Confessions d’un ex-accro (du shopping) devenu coco

Cartes bancaires

J’avoue que mon titre est un poil racoleur, mais néanmoins assez proche de la vérité : je n’étais pas si accro au shopping, du moins pas pendant si longtemps, et je ne suis pas communiste. De plus, je n’aime qu’on me catégorise/m’étiquette. Sans compter que je me placerais plus comme un altermondialiste/utopiste/écolo/anticapitaliste/bobo/idéaliste puisque la société adore vous ranger dans une case.

Bref, vous l’avez vu, c’est pas si simple d’enfermer les gens dans une catégorie, et ce n’est pas non plus si simple de passer de l’une à l’autre, je l’ai découvert un peu à mes dépens.

Cela fait en effet maintenant quelques petites années que j’ai commencé ma révolution intérieure, que j’ai commencé à changer mon mode de vie et voici les leçons que j’en ai tiré.

 

1ère leçon : c’est tout à fait faisable

Avant d’être un « coco » et tout ça, j’étais attiré par le luxe (oh gros mot), les belles choses, l’argent, le statut social, la consommation etc… Enfin les belles choses, c’est toujours le cas, sauf que maintenant je me tourne davantage vers la nature que vers des vêtements par exemple. Ma période à Vienne était la pire : c’était shopping 1 à 2 fois par mois… C’est dire à quel point je viens de loin. Mais pourtant j’ai réussi. Du coup ça a mis du temps, ça se compte en années (pas 10 ans non plus je vous rassure) le temps que je décide réellement de changer ma consommation et mes habitudes.

times-square de nuit

Puis il faut passer à l’acte, une fois que c’est décidé c’est facile, ou presque (disons que le plus gros du travail est déjà fait). En effet, vu comment fonctionne la société actuellement ce n’est pas toujours évident, les pubs nous sollicitent partout, pour nous dire toujours d’acheter moins cher…mais en réalité pour acheter plus en quantité, ce qui est exactement l’inverse de ce que je cherche à faire. Que je te foute des soldes par ici et un black Friday par là (le pire jour de l’année à mes yeux) et que ça ne s’arrête jamais, sinon la machine s’arrête et là quoi ? Fin du monde… ? Ben non ! Mais enfin, on est tellement bien éduqués et formatés à penser carrière, argent, consommation, toujours carrière, re-argent, re-consommation et ainsi de suite, qu’une fois enfermé dans ce cycle infernal, il faut s’armer de courage et patience pour en sortir, tellement cette éducation et ces pubs nous collent à la peau.

J’en suis d’ailleurs arrivé (et j’en suis heureux) au point où le mot carrière pour moi est vide de sens ! Cela ne fait référence à rien. Ah si, à ces gens qui passent leur vie à la perdre. Je ne veux pas/plus faire carrière. Je veux juste pouvoir gagner assez pour manger, passer de bons moments avec famille et amis et bien entendu voyager ! C’est tout. Mon but n’est pas un « bon » poste dans une grand boite, mon but c’est faire ce qui me plait. Bon évidemment dit ainsi, cela sonne comme une grosse utopie. C’est vrai, on ne fait pas toujours ce qui nous plait, mais si jamais j’arrive à gagner ma vie en faisant ce qui me plait, alors ce serait parfait. Dans tous les cas, ce qui compte c’est le développement personnel, pas le développement de mon compte en banque.

Ok j’arrête ma « digression » qui n’en est pas tant une dans le sens où carrière est fortement liée à gros boulot avec 50h au bureau par semaine et pouvoir d’achat en conséquence, course effrénée à la consommation soir et weekend, car après une semaine de boulot à travailler aussi rationnellement qu’une machine (on nous le demande), on a envie de céder aux émotions, au plaisir, à l’envie lors du temps « libre » et donc quoi de plus naturel que de consommer ?

Bref, malgré ces obstacles non négligeables, j’ai réussi à changer, c’est une question de temps et de courage principalement. J’ai appris à ne plus dévisager les publicités incessantes en me disant : « ah oui tiens, j’y avais pas pensé à m’acheter ça ! » Alors qu’en réalité, bien entendu, je n’avais absolument pas besoin de ça. La preuve ?…. »j’y avais pas pensé ». Tout est là. La publicité vous créé des occasions de consommer parce que le système en a besoin, mais est-ce que cela veut dire pour autant que vous en avez réellement besoin ? Que nenni ! Of course not! Pourquoi je m’achèterais la dernière Audi ? Pourquoi je devrais avoir le dernier iPhone ? Pourquoi déjà encore acheter des fringues ? Je ne m’attarde pas davantage sur la façon de se remettre en cause et moins consommer, j’en parle plus longuement dans mon article « Consommer rend-il heureux ?« . Mais sachez que c’est grâce aux questions évoquées dans ce dernier que j’ai réussi à moins consommer, et j’ai même, je pense, un peu trop bien réussi…

 

2ème leçon : ce n’est pas toujours facile

Eh oui, j’ai fait le malin… Mais récemment la réalité s’est soudainement rappelée à moi : après environ un an à n’acheter quasiment aucun vêtement (j’ai dû acheter 1 chemise, un costume, 2 paires de chaussettes, 2 pulls, point barre), je crois que j’ai un peu carrément craqué pour l’équipement de Tour du Monde. Entre aujourd’hui et le mois de novembre, j’ai fait des achats de vêtements techniques pour plusieurs centaines d’euros. C’est sûr, les vêtements techniques ça coûte cher. Mais tout de même. Le retour de bâton m’a giflé violemment ; aveuglé dans mon radicalisme je n’ai rien vu venir. Maintenant je n’ai d’autre choix que de réfléchir : serais-je allé trop loin dans ma morale anti-consommation ? La réponse est oui, en tout cas pour moi pour le moment . Alors, dans un monde absolu, où l’être humain est parfaitement objectif, j’ai eu tort de m’enflammer pour ces vêtements techniques, c’est certain (d’ailleurs à ma décharge, malgré la somme dépensée, chaque achat était mûrement réfléchi depuis plusieurs semaines). Seulement nous sommes des êtres subjectifs. C’est à tout un chacun d’évaluer jusqu’où il peut aller.

Bien sûr j’essaie toujours de faire mieux. Mais il est pourtant connu que le mieux est l’ennemi du bien. Et puis, sans vouloir me trouver une excuse, je pense aussi que vu que j’ai passé toute ma jeunesse à penser et à faire exactement l’inverse de ce que je pense et fais maintenant, je ne suis sûrement pas encore suffisamment habitué  à moins consommer, ou peut-être même que je ne peux le faire que dans une certaine mesure. Eh oui, passer d’un extrême à un autre, pas si facile.

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Mais ce n’est pas pour autant que je renonce à mes idéaux, seulement je les adapte à la réalité, à moi. C’est une sorte de confrontation esprit/matière à la Jack London dans le Loup des mers. Je suis partisan de la supériorité spirituelle, mais cela a été une belle leçon. J’ai ainsi pu admettre mes limites et ajuster ma vision des choses. Dans tous les cas, la question reste ouverte : est-ce l’esprit qui dirige le monde matériel et le façonne ? Ou bien est-ce à l’inverse, le monde matériel et factuel qui nous impose notre vision de celui-ci ?

 

3ème leçon : modération

Au final que retenir ? Si vous êtes sur la même route que moi, allez-y en douceur: ne vous forcez pas, ne vous mettez pas en situation où vous savez que vous allez culpabiliser. Mais par contre informez vous, et beaucoup de préférence. Prenez du recul à chaque achat, mais sachez vous faire plaisir ! Non ce n’est pas un gros mot, il faut savoir se faire plaisir. Attention plaisir ne veut pas dire achat stupide et compulsif, on confond souvent plaisir avec achat irréfléchi, et c’est le meilleur prétexte pour des achats à outrance et regrettés peu après (j’en parle plus en détail dans mon article « Consommer rend-il heureux ?« . Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que nos chers amis les publicitaires utilisent ce mot à la pelle dans nombre de publicités.

En tout cas, j’ai appris la leçon : je vais continuer sur la route d’une vie plus saine et équilibrée, tout en prêtant plus d’attention à mes limites potentielles. Car au fond, je l’ai déjà dit, il faut s’écouter soi intérieurement, écouter son intuition pour être heureux.

Il ne faut pas être sage plus qu’il ne faut, mais l’être avec modération. Saint Paul

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