j’étais avec une copine, puis avec une autre (non pas juste 3 ou 4)… et ainsi de suite. Donc niveau stabilité, on a vu mieux.

2/ Je ne m’écoutais pas assez et était trop influencé par une partie de mon environnement et de mon entourage. Je me lançais dans des projets parfois sur des coups de tête, sans savoir si j’en avais vraiment envie au fond de moi. Résultat : je me suis (fait) parfois baladé(er) de tous les côtés (au sens physique comme mental).

3/ J’ai rencontré ma fiancée il y a maintenant presque 4 ans, et elle a semé en moi une graine qui a grandi et initié des changements. J’ai commencé à penser différemment de lorsque j’étais adolescent ou jeune adulte, et ma vie a pris un tournant différent, notamment en prenant goût au voyage et à l’écriture.

Tout cela montre que mon manque de maturité d’une part et des influences d’autre part, m’ont bringuebalé dans un sens ou dans l’autre, mais pas forcément là où je m’y attendais. En somme, ma vie n’était pas comme celle de mes parents, mais ce n’était pas spécialement volontaire.

 

Mais aujourd’hui c’est pour ça

Randonnée au Jebel Toubkal au Maroc

Aujourd’hui c’est devenu un vrai choix de ne pas suivre le modèle de mes parents, ou plus généralement le modèle voulu par la société. Enfin en tout cas de moins en moins, je m’éloigne de plus en plus de ce modèle.

C’est pourquoi aujourd’hui je suis à Genève, demain je serai à Paris, et après-demain à l’autre bout du monde. Et ça me plait.

Jusqu’à maintenant j’ai essayé de coller au moule qu’on me présentait. Mais clairement ce n’est pas fait pour moi.

Notre génération dans son ensemble ne veut pas du modèle fourni par nos parents : on aspire à autre chose, le train-train métro-boulot-dodo n’est pas pour nous (dans notre majorité en tout cas). Et donc on fait plutôt cela : on remodèle le monde du travail (hiérarchie horizontale, télétravail, changement régulier d’emploi, création d’entreprise etc), on voyage, on manifeste notre inquiétude pour la planète, on lance nos propres sites internets (blogs, communautés) etc, . Et je rentre totalement dans ce cadre là. Je n’aime pas certaines des choses que les générations d’avant nous ont léguées à commencer par l’environnement nettement dégradé ou encore l’éthique qui s’éloigne de plus en plus des valeurs fondamentales au profit de l’argent.

Jusqu’à aujourd’hui cependant, je ne trouvais pas cela normal de m’éloigner de ce modèle et de cette vie bien rangée que je pourrais avoir. Jusqu’à aujourd’hui je culpabilisais et me disais que “plus tard” je m’installerai, que j’arrêterai de changer de boulot sans cesse, que j’arrêterai de voyager, que j’arrêterai d’avoir de nouveaux projets. Je me disais que ma situation était temporaire, qu’après je rentrerai dans le “droit chemin” (je grossis volontairement le trait, mais c’est quasiment ça). Parce que c’est ce que tout le monde le fait, parce que c’est ce que mes parents s’attendaient à ce que je fasse. Et ben non. Je suis désolé chers parents, chère société, mais j’ai décidé de suivre ma propre voie, car je crois l’avoir enfin trouvée. Il n’y a pas de droit chemin, il n’y a que son chemin personnel.

Désolés à tous ceux qui avaient des attentes : je vais continuer à changer de lieu de vie même si Paris restera ma maison pour toujours, je vais continuer à changer de boulot, en attendant de pouvoir exprimer qui je suis et gagner ma vie par un de mes projets. Ma vie est différente de ce que je m’étais imaginé, c’est certain. Mais désormais je l’assume entièrement et c’est mon choix car je suis heureux : je me suis enfin trouvé et je commence enfin à savoir où je vais.

If we were meant to stay in one place, we’d have roots instead of feet.  Rachel Wolchin

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