6 affaires indispensables dans le sac d’un backpackeur

Des listes d’affaires à emporter dans votre sac pour votre voyage (que ce soit un weekend prolongé ou un tour du monde), vous en trouverez des tas sur le net. De la liste minimaliste où vous partez avec un(e) caleçon/culotte et un t-shirt à la liste exhaustive où vous aurez même un oreiller gonflable, il y a le choix. Mais ce n’est pas à moi de vous dire si vous devez mettre un t-shirt de plus ou de moins dans votre sac, non.

En revanche, je peux vous dire quelles sont les affaires dont je ne pourrais personnellement plus me passer après mes 7 premières semaines de tour du monde. Des affaires que vous ne trouverez pas forcément dans d’autres listes, mais auxquelles vous ne prêterez même plus attention tellement il sera devenu utile et normal de les utiliser.

 

1) Des sacs Compactor

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Ce sont de gros sacs en plastique façon zip-lock mais compressibles. Du coup ça vous permet de compartimenter vos vêtements et avoir un sac super organisé, réduire nettement la place que prennent vos habits en les compressant, et puis surtout les garder au sec. En effet, même avec une housse de pluie, lorsqu’il pleut comme vache qui pisse, personne n’est malheureusement à l’abri d’une infiltration d’eau dans son sac… Autant vous dire que j’ai tout de suite adhéré à cette invention simple, mais tout à fait géniale !

 

2) La gourde Water-to-go

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C’est LA gourde dont on ne se passe plus en voyage grâce à son filtre intégré. Car des possibilités de purification de l’eau il y en des tas, mais l’avantage de la Water-to-go c’est que c’est écolo (pas besoin d’acheter 3 bouteilles d’eau par jour), et qu’en comparaison des pastilles il n’y a pas besoin d’attendre 2h avant d’avoir de l’eau potable. En plus, mes tests dans différents pays ont été plus que concluants : l’eau a toujours bon goût et je ne suis jamais tombé malade ! Avec cette gourde c’est aussi simple que cela : remplissez et profitez tout de suite !

 

3) Des t-shirts en laine de mérinos

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La laine de mérinos, c’est de la laine qui respire : les t-shirts sèchent en rien de temps et évitent les odeurs au bout de plusieurs jours de portage. Du coup, j’en utilise systématiquement pour partir en trek ou simplement lorsqu’il fait trop chaud en ville et à chaque fois je me dis que j’ai fait le bon choix !

 

4) Le savon Dr. Bronner

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C’est un savon mais pas que : il fait aussi shampoing, lessive, dentifrice, mousse à raser et j’en passe. Résultat : au lieu de vous trimbaler trois/quatre bouteilles dans votre trousse de toilette, vous avez juste ce savon en version solide ou liquide. Votre dos vous en sera très reconnaissant, croyez-moi. Je n’ai malheureusement pas encore testé tous les usages du savon tellement il y en a, mais pour le corps, les cheveux et le linge, c’est le top du top ! Et le bonus écolo : c’est du 100% naturel.

 

 

5) Une liseuse

 

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Des centaine de milliers de livres dans un seul appareil léger ? C’est possible. Et quand on porte toutes ses affaires sur son dos à travers villes, mers et montagnes, ça devient vite indispensable.

 

6) L’application maps.me

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Bon, ce n’est pas vraiment une affaire à proprement parler… Ceci dit, je dois vous en parler, car je ne pourrais certainement pas y renoncer. Maps.me c’est Google Maps mais en hors ligne (seul petit bémol : certaines adresses référencées n’existent plus). Ainsi, plus besoin de changer de carte sim à chaque pays, il vous suffit de télécharger la carte dont vous avez besoin juste avant de partir. Ah oui j’oubliais : c’est gratuit !

 

C’est en route que l’on voit si les bagages sont bien chargés. Proverbe italien

 

Kirghizistan : premières impressions (Bichkek et alentours)

C’est fou ce que le temps passe vite ! J’ai l’impression que mon tour du monde avec ma compagne débute à peine, et pourtant non, cela fait déjà 4 semaines que nous sommes partis. Partis pour ce pays encore inconnu de la plupart des gens, du moins lorsqu’il s’agit de le localiser sur un globe. Allez, je vous aide : c’est un petit pays d’Asie centrale recouvert à 70% de montagnes, niché entre la Chine, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kazakhstan.

 

Ce qui me marqua dès notre arrivée à Bichkek, la capitale du pays, ce fut le nombre incroyable de français parmi les touristes. Je quitte à peine mon pays que m’y voilà partiellement replongé. C’est tout de même le comble. Le retour en « France » fut cependant bref. L’arrivée du bus navette depuis l’aéroport vers la ville me ramena très vite à la réalité une fois séparé de mes concitoyens.

 

Le voyage pouvait enfin commencer. Quand bien même je n’avais justement pas encore réalisé que le tour du monde avait commencé, je ne manquais pourtant pas d’observer et de m’immerger dans mon nouveau lieu de vie temporaire.

 

Bichkek, une ville étendue

Bichkek est une ville qui manque de caractère : de ces larges avenues tracées par les soviétiques, seules les belles lignées d’arbres viennent agrémenter le tout. C’est une ville néanmoins intéressante de par son animation, et il est aisé de trouver de bons restaurants et cafés, tout aussi bien que de manger pour pas cher du tout. Enfin, ce doit être mon côté parisien amateur de grandes villes qui apprécie ce remue-ménage et cette excitation, ce n’est pas le cas de tout le monde.

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Une ville qui manque quelque peu de charme…
Mais à part ça, je dois dire qu’on en a vite fait le tour : quelques monuments, mémoriaux ou parcs par ci par là, et voilà. Enfin, on a vite fait le tour… manière de parler, la ville est en réalité très étendue.

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Un des monuments qui agrémentent Bichkek
Nous avons d’ailleurs fait les frais de la taille hégémonique de la ville. La navette qui relie l’aéroport à la ville nous ayant déposé à la gare routière de l’ouest, elle-même située à plusieurs kilomètres du centre-ville, nous avons dû nous farcir une bonne marche, chargés d’environ 18 kilos chacun, en plein soleil sous 37 degrés. Quelle poisse ! (Ai-je pensé sur le moment). Ce que je ne savais pas encore, c’est qu’une fois enfin arrivés au centre (sur Chuy, l’avenue centrale de Bichkek), notre périple n’était pas terminé. En effet, nous cherchions un logement et n’avions rien réservé. Préférant voyager libre, nous nous abstenons quasi-systématiquement de faire des réservations, afin de n’être ni attaché par un lieu ni par une date à respecter. De plus, mon guide indiquait que même en haute saison, il n’était pas nécessaire de réserver à Bichkek. Mais le destin avait décidé de nous faire payer notre chère liberté pour cette fois-ci : on s’est retrouvés à errer dans la ville tels des vagabonds désespérés, en essayant plusieurs auberges de jeunesses toutes plus pleines les unes que les autres et chacune séparée de plusieurs kilomètres de l’autre… Après quasiment une journée entière à user nos jambes et nos dos sous la chaleur écrasante, nous avons enfin trouvé un toit. Ce dernier prit la forme d’une auberge en plein centre où nous avions une chambre généreusement spacieuse avec lit double et meubles de rangement. Une jolie récompense après une journée que je ne suis pas prêt d’oublier.

 

Une bonne chose à faire à Bichkek : manger (local) !

Je n’oublierai pas non plus nos découvertes culinaires dans la capitale. Notre tout premier restaurant au Kirghizistan fut un petit restaurant local, que nous avions déniché en pleine recherche de logement lors de notre fameux premier jour. Il ne payait pas de mine de l’extérieur, c’est à peine si on pouvait deviner qu’il s’agissait d’un restaurant depuis dehors, à moins d’y attarder un peu plus son attention. On s’est installés à une table, avons posé nos gros sacs avant d’essayer de demander un menu dans notre russe quasi-inexistant. Ici au Kirghizistan, on parle russe et kirghize (du coup on s’était mis en tête d’apprendre un peu le russe pour faciliter les échanges, mais nous ne sommes jamais allés très loin). Puis on a essayé de commander. Après quelques tentatives de communication plus ou moins fructueuses, on a réussi à commander un plat. Il s’agissait de Mantys, de délicieux raviolis fourrés de mouton, de sa graisse, et d’oignons. Un régal de gras. Que nous avons d’ailleurs pris l’habitude de régulièrement commander au restaurant.

 

Une autre découverte culinaire fort agréable fut celle que nous avons fait au bazar Och, à l’ouest de la ville. Bazar qui porte le même nom que la ville du sud du pays fameuse pour… son bazar.

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Le bazar Och à Bichkek
En déambulant dans les allées du bazar, nous sommes tombés sur un petit restaurant au bout d’un recoin où nous avons eu le bon flair d’aller fourrer notre nez. Nous nous sommes accordés ma compagne et moi pour commander un plat dont le nom ne nous évoquait rien : des Oromos. Ça ressemble à des Mantys mais en plus gros. La garniture en l’occurrence n’était pas exactement la même : il y avait du mouton bien sûr, mais aussi de la ciboulette pour agrémenter le tout. C’était très bon, notamment avec cette sorte de ketchup épicé que les kirghizes semblent rajouter dans de nombreux plats.

Le bazar nous a aussi permis de trouver un autre restaurant, moins caché celui-là, mais qui fut néanmoins digne de la découverte. Nous y avons goûté le Plov, un plat composé majoritairement de riz, avec en plus des carottes râpées ainsi que des petits bouts de viande (souvent du bœuf). Encore une fois, cela baignait dans l’huile, à se demander s’ils y ont versé une bouteille entière. Je force bien sûr le trait, mais j’ai remarqué que les supérettes vendaient des bouteilles de 5 litres, là où en France on trouverait des bouteilles d’un litre. Mais bon, le gras donne bon goût, « le gras c’est la vie » comme disait Karadoc dans une célèbre série française.

 

Dernier essai de cuisine locale que nous avons fait à Bichkek : il s’agissait d’un restaurant typique assez connu du nom d’une ville de sud du Kirghizistan : Djalalabad. Nous avions trouvé l’adresse dans notre guide. Ce lieu était typique non seulement pour la nourriture (je vais y venir après), mais aussi pour ses Takhtan : il s’agit de plateformes surélevées, cernées par une barrière basse sur son long et ponctuée en son centre d’une large ou longue table basse. Des coussins viennent apporter le confort nécessaire tout du long de cette table.

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Des Takhtans (joli et cosy non ?) 
C’est là que nous avons goûté pour la première fois le Laghman, un plat que mangent régulièrement les kirghizes. Il y a deux versions : une avec bouillon, une sans bouillon où les éléments sont sautés à la poêle. Pour cette fois, nous avions la seconde. Ce fut délicieux, cela nous a fait penser à la cuisine du sud-est asiatique. Et pour cause : c’est un plat ouïgour, une ethnie originaire de Chine. Il était constitué de nouilles longues (qui font référence à la longévité, c’est la seule raison pour laquelle elles sont longues, car il faut avouer que ce n’est pas toujours pratique à manger), de légumes (souvent du poivron et des pommes de terre, mais parfois aussi parfois des haricots, des tomates ou autre), et de viande (de bœuf le plus souvent).

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Laghman : nouilles, boeuf et légumes

En somme, la cuisine kirghize est loin de ce qui est souvent décrit tant bien sur le web que dans les guides : on ne mange pas que du mouton, encore moins les yeux, du moins dans les restaurants. En revanche, il y a effectivement de la viande partout mais pas nécessairement en grande quantité, et c’est généralement très gras. Au final, cela fait de la cuisine kirghize une cuisine riche et très bonne au goût mais à compléter si vous le pouvez par des fruits achetés au marché. Il est heureux que le Kirghizistan soit généralement l’occasion de faire de la randonnée et d’éliminer par la même les calories en trop.

Si jamais l’envie vous prend de faire une pause café occidental, je vous recommande fortement le Chuykoff (Чуйkoff), c’est un café central équipé du wifi pour donner des nouvelles ou glander sur facebook si le cœur vous en dit. Mais bien plus important que cela, il dispose d’une terrasse sympathique et sert des thés glacés à tomber ! Même si on est censés se méfier de l’eau à l’étranger, après un mois ici on a jamais eu aucun problème avec les thés glacés ou les légumes crus (par contre on a pris soin d’éviter de boire directement au robinet), le fait d’avoir des montagnes et donc des sources toutes proches doit aider.

 

Randonnée et paresse à Ala Archa

En parlant de montagne justement, c’est à la randonnée que nous nous sommes justement attelés après nos trois jours passés dans la capitale kirghize. A 40 kilomètres seulement au sud de Bichkek sont plantées de majestueuses montagnes que l’on peut d’ailleurs apercevoir par temps dégagé dans certaines rues de la ville. C’est là que nous nous sommes rendus, plus précisément au parc national de Ala Archa. Randonnée donc… mais aussi flânerie et pique-niques dans les environs.

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Petit-déj en bord de rivière…
Les paysages alpins du parc sont tout simplement touchants de beauté. C’était vraiment ressourçant de passer du temps là-bas. 

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En pleine randonnée, un peu d’eau issue des glaciers pour se fouetter le visage et on repart !
Ressourçant non seulement lors de la randonnée qui fut un émerveillement renouvelé à chaque seconde, mais également lors du temps que nous avons passé près d’une charmante rivière, où des locaux sont venus partager une partie de leur pique-nique avec nous. Ils nous ont gentiment apporté un plat ressemblant à une ratatouille avec du bœuf ainsi que le pain blanc typique : le Tandir Nan. Il est en forme de couronne et cuit collé sous la voûte d’un four en glaise. Un régal.

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Plein de Tandir Nans… Miam !
Au fait, je ne le vous l’ai pas encore dit, mais pour le Kirghizistan et la Mongolie, j’ai décidé de suspendre temporairement mon végétarisme. Pour une raison pratique déjà : la viande est omniprésente, il est difficile de l’éviter, à moins de se nourrir de salade ou d’acheter du pain et du fromage. Et c’est là qu’intervient justement la deuxième raison : je ne suis pas venu au Kirghizistan pour bouffer du pain et du fromage. Voyager c’est pour moi découvrir une culture, et la cuisine en fait naturellement partie.

 

Voici comment s’achevèrent nos 5 premiers jours dans celle qu’on surnomme la Suisse d’Asie centrale.

Tour d’un monde

Jusqu’à la dernière minute j’ai cru que je finirai par réaliser ce qui nous arrive ma fiancée et moi avant de partir. Et puis tout s’est déroulé si vite à la fin : tout à coup c’était au revoir les amis, puis au revoir la famille, et bien sûr au revoir Paris la belle. Je pensais que j’aurais plein de temps pour être excité et réaliser pendant les deux mois passés à Paris pour les préparatifs et pour voir famille et amis, et bien non. Je n’en ai pas eu le temps, car j’étais occupé à autre chose. C’est seulement maintenant que nous sommes au Kirghizistan depuis deux semaines que je commence à réaliser. Il fallait donc voir pour croire…

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Finalement ce tour du monde, je pense qu’il va falloir l’apprivoiser tant c’est une expérience unique et inhabituelle, tant cela sort des sentiers battus. A force de lire des blogs, forums et pages facebook sur ce sujet, on a presque fini par croire que c’était normal de partir un an en voyage. Pourtant ça ne l’est pas, et ça reste ainsi difficile à appréhender. Car même si nous sommes de plus en plus nombreux à le faire, on ne fait tout de même pas un tour du monde tous les quatre matins en un claquement de doigts. Et pour cause : quitter son boulot, quitter son appart, c’est bien quelque chose de spécial.

Et puis…Un an. Un an c’est long. Nous étions partis au maximum 2 mois en Asie du sud-est, c’est déjà pas mal, mais à côté ça reste peu. Un an donc à profiter, un an à voir des paysages comme on ne pouvait qu’en rêver, un an à faire et défaire les sacs-à-dos tous les deux jours, un an à rencontrer des gens de toutes sortes, un an dans les bus locaux, un an avec des vêtements pas toujours propres, un an à déguster des plats plus originaux/bizarres les uns que les autres et j’en passe.

 

Oui, un an de voyage c’est long, et je crois qu’en fin de compte il faudra bien cette année pour le réaliser.

 

Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. Lao-Tseu

C’est quoi un tour du monde ?

Mon tour du monde avec ma fiancée approchant à grand pas (on part début août), je commence à y penser de plus en plus après la retombée faisant suite à la grande décision. Et je me suis interrogé plus en profondeur qu’avant sur ce que cela signifiait exactement que faire un tour du monde (j’avais en effet déjà écrit un article à ce sujet).

J’ai réalisé qu’il y a plusieurs façons de voir un tour du monde. Et bien sûr il n’y en a qu’une de « valide » selon moi.

 

Ce que ça n’est pas

Ce n’est pas une course, une collection de pays sur une liste. Ca va peut-être vous faire rigoler, mais certaines personnes le voient comme cela. Dans son livre « L’homme qui voulait voir tous les pays du monde » André Brugiroux, un célèbre globe-trotter décrit la rencontre d’une jeune femme qui était fière d’annoncer le nombre de pays qu’elle avait « faits ». Déjà, je n’aime pas dire qu’on « fait » un pays. Enfin moi-même j’utilise encore couramment cette expression, mais je trouve cela totalement déplacé en réalité et cherche à m’éloigner de cette mauvaise habitude langagière. Parce que cette idée de « faire » un pays rejoint précisément l’idée d’une liste avec des choses à rayer. Le but étant d’en faire un maximum. Ridicule. On en oublie la saveur, on en oublie pourquoi on est là, à toujours courir après la prochaine destination, sans même avoir eu le temps d’ouvrir les yeux sur là où on était à l’instant. Pour preuve du ridicule, la jeune femme évoquée par Brugiroux passait seulement une poignée de jours par pays, afin de pouvoir ensuite prétendre être la plus jeune personne au monde à avoir « fait » autant de pays. Absurde.

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Ce n’est pas un concours photo Instagram. Vous savez ce genre de photos qui rendent morts de jalousie tous les suiveurs d’un-e célèbre voyageur-se sur Instagram. Ce que vous ne savez pas c’est l’envers du décor. Les heures passées à choisir le lieu idéal, comment cadrer la photo, le filtre à utiliser, la tenue du protagoniste, la pose du protagoniste, etc etc. Ca n’en a pas l’air comme ça, mais c’est du boulot, et c’est loin d’être aussi détendu que la photo le laisserait suggérer. Et ce encore une fois, au détriment de l’instant présent, au détriment de la découverte réelle d’un pays, d’une culture et de bien d’autres choses. Je ne dis pas que prendre des photos est interdit ou stupide, loin s’en faut. Mais se faire bouffer par sa dépendance aux réseaux sociaux alors qu’on a la chance de pouvoir vraiment vivre quelque chose d’extraordinaire m’attriste au plus haut point. La situation diffère légèrement si c’est dans le cadre professionnel (les blogueurs et autres qui vivent de leur voyage), dans le sens où c’est leur gagne-pain et non une vulgaire addiction. Mais l’empiétement des réseaux sociaux sur la partie immersion, découverte et expérience du voyage a également lieu, certains nomades admettent d’ailleurs eux-même volontiers le tort que cela peut leur causer.

Ce n’est pas une année sabbatique et après tout s’arrête. J’ai même rédigé un article « Le voyage comme mode de vie, un rêve ? » pour illustrer mon anticonformisme à ce sujet. Le tour du monde c’est le début d’une nouvelle vie, pas une simple parenthèse avant de retrouver « la vraie vie ». En effet, qui a décidé pour moi ce qu’est la vraie vie ? C’est tout de même incroyable ça que de se laisser dicter ce qui est vrai ou non, chacun a assez d’esprit critique pour pouvoir juger pour soi. Ce n’est pas parce que voyager en permanence reste peu fréquent dans notre société qu’il relève pour autant du domaine de l’extraordinaire ou du surnaturel. Bien sûr que tout n’est pas faisable, mais de là à dire non avant même d’avoir essayer… Quel dommage.

 

Ce que c’est vraiment

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Un tour du monde, qu’on l’entende par le fait de parcourir la circonférence de la terre ou par le fait d’en parcourir tous les pays, c’est d’abord et avant tout une expérience humaine. J’ai lu sur certains blogs ou pages Facebook de nomades que faire un tour du monde, c’est faire un tour de soi. Et je ne suis on ne peut plus d’accord avec cela. Ce n’est donc pas tant une rencontre des autres ou d’autres cultures que de soi-même (j’évoque la rencontre de l’autre et d’autres cultures dans mon article Pourquoi je vais faire le tour du monde ?)

Dans tous les cas, c’est bien cela que je chercherai lors du voyage. Découvrir mes limites, mes réactions face à des problèmes et des situations tant inattendus les uns que les autres, ouvrir mon esprit face à des choses que je n’aurais jamais imaginées dans mon confort quotidien. A cet égard, de façon générale, le voyage physique, l’acte de se déplacer est donc un voyage en soi-même. Apprendre à se découvrir, apprendre qui on est pour s’améliorer.

Il s’agit donc de se découvrir pour enfin réellement être soi. Car combien d’entre nous, moi compris jouons trop souvent des rôles ? Peur de blesser l’autre, peur d’être rejeté etc. Ce sont ces peurs souvent inconscientes, mises en exergue par la société qui nous donnent envie de rentrer dans le moule, faire partie d’un groupe, suivre la tendance etc. Dans une vie humaine c’est souvent : grandir, se rebeller, faire des études correctes, « s’assagir », trouver un boulot stable, rencontrer quelqu’un, devenir propriétaire, faire un enfant… attendre, mourir. Le problème il est là : « s’assagir ». Non pas que nous devrions rester d’éternels enfants ou adolescents. Mais nous ne devrions pas renoncer à nos rêves, nous devrions suivre nos intuitions infantiles. Car pour moi, un enfant, étant donné qu’il n’est pas encore formaté par la société est beaucoup plus spontané, il sait être lui-même, sans voile, sans faux-semblant ou attitude surfaite, il sait ce qu’il veut au fond de lui. Devenir adulte, au final, c’est savoir adapter ses envies à la « réalité » de la société. Mais c’est malheureusement souvent synonyme de sacrifice en réalité irrationnel et empêchant une personne d’être heureuse. Bien sûr qu’il faut être conscient de la société et de ses règles. Mais cela ne doit pas signifier sacrifier ses envies réelles puisées au fond de soi pour cela ni y cacher sa personnalité.

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La société nous amène à rentrer dans des cases bien souvent trop petites et ne permettant pas à un être de s’épanouir tranquillement. Il devrait y avoir autant de cases que d’êtres humains sur cette planète, ou même, pour pousser la logique jusqu’au bout, plus de cases du tout ! Car classer, c’est délimiter, délimiter c’est enfermer, emprisonner, et donc restreindre, diminuer et appauvrir. Certes, classer, nommer, catégoriser est d’une grande aide pour organiser la société et notre vision du monde. Mais cette manière de faire n’en reste pas moins une grossière approximation, capable d’ailleurs de conduire aux pires amalgames et préjugés irrespectueux de la singularité de chaque être.

 

Et partir autour du monde, se libérer de ce carcan, c’est à mon sens, pour moi, le meilleur moyen d’atteindre mon bonheur. Me rencontrer moi, libérer mon esprit de toute règle non formelle (donc règles qui ne sont pas la loi mais que nous respectons tout de même) et de cette façon m’épanouir.

 

Qui mieux que vous sait vos besoins ? Apprendre à se connaître est le premier des soins. Jean de La Fontaine

Les 4 destinations qui me font rêver

Vous ne vous êtes jamais dit « ahh un jour, j’aimerais tant aller au Sri Lanka/Suriname/Japon/Ouzbékistan ! » ? Ben moi si. Que vous ayez déjà voyagé ou non, une bonne partie d’entre vous s’est sûrement fait cette réflexion. Ce sont ces pays dont on fantasme, sans que ce soit forcément rationnel, car ces images que l’on en a sont parfois fortement alimentées par notre propre imaginaire ou celui de la société.

Alors en général, ces destinations qui font rêver changent, en fonction de ce qu’on lit sur internet ou dans un livre, ce qu’on entend etc. Dans tous les cas, en ce moment et depuis quelques mois, moi c’est ça :

 

1) La Patagonie

Des paysages extrêmes et variés en même temps, un climat inattendu pour l’Amérique du sud, enfin, le bout du monde quoi. Entre les montagnes à pic, les lacs immenses à moitié couverts par un glacier, les cascades, les vallées vertes et les plaines arides, il n’y aura jamais assez pour contenter quelqu’un qui a très soif de beautés naturelles comme moi. Mais c’est justement pour cela que je désirerais m’y rendre. Pour être coupé du monde, dans un endroit parfaitement conservé (car difficile d’accès), merveilleux et intense à la fois. C’est mon rêve d’aventurier (attention ça aussi c’est ce que j’envisage de devenir 🙂 pas ce que je suis), de rêveur et d’amoureux de la nature.

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2) L’Himalaya

Le toit du monde comme on le surnomme souvent, un spectacle époustouflant qui ne peut laisser indifférent. Si vous ne l’avez pas encore visionné, je vous recommande très fortement le film « Everest ». Ce film est d’une beauté… C’est une épopée humaine qu’on se prend en pleine figure, ça décoiffe, ça remue, et vous sortez du cinéma rêveur. Moi après ce film, je me suis dit que je devrais être plus aventurier. Attention je dis pas que je vais aller faire l’Everest, car encore faudrait-il le pouvoir (ça coûte très cher, et faut déjà être un sportif aguerri). Non, mais être moins peureux/timide pour aller randonner dans des endroits un peu isolés ou difficiles. N’importe où ferait l’affaire en réalité, mais l’Himalaya a cette image de Saint Graal, d’objectif dont rêvent tous les randonneurs/alpinistes. Moi y compris, sans pour autant être un randonneur chevronné. Faire face à une forme d’absolu, la nature dans toute sa puissance, extrême et si belle. Te subjuguant jusqu’au plus profond de toi-même.

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3) L’Islande

Ah l’Islande… Terre volcanique à la mode depuis le film Walter Mitty, elle n’en demeure pas moins un lieu d’intérêt, en tout cas pour moi. Certes je n’aime pas être envahi de touristes, mais parfois, enfin même souvent, cet argument ne saurait être suffisant pour me faire reculer. Comme je le disais, l’Islande est une terre volcanique. Et les volcans et moi c’est une grande histoire d’amour depuis que je suis allé en Indonésie. Sans en faire une obsession, les volcans se parent à mes yeux d’une beauté toute singulière qui s’est emparée de mon cœur. Randonner dans leur creux m’est un plaisir particulier, je me sens ému à leur contact. Les pierres basaltiques hexagonales de l’Islande si connues, les vallées vertes et les glaciers sont une image familière pour nombre d’entre nous, mais pour moi c’est devenu plus qu’une simple image, c’est devenu une envie de partir arpenter ce pays si beau.

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4) La Mongolie

La Mongolie est un pays qui a une histoire et un mode de vie encore de nos jours incroyable. Car ce sont des nomades pour encore beaucoup d’entre eux. Malheureusement c’est de moins en moins le cas, l’économie de marché capitaliste obligeant naturellement les gens à se sédentariser. Faire l’expérience de cette vie, ne serait-ce qu’un peu, dormir dans une yourte, faire des kilomètres à cheval ou dromadaire à travers les steppes de ce pays, ce doit être quelque chose. Se sentir petit, tout petit, isolé du monde « civilisé » et de l’agitation grossière des villes, embrasser la nature dans toute sa grandeur, au sens propre et figuré.

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Toutes ces destinations ne sont pourtant pas dans mon itinéraire de Tour du Monde, mais il y a trois raisons à cela :

  • déjà je ne pars pas seul, mais avec ma fiancée, et il faut tenir compte des désirs des deux parties 🙂
  • j’estime que le rêve qu’entretiennent en moi certaines de ces destinations est vraiment plus nourri d’imaginaire que de solides raisons de vouloir y mettre les pieds
  • certains endroits ne cadrent pas très bien avec mon/notre itinéraire, car il faut éviter les détours et les zigzags et de préférence visiter un pays lorsque son climat est propice

 

Et comme vous avez pu le constater, c’est avant tout une histoire de paysages, mais bon lorsqu’il s’agit de motivation reposant sur des images, c’est bien normal.

 

 

 

Trop vite, l’auto. Tant de jolies paysages où l’on ne s’arrête pas ! On laisse des regrets partout. Jules Renard

Portugal : 4 bonnes raisons d’y aller et 3 villes à voir

Après avoir passé une bonne semaine au Portugal, je vous livre mes impressions et mes pensées sur ce petit pays somptueux de son patrimoine architectural et de ses villes pleines de charmes. Le tout pour des tarifs qui n’ont pas quoi casser la tirelire. Enfin après plus d’une semaine sur place, un peu tout de même, mais bon, il fallait bien profiter !

 

Pourquoi le Portugal vaut le coup 

 

1/ L’architecture

Le Portugal possède de nombreux châteaux et palais qui sont souvent un mélange d’architecture manuéline (du roi Manuel 1er) et d’architecture maure. Le résultat est tout simplement splendide.

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2/ Le charme

Entre l’étroitesse de certaines rues, le linge suspendu aux fenêtres, les azulejos (mosaïques qui sont la spécialité portugaise, mais amenées à l’origine par les maures), et certains paysages, il faut le dire, on est vite charmés !

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3/ Les prix

Le Portugal est certes en Europe de l’ouest, mais il arrive que ses prix rivalisent avec ceux de l’Europe de l’est voire même occasionnellement avec ceux de l’Asie du sud est. En plus si vous tenez à votre confort, c’est facile au Portugal, les infrastructures sont bonnes malgré les prix peu élevés.

 

4/ Le climat

Il ne faudrait tout de même pas l’oublier. Plus d’une semaine au Portugal en plein mois d’octobre et il m’est arrivé de me promener en t-shirt. Il y a aussi eu quelques averses et un ciel couvert, mais ça a rarement duré. Sinon j’ai souvent eu droit à un grand soleil régulièrement. Et jusqu’à plus de 30 degrés au soleil en terrasse (enfin rooftop bar :)). Que demander de plus ?

 

Pour moi ce sont des raisons bien suffisantes, même si habituellement la gastronomie compte aussi, cela a fait légèrement défaut au Portugal mais principalement car je suis végétarien et les portugais sont très carnivores.

 

Mes lieux préférés

 

1/ Coimbra

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Coimbra c’est la ville dont ce serait inspirée J.K. Rowling pour ses romans Harry Potter, et pour cause : la ville a un charme fou dont je suis tombé amoureux. Se balader en pleine nuit dans ses ruelles étroites et peu éclairées, entre de vieilles bâtisses chargées d’histoire et apercevoir des capes déambuler en rigolant, c’est une expérience qui vous transporte. J’en avais presque envie d’aller m’inscrire à leur fac.

 

2/ Porto

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Deuxième ville du Portugal derrière la fameuse capitale, Porto n’en reste pas moins un lieu d’intérêt, je l’ai même préféré à Lisbonne. Sa taille plus humaine rapproche du bord de mer et confère une ambiance toute particulière qui m’a charmé. Boire un verre de porto dans un restaurant des quais est des plus savoureux. Porto a aussi une histoire qui se voit à travers ses constructions, plus ou moins encore debout, devenant ainsi un spectacle qui fascine. De plus, si vous êtes amateurs d’azulejos (évoqués plus haut), vous ne serez pas déçus, il y en a sur la majorité des façades.

 

3/ Lisbonne

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La ville dont tout le monde parle, incontournable donc. Et il faut dire qu’elle regorge d’avantages, il y a des quartiers animés en nombre (cafés, places, bars, commerces), de vieilles rues plus calmes comme dans l’Alfama (et encore, il faut trouver les rues non envahies par les touristes), une vie culturelle qui semble importante, des monuments sublimes et bien sûr la mer (mais pas de quais aménagés ou de plage à Lisbonne même). Bref, une ville qui vaut le coup d’œil, mais juste un peu trop grande pour moi.

 

 

Alors, tentés ?

Pourquoi je vais faire le Tour du Monde

Depuis que j’ai rencontré ma fiancée, la fièvre du voyage m’a pris. C’est devenu si important pour moi que nous en sommes parvenus à la décision de partir un an voyager autour du monde. Bien que partir un an pour voyager autour de la planète soit de plus en plus à la mode, je pense que ça n’en demeure pas moins une expérience exceptionnelle. Les blogs, forums, vidéos et pages Facebook sur ce thème pullulent mais ça n’en fait pas pour autant une expérience anodine. Et surtout, ce n’est pas parce que de plus en plus de personnes le font qu’il faut s’empêcher de le faire sous prétexte de ne plus faire quelque chose d’unique.

En effet même si faire le tour du monde devient commun, ça n’en reste pas moins une décision qu’il faut avoir le courage de prendre. Et voici pourquoi :

 

C’est laisser sa vie de côté…

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Partir autour du monde, cela signifie tout abandonner pour un temps : travail, logement, famille, amis.

Eh oui, c’est une décision lourde de conséquences, mais quand on sait que c’est ce que l’on veut (voyager), ça devient tout de suite plus facile. Ça n’annule pas le sacrifice, non. Je suis conscient de ce que je fais. Mais déjà il y a deux principaux aspects à ce sacrifice : le professionnel, qui est à mon avis le plus facile à mettre de côté, bien qu’il va falloir tout recommencer plus ou moins à zéro en revenant. Et le social (famille et amis actuels, je ne parle pas des gens que nous allons rencontrer sur la route) qui lui est plus dur à laisser de côté, mais je me console en me disant que ce n’est que temporaire.

Voilà, c’est ce qu’il faut être prêt à mettre dans un côté de la balance.

 

…Pour mieux la découvrir

Et de l’autre côté de la balance, il y a tant de choses…Difficile de savoir par où commencer.

Un des aspects que j’attends avec le plus d’impatience, c’est d’aller à la rencontre de l’autre. L’autre qui n’est plus ni moins qu’une version de soi légèrement différente. L’autre qui à travers ses yeux si différents, voit les choses si différemment. L’autre qui va être en fait celui qui va vous les ouvrir. L’autre qui va vous enrichir d’une nouvelle vision, qui va vous rendre plus grand, plus ouvert, plus tolérant et aussi plus fasciné encore par la diversité des pratiques, des coutumes, des modes de vies qui coexistent sur notre planète. L’autre qui va vous pousser à vous améliorer, à être meilleur pour ce monde.

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L’autre, lorsqu’il s’agit d’un voyageur aussi, n’est alors pas si différent, car vous partagez votre intérêt pour le voyage, parfois davantage, et cela vous permet de vous connecter à un total inconnu. A mon avis c’est un des sentiments les meilleurs qui soit, ce partage avec une personne qu’on vient tout juste de rencontrer. 

La rencontre avec l’autre est donc une dualité : elle vous enrichit par les différences des deux êtres et elle vous connecte par leurs similarités.  

 

Bien loin d’être négligeable à mon avis est aussi la fascination que certains paysages peuvent exercer sur moi. Lors de ce tour du monde, j’espère pouvoir être émerveillé et ne faire plus qu’un avec l’immense beauté et grandeur de la nature. Des steppes mongoles aux Andes chiliennes, en passant par les forêts laotiennes, je veux me perdre dans des paysages dépassant de loin mes rêves les plus fous, mon imagination la plus délirante. Le fait de se sentir si petit, si insignifiant jusqu’au point de ne plus se sentir exister, faire partie de ce tout pour lequel on exerce une admiration sans borne. C’est le plus beau cadeau que la planète ait à nous offrir.

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Tout aussi important pour moi, la rencontre de soi-même et le dépassement de ses limites. Faire un trekking à l’écart de tout, par plus de 20 degrés le jour sans compter l’effort physique (et moins de 0 degrés la nuit à ne pas bouger dans son sac de couchage), ne plus sentir ses jambes tellement elles sont douloureuses, en avoir ras le bol de marcher, s’arrêter, se relever, continuer, avoir mal au ventre, s’asseoir, repartir, se rappeler pourquoi on est là, continuer. Toujours continuer. Continuer parce qu’on sait qu’on est bien là, malgré la douleur physique, que cette expérience de solitude avec la nature, d’efforts récompensés par le repos, quelques gorgées d’eau ou simplement l’admiration des paysages en vaut nettement la peine. Voilà ce que j’attends aussi de ce tour du monde. Savoir être seul face à soi-même, face à ses limites mentales et physiques et apprendre à se connaître car il ne reste aucun autre choix.

 

Mais en quoi est-ce différent d’un voyage d’un mois par exemple ?

Un tour du monde, c’est tous les éléments cités avant mais de façon plus poussée, plus extrême qu’un « simple » voyage de quelques semaines. Avec autant de temps alloué, il est possible de se perdre réellement, d’aller jusqu’au bout des choses. De vraiment se déconnecter de son petit monde, d’oublier jusqu’à ses racines, ses habitudes, son pays. Oublier de vérifier ses emails, oublier le prix de la vie occidentale, oublier le confort de son appartement, oublier les mets culinaires de son pays, et découvrir un monde de possibilités, découvrir les différents mondes au sein de ce même monde.

Revenir changé. Revenir complètement différent. Avec une trace indélébile dans le cœur et l’esprit. Ne jamais oublier cette expérience et vouloir recommencer le voyage.

 

Populaire, oui, mais unique

Donc oui c’est à la mode cette idée de tour du monde, mais ça n’en reste pas moins une expérience unique pour toutes les raisons expliquées ci-dessus. Unique car ce moment m’appartiendra à moi-même, parce que je le ferai à ma manière et à celle de personne d’autre. Unique parce que c’est tellement personnel contrairement au simple tourisme de masse. Il s’agit de changer ma vision du monde, de faire ma rencontre de l’autre, de m’émerveiller devant la beauté du monde, il s’agit de me rencontrer moi.

Voilà pourquoi, ma fiancée et moi allons partir pour un voyage d’un an, un an à apprendre la vie, le monde et l’humanité.

 

Not until we are lost do we begin to understand ourselves. Henry David Thoreau