Pourquoi je ne m’abstiendrai PAS au 2nd tour

Dès l’annonce des résultats je me suis dit que je ne voterai pas, que je m’abstiendrai.
En effet, comment choisir entre la peste et le choléra ? D’autant que de toute façon, Macron va passer, non ? Alors inutile d’aller le légitimer en votant pour lui donc. Cela semble être la meilleur chose à faire. De plus, cela éviterait de faire le jeu des médias qui utilisent encore le coup du « Front Républicain » pour faire gagner ce qu’on devrait plutôt appeler « le CAC 40″…

Sauf qu’après réflexion ainsi que quelques lectures, j’ai commencé à mesurer l’ampleur de l’abstention qu’il risque d’y avoir. En effet, de nombreux pro-Mélenchon ou pro-Hamon ayant un raisonnement similaire à celui que j’ai eu d’abord, n’iront pas voter. Cela représente 26% de ceux qui ont voté au premier tour, c’est énorme. Mathématiquement, ils offriraient ainsi un boulevard au FN (ce qu’ils ne souhaitent pas, certes, mais ça serait néanmoins le cas). De plus, les gens pro-FN iront voter eux. Peut-être même une bonne partie des pro-Fillon avec eux. Et Le Pen essaie même, pitoyablement certes, mais elle essaie, de récupérer des voix à Mélenchon… Voter Macron n’est donc pas idéologique (fort heureusement) mais logique.

Dieu sait que j’abhorre Macron et sa clique (j’ai même rédigé un article contre lui) De plus, son néo-libéralisme (plus si néo que cela d’ailleurs, cela fait plus de 30 ans qu’on se le tape) est la source du vote contestataire FN. Je l’abhorre donc, mais Le Pen je l’exècre. Voter Macron empêchera au moins le FN d’accéder au pouvoir. Car comme je le disais plus haut: ne pas voter, c’est laisser une chance au FN de prendre le pouvoir.

Voter pour le moins pire, voilà ce qui arrive quand la démocratie est absente. Bien sûr, rien ne m’y oblige. Mais j’ai déjà exposé mes raisons.

A ceux qui se demandent encore en quoi le FN est pire, je vous répondrai simplement : le FN c’est le fascisme. Qu’on regarde l’histoire ou qu’on regarde ce que fait le FN dans les municipalités qu’il tient actuellement, on voit ce même pouvoir totalitaire et discriminant qui se met en place (opposition politique réduite au silence, associations humanitaires fermées etc).
Avec Macron, aussi détestable soit-il, il nous restera toujours la rue, ce qui ne sera peut-être pas le cas avec Le Pen.

Sondage pas si sage

Avec la présidentielle, c’est sondage par-ci, sondage par-là, et que je t’en foute partout pour écrire mes articles. Je m’appelle L’Obs, Le Figaro, BFMTV, Libération, TF1, L’Express, ou même Le Monde, j’ai la réputation d’être sérieux….

Mais pourtant mes sondages sont faits par des sociétés qui appartiennent à des millionnaires voire milliardaires alors qu’ils devraient être neutres. Bien sûr, je ne tiens surtout pas à vous partager ce genre de « détail », sinon vous arrêterez de me lire, ce serait dommage pour mes actionnaires. 

Pourtant, chaque sondage fait appel à seulement 1000 personnes et j’écris tout de même un article entier dessus. Je base même mes analyses qu’on qualifie de sérieuses là-dessus. Mais pourquoi faire plus, vu que l’échantillon minimum considéré comme acceptable est de 1000 justement ? Parce que je dois vous en sortir quasi-quotidiennement des sondages, j’ai envie de vous en faire bouffer, vous bourrer le crâne de mes analyses peu convaincantes, qui, à force d’être répétées le deviennent. Ainsi s’en va de la qualité, vu que je préfère la quantité. 

Pourtant, je ne cite que très rarement la méthodologie utilisée. Souvent les sondages que j’utilise sont faits en une journée sur le web à l’aide d’un questionnaire simple et rapide. Vous pensiez qu’un sondage représente la population ? Désolé de vous avoir trompé.

Pourtant, les instituts de sondages recoupent les résultats trouvés avec le nombre de voix obtenus par chaque candidat à l’élection précédente. Je ne vous explique jamais cela ni comment du coup les instituts de sondages utilisent ainsi le score de Macron pour le recouper avec celui de Hollande (qui est considéré à cet égard comme remplacé par Macron) classant ainsi Macron en tête des “intentions de vote” étant donné que Hollande a gagné l’élection de 2012.

Pourtant, je ne tiens régulièrement compte que des « gros candidats », c’est-à-dire ceux qui ont les plus fortes intentions de vote. C’est d’ailleurs moi qui ai décidé qu’un candidat est important parce qu’il a de fortes intentions de vote, et non parce qu’il a éventuellement des idées intéressantes, ça se saurait si on devait parler des candidats pour leurs idées plus que pour leur « popularité ».

Pourtant, et surtout, je vous parle des sondages comme s’il s’agissait d’une prophétie auto-réalisatrice car, des études l’ont prouvé, les sondages influencent votre opinion, ce que je me garde bien de vous dire bien sûr. Mais c’est logique après tout, j’appartiens à Niels, Bolloré, Dassault ou une autre fortune du pays qui a des intérêts à faire jouer. Je vous parle des sondages comme si l’élection avait déjà eu lieu, mais bon vous vous y êtes habitués, car j’ai bien fait mon boulot de lavage de cerveau.

 

Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion. Paul Valéry

Macron, piège à cons ? (2/2)

Après avoir démontré dans la première partie de cet article que Macron était précisément l’inverse d’un rebelle et qu’il est le digne héritier d’un système qui n’a cure des besoins du peuple dès lors qu’il ne fait partie de l’élite à laquelle il appartient, je ne souhaitais pas m’arrêter en si bon chemin. Car mettons que vous croyiez toujours au miracle de renouveau Macron, ou bien même que vous n’y croyiez pas mais que vous pensez tout de même qu’il a malgré (ou grâce à) son côté élitiste un bon programme économique, je vais vous prouver qu’il n’en est rien. 

Relancer l’économie ?

Le peu qu’on sait de ce qu’il compte entreprendre fait peur. Pour exemple prenons son ambition annoncée de supprimer l’ISF pour les actionnaires. L’idée est de permettre aux entreprises d’avoir de quoi investir. Mettons qu’on y croit une seconde, et regardons dans le passé ce que le gouvernement (sous l’insufflation de M. Macron bien entendu) a mis en place dans ce même esprit (relancer l’investissement des entreprises pour relancer l’économie, l’emploi etc.) : le CICE (Crédit Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi). Le but était que les entreprises puissent réinvestir notamment dans l’emploi . Cependant les différents rapports mettent en lumière que la création d’emploi était très faible voire inexistante. Même Hollande admet « probable un effet direct de l’ordre de 50.000 à 100.000 emplois créés ou sauvegardés sur la période 2013-2014 ». Contre 1 000 000 annoncés par Gattaz  (monsieur Medef). Ah oui ça il a su réclamer les sous pour les copains, après, il n’est plus responsable de rien. De plus, il faut faire attention à bien déchiffrer la phrase de Hollande : entre « probable »(oui rien que ça), « créés OU sauvegardés » (alors que cela devait créer, pas « créer ou sauvegarder ») et la fourchette de 50 000 à 100 000, c’est du grand n’importe quoi. Tout ça nous coûte tranquillement 1% du PIB. Le pire ? (oui oui car il y a pire) Un rapport d’un des organismes du gouvernement rajoute également qu’il y a eu « une amélioration sensible des marges des entreprises ». Voilà. C’est officiel, c’était bien pour les copains. Et M. Macron futé comme il est veut nous imposer une mesure similaire. On ne dormirait pas debout parfois ?

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Vous remarquerez d’ailleurs que tout bon libéral (au sens économique et non moral) vous dira toujours que les entreprises et donc ses investisseurs ont besoin d’argent pour… investir justement, notamment dans l’emploi, la recherche etc. Bref ce sont les dieux auxquels nous devons faire offrande dans l’espérance du salut. Oui mais voilà ce n’est pas comme ça que ça marche, parce que l’argent ils le prennent et ils le gardent. Le seul moment où les entreprises investissent c’est lorsque c’est nécessaire pour augmenter le chiffre d’affaire. Autrement non. Et ne me dites pas qu’ils ont d’autres objectifs que le chiffre d’affaire car c’est faux, ça reste l’objectif principal de toute entreprise, il ne faudrait pas oublier que le système s’appelle « capital-isme ». Donc si on leur offre sur un plateau d’argent (que dis-je ; de platine) le CICE par exemple ils se servent directement, sans investir un kopeck. Vous pensez que j’exagère ou que ce que je crache mon venin sur le CAC40 de façon injustifiée ? Alors prenons une fois de plus des faits tangibles pour le prouver : le montant versé par les entreprises du CAC40 à leurs actionnaires en 2016 a augmenté de 77% (c’est-à-dire quasiment multiplié par deux, rien que ça) par rapport à 2015. Et le souci c’est que la libéralisation croissante encourage la redistribution des richesses vers les actionnaires. Pour comprendre comment cela marche, je vous conseille fortement de visionner la vidéo de Data Gueule. Cela est à mettre en relation avec la création d’emploi… relativement faible en 2016 : 178 000-47 000 = 131 000, on cherche toujours les 1 000 000 de Gattaz. Les 47 000 de ces créations que je me suis permis d’ôter sont du vent : une simple histoire de papiers administratifs, mais aucune embauche correspondante.

On se targuera ensuite fièrement d’être un pays riche, mais regarde-t-on jamais qui détient le capital, comment il est réparti ? Combien y a-t-il de pauvres ? Combien y a-t-il de riches ? Les médias et politiciens semblent obnubilés par le PIB et sa sacro-sainte croissance, mais les 9 millions de pauvres en voient-ils jamais la couleur ? De plus, à force de nous répéter son importance, ils finissent par nous obnubiler également, on deviendrait presque aveugle à notre propre sort. En grossissant un peu le trait, à en croire le discours ambiant, on aurait presque l’impression que tout le monde va bien et s’enrichit tant que la croissance est là. Pourtant, n’importe quelle personne qui n’a jamais étudié l’économie voit bien l’erreur de raisonnement tellement elle est aberrante. Ainsi il est bien clair qu’il n’y a pas d’économie à relancer, puisque la richesse est là : le PIB est toujours en hausse même faible, les marges augmentent, les patrons augmentent leurs salaires… Bref, l’argent ne manque pas, pourquoi alors vous faire croire qu’il en faut davantage ? Pourquoi ne pas se poser la question de sa répartition ? Attention aux nuances, je ne dis qu’on a pas besoin d’argent, je dis simplement qu’on a déjà bien assez, il n’est simplement pas dans les bonnes poches.

Et qu’on ne me rétorque pas : s’ils sont riches, c’est qu’ils l’ont mérité, c’est qu’ils ont travaillé dur. Ah oui ? Des vrais self made men/women, il y en a bien quelques un(e)s, mais les gens dont on parle ici naissent avec une cuillère en argent dans la bouche. Ils ont accès à des études coûteuses, à un réseau de contacts bien placés, etc… De plus, il faut considérer ceci : un patron du CAC40 gagne plusieurs siècles de SMIC en un mois (oui rien que ça…), pensez-vous vous réellement en votre for intérieur qu’un grand patron est plusieurs centaines, voire milliers de fois plus méritant que le salarié se trouvant en bas de la hiérarchie ? A-t-il 1000 fois plus de compétences ? A-t-il travaillé 1000 fois plus dur ? A bon entendeur…

Travailler plus, sans gagner plus ?

Autre mesure détestable de Macron : la flexibilité du temps de travail (notamment par la fin des 35h pour les jeunes). Vous allez me dire, pourquoi ne pas laisser chacun travailler selon ses besoins, ses envies ? Pourquoi encadrer cela ? Enfin en tout cas c’est que dirait un bon libéral. Seulement voilà, Macron veut que la flexibilité passe par des accords de branche. Or qui a l’avantage dans de telles situations ? Certainement pas vous, puisque le chantage à l’emploi est déjà actuellement omniprésent (étant donné que le marché de l’emploi est tendu). Donc vous clouerez gentiment votre bec de peur de devoir aller pointer à pôle emploi juste après. Et du coup, tour de magie, qui a décidé de votre temps de travail ? Pas vous, mais votre patron, ou celui du voisin (puisque c’est un accord de branche, et non un accord d’entreprise). D’autant que ce sera souvent pour travailler plus et non moins, en tout cas pour les jeunes, sans qu’on sache si vous serez mieux payés. Macron ne s’en cache pas d’ailleurs :

« Quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas assez. On veut travailler plus, on veut apprendre son job. Et puis, il y a un principe de réalité. Un entrepreneur raisonne ainsi : ce jeune n’est pas qualifié, je veux bien l’embaucher mais il va apprendre son job en entrant dans mon entreprise, donc il faut qu’il effectue davantage d’heures. »

Le « principe de réalité ». J’ai failli m’étrangler d’énervement en lisant cela. Ce fameux principe qui vient vous faire doucement avaler tout et n’importe quoi, en l’occurrence la pilule amère d’une jeunesse passée au service d’un patron, sans forcément vouloir lui consacrer autant de temps que ce qu’on vous y oblige. Mais se targuer d’être réaliste justifie miraculeusement tout et donne un air sérieux à M. Macron. Après avoir entendu ce mot on éteint son cerveau et on gobe ce qu’il nous dit comme parole d’évangile. Je parle plus en longueur du détournement du mot « réaliste » dans mon article « Que signifie être réaliste de nos jours ?« . Autre chose très rigolote : « quand on est jeune […] on veut travailler plus ». J’ai 28 ans et c’est loin d’être mon cas. Ni celui de plus en plus de gens de ma génération (ou d’autres) qui se réveillent et en ont marre de cette antienne inlassablement ressassée par des parangons du capitalisme, prêts à repousser les barbares de protectionnistes, altermondialistes, communistes, anarchistes et autres doux rêveurs (tout est dans le vocabulaire encore une fois, mais ici c’était bien sûr de l’autodérision). Non je n’ai pas envie de gâcher ma jeunesse 40h ou plus par semaine dans une entreprise le cul vissé sur ma chaise de bureau. Oui si je le pouvais 20h me suffiraient. Le travail ce n’est pas la vie M. Macron. Le travail ce n’est pas le salut. Il faut sortir de ce paradigme où le travail est la source jamais questionnée du bonheur (alors oui et non, c’est un peu plus complexe que cela, je discute la question dans mon article « Quitter son boulot : la libération ?« ). Source nous permettant, une fois la semaine de dur labeur achevée, une fois épuisés, de pouvoir enfin dépenser notre salaire durement gagné. J’exagère ? Vous connaissez une semaine de travail à la fin de laquelle vous vous sentez en forme?

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Je remercie M. Macron de nous dire quoi penser, c’est vrai que je n’en aurais pas été capable moi-même. Vous noterez le « je ne veux plus entendre », on sent l’envie de débattre. Et ça se dit « démocrate ». Bien sûr il y aussi l’idée de culpabiliser les chômeurs ici, nous y reviendrons plus tard.

Pourquoi le travail est au centre du modèle libéral

Mais si on veut aller plus loin et comprendre pourquoi le travail est ainsi placé sur un piédestal, il faut se demander qui fait tourner les entreprises et qui achète leurs produits. Les travailleurs salariés. Vous pourrez me dire qu’il y a besoin aussi de capital. Certes, mais ce n’est pas comme si les bénéfices des entreprises du CAC40 étaient en baisse et qu’ils n’avaient pas les moyens d’investir (ce qu’ils ne font pas). Ce n’est pas non plus comme si le PIB de la France était nul. La richesse elle est là, seulement elle est dans la poche des actionnaires (donc des propriétaires de capitaux, donc de l’élite financière), comme nous l’avons vu plus haut. Donc pour continuer à faire tourner la machine, c’est-à-dire produire ainsi que remplir les carnets de commande des entreprises, il faut des travailleurs. Là encore vous pourrez m’interrompre et me dire que c’est au contraire les actionnaires qui vont remplir le carnet de commandes des entreprises grâce à leur plus fort pouvoir d’achat. Sauf que c’est faux. La part du revenu disponible dépensé est bien plus élevée chez les personnes les plus pauvres. Et ce pour deux raisons :

  • 1/ Duesenberry, un économiste du 20ème siècle explique que les ménages se répartissent en groupes, des plus pauvres aux plus riches, et adoptent des habitudes de consommation qui les amènent à imiter les individus du groupe supérieur. Il appelle cela l’effet de démonstration. La conséquence de ce dernier est que la propension à consommer (ou bien tendance à consommer) est généralement peu sensible (inélasticité) aux fluctuations du revenu. Ainsi les choix de consommation dépendent certes en partie du niveau de revenu, mais sont modulés en fonction de l’image que le consommateur veut présenter aux autres membres de la société par ses choix de consommation. C’est pour cette raison par exemple que le taux d’équipement en smartphone est aussi élevé parmi les plus pauvres que parmi les plus riches (et pourtant un smartphone est loin d’être un faible investissement).
  • 2/ Les plus riches sont en nombre bien inférieurs que les moins riches, comme viennent nous le rappeler régulièrement les médias ou l’Oxfam par exemple : les 1% les plus riche possèdent la moitié des richesses. Comment voulez-vous relancer la consommation avec 1% de la population, dont la consommation personnelle n’est en proportion pas si élevée que cela ?

Ainsi la boucle est bouclée : la semaine est dédiée  à travailler tels de véritables machines car le capitalisme tend à mettre en place une organisation visant l’augmentation du profit par la rationalisation systémique du travail, or qu’est-ce qui est rationnel, si ce n’est une machine ?

Nous, les hommes et femmes ne ressemblons pourtant en rien à des machines ne serait-ce parce que nous sommes des êtres sensibles, émotifs, nous ne sommes pas uniquement des êtres rationnels qui analysons tout en permanence. De plus, nous nous fatiguons au travail, nous avons besoin de repos, et notre capacité de concentration est limitée : la concentration est possible par cycle de 1h à 2h, avec des intervalles de repos entre chaque à moins de vouloir se flinguer le cerveau. Mais faites-vous vraiment des pauses toutes les heures ou deux heures ? Il m’est permis d’en douter. A l’inverse, une machine peut continuer sans interruption, sans fatigue, sans coup de barre ni besoin de sommeil, il lui suffit simplement d’être branchée. Pourtant, c’est bien vers ce fonctionnement de machine qu’on vous pousse.

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La fatigue chronique, un problème récurant pour nombre de salariés

Et le soir ou weekend lorsque vous avez enfin un peu de temps pour vous, il ne reste que des miettes de votre capacité d’analyse car elle a été principalement dédiée à votre travail et votre rationalité est nettement amoindrie. Vous avez juste envie de céder à l’émotion, au plaisir facile et immédiat, à l’envie irrationnelle. Quoi de mieux pour ce faire que de consommer ? Shopping au centre commercial ou sur internet, film à la télévision, verre avec les amis, excursion en province ou au musée etc etc. (attention je ne dis pas que ces consommations sont négatives, j’explique simplement un mécanisme). Mais c’est bien normal de céder à tout cela après une semaine à travailler de façon rationnelle telle des machines, car justement nous n’en sommes pas. Et voilà qui est donc parfait pour les possesseurs de capitaux (les grandes entreprises, je ne m’attaque pas aux TPE et PME, car leur organisation diffère largement quoique leur but ultime reste le même : le profit) : vous leur fournissez la force de travail la semaine et remplissez leurs caisses le weekend. Le mécanisme, comme vous le constatez, est très bien huilé.

Comment le travail est-il mis au cœur des préoccupations ?

Mais comment la caste politique et financière vous pousse donc-t-elle pour que vous répondiez à son attente et vous mettiez en quête d’un travail, où vous satisfassiez du vôtre si vous en avez déjà un ? C’est simple, c’est comme au loto : vous espérez grâce à lui devenir gagnant. J’exagère ? L’analogie n’a rien à faire là ? Regardez plutôt : au loto vous avez un grand nombre de participants et très peu de gagnants, à tel point que le grand gagnant (celui qui décroche la plus haute somme) avait moins de chance de gagner que de se prendre un astéroïde sur la figure. Les proportions sont légèrement amoindries pour le monde de l’entreprise et du travail, mais le principe reste le même : très peu de places pour beaucoup de participants. En effet grâce à la hiérarchie verticale, une majeure partie des salariés restent en bas de l’échelle sociale car plus on monte vers les postes à responsabilités (et donc bien rémunérés) moins il y a de place. Vous allez me dire que tous les salariés n’aspirent pas à devenir PDG ou même manager d’un département. En effet, tout comme tout le monde ne joue pas au loto. Il y a dans les deux cas une proportion infime de « gagnants ».

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Ainsi en entretenant l’espoir (eh oui tout est là) d’une promotion, d’une ascension sociale, d’un avenir potentiellement meilleur, on parvient à garder les travailleurs salariés dans l’illusion et donc sous contrôle (c’est une analyse purement statistique et psychologique et non sociologique, c’est en dehors de toute considération de mérite, de chance ou autre). Tout cette illusion est aussi naturellement entretenue par l’éducation à l’école, les publicités, les informations dans les médias (qui nous l’avons vu appartiennent à ces même personnes qui ont besoin que vous leur fournissiez votre force de travail, tout est lié). Qui a jamais questionné la valeur travail à part une poignée de philosophes et sociologues ? Personne. Voilà pourquoi je me suis montré si critique à l’égard du travail un peu avant.

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Les chômeurs : de vrais boucs émissaires

Ainsi en plaçant le travail comme valeur supérieure, on le justifie et on vous pousse même à vous en procurer un à tout prix. A tout prix, c’est le mot. Il faut voir en effet à quel point les chômeurs sont culpabilisés dans notre pays, comment ils sont constamment rabroués, dénigrés, rabaissés, ce sont des « assistés », des « fainéants » à écouter l’élite politique. Facile de parler de la sorte lorsqu’on naît avec une cuillère en argent dans la bouche (je rappelle que M. Macron est le fils de deux médecins). Les statistiques prouvent pourtant que les chômeurs sont loin d’être des fainéants, une vidéo Data Gueule le montre très bien.

De plus, considérer que les pauvres et chômeurs le sont par choix, c’est une ineptie d’un point de vue socio-psychologique : il n’est effectivement pas à oublier que s’ils sont au chômage c’est parce que la plupart se sont fait licencier, ou n’ont pas encore trouvé leur premier emploi. Et s’ils ne trouvent pas d’emploi ce n’est pas forcément qu’ils ne sont pas compétents, mais c’est aussi et surtout parce que le marché de l’emploi est tendu, il faut veiller à ne pas tout mélanger. Ici les raisons expliquant le chômage sont donc principalement économiques, elles sont à attribuer au contexte et non à l’individu lui-même (ce qu’on appelle en psychologie une attribution causale externe). Cependant, il est courant de sous-estimer les causes externes et surestimer les causes internes (en l’occurrence : le chômeur est fautif).

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Mais voyons, la caste dirigeante (actionnaires, PDG, politiciens etc.) a besoin d’un bouc émissaire, comme toujours, divisant ainsi l’opinion. Auriez-vous oublié le vieil adage « diviser pour régner » ? Pas eux en tout cas. De plus, la plupart d’entre eux, qu’ils soient de gauche ou de droite, se connaissent de plus ou moins loin, voire même s’ apprécient en se rendant mutuellement des services (nous avons vu leurs liens dans la première partie de l’article). C’est ce que Marx aurait appelé une conscience de classe, sauf que pour lui, elle était plus encline à s’exprimer et se développer rapidement au sein du prolétariat, alors que les faits évoqués juste avant tendraient à prouver qu’elle s’exprime plus facilement chez les propriétaires du capital. Et par cette conscience, que j’appellerai ici plutôt solidarité de classe, la caste bourgeoise existe en tant qu’entité, aux visages certes multiples, mais unie tout de même. Concrètement cela signifie que malgré les différents candidats, faisant tous ou presque partie de cette caste, voter, revient à voter pour cette élite unie par sa solidarité, et non pour un individu. Et en nous présentant des candidats soit-disant « différents » ils parviennent à maintenir l’illusion d’un choix lors des élections.

Glorifier le travail

Parallèlement au lynchage quasi-unanime des chômeurs dans le système capitaliste libéral, on vous vante les mérites du travail. Le travail c’est l’insertion social, c’est l’intégration, car il n’y aucun autre moyen dirait-on. Travailler c’est la norme et c’est même bien mieux, c’est être épanoui, être utile, apprendre… Bref, le travail est au prolétaire ce que l’honneur était au chevalier : il est un moyen de justifier ses actions, pour le meilleur comme pour le pire. De plus, il est bien entendu que personne ne vous le présentera sous le jour sous lequel je l’ai décrit un peu plus haut. Personne ne viendra vous dire de travailler comme une machine. A la place, on vous demandera d’être professionnel, d’être efficace, d’être orienté résultat et que sais-je encore. Et puis si jamais par chance vous parvenez à monter en grade au sein de votre entreprise ou d’une autre, on vous dit que vous le méritez. Attribution causale interne, encore une fois, il n’est jamais question d’un coup de chance, ou même de façon moins sujette à débat, il n’est jamais question de contexte favorable (économie en plein boom, embauches en augmentation etc.). Au final, dans la vision libérale l’individu est entièrement responsable de son sort, que ce soit dans le travail ou le chômage, sans tenir compte du contexte dans lequel il évolue, comme si l’individu pouvait moduler son environnement selon ses désirs, comme si il avait un contrôle absolu sur ce dernier, conférant ainsi à l’individu des qualités quasiment divines. Grossière simplification, ne trouvez-vous pas ? Mais une fois encore, c’est tellement plus facile de donner des leçons lorsqu’on a la chance de naître dans la caste bourgeoise. Et je ne veux guère entendre les « mais ne serait-pas une façon de déresponsabiliser l’individu ? » Que nenni, il s’agit de rééquilibrer une situation où on jette régulièrement l’opprobre sur les individus quand bien même ils ne sont pas entièrement responsables de leur situation. Il s’agit ainsi de corriger l’approche libérale qui voit les choses de façon complètement erronée.

 

 

Alors, toujours envie de voter pour le très libéral Macron ? Il faut reconnaître que le système qu’il prône a le don de maintenir l’illusion d’un avenir meilleur, mais nous l’avons bien vu, cela n’arrive jamais, les richesses sont mal réparties, alors en continuant d’appliquer ces mêmes recettes qui ne fonctionnent pas, comment espérer un résultat différent ? Si je ne savais pas qu’il cherche à œuvrer seulement pour son intérêt et celui de sa caste politico-financière je dirais qu’il est con, malheureusement c’est loin d’être le cas, et ce, au plus grand détriment du peuple.

 

Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnait. Michel Audiard

Macron, piège à cons ? (1/2)

On aura tous entendu les médias faire l’apologie sans retenue aucune (trop peu ont passé leur temps à autre chose que l’encenser) du jeune et brillant M. Macron, le symbole de la rébellion anti-système, je dirais presque « le rempart contre la barbarie » du FN, des Républicains et de la France Insoumise (tel Jean Dujardin dans OSS 117), le renouveau politique incarné, le sauveur de l’humanité, enfin bref, tout un tas de qualificatifs plus miraculeux les uns que les autres lui sont attribués.

Enfumage.

 

Un rebelle vraiment ?

Macron donne l’image de l’anti-système, du rebelle (je vous renvoie aux différents titres de presse), il a même eu le culot d’appeler son livre « Révolution » (eh oui, plus c’est gros, mieux ça passe) mais comment en arrive-t-il là ? Et cela est-il justifié ?

Absolument pas.

Tout d’abord penchons-nous sur son passé : il a fait l’ENA, puis a travaillé comme inspecteur des finances, ensuite pour la banque Rothschild (où il a géré le rachat par Nestlé d’une filiale de Pfizer, une opération à 9 milliards d’euros, qui lui a rapporté personnellement 2 millions d’euros bruts) avant de prendre sa place au gouvernement. Son passé ne parle pas en sa faveur dans la mesure où les ponts entre privé et public sont de plus en plus nombreux, ou du moins de plus en plus exposés à nos yeux. Ne se demande-t-on pas pourquoi ? Et également si cela est un danger pour l’indépendance de l’Etat ? N’y a-t-il pas risque de corruption dans un sens plus large que celui de la loi ?

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En tout cas, corruption avérée ou non, M. Macron a un parcours tout à fait classique pour un homme politique et n’a rien d’anti-système ou de rebelle. Et c’est sans compter que lorsqu’il était ministre il s’est plié à la politique du gouvernement. Pourquoi ne juge-t-on pas les politiciens à l’aune de leurs actions plutôt que de leurs discours ? Nous ne vérifions même pas s’ils agissent en fonction de leurs soit-disant idées. Où est donc le rebelle tant vanté par les médias ? Vous pensez tout de même qu’il va changer les choses et provoquer une réelle révolution ?

 

Elections, piège à cons

Vous serez d’accord avec moi pour dire que Macron est un libéral, lui et les médias le disent sans détour aucun. Il nous rappelle aussi régulièrement l’importance du travail. Pourtant qui a été chassé à coup de vote Hollande en 2012 ? Sarkozy. De quelle tendance économique était-il ? Libérale. Que passait-il son temps à faire ? Nous répéter l’importance du travail, on n’aurait tout de même pas oublié son « travailler plus pour gagner plus » des fois ? Exactement comme Macron. Il y a des moments où j’ai du mal à suivre le peuple Français, à trouver sa cohérence. On chasse Sarkozy le libéral et maintenant on souhaite en mettre un autre au pouvoir.

En fait ce n’est pas si surprenant dans la mesure où cela reflète la tendance du peuple à un certain conformisme, s’inscrivant dans le temps comme tendance conservatrice. Par cette dernière j’entends le fait de ne rien changer, je ne fais pas référence au conservatisme moral comme on l’entend souvent. En cela le libéralisme est un conservatisme et un conformisme économique puisque nous vivons déjà dedans et qu’il représente la norme (et donc le libéralisme macronnien n’a rien de nouveau contrairement à ce que veulent nous faire croire les médias en parlant de M. Macron, sauf que dès qu’on parle de nouveauté, qu’elle soit avérée ou non, le cerveau adore, c’est de la simple chimie). L’article « Libéralisme ou conservatisme… une histoire d’ignorance et de confusion » du blog Hacking Social démontre très bien cette tendance des personnes à se conformer à la pensée de leur époque et donc à maintenir un certain conformisme.

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La Salle du Jeu de Paume, un symbole de la Révolution Française

D’accord mais cela n’explique rien me direz-vous : comment ce conformisme favorable à cette caste politique s’est-il mis en place et comment perdure-t-il ? Par la capacité à une élite bourgeoise à s’être installée au pouvoir et à y être restée. Pour vous expliquer cela, revenons un peu en arrière je vous prie. Jusqu’en 1789. La révolution française qu’on nous vante à l’école comme ayant mis en place un système démocratique grâce à la constitution de 1791 n’en a en fait que l’apparence. Il ne faut en effet pas oublier que la révolution est menée par des bourgeois, pas par le peuple, qui la soutient et qui y a été effectivement encouragé (et d’ailleurs sans qui elle n’aurait pas abouti), mais il n’est en rien l’instigateur du mouvement. Pourquoi par des bourgeois ? Le capitalisme naissant de l’époque souhaite un changement du droit de la propriété pour que les commerces des bourgeois puissent continuer à prospérer sans entrave. En effet, pendant le féodalisme (avant la révolution donc), un seigneur (un aristocrate, qui n’était « aristocrate » que de naissance) était propriétaire de terres simplement pour être né au bon endroit au bon moment et rien ne pouvait le changer. Terres soumises à son joug unique, ce qui représente un obstacle pour les marchands bourgeois dans la quête d’un accroissement de leur enrichissement. Voici comment notre chère révolution est née. Par une lutte de pouvoir, des bourgeois contre les aristocrates. J’aime mieux vous dire qu’ils ont fort bien réussi. En mettant en place ce qu’ils appellent « démocratie », ils ont réussi à leurrer le peuple qui les soutenaient.

Comment cela ? Pourtant « demos » veut bien dire « peuple » et « kratos » signifie « pouvoir » ? En effet, mais le truchement (c’est d’ailleurs bien plus qu’un truchement tellement il éloigne le peuple du pouvoir) est simple, j’ai nommé : les élections de représentants, et plus particulièrement d’un petit nombre de représentants. Alors, vous me direz que lors d’une élection, c’est bien le peuple qui est appelé à voter. Certes, mais à voter pour qui ? Il y a-t-il un des candidats réellement issus du « peuple » (peuple dans le sens où il n’appartiendrait pas à une élite détachée de ce dernier) ? Non, car qui a mis en place le système actuel ? Les bourgeois. Pour pouvoir se présenter ensuite eux-même comme représentants à élire. Voici la preuve que nos chers candidats ne sont pas des prolétaires : les parents de M. Macron n’étaient pas pauvres, loin de là car médecins, il a lui-même gagné une petite fortune chez les Rothschild. Il en est de même pour M. Hamon mais lui a été responsable des affaires publiques chez LMVH, M. Fillon, honnêtement je ne me fatigue même pas (merci Le Canard Enchaîné), Mme Le Pen est née à Neuilly-sur-Seine (banlieue résidentielle chère), a épousé un dirigeant d’entreprise et est montée au sein du FN grâce à son père (d’ailleurs elle joue la carte de l’anti-système depuis bien plus longtemps que M. Macron, cela me ferait bien rire si elle n’était pas si dangereuse). Le seul issu du peuple est Mélenchon, dont les parents étaient respectivement receveur des PTT (postes, télégraphe et téléphone) et institutrice. Il est vrai qu’il gagne désormais bien sa vie, mais on ne peut pas lui enlever qu’il vient du peuple.

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Le mode de vie de nos dirigeants… qu’on leur céderait bien volontiers si seulement nous étions réellement en démocratie

Bref, ils font tous partie de l’élite financière curieusement. Comme choix de représentants pour le peuple je trouve cela très discutable. S’ils étaient réellement « représentatifs », pourquoi n’y a-t-il pas également parmi eux des personnes issus de classes modestes ou moyennes ? Pourquoi se gêneraient-ils à soutenir en premier lieu leurs propres intérêts avant les vôtres ? Vous me direz que cela n’empêche en rien que vous puissiez faire votre choix librement (mais encore une fois, quel choix). Ah oui ? Savez-vous qu’Alexis de Tocqueville, lors de la révolution Française a dit « Le suffrage universel ne me fait pas peur, les gens voteront comme on leur dira ». Et il avait raison. D’où ce conformisme évoqué un peu avant. Si le mécanisme qui a installé cette élite au pouvoir vous intéresse, je vous recommande fortement la vidéo de Demos Kratos. En outre, à qui appartiennent les médias qui influencent constamment votre esprit (de façon plus ou moins consciente et volontaire) ? A ces mêmes bourgeois. Une poignée de grosses fortunes les détiennent quasiment tous :

  • M. Drahi : l’archi-libéral qui a dépêché M. Mourad ancien banquier et ancien patron d’Altice (le groupe média de M. Drahi) pour conseiller M. Macron dans sa campagne.
  • Famille Rothschild : la famille pour laquelle Macron a justement travaillé.
  • M. Bolloré : ami de M. Sarkozy, et ce qui nous intéresse plus ici : ami avec le patron de BNP Paribas, dont l’ancien directeur général de BNP Paribas Asset Management, Christian Dargnat gère désormais la levée de fonds et collecte de dons de M. Macron.
  • Mme Bettencourt : son mari a été sénateur, membre de plusieurs gouvernements ET dirigeant de L’Oréal qu’elle a ensuite repris.
  • M. Niel : soutient fervent de M. Macron.
  • M. Bouygues : ami de M. Sarkozy
  • M. Lagardère : ami très proche de M. Sarkozy, également ami avec M. Bouygues, M. Arnault, (ces deux-là étant dans la présente liste), M. Breton, M. Blair et… M. Strauss Kahn qui, verrait régulièrement M. Macron et dont il partage une bonne partie des idées.
  • M. Bergé : ancien ami de M. Mitterand, a financé le P.S. et soutient aujourd’hui M. Macron
  • M. Arnault : ami de M. Sarkozy (décidément encore lui), dirigeant de LMVH pour qui M. Hamon a travaillé, soutient actuellement M. Macron
  • M. Dassault : sénateur ET chef d’entreprise…

Vous vous rappelez lorsque je parlais de ponts entre le public et privé ? Le monde est petit décidément, enfin en tout cas dans la caste dirigeante. Le détail des médias que possèdent ces personnes est disponible sur Le Monde Diplomatique. Et n’allez pas croire que ce phénomène est récent, l’AFP (Agence France-Presse, oui oui celle qui est censée être neutre) par exemple a été créée par Charles Louis Havas, négociant international et banquier au XIXème siècle. Ainsi, Macron est le représentant parfait du système actuel, système d’élection qui n’est en rien démocratique, mais plutôt ploutocratique, à savoir qui donne le pouvoir aux plus riches.

 

Macron, un candidat surexposé médiatiquement

Tout est dans la communication. C’est grâce à ses amis bien placés dans les médias que M. Macron a profité d’une surexposition médiatique tout bonnement incroyable. Pour le prouver, rien de plus simple : dans les titres du Monde, de l’Express, de l’Obs et de Libération les articles évoquant le candidat entre janvier 2015 et janvier 2017 sont plus de 8000, contre 7400 pour l’ensemble de ses concurrents de gauche réunis ! (Mélenchon, Hamon, Montebourg ; ce dernier n’est effectivement plus dans la course, mais cette étude a débuté en 2015). Depuis sa nomination à Bercy il y a deux ans et demi maintenant, il a fait la Une de L’Express, de Marianne, du Point, et de L’Obs deux fois. Vous n’avez pas mangé assez de Macron ? Pas grave, la presse people se charge d’achever votre gavage : il est apparu cinq fois en Une de VSD entre son arrivée au gouvernement et août 2016 (et l’eau a coulé sous les ponts depuis, il a probablement fait d’autres Unes, mais je ne peux pas non plus faire une liste exhaustive), il a fait plusieurs fois celle de Closer sur cette même période et deux fois celle de Paris Match en 2014. Encore ? Allez, je vais être bon prince : les Unes qui lui sont consacrées sont parmi les meilleures ventes !

Le jour où Macron a officialisé sa candidature, France 2 lui a consacré 2/3 de son JT. Rien que ça. Et sur TF1 encore mieux, on lui a donné la parole pour 17 minutes. Qu’on lui donne la parole c’est bien normal, au contraire. Mais 17 minutes, alors que le JT de TF1 ne dure que 36 minutes, ça commence à faire beaucoup, non ?

Il est surexposé mais également hautement valorisé (démarche quantitative mais aussi qualitative donc), et pour ce faire, les médias s’en sont donnés à cœur joie :

« Entre courage et imagination, il incarne la modernité » L’Express (la modernité avec des recettes vieilles de plusieurs décennies ?)

« Emmanuel Macron apporte un air de renouveau dans la campagne présidentielle » LCI (le libéralisme c’est nouveau ?)

« L’iconoclaste Macron » BFMTV (pourquoi pas le révolutionnaire ? Ah, que dis-je, c’est déjà pris)

« Macron enfin candidat ! » France Inter (bonjour l’objectivité)

«  »L’espérance », « l’anti-système », la « révolution démocratique »…L’ancien ministre de l’économie de François Hollande a enfin officialisé sa candidature à Bobigny ». L’Obs (en voilà qui n’ont pas mâché leurs mots)

Et ceci n’est que la partie émergée de l’iceberg bien sûr. Une recherche sur internet vous permettra de compléter le tableau.

 

Des sondages pour conforter sa position

Le résultat de tout cela ? Il annonce officiellement qu’il est candidat en novembre 2016 et déjà il est à 15 % d’intentions de votes, alors que, rappelons-le, il y a 5 ans, personne ne le connaissait. Étrange ? Pas tant que cela. Et comme ce n’est jamais assez, il est aujourd’hui crédité de 23 % des intentions de votes.

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Sondage au 1er février 2017 (vous remarquerez que bien des journaux ne mentionnent même plus les « petits candidats » contrairement à ici)

Et le pire, pour parfaire un système déjà complètement biaisé (pour ne pas dire que l’élite politique triche complètement) : les sondages l’aident. Comment ? Parce qu’il a été prouvé, non pas que les sondages modifient complètement l’opinion des gens (encore heureux), mais qu’ils influencent les indécis et ceux qui ont perdu leurs repères idéologiques, les désabusés de la politique (ce qui n’est pas beaucoup moins dangereux).

Il y a deux mécanismes qui expliquent l’influence des sondages sur l’opinion. D’une part le fait que les indécis, vont choisir de donner leur voix au candidat qui a le plus de chances d’être élu (dans la mesure où il est suffisamment proche de leurs idées, bien entendu). D’autre part il y a ce qu’on appelle en psychologie le conformisme (déjà vu avant, mais je vous fournis ici son explication) : c’est la tendance à se conformer aux usages, à accepter les manières de penser ou d’agir du plus grand nombre, les normes sociales. Plus particulièrement on observe grâce aux sondages un effet hit parade (qui est un des effets visibles du conformisme) : on se tourne naturellement vers le candidat qui a le meilleur score, en dehors de toute considération sur ses compétences (attention je ne dis pas que le conformisme est le seul facteur qui va pousser à voter pour un tel ou un autre, mais cela a une forte influence, et je rappelle que nous évoquons ici les indécis). Horizon Gull vous explique cela mieux que moi dans sa vidéo. Et là en revanche c’est nettement plus dangereux. De cette façon, les indécis voyant les résultats de sondage, vont avoir tendance pour une bonne partie d’entre eux à voter comme la majorité du groupe, c’est à dire pour Macron qui est donné deuxième au premier tour et gagnant au second. Pourquoi ? Parce que notre cerveau imagine spontanément que si le groupe constitué du plus grand nombre a pris une décision, c’est qu’il a de bonnes raisons de le faire. D’ailleurs, si vous regardez votre quotidien, vous verrez le conformisme partout, dans les mouvements de foules par exemple (à un concert, dans les transport, à un événement sportif…).

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Regardez comment le lever de main s’empare de la foule

Mais ce n’est pas tout : M. Macron, ou du moins ses conseillers, connaissent bien ces mécanismes psychologiques et se sont donc jetés dans la brèche pour les exploiter. En effet, M. Macron en se positionnant comme « ni gauche, ni droite » se place de façon parfaite pour capter les indécis de la gauche et de la droite dans la mesure où ils sont suffisamment proches du centre (il ratisse certes large, mais pas non plus jusqu’aux extrêmes). De même, M. Macron a tout à fait compris comment séduire les « désabusés » qui sont, comme nous l’avons vu plus haut, également plus sensibles aux sondages. En effet une personne qui a perdu ses repères idéologiques, qui a l’impression « qu’ils sont tous les mêmes » va plus volontiers voter pour un candidat qui se présente comme « rebelle » et « révolutionnaire », ce qui suppose qu’il va changer le système, qu’il est réellement différent des autres.

 

 

Ce qu’il représente, dans tous les cas, nous l’avons vu, ce n’est pas le « renouveau » et encore moins la « révolution » : c’est un digne héritier de la caste bourgeoise dirigeante, parangon de la « démocratie » qui est en réalité une ploutocratie (où le pouvoir est à ceux qui ont l’argent) où l’on fait croire aux électeurs qu’ils ont toujours le pouvoir, tout en guidant leur vote grâce aux médias et notamment à leurs sondages. On peut moquer les soixante-huitards autant qu’on veut, il n’empêche qu’ils avaient raison avec leur slogan « élections, piège à cons ». Le côté rebelle de Macron est en fait feint, ce n’est qu’une simple posture, c’est un positionnement marketing, mais il n’y a rien de vrai et sincère dans son attitude. M. Macron n’est pas anti-système, il est le système. 

 

Que signifie être « réaliste » de nos jours ?

Ce mot n’a certainement plus grand chose à voir avec son sens d’origine, et c’est pourquoi je ne me classe pas comme réaliste mais comme idéaliste. Et non je ne suis pas utopiste ou toujours dans la lune.

Non, j’ose simplement rêver d’un monde meilleur. Comme tout un chacun. Mais sans fatalisme. D’ailleurs pour moi l’idéalisme n’est pas à opposer au réalisme mais bien au fatalisme et je vais vous expliquer pourquoi.

Un problème de sémantique

Le problème est là : on a complètement détourné le mot « réalisme » de son véritable sens. En effet, le réalisme originellement fait référence au fait de décrire une situation de façon la proche possible de ce qu’elle est vraiment, en essayant de tendre à l’objectivité.

Désormais on utilise ce mot à très mauvais escient pour caractériser et même (et c’est tout le problème) justifier une attitude passive et fataliste. En effet, « être réaliste » de nos jours cela englobe effectivement de décrire la situation telle qu’elle est (et encore….), mais aussi et malheureusement l’idée que rien ne peut être fait pour la changer. Dès qu’une initiative surgit, dès qu’un projet est proposé on crie à la naïveté de ses initiateurs, prétextant une situation inchangeable par ce projet, prétextant qu’il n’est pas du tout adapté ou réaliste.

Ainsi, en ayant détourné le mot de son sens, les « réalistes » parviennent à tourner la situation à leur avantage, se donnant de cette façon des airs de sérieux. En effet, quoi de mieux pour être crédible, que de faire partie de ceux qu’on surnomme « réalistes » ? Quoi de plus efficace ? Bien sûr, il faut gratter le vernis pour voir ce qu’il y a dessous, mais avec un tel (abus de) vocabulaire pour se définir, qui va le faire ? De même, les partisans du « réalisme » parviennent par ce tour de passe-passe à faire passer les idéalistes pour des gens qui planent complètement, des naïfs, des amateurs, des utopistes, etc, le vocabulaire ne manque pas lorsqu’il s’agit d’accabler et tourner en ridicule ceux qui proposent un réel changement.

Du réalisme au fatalisme

Nous convenons tous qu’il faut être réaliste, mais vu comment (nous venons de le voir) ce mot est travesti et galvaudé, il vaut mieux s’en méfier comme de la peste noire ! En tout cas c’est que je fais désormais. Malheureusement on voit ou entend ce mot partout : dans les journaux, à la télé, sur les médias sociaux, en pleine discussion avec les amis ou la famille. Vous connaissez forcément quelqu’un de votre entourage qui vous a fait le coup.

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Mais en quoi est-il détourné ? En quoi est-il devenu du fatalisme ? C’est assez simple. Les gens usant et abusant de ce mot font souvent référence à l’état de fait. L’état de fait, est un état des choses, du monde, de la société tel qu’ils sont actuellement. C’est une réalité matérielle incontestable. Bon déjà, il y a un premier biais, mais celui-ci nous ne pouvons le leur reprocher, car nous y faisons tous face : la description d’un état de fait est forcément sujette à la subjectivité du sujet qui l’énonce. Mais mettons que nous trouvions un consensus objectif (je sais, ce n’est pas parce que c’est un consensus que c’est objectif, mais là on déborde complètement sur un autre sujet) sur la description de cet état de fait.

Par exemple, il y a consensus ou presque, sur le changement climatique. D’ailleurs, qui serait bien assez bête pour dire qu’il ne passe rien ? (bon si, en fait il y en a qui vont vous dire que c’est un cycle naturel, sauf que c’est pas si simple : un cycle de réchauffement naturel mets 20 000 ans, tandis que là, dans 20 ans on est cuits, c’est le cas de le dire). Et pourtant, malgré cet accord sur l’état de fait, la plupart des politiques tiendront des discours de ce style : « il faut être réaliste voyons, la sortie du nucléaire est impossible, ce n’est simplement pas réaliste » (oui je sais, je pique où ça fait mal).

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Effectivement, à l’heure actuelle, nous avons majoritairement recours au nucléaire pour nos besoins énergétiques en France, et même dans le cas où nous voudrions en sortir, nous sommes bons pour encore au moins 20 ans, le temps de faire la transition et tout démanteler. Faits incontestables donc, mais par une tautologie foireuse et je dirais même une prophétie auto-réalisatrice, on nous annonce qu’il ne faut rien changer ou presque, « car ce n’est pas réaliste ». Bon, vous irez dire cela à vos enfants lorsque l’air sera devenu totalement irrespirable, la nourriture totalement infestée de pesticides, les eaux totalement polluées, et le sol plein de déchets nucléaires. A moins que Fessenheim ne leur ait explosé à la gueule avant, leur épargnant de ce fait ces souffrances. Mais vous ne réalisez donc pas que le raisonnement ne tient pas du tout la route ? Je ne suis pas là pour donner des cours de rhétorique mais c’est tout de même énorme ! En exagérant à peine j’en abouti à cela : la situation est ainsi, donc elle ne peut que le rester. J’exagère ? Pourtant M. Fillon (pour ne citer que lui) a bien dit vouloir poursuivre le nucléaire pendant au moins 40 ans. Il veut donc poursuivre, ne rien changer.

Ainsi, l’état de fait prend le pas sur la volonté, c’est l’état de fait qui détermine nos actions si on suit le discours de ces personnes. Sauf qu’en l’occurrence, où est l’action ? Nul part, puisqu’il s’agit là au grand contraire de la passivité la plus féroce ! Donc, sous couvert de « réalisme » on veut en réalité maintenir le statu quo, une attitude fataliste face aux problèmes. Bien sûr, si on gratte un peu, on sait que M. Fillon n’est pas con (encore que, vu les news en ce moment… bref vous savez ce dont il retourne), il veut juste faire plaisir à ses amis patrons et refiler la patate chaude au prochain président. Mais le discours demeure, et puisqu’il a l’air sérieux, les gens voteront pour lui ! Notez que j’aurais pu par exemple tout aussi bien parler d’austérité budgétaire : le « réalisme » sert à faire passer crème nos sacrifices pour que les banques privées puissent continuer à voler l’argent de l’Etat, donc le nôtre (la dette  de l’Etat auprès des banques est énorme et constituée principalement de l’intérêt dû, chose absurde). Ou encore j’aurais pu parler de M. Macron que bon nombre pensent être réaliste par rapport aux « rêveurs » de la vraie gauche, mais encore une fois, cela permet de justifier tout et n’importe quoi, enfin surtout n’importe quoi car M. Macron n’incarne en rien un changement puisqu’il est libéral et que le libéralisme on nage dedans depuis des décennies et on a bien vu ce que cela donnait. Je développe cela dans mes articles « Macron, piège à cons ? 1/2 » et 2/2.

Ne vous faites pas avoir !

Alors il est vrai que l’état de fait a une incidence sur nos actions à venir et projets, point n’est mon intention de le réfuter. Et non je n’ai pas dit exactement l’inverse juste avant, tout est question de nuance : j’ai dit que l’état de fait ne détermine pas les projets, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas tenir compte de l’état de fait pour adapter les projets, c’est en cela que l’état de fait influence les projets. Mais c’est au final le problème de la poule et de l’œuf. Car un projet aussi, lorsqu’il est mis en application a une incidence sur la réalité, sur l’état de fait. Mais nier la première partie du raisonnement, ou plutôt la simplifier et aplatir un projet devant « l’état de fait » pour justifier le fatalisme et le statu quo, c’est une procédure des plus malhonnêtes ! Alors la prochaine fois que vous entendrez un truand politicien vous demander d’être réaliste, pensez-y à deux fois : ne le laissez pas dire à votre place ce qui est « réaliste » et demandez-vous si ses propositions constituent un réel changement ou non 😉 

Soyer réalistes : demandez l’impossible. Che Guevara

Il était une fois…

Aujourd’hui ce n’est pas tant un article que je souhaite partager qu’une histoire, que j’ai découverte dans le fameux (pour ceux qui s’intéressent au développement personnel) livre de Tim Ferriss, « La semaine de 4h »

 

Evidemment, le titre du bouquin est très racoleur, seulement, ne vous-y trompez pas, le type sait très bien de quoi il parle, car il parle d’expérience. Et ce livre est tout simplement un bijou, il fait d’ailleurs partie de mon top 5 des livres qui ont influencé ma vision du monde.

Cependant, ce dont je veux vous parler, ce n’est pas l’expérience et les techniques de Ferriss pour devenir indépendant et faire ce qu’il vous plait dans la vie sans attendre la retraite ou qu’un miracle se produise (quoique ce serait aussi intéressant, mais les résumés là-dessus pullulent sur le web). Non, je voulais vous partager une histoire qui est une morale de vie, un peu à la façon des contes enfantins ou des poésies de La Fontaine.

 

L’histoire

De grâce, ne prenez pas l’histoire au pied de la lettre, j’ai vu des gens échanger à ce sujet sur internet, je peux vous dire que ça ne volait pas très haut. La voici donc :

« Au bord de l’eau dans un petit village côtier mexicain, un bateau rentre au port, ramenant plusieurs thons. L’américain complimente le pêcheur mexicain sur la qualité de ses poissons et lui demande combien de temps il lui a fallu pour les capturer.

“Pas très longtemps”, répond le mexicain.

“Mais alors, pourquoi n’êtes-vous pas resté en mer plus longtemps pour en attraper plus?” demande l’Américain. Le Mexicain répond que ces quelques poissons suffiront à subvenir aux besoins de sa famille.

L’américain demande alors :  “Mais que faites-vous le reste du temps?”

“Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir, je vais au village voir mes amis. Nous buvons du vin et jouons de la guitare. J’ai une vie bien remplie”.

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L’américain l’interrompt : “J’ai un MBA de l’université de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l’argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers. Au lieu de vendre vos poissons à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l’usine, et même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Mexico City, Los Angeles, puis peut-être New York, d’où vous dirigeriez toutes vos affaires.”

Le mexicain demande alors :  “Combien de temps cela prendrait-il?”

“15 à 20 ans”, répond le banquier américain.

“Et après?”

“Après, c’est là que ça devient intéressant”, répond l’américain en riant.

“Quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous gagnerez des millions”.

“Des millions? Mais après?”

“Après, vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos petits-enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme et passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis.” »

 

Mon interprétation

Mon interprétation personnelle est qu’il faut impérativement modifier notre rapport à l’argent, qu’il n’est pas l’ultime but. D’ailleurs c’est également celle de Ferriss.

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J’ai vu des cons (excusez-moi du mot) de businessmen (je n’ai rien contre eux a priori, Tim Ferriss en est un d’ailleurs, mais il n’est pas stupide, lui) sur le net qui interprètent l’histoire ainsi : « alors oui ça veut dire qu’il faut investir en bourse ou dans l’immobilier »… ben voyons, moi aussi je suis rentier/héritier, et moi non plus je n’ai pas d’objectif dans la vie à part accumuler de l’argent. Certes, c’est à chacun de l’interpréter selon sa vision du monde, seulement deux choses :

  1. Tim Ferriss cherche à modifier notre vision par cette histoire et non à faire à tout prix rentrer cette histoire dans une vision pré-établi, l’idée n’est pas que ça rentre à tout prix dans son cadre de pensée habituel, mais de penser « out of the box » comme on le dit en anglais. Mais bon, c’est bien connu, on préfère souvent son petit confort, car quel serait le prix d’une remise en cause ? Sur le court terme, c’est peut-être difficile psychologiquement, car on a peur de ne plus se reconnaître soi-même, de perdre quelque chose et de ne plus pouvoir revenir en arrière. Seulement, ce n’est pas ainsi que va le monde et fonctionnent les choses. Penser hors de la boite, c’est se libérer, et se hisser au-dessus de tout cela. Pas tout perdre, mais s’en détacher, pour mieux apprécier sa vie.
  2. Comme dit un peu plus haut, l’interprétation de Tim Ferriss, et il le dit clairement à plusieurs endroits du livre, est précisément que l’argent n’est le but, il n’est qu’un moyen. Qu’il en faut, certes, mais que sans temps (tout de suite et pas dans 20 ans) pour en profiter et sans idée de quoi en faire, cela ne sert à rien. Or les personnes dont je parle ont oublié, dirait-on, que l’argent n’est pas une fin, donc elles ont du lire Ferriss un peu trop rapidement. Je ne dis pas qu’elles n’ont pas de passion ou d’intérêt autre que celui-ci, je ne les connais pas. Mais l’argent, à mon avis, prend simplement beaucoup trop de place dans leur vie.

 

Tandis que la conclusion peut paraître évidente, on a bien vu qu’elle ne l’est pas pour tout le monde. Et quand bien même elle le serait, on serait alors tenté de penser « Quel est l’intérêt de cette histoire, si la conclusion est si évidente et connue de tous ? » Eh bien je trouve qu’elle est un très bon moyen de comprendre concrètement pourquoi l’argent n’est pas une fin. Car nombreux sommes nous à le prétendre, que l’argent n’est pas une fin mais un moyen. Mais à réellement l’appréhender, et encore mieux, à l’appliquer ? Tout de suite beaucoup moins nombreux. Et c’est là que repose toute l’utilité de ce récit à mon humble avis.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

L’argent, ah ! Fléau des humains ! Sophocle

Pourquoi le manque d’éducation a donné le pouvoir à Trump

C’est le sujet tendance : Trump est le 45ème président des Etats-Unis d’Amérique. Malheur sur nous, catastrophe, on ne le répètera jamais assez. Dire que c’est ce qui risque de nous attendre en France avec Le Pen en mai 2017…

 

Apprendre du passé

Se plaindre c’est bien et je suis le premier croyez-moi sur parole, surtout pour un événement majeur comme celui-ci, car ici il ne s’agit pas du retard du train ou du mauvais temps, mais bien du destin d’une bonne partie de la population de la Terre. Car cela ne se limite pas Etats-Unis justement mais en tant que deuxième puissance économique, première puissance militaire, cela implique d’autres nations.

Mais se plaindre ne suffit pas. Il faut aller voir plus loin, et se demander comment ou plutôt pourquoi Trump a réussi un pari qui semblait impossible alors.

Se tourner vers le passé pour mieux préparer l’avenir et essayer d’éviter une autre catastrophe du genre.

 

Quel lien entre éducation et vote populiste ?

Ma position est qu’il est clair que le manque d’éducation de ceux qui sont allés voter a permis à Trump d’accéder au pouvoir. Première chose : ce n’est pas du tout un jugement négatif que je porte sur ces personnes, mais un simple constat. Deuxième chose : des études ont en effet mis en évidence que la grande majorité des personnes n’ayant pas de diplôme universitaire ont opté pour Trump plutôt que pour sa rivale. Une simple recherche sur internet vous montrera que c’est vrai (New York Times par exemple).

Et concrètement pourquoi ces gens s’orientent-ils vers ce vote ? Parce que l’éducation donne des clés pour comprendre le monde, l’économie, la géopolitique, les sciences humaines, etc etc. Je dis bien des clés car il ne s’agit pas nécessairement de connaissances, moi même j’ai un bac + 5 et je n’ai même pas retenu la moitié de ce qui m’a été enseigné, il n’y a aucune honte à le dire, c’est pareil pour tout le monde, ou alors vous un un(e) beau/belle parleur-se. En revanche l’éducation permet d’avoir des schémas de pensée, des mécanismes, un état d’esprit.

Sans ses outils que fournit l’éducation, l’esprit se retrouve généralement dépourvu des bases pour analyser correctement le monde, le commerce, l’humanisme, la culture, la science etc. Et sans ces outils ces personnes peu ou pas éduqués se satisfont des solutions simplistes (non pas juste simples, mais simplistes) proposées par le milliardaire xénophobe.

Tout cela parce que une solution plus complexe, plus développée, argumentée est plus difficile à appréhender et ne leur parle pas.

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Université John Hopkins aux Etats-Unis

 

L’importance de l’éducation

Dans tous les cas, l’éducation devrait être une valeur clé de nos société actuelles, or on constate qu’aux Etats-Unis les frais universitaires sont affreusement inabordables, ce qui demande la plupart du temps aux parents ou dans le pire des cas aux étudiants de s’endetter sur des décennies. Souvent ces derniers ne peuvent même pas se permettre de s’endetter. D’où une bonne partie de la population qui n’a pas accès à l’université. Attention mon discours n’est pas non plus de faire comme en France où on se croit obligé de devoir pousser tout le monde à aller à la faculté quand bien même une partie de ces jeunes aspirent juste à démarrer leur vie active. Seulement, la privation financière qu’opèrent les universités américaines ne laisse tout simplement pas le choix à de potentiels étudiants de le devenir. Ainsi la base de personnes sans diplôme universitaire est importante, ce qui favorise de ce fait des votes populistes et l’accession potentielle au pouvoir de Hitler modernes.

 

Si vous avez déjà lu mon article “Pourquoi 2 mois de voyage m’ont plus changé que 10 ans d’école”, vous allez dire que je change tout le temps d’avis, qu’un coup l’éducation c’est bien, et l’autre ça ne l’est plus. Mais l’école n’est au fond qu’une forme d’éducation, et si le voyage faisait aussi partie de l’éducation ?

 

Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple. Georges Jacques Danton