Prenez votre temps

Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi vous n’avez le temps de rien faire ? Moi si.

Pourtant le temps, on en a ! Et même bien plus qu’avant. En effet, au 19ème siècle encore, on pratiquait la journée de travail de 14h couramment, on n’avait aucun congé payé, on se déplaçait à pieds ou à cheval, sans compter que beaucoup de choses devaient se faire en se déplaçant (rendez-vous, tâches administratives etc.) Aujourd’hui, on travaille environ 8h par jour, on a 5 semaines de congés payés par an, on traverse le monde en avion, les pays en train ou en voiture, on peut se voir sans se déplacer grâce aux nouvelles technologies…

Comment cela se fait-il donc que nous ayons cette impression, de ne jamais pouvoir dégager suffisamment de temps pour faire tout ce que l’on souhaite ?

En fait, pour avoir le temps, encore faudrait-il le prendre.

 

 

Le temps, ce n’est pas des maths

Le problème dans tout cela n’est en fait pas mathématique. Mais on nous a appris à le gérer comme tel. En effet, au travail, on se doit d’être efficace, alors on prend des habitudes. Puis notre société et l’éducation qu’on nous donne nous pousse toujours à cela, pour nos loisirs y compris. A raisonner en comptant tout, comme si le temps passé à faire des choses qu’on aime devait être efficace et rentable. Comme si tout se comptabilisait, comme si toutes les activités et occupations se valaient, et que le seul critère qui nous décidait à les faire ou non était le temps qu’elles nous prennent. Dramatique, mais c’est pourtant le point où nous sommes arrivés. Logique après tout, dans un monde dominé par l’économie capitaliste, où tout se compte et se calcule.

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Tout ne se vaut pas

Mais c’est une erreur grossière de jugement. Tout n’est pas réductible à de simples chiffres. Ça se saurait (ou pas, apparemment). Est-ce que vous attribuez une valeur au temps passé avec votre famille ou vos amis ? Non. Est-ce que vous attribuez une valeur à une balade en forêt ? Non. Est-ce que vous attribuez une valeur à un lever de soleil ? Non. C’est bien la preuve qu’on ne peut pas tout réduire à sa durée dans votre emploi du temps, ni à une valeur financière (l’un ayant souvent pour équivalent l’autre), ni encore à une utilité comptabilisable. Vous vous imaginez dire « j’ai vu des amis l’autre jour, mais ça a duré longtemps, ce n’était pas très efficace, j’ai perdu trop de temps » ?

Nous revoilà donc à ma phrase précédente : pour avoir le temps, il faut le prendre. Il faut sortir de cette logique de tout comptabiliser, calculer et chiffrer. Ca marche bien pour l’économie, mais tout n’est pas économie, richesse matérielle et argent ! (c’est normal, économie signifie « mesure de l’environnement »)

 

Arrêtez de remplir votre agenda, profitez !

En effet, nous passons notre temps à courir d’une activité à une autre, comme si le but ici était de simplement « remplir » le temps sans le prendre (encore une fois). Comme si dès qu’on se lançait dans quelque chose, on était tout de suite dans l’expectative de ce qui viendrait après. Tout cela sans prendre le temps de savourer, de prendre part réellement à ce que l’on fait.

La prochaine fois que vous ferez une activité que vous appréciez, éloignez montre, téléphone et tout appareil susceptible de vous déconcentrer en vous faisant compter le temps passé. Vous apprécierez ce moment d’autant plus. Et ne me dites pas : mais prendre mon temps ne me donnera pas plus de temps ! Non mais de toute façon le temps est limité, vous ne pourrez toujours faire qu’un certain nombre d’activités par jour, par mois ou par an. Mais encore une fois, le but n’est pas d’intercaler de plus en plus d’occupations dans chaque espace de temps « libre »: plus vous êtes « occupé », moins vous êtes libre. Avez-vous sincèrement l’impression d’être libre enchaîné au calendrier de votre smartphone ? Vous sentez-vous plus heureux ? Tout ne se vaut pas. Arrêtez de compter, et revoyez vos priorités.

 

Pour comprendre l’intérêt de revoir vos priorités, je vous conseille l’article « Pourquoi j’ai fait des « erreurs » de jeunesse » 😉

 

Ce qui remplit votre temps n’est pas forcément ce qui comble votre vie. Gilles Legardinier

C’est quoi un tour du monde ?

Mon tour du monde avec ma fiancée approchant à grand pas (on part début août), je commence à y penser de plus en plus après la retombée faisant suite à la grande décision. Et je me suis interrogé plus en profondeur qu’avant sur ce que cela signifiait exactement que faire un tour du monde (j’avais en effet déjà écrit un article à ce sujet).

J’ai réalisé qu’il y a plusieurs façons de voir un tour du monde. Et bien sûr il n’y en a qu’une de « valide » selon moi.

 

Ce que ça n’est pas

Ce n’est pas une course, une collection de pays sur une liste. Ca va peut-être vous faire rigoler, mais certaines personnes le voient comme cela. Dans son livre « L’homme qui voulait voir tous les pays du monde » André Brugiroux, un célèbre globe-trotter décrit la rencontre d’une jeune femme qui était fière d’annoncer le nombre de pays qu’elle avait « faits ». Déjà, je n’aime pas dire qu’on « fait » un pays. Enfin moi-même j’utilise encore couramment cette expression, mais je trouve cela totalement déplacé en réalité et cherche à m’éloigner de cette mauvaise habitude langagière. Parce que cette idée de « faire » un pays rejoint précisément l’idée d’une liste avec des choses à rayer. Le but étant d’en faire un maximum. Ridicule. On en oublie la saveur, on en oublie pourquoi on est là, à toujours courir après la prochaine destination, sans même avoir eu le temps d’ouvrir les yeux sur là où on était à l’instant. Pour preuve du ridicule, la jeune femme évoquée par Brugiroux passait seulement une poignée de jours par pays, afin de pouvoir ensuite prétendre être la plus jeune personne au monde à avoir « fait » autant de pays. Absurde.

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Ce n’est pas un concours photo Instagram. Vous savez ce genre de photos qui rendent morts de jalousie tous les suiveurs d’un-e célèbre voyageur-se sur Instagram. Ce que vous ne savez pas c’est l’envers du décor. Les heures passées à choisir le lieu idéal, comment cadrer la photo, le filtre à utiliser, la tenue du protagoniste, la pose du protagoniste, etc etc. Ca n’en a pas l’air comme ça, mais c’est du boulot, et c’est loin d’être aussi détendu que la photo le laisserait suggérer. Et ce encore une fois, au détriment de l’instant présent, au détriment de la découverte réelle d’un pays, d’une culture et de bien d’autres choses. Je ne dis pas que prendre des photos est interdit ou stupide, loin s’en faut. Mais se faire bouffer par sa dépendance aux réseaux sociaux alors qu’on a la chance de pouvoir vraiment vivre quelque chose d’extraordinaire m’attriste au plus haut point. La situation diffère légèrement si c’est dans le cadre professionnel (les blogueurs et autres qui vivent de leur voyage), dans le sens où c’est leur gagne-pain et non une vulgaire addiction. Mais l’empiétement des réseaux sociaux sur la partie immersion, découverte et expérience du voyage a également lieu, certains nomades admettent d’ailleurs eux-même volontiers le tort que cela peut leur causer.

Ce n’est pas une année sabbatique et après tout s’arrête. J’ai même rédigé un article « Le voyage comme mode de vie, un rêve ? » pour illustrer mon anticonformisme à ce sujet. Le tour du monde c’est le début d’une nouvelle vie, pas une simple parenthèse avant de retrouver « la vraie vie ». En effet, qui a décidé pour moi ce qu’est la vraie vie ? C’est tout de même incroyable ça que de se laisser dicter ce qui est vrai ou non, chacun a assez d’esprit critique pour pouvoir juger pour soi. Ce n’est pas parce que voyager en permanence reste peu fréquent dans notre société qu’il relève pour autant du domaine de l’extraordinaire ou du surnaturel. Bien sûr que tout n’est pas faisable, mais de là à dire non avant même d’avoir essayer… Quel dommage.

 

Ce que c’est vraiment

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Un tour du monde, qu’on l’entende par le fait de parcourir la circonférence de la terre ou par le fait d’en parcourir tous les pays, c’est d’abord et avant tout une expérience humaine. J’ai lu sur certains blogs ou pages Facebook de nomades que faire un tour du monde, c’est faire un tour de soi. Et je ne suis on ne peut plus d’accord avec cela. Ce n’est donc pas tant une rencontre des autres ou d’autres cultures que de soi-même (j’évoque la rencontre de l’autre et d’autres cultures dans mon article Pourquoi je vais faire le tour du monde ?)

Dans tous les cas, c’est bien cela que je chercherai lors du voyage. Découvrir mes limites, mes réactions face à des problèmes et des situations tant inattendus les uns que les autres, ouvrir mon esprit face à des choses que je n’aurais jamais imaginées dans mon confort quotidien. A cet égard, de façon générale, le voyage physique, l’acte de se déplacer est donc un voyage en soi-même. Apprendre à se découvrir, apprendre qui on est pour s’améliorer.

Il s’agit donc de se découvrir pour enfin réellement être soi. Car combien d’entre nous, moi compris jouons trop souvent des rôles ? Peur de blesser l’autre, peur d’être rejeté etc. Ce sont ces peurs souvent inconscientes, mises en exergue par la société qui nous donnent envie de rentrer dans le moule, faire partie d’un groupe, suivre la tendance etc. Dans une vie humaine c’est souvent : grandir, se rebeller, faire des études correctes, « s’assagir », trouver un boulot stable, rencontrer quelqu’un, devenir propriétaire, faire un enfant… attendre, mourir. Le problème il est là : « s’assagir ». Non pas que nous devrions rester d’éternels enfants ou adolescents. Mais nous ne devrions pas renoncer à nos rêves, nous devrions suivre nos intuitions infantiles. Car pour moi, un enfant, étant donné qu’il n’est pas encore formaté par la société est beaucoup plus spontané, il sait être lui-même, sans voile, sans faux-semblant ou attitude surfaite, il sait ce qu’il veut au fond de lui. Devenir adulte, au final, c’est savoir adapter ses envies à la « réalité » de la société. Mais c’est malheureusement souvent synonyme de sacrifice en réalité irrationnel et empêchant une personne d’être heureuse. Bien sûr qu’il faut être conscient de la société et de ses règles. Mais cela ne doit pas signifier sacrifier ses envies réelles puisées au fond de soi pour cela ni y cacher sa personnalité.

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La société nous amène à rentrer dans des cases bien souvent trop petites et ne permettant pas à un être de s’épanouir tranquillement. Il devrait y avoir autant de cases que d’êtres humains sur cette planète, ou même, pour pousser la logique jusqu’au bout, plus de cases du tout ! Car classer, c’est délimiter, délimiter c’est enfermer, emprisonner, et donc restreindre, diminuer et appauvrir. Certes, classer, nommer, catégoriser est d’une grande aide pour organiser la société et notre vision du monde. Mais cette manière de faire n’en reste pas moins une grossière approximation, capable d’ailleurs de conduire aux pires amalgames et préjugés irrespectueux de la singularité de chaque être.

 

Et partir autour du monde, se libérer de ce carcan, c’est à mon sens, pour moi, le meilleur moyen d’atteindre mon bonheur. Me rencontrer moi, libérer mon esprit de toute règle non formelle (donc règles qui ne sont pas la loi mais que nous respectons tout de même) et de cette façon m’épanouir.

 

Qui mieux que vous sait vos besoins ? Apprendre à se connaître est le premier des soins. Jean de La Fontaine

Comment devenir autonome vis-à-vis du système ?

Il est grand temps de devenir autonome vis à vis de cette société qui sait tout sans rien savoir, qui va toujours plus vite sans avoir le temps de rien, qui consomme toujours plus sans profiter de ce qu’elle a déjà.

Je tiens à préciser que je ne fais cependant référence ici qu’à une autonomie toute relative dans la mesure où être totalement autonome vis à vis du système, c’est en sortir et se retrouver seul. A moins de pouvoir changer le système immédiatement ou sur le court terme, ce qui n’est pas faisable. J’admets que dans un avenir lointain, je rêve que l’humanité puisse sortir de la comptabilisation de tout, du matérialisme, du chronométrage permanent et de la marchandisation de tout ce qui est possible et imaginable. Ce sont des outils qu’on laisse totalement nous diriger et détruire. Mais en attendant, je doute que tout le monde souhaite s’exclure du système et se retrouver seul sans alternative vivable pour le moment.

Heureusement, il existe des petits gestes tout à fait réalisables et qui nous rapprochent un tant soit peu de l’objectif de sortie du système.

Globalement, cela s’axe autour de 3 piliers : autonomie d’information, autonomie de déplacement et autonomie de consommation.

 

Ce qu’il faut éviter

INFORMATION

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  • Avoir une télé : entre les JT complètement biaisés (car destinés à  faire peur pour que vous achetiez les produits des publicités qui passent juste après, regardez cette vidéo de Horizon Gull si cela vous intrigue) et les films du dimanche soir bien pourris et/ou que vous avez vu 300 fois il n’y a vraiment pas grand chose d’intéressant à part quelque séries et documentaires. Mais le pire avec la télé, c’est le côté passif : vous attendez que les images défilent, quelles qu’elles soient, publicités comprises. Et il faut voir le nombre d’interruption publicitaires. Bref, ce qui était une révolution au siècle passé, est aujourd’hui une arnaque avec un grand « a ».
  • Lire le 20 minutes/métro : ce n’est simplement pas de l’information… Mais uniquement ou presque des faits divers. Sans compter la manière dont c’est « rédigé » ni les erreurs aussi bien dans le fond que la forme dues soit à l’absence d’enquête journalistique, soit au fait que ce soit un copié-collé de l’article d’un autre. Ah oui et c’est bourré de publicités (logique, c’est gratuit). Sérieusement vous trouvez cela normal d’intituler sa Une avec des choses du genre « Odette a perdu son chat » ? Bon j’invente, mais j’exagère à peine.

 

CIRCULATION

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  • Rouler en voiture en ville : une voiture ça coûte. Non seulement ça coûte cher en soi, mais aussi à cause de l’essence, et puis de l’entretien. Et quel travail pénible que de se soucier de devoir remplir régulièrement le réservoir d’essence et vérifier à un moindre intervalle que les pneus sont gonflés, que le niveau d’huile est suffisant, que la batterie est suffisamment pleine etc etc etc. Les conducteurs savent mieux que moi ce dont je parle. A cela se rajoute bien entendu les pièces qu’il faut commencer à changer au bout de quelques années d’usage. Sans compter les places de parking qu’on cherche pendant 1/2h et qui sont hors de prix. Bref, niveau autonomie on a vu mieux.
  • Utiliser les transports systématiquement : c’est dans l’ensemble bien pratique, mais en les utilisant, vous restez dépendant et vous vous faites laver le cerveau par des publicités alors que vous avez peut-être autre chose à faire lorsque vous allez au boulot, vous balader, ou voir des amis.

 

ACHATS

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Entre les publicités télévisuelles, celles sur internet, les affiches, les catalogues, ou même les médias qui mettent en avant un produit via un « communiqué de presse » ou du sponsoring, nous sommes constamment sous le joug de la pression sociale et de ces messages qui jouent dessus pour nous pousser à des achat inutiles. A ne pas faire donc :

  • Suivre les marques sur les réseaux sociaux : je trouve qu’il y a assez de publicités en général sans qu’on ait besoin d’aller nous même volontairement en rajouter une couche. J’entends d’ici les « oui mais j’aime bien leur univers » ou bien « j’aime bien leur mentalité »… Il est vrai que j’ai pensé cela au début, mais après réflexion je me suis dit que cela restait jouer le jeu des marques et risquer chaque jour de vouloir craquer pour des choses dont je n’ai absolument pas besoin… De plus je suis personnellement anti-idôlatrie, c’est un peu une façon de remplacer un Dieu par des marques, même si vous aimez bien une marque. D’où ma question rhétorique : avez-vous besoin de suivre une marque sur les réseaux sociaux pour vous souvenir que vous l’appréciez ?
  • Etre abonné aux « newsletters » : vous avez déjà classé la moitié des emails que vous recevez dans vos spams, c’est bien que cela fait trop « d’informations », non ? Et puis les newsletters, même sans être des spams, en général on ne les lit pas, ou bien on le fait mais rapidement. Quel intérêt alors ? Et puis, bon « newsletter » déjà rien que le nom est trompeur. Ce ne sont pas des lettres d’informations mais bel et bien des outils marketing à part entière. Alors oui parfois elles ne mettent pas en avant un produit, mais elles vous incitent tout de même à vous rendre sur le site de la marque, et boum, 10 minutes plus tard, votre compte s’est appauvri de 50€ juste parce que vous vous êtes dit « je vais aller voir au cas où il y a du nouveau » ou bien « je vais aller voir au cas où il y a quelque chose qui me plait »…
  • Lire les catalogues de marques : c’est un peu comme les newsletter. Sous prétexte de vous offrir de l’information sur la marque et ses produits, vous passez du temps à chercher une éventuelle affaire, ou un éventuel produit dont vous auriez besoin. Juste parce qu’on vous a mis le catalogue entre les mains. Pourtant avant cela, aviez-vous exprimé un besoin ? Pas sûr…

Ce qu’il faut faire

INFORMATION

Il est aisé de s’imaginer plein d’obstacles mentaux pour éviter de se débarrasser d’un objet si « précieux » qu’une télé, mais c’est purement psychologique et irrationnel. Car à l’heure d’internet, ça n’est plus du tout si fou.

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Adieu donc télé, torchons journaux gratuits et compagnie. Bonjour les médias indépendants en ligne, les livres, les vidéos Youtube. Parmi mes recommandations (ce ne sont que des suggestions bien sûr), il y a :

  • Médias indépendants : Médiapart, Mr Mondialisation, Basta!. AgoraVox, Le Vent Se Lève. Mais si vous souhaitez, tous les médias « traditionnels » sont aussi en ligne, avec des sites d’informations, des replays, des flux d’actualité. Bref tout y est. Mon favori : Arte.
  • Livres : je vous donne plus de détail sur les livres importants à mes yeux dans mon article Les 5 livres qui ont façonné ma vision du monde. Dans tous les cas, les livres en général constituent une source d’information et surtout de réflexion sur le fond, sans être forcément attaché l’actualité. Je ne suis pourtant pas un grand lecteur, mais vous n’imaginez pas à quel point lire alimente ma réflexion.
  • Vidéos Youtube : Horizon Gull, Demos Kratos, Data Gueule, Le Fil d’Actu, Osons Causer. Il y a aussi quantité d’autres chaines thématiques ou d’actualité (il y en a véritablement des tas, et sur tous les sujets, vous trouverez forcément chaussure à votre pied). A vous ensuite de composer votre arrangement.

 

CIRCULATION

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Ne pas dépendre d’un objet si coûteux et nécessitant autant d’entretien qu’une voiture, dans une certaine mesure également ne pas dépendre des transports publics, c’est faisable pour les trajets urbains :

  • Rouler à vélo :  fini le réflexe voiture pour faire quelques kilomètres, en ville ou en banlieue c’est prouvé, le vélo est plus rapide, plus économique et plus écologique. En plus vous allez faire du sport, vous savez la bonne résolution du nouvel an que vous lâchez au bout de 3 semaines. A part la chaîne qui peut dérailler de temps en temps, il n’y a que très rarement des soucis avec un vélo comparé à une voiture. Et puis pas besoin d’être un mécano (je ne le suis pas) : l’entretien de base se fait soi-même. Le vélo c’est la tranquillité d’esprit !
  • Circuler à pieds : c’est aussi une bonne option sur les courts trajets par rapport aux transports publics (ne parlons même pas de la voiture). Je fais régulièrement des comparatifs lorsque je suis à Paris sur les temps de trajets et clairement marcher pour de courts/moyens trajets ne rajoute souvent que 5 à 10 minutes pour une totale autonomie vis à vis des transports publics (si le temps de trajet est un critère pour vous). Et puis c’est tellement agréable de réhabiliter le plaisir du moment présent et ne justement pas tout compter, chronométrer et toujours courir.

 

ACHATS

Cela peut paraître une tâche titanesque que de se détacher des messages publicitaires et la pression qu’il nous mettent inconsciemment mais il n’en est rien. En fait, il s’agit surtout de ne pas faire certains gestes expliqués au début de mon article.

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Mais la principale tâche vient d’un nouvel état d’esprit à se forger :

Mais que faire si je veux être informé de la sortie de tel ou tel article ? Que faire si je n’ai pas d’idée de cadeau pour un tel ? No worries, il est toujours possible de s’informer volontairement en allant sur internet ou dans les magasins physiques ! Et puis si vous cherchez l’autonomie, n’oubliez pas que cela ne va pas sans quelques « contraintes », c’est une toute nouvelle mentalité et de nouveaux réflexes à acquérir. Rome ne s’est pas faite en un jour comme indique le dicton populaire consacré. Il faut donc s’habituer à vivre sans tous ces messages, vivre de façon beaucoup plus libre et autonome. Car autonomie veut également dire initiative personnelle. Les choses ne vous tomberont pas dans le bec, ce sera à vous d’aller les chercher, mais au moins vous aurez fait un choix bien plus sage, autonome et critique. J’irai même jusqu’à dire simplement que vous aurez fait un « choix ». Car manipulé sans cesse inconsciemment toute la journée, quel espace de choix vous reste-t-il ? Très peu. Le libre-arbitre ? Haha, les neurologues au service des marques vous rient au nez. Bon, ok, j’exagère un peu, mais l’idée est là.

 

Pour aller plus loin

Bien sûr cet article n’est qu’une ébauche, ce sont quelques idées tirées ça et là de mon expérience personnelle.

Cependant, il est bien entendu possible de faire davantage. Par exemple, on aimerait bien, lorsqu’on sera de retour de voyage avec ma fiancée, se lancer dans l’entretien d’un mini potager sur notre balcon (si on en a un). Cela permet de réduire la dépendance aux supermarchés, aussi bio soient-ils. Car il n’y a pas plus indépendant et vertueux que consommer sa production. De même, durant notre tour du monde, nous aimerions pratiquer un peu le stop, plutôt que dépendre systématiquement d’un bus, train ou autre.

Mais cela reste à chacun de se rapprocher de l’autonomie selon ses idées !

 

La volonté de renoncer à son indépendance, de troquer le témoignage de ses sens contre le sentiment confortable mais déformant la réalité, d’être en harmonie avec un groupe, est l’aliment dont se nourrissent les démagogues.  Paul Watzlawick

Ça veut dire quoi être civilisé ?

L’autre jour j’écoutais attentivement une conférence d’Alain Badiou, un philosophe marxiste renommé. Mais ce n’est pourtant pas de théorie économique que je souhaite vous parler ici, mais de civilisation (enfin, les deux sont liés). Car c’est un mot qui revenait régulièrement dans son discours sur les meurtres de masse et comment le capitalisme explique ces comportements (bon c’est une théorie holistique à laquelle bien sûr personne n’est obligé de se raccorder). D’ailleurs, mon questionnement a démarré même avant de visionner cette vidéo. Souvent, lorsque j’entends parler de civilisation, ça fait tilt dans mon cerveau. Tilt parce que nous nous caractérisons comme civilisés, mais sans définir ce que l’on met-on derrière. Sans aller jusqu’à des propos catastrophiques, il est pourtant clair que la race humaine, particulièrement ceux qui la dirigent (donc les puissances occidentales) se met elle-même en grand danger. Et ce, avec un aveuglement qui semble sans limite.

Par civilisé, on entend souvent le fait d’appartenir à une société développée économiquement, techniquement, culturellement et intellectuellement. C’est sur ces deux derniers critères que le bas blesse.

 

Développé culturellement ?

Dans nos sociétés occidentales prétendument civilisés et bien trop souvent ethnocentristes, un discours revient fréquemment. Et il est le suivant : les papous de Nouvelle-Guinée (c’est un exemple) seraient des barbares avec leurs coutumes, qui, parce qu’elles sont différentes, sont estimées comme inférieures, primaires ou que sais-je encore ? Juger ainsi, c’est faire preuve de l’ethnocentrisme le plus affreux. Tout cela parce que cette civilisation ou d’autres encore suivent de nombreux rituels et traditions que nous avons laissé tombé depuis belle lurette. Ce ne sont certes pas les même traditions ni coutumes, mais en quoi pouvons-nous nous juger supérieurs ? Voyons, prenons un peu de recul. Pourquoi y aurait-il donc une hiérarchie ? Et qui sommes-nous pour juger ?

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De plus, si de nombreux rituels et superstitions sont tombés en désuétude dans l’occident, c’est en grande partie à cause de l’invasion du capitalisme dans les moindre recoins de notre « civilisation ». Un exemple très probant : le cinéma américain. Vous voyez de quoi je parle. Tous ces blockbusters qui ont le même script parce que c’est ce qui marche pour faire des recettes. Un autre exemple bien pire : les chaînes de fast food, dont une tout particulièrement que je ne citerai pas. Manger partout la même chose, quelle merveilleuse idée !! Voilà comment on efface peu à peu les identités et cultures des peuples pour n’en faire qu’une, regroupant ses disciples sous le drapeau consumériste.

Attention, je ne suis pas en train de faire l’apologie de l’extrême droite, qui n’a toujours pas compris qu’une identité évolue et que c’est sain qu’elle le fasse, mais ce qui est triste c’est l’uniformité dans laquelle nous baignons de plus en plus. Il est bon que les peuples et traditions se mélangent ! Cela créé de nouveaux us et coutumes, enrichissant ainsi un peuple comme l’autre. Mais il est effrayant de se dire que tout devienne une purée uniforme et sans goût.

 

Développé intellectuellement ?

Parce que nous écrivons, parce que nous faisons de la recherche, parce que l’information est bien diffusée, nous pensons être « au-dessus » intellectuellement. Au-dessus de quoi ? Bien entendu, toujours des mêmes civilisations soi-disant non avancées.

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Nous avons un accès hyper facilité à l’information d’une part grâce à la technologie, d’autre part grâce à nos formes d’état « démocratiques ». Si si, cela mérite des guillemets, car nous ne sommes pas en démocratie mais en Etat de droit. Cependant, l’information, bien que manipulée à tout bout de champs est très accessible dans son ensemble. C’est également parce que l’éducation est bonne (bien que de moins en moins), parce que la presse n’est pas trop censurée etc.

Et bien malgré cela, il y a un consensus scientifique autour duquel nous sommes en train de créer les conditions de notre propre disparation. On dit pour parler des milieux mafieux que l’argent n’a pas d’odeur. Je dirais plutôt au sujet du système capitaliste que l’argent n’a pas d’yeux. Effectivement, comment la recherche du profit à court terme (au maximum un an dans les projections des entreprises) pourrait être compatible avec la préservation d’un environnement vieux de plusieurs milliards d’années d’évolution ? Bien sûr que cela modifie la donne. Et bien sûr que ces deux vecteurs du changement (l’évolution naturelle et la recherche du profit à court terme) ne sont pas toujours compatibles. J’ai un ami libéral qui me dit souvent « mais si, il faut laisser faire les entreprises, et ne pas leur mettre des bâtons dans les roues, elles se préoccuperont d’elles-même de l’environnement s’il y a une demande des consommateurs ». Déjà premier point, si les consommateurs n’étaient pas un minimum éduqués, cela voudraient dire qu’on s’en moquerait éperdument de la planète, super. Ensuite, quand bien même les entreprises se mettraient au vert, elles le font d’ailleurs de plus en plus, c’est toujours avec comme but ultime le profit à court terme, pas de sauver la planète. On peut me rétorquer que le premier amènera le second, que ce n’est qu’un moyen. Oui, sauf que justement ce moyen jusqu’à présent il n’a produit que l’inverse de son but. Pour preuve par exemple, les traités internationaux facilitant les échanges commerciaux entre les pays. On importe des marchandises du monde entier, polluant énormément sur le trajet de retour et polluant aussi les pays où nous les produisons et réduisant ce faisant à l’état d’esclaves de nombreux travailleurs. De plus, quand une entreprise aujourd’hui produit « vert » c’est bien souvent du green washing, c’est-à-dire : l’acte de transmettre au public des informations qui sont – dans le fond et dans leur forme – une présentation déformée des faits et de la vérité, dans le but d’apparaître socialement et/ou environnementalement responsable aux yeux d’un public ciblé. Et pour quoi ? Pour vendre, pas pour sauver la planète donc.

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Il y a ainsi une fracture dans le changement climatique dû à l’action de l’homme, perverti par son argent (oh oui ça paraît simpliste comme discours, mais en même-temps, allez prétendre l’inverse), tourné sur lui-même et son potentiel gain à court terme, alors que son environnement comme son nom l’indique, n’autorise pas les pratiques individualistes et égocentriques. Nous avons perdu une vision d’ensemble. D’où le résultat que l’on connait : en 20 ans, nous aurons accompli un réchauffement qui a normalement lieu en 20 000 ans. Et par notre arrogance de sociétés « civilisées » intellectuellement parlant, par notre incapacité à remettre en cause le paradigme capitaliste, désigné à longueur de journée comme système sans alternative viable, s’érigeant ainsi quasiment comme un axiome de nos sociétés, nous approchons à grande vitesse du point de non retour. Mais enfin peu importe, les actionnaires ont des dividendes en augmentation ce trimestre ! Tout va bien alors 🙂

 

Et je ne parle même pas de notre mentalité belliqueuse et cupide qui nous pousse à aller massacrer des innocents en Syrie (par exemple) pour s’accaparer des ressources, ou encore de la montée de l’extrême droite en Europe qui prône la discrimination d’une partie de la population comme s’ils étaient moins qu’humains… La liste est longue, mais je pense avoir fait mon point.

 

Alors, l’occident, civilisé ?

 

Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Aimé Césaire

Le voyage comme mode de vie, un rêve ?

Mercredi soir, j’étais à une soirée networking ici à Genève des anciens de mon école de commerce. Je savais que je commençais à sortir du moule par mon mode de vie et mon projet de partir en tour du monde avec ma fiancée, mais là c’était réellement frappant et intéressant de voir leurs réactions « conditionnées ». En effet, voici ce qui s’est passé lorsque j’ai dit que je partais 1 an pour faire le tour du monde avec ma fiancée :

 

Leçon numéro 1

Tout le monde m’a dit (et quand je dis « tout le monde », c’est vraiment tout le monde) « ah j’aimerais trop le faire » ou encore « j’aurais dû le faire, je regrette » : je ne me suis alors pas senti conforté dans mon choix, non, car je savais déjà que c’était la bonne décision. Non j’ai juste eu de la peine pour eux, pour ceux qui ne feront que caresser leur rêve sans jamais le réaliser… Alors comme disait Tim Ferris dans la semaine de 4h : il ne faut pas attendre que les étoiles s’alignent pour agir et réaliser son rêve, car elles ne s’aligneront jamais : l’humain excelle à se trouver des excuses. En somme, le seul véritable obstacle entre notre rêve et nous, c’est nous-même.

Leçon numéro 2

On m’a dit « ah oui bonne idée de le faire avant de te poser, t’as raison de le faire maintenant », comme si c’était une année de césure et qu’après fini les voyages ! Comme s’il était impossible de penser le voyage comme mode de vie. Comme si ce voyage était juste une parenthèse. Nécessaire certes, mais néanmoins une parenthèse. Comme si ce n’était pas la « vraie vie ». Mais au fait, c’est quoi la vraie vie ? En tout cas ça confirme une théorie évoquée avec ma fiancée récemment : pour la plupart des gens, faire un tour du monde c’est bien de le faire une fois pour avoir une expérience inoubliable, avoir « vécu quelque chose » une fois puis c’est fini, on rentre au bercail, on achète une maison et on fait des gosses. C’est admettre sans le réaliser que voyager c’est en quelques sortes vivre et que la routine métro boulot dodo imposée n’est pas forcément la meilleure manière de vivre sa vie. J’aimerais pouvoir prouver dans les années à venir, si la chance et mon audace me le permettent, que voyager peut être un mode de vie, et pas seulement un loisir qui se cantonne à 3 semaines de congés par an. Dans tous les cas, de nombreuses personnes ont déjà fait ce choix du voyage comme mode de vie, il faut simplement admettre que c’est un choix possible de style de vie.

Leçon numéro 3

J’ai aussi entendu « tu lâches tout mais t’inquiète pas, tu sais, c’est pas dangereux pour ta carrière ». Mon pauvre si tu savais comment j’en ai rien à faire de ma carrière de toute façon. Enfin disons que je ne vois pas ma vie en termes de carrière. C’est aussi simple que cela. Travail, carrière, travail, carrière, quelle belle litanie au service des entreprises et du consumérisme. Et même. Mon plan dans la vie, si j’en ai un, ce n’est pas de construire une carrière et embellir mon CV. Faire un travail qui me plait, oui, autant que possible, gagner de quoi vivre mais c’est tout. Le reste je m’en fiche éperdument. Tout simplement parce qu’il n’y a pas que cela dans la vie, l’enrichissement matériel, le statut social, les responsabilités au sein d’une entreprise aussi grosse qu’en manque d’éthique … C’est tout de même outrageusement réducteur que de limiter la « réussite » à la carrière. Car réussir, ça devrait d’abord signifier réussir à être heureux, et ce, en général, pas seulement avec une carrière qui te mine de toute façon ta vie privée. Et quand bien même ma carrière serait importante, c’est bien volontiers que j’en sacrifierais une partie sur l’autel du voyage. Car je suis persuadé au fond de moi-même que ce tour du monde va me rendre profondément heureux.

 

Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, Essayez la routine… Elle est mortelle ! Paulo Coehlo

Mes 7 citations préférées

Ce sont mes préférées car elles reflètent ma pensée à l’heure actuelle. Je les ai regroupées sous cinq libellés : oser, voyage, nature/culture, spiritualité, et mode de vie.

 

Oser

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« Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi, ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voulaient le contraire, et l’immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire » Confucius

Cette phrase a le mérite ô combien important et nécessaire de prévenir ceux qui entreprennent quelque chose, qu’ils n’auront pas tant à faire face à leur détracteurs qu’aux personnes qui sont en accord avec eux mais entretenant une jalousie éhontée (qui reflète en réalité la culpabilité non avouée de ne pas l’avoir fait soi-même) ni qu’à ceux, ô combien nombreux, qui restent passifs mais aiment à critiquer. On peut d’ailleurs facilement observer ces derniers sur les réseaux sociaux (moi y compris, cela m’arrive je l’admets), où la critique a été rendue tellement aisée caché derrière son écran. Il y ensuite bien sûr ceux qui critiquent mais agissent, mais ce serait là encore un autre débat. Comme quoi lorsqu’on fait quelque chose, l’adversité ne vient pas que du « camp adverse ». Un proverbe perse résume d’ailleurs l’affaire ainsi : « On ne jette des pierres qu’à l’arbre qui porte des fruits ». Mon but n’est pas de vous décourager, mais ne dit-on pas qu’un homme averti en vaut deux ?

 

« Quoique tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. » Goethe

Celle-ci est difficile à appréhender, dans le sens où elle ne peut l’être que si on a au moins une fois, de façon plus ou moins intense, vécu, ou (pré)senti ce dont il est question. Je l’adore, car elle va à l’encontre du fatalisme, à l’encontre des prises de têtes et des excuses qu’on se donne souvent pour ne pas avoir à agir. Excuses qui sont là pour masquer notre peur. Goethe cherche donc à pousser les gens à agir et braver leurs peurs en relatant une expérience propre. Cela peut paraître sorti de nul part et irréaliste mais Goethe n’assure pas de résultat à toute entreprise, il n’assure pas que tout va être servi sur un plateau d’argent, non, il accorde simplement du génie, du pouvoir et de la magie à l’audace (ce qui, soit dit en passant, est déjà bien). En somme, il faut accomplir le premier pas, pour que beaucoup de choses se dénouent dans l’esprit. Choses qui restent nouées dans un esprit accaparé par la peur.

 

 

Voyage

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« Don’t tell me how educated you are, tell me how much you travelled. » Mohamed

A mon sens, le voyage ici n’est pas nécessairement à prendre au sens strict du terme mais peut l’être pris dans un sens plus large incluant l’expérience d’un individu en général, son expérience de vie. Car comme j’aime à le dire, la vie est un voyage. Ce que veut dire Mahomet ici est que les voyages d’une personne en dit bien plus que son éducation car le voyage forge bien plus que l’éducation. Enfin, c’est mon interprétation personnelle, mais je dois dire qu’elle s’est vérifiée pour mon cas comme je l’explique dans mon article Pourquoi 2 mois de voyage m’ont plus changé que 10 ans d’école. 10 ans d’éducation qui ont quasiment éclaté en deux mois de voyage…

 

Nature/culture

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« Nous sommes frères par la nature, mais étrangers par l’éducation. » Confucius

Confucius, par cette phrase de génie résume tout. L’humain est un et multiple. Oui la personne qui habite à l’autre du monde, parle différemment, mange différemment, pense différemment est mon frère. Oui nous le sommes tous, et non ce ne sont pas des balivernes de hippie déluré. Bien sûr que nous le sommes. Si l’éducation ne nous avait pas tant différenciés et n’avait pas mis ces barrières culturelles entre nous, nous sentirions-nous si différents ? J’en doute. Je ne dis pas qu’il faut abolir les différences, elles sont au contraire une richesse, mais il faut savoir aller au delà de cette barrière culturelle et nous rappeler qui nous sommes au fond de nous, sans ajout, sans culture. Il est vrai que discuter avec l’étranger se révèle parfois difficile, les quiproquos sont monnaie courante tant nos expériences différentes nous éloignent, car comme dit Lao Tseu : « L’expérience n’est une lumière qui n’éclaire que soi-même ». Ayant compris ceci, nous nous devons d’être plus tolérants à l’égard de cet étranger qui est aussi notre frère, et qui, ne l’oublions pas, est fait de la même chair.

 

Spiritualité

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« Le confort est une prison pour l’esprit, il affaiblit la chair et prive l’âme de son ardeur guerrière et de sa détermination. » Graham McNeill

Je trouve cette phrase fort bien dite, il n’en demeure pas moins, et je le concède volontiers, que je suis loin de vivre dans le dépouillement. Je ne vis pas non plus dans le luxe, certes. Je pense être d’ailleurs dans la moyenne, à l’exception que depuis plus d’un an maintenant, je consomme beaucoup moins et trie le superflu pour essayer de ne garder que l’utile et l’agréable, et me passer du reste. Je reviens sur ma démarche minimaliste plus longuement dans mon article Pourquoi je veux devenir minimaliste ? Car McNeill a bien raison, il est d’ailleurs dans la digne lignée de Thoreau : le confort matériel, l’encombrement d’une foule d’objets toujours plus nombreux, sensés soulagés nos maux, ne font qu’alourdir l’esprit et l’embourber jusqu’à l’impotence. Car n’osant se séparer d’eux par peur de le regretter, on les conserve tels des boulets à traîner à chaque pas. Quant à affaiblir la chair, cela paraît bien évident, ce n’est pas en restant assis sur son canapé que nos muscles s’entraînent à quoique ce soit, perdant ainsi peu à peu leur vigueur. La dernière partie sur l’âme est plus délicate à appréhender, mais je l’interprète ainsi : l’âme est l’intuition, l’envie. En-vie : il n’y a simplement pas plus puissant dans l’être humain que cette en-vie de vie. Ainsi elle est bien dotée de détermination et d’ardeur guerrière. Seulement peut-elle conserver ses qualités en étant claquemurée dans le confort ? Difficilement, car le confort ne fait que fermer des portes de l’univers auquel l’âme appelle à s’ouvrir. Bien qu’il ne faille pas nécessairement prendre cette citation au pied la lettre, c’est-à-dire se priver de tout confort, je pense que le principe est à retenir, car notre société actuelle a tendance à aller dans l’extrême inverse.

 

“La seule façon d’accomplir est d’être.” Lao Tseu

C’est on ne peut plus clair : ne cherchez pas dans un ailleurs imaginaire figuré tant dans votre esprit que dans les images envoyées par la société une façon d’accomplir, ne cherchez pas à atteindre un but, à vous rendre heureux par des biais purement matériels (c’est-à-dire par l’avoir). Ceux-ci sont juste des outils pour atteindre l’accomplissement, mais sans l’être ils ne sont rien. Sans même aller chercher un but lointain (tant dans le temps que l’espace), la seule façon d’accomplir et donc à mon sens de s’accomplir, d’être heureux immédiatement c’est d’être, de se ressentir, de vivre une forme de pleine conscience du moment présent et de tout ce qu’il a à apporter. J’en parle en détail dans mon article « Comment j’ai découvert la source du bonheur« .

 

Mode de vie

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« Passer ainsi presque toute sa vie à la gagner pour jouir d’une liberté douteuse durant la partie la moins précieuse de son existence » Henry David Thoreau

Cette phrase piquée dans Walden résume très bien nos vies au XXIème siècle : nous sacrifions nos plus belles années, celles dont sommes le plus à même de jouir à nous écorcher pour gagner durement de quoi se loger, se nourrir et mettre de côté pour nos vieux jours… Pendant lesquels nous n’aurons tout de même plus la même force mentale ni physique. J’ai bien conscience que bon nombre de personnes ne peuvent s’offrir le luxe de travailler moins à cause du système et doivent travailler plus que 40h par semaine pour payer le loyer. Mais pour les autres, ceux qui s’en sortent bien, à quoi bon toujours plus d’argent, si vous ne vous laissez que si peu de temps ou un temps si éloigné et de peu de valeur (la retraite) pour en profiter ? Ce rythme métro-boulot-dodo est en effet malsain pour la santé mentale et physique. Moins travailler permettrait d’éviter cet écueil et de mieux vivre sa vieillesse. Et accessoirement de profiter de sa jeunesse. Aussi vrai soit-il qu’il faut être un minimum prévoyant, comment peut-on perdre de vue que nous n’avons qu’une vie, et qu’à 70 ans, nous n’en profiterons certainement pas de la même façon qu’à 30 ? 

Quitter son boulot : la libération ?

C’est une page qui se tourne dans ma vie de bohème (ou presque). Adieu le CDI en Suisse, adieu l’appartement avec vu sur les montagnes, adieu le train-train quotidien emmerdant.

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Pourquoi je pars

Pourtant ça démarrait plutôt bien non ? J’étais censé me stabiliser, faire du fric en Suisse, trouver un boulot à responsabilité et monter en grade etc. Faire comme tout le monde quoi. J’ai commencé. Ça m’a bien plu un premier temps. Puis est arrivé ce projet de tour du monde. Dès le début sans une once d’hésitation j’ai eu envie de dire oui lorsque ma fiancée m’a proposé l’idée. Je savais que c’était de la folie (du moins selon les critères du commun des mortels), mais quelque chose au fond de moi, l’enfant fou et rêveur, l’enfant qui était constamment dans les nuages avait déjà dit oui. Le temps que le côté adulte digère l’idée, la retourne dans tous les sens, et le projet a été acté. Ma fiancée et moi allions partir, c’était bel et bien décidé. Cela voulait dire quitter mon boulot ? J’étais pas censé me stabiliser à l’origine ? D’un autre côté, il ne faut se forcer à rien. Si j’ai envie de partir, c’est qu’il faut partir. Peut-être qu’au final je ne suis pas fait pour me stabiliser, elle est là la réponse. En tout cas c’est bien dommage de quitter un boulot bien payé et pas désagréable, mais qu’importe, j’en retrouverai un comme je l’ai toujours fait. Ainsi, peu à peu, de sacrifice, la pensée de quitter mon poste à responsabilité en Suisse s’est muée en idée de liberté et d’accomplissement.

 

Fuir le train-train quotidien et prendre du recul

Parce que ma vision des choses a continué à changer au gré des vents et marées (ou plutôt au gré de mes lectures, visionnages et réflexions personnelles) et puis un peu aussi parce que mon travail commençait à ne me faire ni chaud ni froid. C’était la routine. Va au boulot, ramène l’argent, fais tes courses et continue comme cela sans te poser de question. Malgré cette indifférence relative, j’ai continué et continue toujours à travailler consciencieusement, non plus par intérêt (encore que j’essaie d’en trouver un, et y parviens parfois) mais davantage par pure conscience professionnelle, par respect pour mes supérieures, parce que je ne suis simplement pas un connard, peu importe ce que je pense par ailleurs du système et de ce qu’il engendre comme souffrance pour les salariés.

Et là vous aurez tôt fait de me dire, « comment oses-tu la ramener avec ton salaire Suisse ? » justement la question n’est pas là, même si j’admets être hautement chanceux d’avoir ce salaire et être plutôt bien loti, le travail salarié reste une aliénation par le capital. En effet, le travail salarié n’a rien d’épanouissant, il est tout juste bon à ramener son quignon de pain tous les jours à la maison. Vous allez alors me dire : « mais il y a des gens qui aiment leur travail ! ». C’est vrai, et tant mieux pour eux. Je ne mets donc pas en doute la capacité du travail en général à rendre heureux, mais bel et bien celle du travail salarié. La différence ? Le travail salarié par toutes les obligations qu’il créé, par les liens de subordination qu’il engendre enlève parfois la saveur du travail, le déshumanise et lui retire son âme : mensonge, manipulation, horaires strictes, trajet, lieux de travail, inconfort physique et mental, pression etc. Pour quoi ? Pour atteindre l’objectif (moneyyyy). Au final la rationalisation toujours plus poussée du capitalisme et donc des relations de travail tend vers un traitement du salarié comme une simple machine, ce que nous ne sommes à aucun égard. Grossière erreur.

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D’où mon sentiment de libération ! Libération du joug capitaliste (du moins en partie), libération de l’esprit et du corps de la condition salariée, qui me permettent de me tourner vers un avenir nouveau, parsemé de nouvelles embûches, mais aussi de plein d’opportunités.

 

Vivre sans regret

Ainsi se tourne une page, pour en ouvrir une nouvelle. J’ai même plutôt l’impression que c’est un livre qui débute à partir de maintenant.

L’impression que tout est possible, tout est faisable. Douce illusion dans laquelle je m’autorise à me bercer afin d’éviter de tuer un projet dans l’œuf comme moi et bien d’autres avons tendance à le faire à tout instant de notre vie. Histoire de ne pas venir me plaindre dans 50 ans, que « j’aurais dû faire ça ». Lorsqu’il sera trop tard. Comme dit l’expression populaire consacrée : mieux vaut avoir des remords que des regrets. Les erreurs sont inévitables. La preuve : malgré mon parcours jusque là plutôt conventionnel et ma peur de me lancer dans l’inconnu, j’en ai fait ! Donc à l’avenir je souhaite agir différemment. Car j’en referai des erreurs. Je me trouverai à certains moments au mauvais endroit, ou sans le sou, ou bien seul ou que sais-je encore… Mais cela permettra d’en tirer des leçons et d’avancer.

L’impression que les sentiers battus appartiennent enfin définitivement au passé, d’enfin reprendre ma vie en main et me poser les questions que j’aurais dû me poser il y a 10 ans. Tout bachelier devrait commencer sa vie d’adulte par un voyage d’ailleurs. Ne pas être immédiatement lié, voire attaché à un boulot ou à des études immédiatement sans aucun recul, juste parce que c’est la voie classique imposée par la société.

 

Somme toute, cette décision a tout chamboulé : ma vie, ma vision des choses et celle de mon futur. Ou plutôt l’inverse, tout a été chamboulé donc j’ai pris cette décision. Bref, je ne sais plus très bien (encore ce problème de la poule et de l’œuf), mais c’est curieux comment ce projet de tour du monde m’a guidé vers cette décision nécessaire, et comment au final, de décision difficile elle est devenue libératrice et m’a amené à comprendre plein de choses sur le monde du travail salarié et sur ce que je voulais faire de ma vie. Bien sûr, peut-être qu’un jour je devrai le redevenir, salarié, eu égard ou non à mes critiques acerbes. Mais tout cela m’a tellement aidé ! J’ai enfin réalisé que je n’étais pas fait pour me stabiliser ni pour rester attaché à un travail passivement simplement parce qu’il faut bien gagner sa vie. Certes il faut gagner sa vie, mais désormais je cesserai de me battre contre des moulins à vent en refusant d’admettre que je veux au fond de moi vivre en bohème : passer d’un boulot à un autre, d’une ville à une autre, d’un voyage à un autre…

 

Car qu’est la vie si ce n’est un long voyage ? Lark East