Pourquoi j’ai l’impression d’être un faux écolo

Moi dans le désert de sel d'Uyuni en train de réfléchir

C’est grâce à mon voyage initiatique en Asie du sud-est avec Lisa il y a 4 ans de cela que j’ai pris conscience de la crise écologique que nous traversons. Depuis lors je me suis de plus en plus conscientisé et ai commencé à changer mon mode de vie pour essayer d’être plus sobre.

Aujourd’hui je me réclame écolo convaincu et ai accompli un progrès incroyable ! Surtout si je me compare à “la moyenne”. Ce qui est… plutôt facile en soi et n’aide pas vraiment à progresser. En tout cas j’ai beaucoup avancé par rapport à il y a 4 ans.

Les gestes écolos que j'ai adopté : manger végétarien, utiliser des produits naturels, me déplacer à vélo
Manger végétarien, utiliser des produits d’hygiène naturels, me déplacer à vélo…

Mais à mesure que je continue à prendre davantage conscience ces derniers temps j’ai peu à peu l’impression de finalement n’être qu’un gros égoïste d’occidental privilégié qui donne des leçons à qui veut l’entendre : “moi j’utilise des produits naturels”, “moi je me déplace à vélo”, “moi je suis végétarien”, “moi ci”, “moi ça”…. (en plus présenté comme ça, ça fait juste narcisse tout puissant). Mais qui au final n’agit que superficiellement et n’est pas prêt à réellement changer. Bon ok, être végé c’est plutôt un grand pas en avant. Mais enfin en gros j’ai l’impression d’être un faux écolo.

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Bref, je traverse un gros moment de doute sur l’accord entre mes actes et mes valeurs.

Et voici pourquoi.


La situation est plus grave que ce que je pensais

Ce qui est à l’origine de tout cela c’est une prise de conscience accrue de ma part. Ou plutôt une prise de conscience que la gravité de la situation est pire que ce je pensais jusqu’alors.

 

LES SYMPTÔMES D’UNE VISION ERRONÉE

Je voyais déjà bien qu’on était dans une décadence avec notre consommation effrénée et la surexploitation des ressources qui en découle. D’ailleurs le fait que je dise “ressources” montre bien à quel point l’humain voit son environnement comme une ressource et donc un “asset” à utiliser comme disent les financiers. Et non comme une maison, un écosystème dont il fait partie et qui a un équilibre. De même je viens d’utiliser le terme “environnement”, ce qui est tout autant symptomatique d’une pensée anthropocentrique.

Il faut descendre de ce piédestal sur lequel on se place et moi même je me plaçais jusqu’alors quand bien même je me définis comme écolo.

 

ON VA VIVRE L’EFFONDREMENT

Bref, il y a peu, j’ai pris conscience que non seulement nous étions en pleine crise, mais en plus que d’ici peu tout va s’écrouler.

Je sais que bon nombre de personnes ne “croient” pas encore à l’effondrement. Mais pourtant tous nos modes de vies reposent sur un système qui encourage et rend dépendant de l’extraction de ressources qui s’épuisent, nos échanges (même virtuels) et déplacements polluent et provoquent un réchauffement sans précédent, la biodiversité s’effondre complètement (60 % des vertébrés sauvages ont disparu en moins de 50 ans), bref, le tableau est noir.

 

ON FAIT LA POLITIQUE DE L’AUTRUCHE

Et on continue ! On fait la politique de l’autruche. Voici quelques exemples frappants de la folie dans laquelle on est engagée :  

  • Les groupes pétroliers continuent à chercher gaz et pétrole

Et quand ils veulent reverdir leur image importent de l’huile de palme pour du carburant soit disant “bio”, qui n’a de bio que le nom avec la disparition de la forêt vierge tropicale de Bornéo que la production d’huile de palme entraîne.

  • Nous épuisons le sable 2 fois plus vite qu’il ne se recrée

On utilise le sable pour tout : nos buildings, nos routes… (d’ailleurs autre problème parallèle que cela engendre : l’eau des pluies ne passe plus dans les sols… glissement de terrain, sécheresse….tout ça est lié).

  • La plupart des stocks de gros poissons ont disparus

Et du coup on va de plus en plus profond pour en trouver… Mais ça va pas durer éternellement !

  • Le lithium, l’or, l’argent et tous les autres minerais qu’il y a dans nos appareils électroniques ne sont pas illimités dans le sol
Mine de cuivre, les mines sont un désastre écologique, surtout vu notre consommation
Une mine c’est quand même un gros trou dans le sol (ou dans une montagne)

Mais on continue à nous vendre ça comme si on pouvait continuer indéfiniment. On nous vend toujours de nouveaux appareils électroniques plus perfectionnés ou même des technologies vertes (éoliennes, voitures électriques…) qui seraient la solution à nos problèmes. Quand bien même ces ressources seraient illimitées, une mine est en soi un problème écologique. Surtout à la vitesse on change de smartphone…

  • Les abeilles ont été récemment déclarées comme officiellement en voie de disparition

Mais personne à part quelques médias indépendants ou associations n’ont l’air d’avoir réalisé la gravité de ce que cela signifie. Déjà en soit dès que ça arrive à une espèce on devrait s’en attrister. Mais le problème avec les abeilles c’est qu’on dépend d’elles. Mais qui donc fertilise les récoltes ? Pas Monsanto ! Saviez-vous que 84% des espèces cultivées en Europe dépendent la pollinisation ? 

  • On continue à fond à manger de la viande alors que c’est pourtant le premier responsable (et de loin) des gaz à effet serre

51% sont dû des gaz à effet de serre sont dus à l’élevage et ses sous-produits. On peut remercier les lobbies de l’élevage.

 

Des exemples, il y en a plein d’autres !

En fait j’étais déjà en partie au courant tout ça. Mais je n’avais pas forcément saisi la gravité. Sûrement parce que ça aurait fait “trop d’un coup” pour le cerveau. D’ailleurs imaginer que tout va s’effondrer reste inconcevable, même quand on en est conscient.

Alors oui je vois les choses un peu “noires” peut-être, pourtant tout cela sont des faits étayables. Et du coup, en confrontant ça à mon mode de vie, ça a clashé.


Pourquoi ça a clashé et je n’avais plus l’impression d’être écolo

 

IL VA FALLOIR VISER BIEN PLUS HAUT

Je savais qu’il me restait encore une forte marge de progression (d’ailleurs la vie c’est fait pour toujours progresser), mais pas à ce point. Et là si je me suis senti mal c’est parce que j’étais face à une dissonance cognitive : je n’agissais pas en accord avec mes valeurs. Mais pas parce que je m’étais trouvé une excuse pour le coup. Mais parce que mes valeurs venaient d’entrer dans un nouveau cadre, bien plus exigeant que le précédent. 

 

VOILÀ POURQUOI JE NE FAIS PAS ASSEZ

Mon mode de vie n’est en effet clairement pas à la hauteur de ce que je devrais faire et pourrait être bien plus sobre.

La preuve ?

1) J’utilise de nombreux appareils électroniques
Les appareils électroniques de ma chambre
Ça en fait du matos !

Je travaille sur un ordinateur que mon frère nomade digital n’utilise plus. Bon ça c’est bien, c’est un des 5 R, réutiliser. Sauf qu’à Paris j’ai un moniteur auquel je le branche, parfois même en utilisant les 2 écrans. J’ai aussi un iPad, un ampli, un tourne-disque, des enceintes que j’utilise pour écouter de la musique, et addict complet de musique que je suis l’ampli et les enceintes sont allumés peut-être 8h par jour. Mais j’ai aussi un kindle (récupéré aussi heureusement), un smartphone… Tout ça c’est des ressources exploités et une consommation d’énergie énorme, pour quelqu’un qui pourrait être plus sobre.

2) Mes douches sont trop longues et chaudes

Je prends des douches assez longues et la plupart du temps chaudes alors que ça bouffe des quantités d’eau astronomiques. Dire que j’avais conseillé dans mon article 9 conseils pour protéger la planète de prendre des douches froides. Faut dire qu’en été ça va, mais en hiver haha c’est autre chose. Bref, pas très sobre ça non plus.

Mais tout ceci relève plus de l’anecdotique comparé aux faits suivants… :

3) J’ai fait un tour du monde

Je suis rentré il y a peu de tour du monde. C’était un rêve que nous avions avec Lisa et on l’a fait. En ce sens on a eu raison. C’était une aventure formidable, on a vécu tant de choses inoubliables et fantastiques… Mais comme impact écologique à l’échelle personnelle y’a pas pire je pense qu’un voyage d’un an à coup d’avions, bus, guesthouses…

Lisa et moi de retour de notre tour du monde
Une aventure fantastique mais aussi fantastiquement coûteuse pour la planète

Se déplacer comme cela, c’est tout sauf écolo (quand bien même on a essayé de pas prendre trop l’avion). Pour vraiment changer les choses, Il faudrait que je me tourne vers des déplacements largement plus sobre.

Bon s’il y au moins un bon côté à ce tour du monde, c’est qu’il m’a encore plus renforcé dans mes convictions écolos. D’ailleurs j’ai appris un tas de choses pendant ce tour du monde. 

→ DÉCOUVREZ LES 10 CHOSES QUE J’AI APPRISES EN TOUR DU MONDE

En tout cas j’ai décidé de changer et de devenir plus sobre lors de mes voyages !

4) Je vis dans trop d’opulence 

J’ai progressé en achetant quasiment plus depuis plus de 2 ans et en faisant du tri mais il me reste encore tant d’affaires. J’en avais parlé déjà dans la première newsletter du blog. J’ai décidé de devenir minimaliste, mais reste encore un paquet de choses à trier. On vit tellement au-dessus de nos moyens en Occident ! Y’a une telle opulence, je trouve ça même pas absurde, mais plutôt tellement con et aussi très révélateur des “valeurs” de notre société, du projet de société qu’est le capitalisme. Bref, j’ai encore un boulot immense pour devenir plus minimaliste et sobre.

→ DÉCOUVREZ POURQUOI JE DEVIENS MINIMALISTE

5) Et bien d’autres pour devenir plus sobre

Bon puis après concrètement il y a plein de choses qui ne sont pas vraiment en accord avec mes valeurs (comme la production de déchets ou les machines utilisées par exemple), je vis juste dans trop de confort. Ce n’est pas que je n’aime un peu de confort en soi, je vais pas vous mentir.

Mais deux choses. Déjà faut savoir ce qu’on veut dans la vie, on peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Ici il s’agit de la survie de l’humanité. Comme dit un grand homme que nous connaissons tou(te)s : « Bientôt nous aurons tous à choisir entre le bien… et la facilité. » (le monsieur qui a dit ça c’est Dumbledore dans Harry Potter 4 de J.K. Rowling)

Et ensuite, il y a une bonne partie de ce confort, j’en suis convaincu, auquel on pourrait renoncer. Il suffirait de s’y préparer, de s’organiser et de s’habituer.  

Bon en ce moment je suis chez mes parents donc tout de suite mes marges de manoeuvre sont assez limitées. Mais pour moi il va devenir impératif de gagner ma vie et d’avoir un chez nous avec Lisa pour aller plus loin dans notre engagement et devenir plus sobres.


Aller vers la sobriété heureuse

Moi pendant le trek d'El Choro à contempler les montagnes
Il me reste des montagnes à gravir !

Bon voilà, j’ai vu noir, peut-être trop. J’ai un côté excessif. Mais il vaut toujours mieux savoir et être conscient même si ça fait mal. Ça m’a frappé tout à coup que je vivais encore dans un confort pas possible dans mon monde privilégié. Je me sens ou me suis senti mal à l’aise vis à vis de mon mode de vie pas assez vert et sobre.

Si ça m’a fait si mal, c’est sûrement parce que c’était beaucoup d’un coup à réaliser et que c’était brusque. Mais c’est toujours utile de se remettre en question.

Je pense que c’est une phase et que c’est normal.

En tout cas ça m’a fait du bien de l’écrire, ça me permet de voir à nouveau la bouteille à moitié pleine plutôt qu’à moitié vide. A partir de maintenant j’arrête l’autoflagellation 😅 Mais au moins je sais où j’en suis. Ça me permet de poser un jalon et de me dire : bon ok, en fait il y a encore des montagnes à soulever. Mais je le vois comme un défi ! Et je suis maintenant prêt à le relever !

 

Et vous, vous avez eu des périodes de doute et remise en question comme ça aussi ?

Vous aimez mon article ? Épinglez-le !

Pourquoi j'ai l'impression d'être un faux écolo

 

4 commentaires

  1. Waouw ! Je me retrouve tellement dans ce que tu viens d’écrire … Nous sommes aussi rentrés de tour du monde en juillet et depuis mon retour, je vis un peu la même « crise » que toi. Je sens bien que la catastrophe est imminente mais ma marge de manœuvre en ne vivant pas « chez moi » est assez limitée, et pourtant il y a tant à faire. Pour ma part, j’ai aussi réalisé trop tard l’impact de mes trajets en avion. Si j’avais eu conscience de cela plus tôt, peut-être aurais-je réussi à diminuer mon bilan carbone pour ce voyage fantastique. Merci d’avoir pris le temps et le courage de poser ses mots sur papier (enfin sur écran du coup ;))
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    1. Content de voir que je suis pas seul (je ne suis donc pas fou 😅).
      Alors je vais être honnête jusqu’au bout : pour ma part, pendant le tour du monde je savais pertinemment l’impact de nos vols. Mais bon on va pas se mentir : pour traverser des continents, c’est parfois inévitable. A moins de voyager réellement lentement ou de ne pas avoir de programme par exemple. Bref, voyager différemment, ce que je n’ai pas encore tout à fait appris à faire.
      Mais pour toi du coup c’est moins grave si je puis dire.
      Mais en tout cas, il y a toujours 2 étapes je pense : la prise de conscience, puis le passage à l’action. Moi je suis vers la fin de la prise de conscience, donc plus d’excuse haha.

  2. Je crois qu’on est tous et toutes des « faux écolo » d’une certaine manière, on trouvera toujours que des personnes font mieux que nous, plus sobre, plus minimaliste… mais c’est aussi une quête sans fin. La conclusion que j’en ai tirée à titre personnel, c’est que certes il y a des efforts qui comptent (être végétarien ou végane, réduire ses déchets, ça n’a pas zéro impact), mais que le souci principal réside dans la conviction que ce sont ces petites gestes qui vont suffire. J’ai tendance à penser que quelqu’un qui fait des efforts sans être « parfait » niveau déchets et mode de vie, mais qui milite activement, va contribuer au moins autant à changer les choses si ce n’est plus. Évidemment on est pas obligés de choisir entièrement entre les deux, beaucoup de militant écolo mais aussi syndicaux, politiques, font des efforts au quotidien. Mais y’a quand-même un moment où on doit arbitrer et faire des choix car on ne peut pas mettre toute notre énergie partout, du coup je suis assez sereine concernant le fait que oui je jette encore trop d’emballage, je pourrais me passer de certains habits, etc, mais finalement je sais aussi que si je faisais un peu plus d’efforts ce serait une goutte d’eau supplémentaire par rapport à ce que je fais déjà. Donc je préfère mettre mon énergie ailleurs. C’est important de ne pas se culpabiliser outre mesure non plus, visons ceux qui ont le pouvoir…

    1. Hello Irène,

      Tu as raison de dire qu’il faut pas culpabiliser ! Mais je pense malgré tout que ma période de remise en cause était nécessaire pour recadrer mon combat vers plus de sobriété, pour réaliser que je dois aller plus loin.
      Mais c’est sûr que dans un sens c’est un peu sans fin comme tu dis si bien. Mais pour l’instant en tout cas je ne veux pas me contenter de ce que je fais déjà.
      Et puis oui militer, donner de la visibilité au mouvement compte tout autant, car se battre seul ça sert un peu à rien 😉

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