6 bonnes raisons de pratiquer le slow travel

Randonnée au lac Song Kul au Kirghizistan

Il y a tant à découvrir sur cette chère et belle planète !! Il y a tant à voir et à faire qu’on ferait des “buckets lists” à n’en plus finir !! Aller ici, visiter ça, “faire” ce pays, “faire” ci et ça…

Mais en ajoutant toujours plus, en faisant des “bucket lists”, en courant d’un monument à l’autre, d’une ville à l’autre, d’un pays à l’autre, a-t-on seulement le temps de vraiment découvrir ce qu’on était venu découvrir ? Que nous reste-t-il en rentrant ? Si peu. Certes, des centaines de photos…. Mais comme vécu, comme expériences inoubliables ??

Non, le voyage, à mon avis n’est pas une compétition de pays “visités”. Encore une fois, je suis le premier à vouloir découvrir de nouveaux pays, mais pour vraiment les découvrir, il faut prendre son temps. Comment ? En sortant de ce mode compétition inculqué par notre société qui tourne autour de l’économie et de la concurrence permanente. Les pays ne sont pas une liste. Se concentrer sur une liste, c’est ne pas se concentrer sur l’expérience. Pensons à nous, à notre vécu, avant de penser à rendre jaloux la planète entière ! 

Le moyen ? Le slow travel ! Le slow travel est plein d’avantages, et vous allez le voir, “slow” n’est pas égal à “ennui”, bien au contraire !

Ca fait 8 mois qu’on est partis en voyage autour du monde, et très vite, on a eu envie de ralentir. Eh bien croyez-moi, on n’y voit que des avantages maintenant et on ne voudrait plus faire autrement !

 

1) Se reposer

Lisa lit un livre pendant la randonnée au camp de base de l'Everest
On a fait le trek du camp de base de l’Everest en 16 jours histoire de pas courir et ne pas prendre de risque…Du coup on arrivait en début d’après-midi, avec le reste de la journée pour se reposer et lire comme Lisa sur la photo 😉

Eh oui !! On a beau partir en voyage pour se reposer un peu de sa routine fatigante, à force de courir partout, avion, guesthouse, tuk-tuk, bus et ainsi de suite à un rythme effréné, on ne fait pas vraiment de cadeau à son corps ni à sa tête. Déjà que le voyage à la base est quand même un peu fatiguant, alors si c’est pour le faire à toute vitesse… Vous n’avez pas envie de vous sentir fatigué en rentrant de voyage, non ? Ce serait bien ironique.

Le slow travel offre une super solution pour remédier à cela ! Moins de transports, des excursions plus espacées dans le temps, cela veut dire plus de repos ! Détendez-vous bon sang ! Vous étiez bien partis pour cela aussi à l’origine, non ?

Au Laos, on a fait le circuit classique Luang Prabang – Vang Vieng – Vientiane – Takhek Loop – Paksé & 4000 îles. Arrivés aux 4000 îles, j’avoue qu’on accusait un peu la fatigue. On a vu ce qu’on voulait voir, mais ça faisait un peu rapide. Du coup on s’est accordé 6 jours sur Don Khon pour se remettre ! Qu’est-ce que ça faisait du bien ! On a passé nos journées à se balader dans le mignon village, à siroter des Iced Coffees, à s’offrir des couchers de soleil ravissants une bière à la main, à bosser sur le blog tranquillement, à se prélasser dans le hamac du bungalow, et surtout, à rien faire de particulier !… Bref la détente ! Qui a dit que l’ennui était mauvais ?

Moi qui lit un livre dans mon hamac aux 4000 îles sur Don Khon au Laos
Il est grand temps pour un peu de repos !

 

2) Découvrir un lieu dans son ensemble, le vivre

Festival Dungan à Karakol au Kirghizistan
Un festival Dungan juste à côté de Karakol au Kirghizistan. On avait le temps d’y aller, alors on y est allés !

En mode fastpackeur, ou dans tous les cas voyageur pressé, on passe d’un endroit touristique à un autre et point. Ce n’est pas un mal en soit. La plupart du temps, quand ce n’est pas “trop” touristique ou “trop” cher, Lisa et moi aussi on a envie de voir ces endroits touristiques, car ça reste des lieux très intéressants qu’on ne voudrait pas louper !

Par contre on préfère toujours autant que possible voir également autre chose ! Sortir des sentiers battus, et prendre le temps de vivre l’endroit tel un local. Ou presque, car on a des standards de vie différents et on reste en voyage. En effet, en voyage ne cherche-t-on pas à vraiment découvrir une culture, son authenticité et voir comment vivent des gens à l’autre bout de la planète ? Plutôt que de juste survoler des lieux touristiques ?

En faisant du slow travel, on peut vraiment découvrir des coins plus authentiques, voir vraiment comment vivent les locaux, mieux les connaître, approfondir notre connaissance de leur culture qui jusqu’alors était relativement superficielle, vraiment apprécier et vivre l’atmosphère du lieu dans sa globalité. Pas juste l’ambiance cool des coins touristiques. Encore une fois ce n’est pas un mal. Mais ce n’est qu’une des facettes d’un lieu.

Dîner avec nos amis voyageurs chez une famille nomade dans l'ouest de la Mongolie
Dormir en ger (yourte) est un expérience touristique typique en Mongolie. Partagez un dîner avec l’habitant, c’est encore mieux !

Par exemple, j’ai adoré l’ambiance de Thamel, le quartier touristique de Katmandou. Je savais que ce n’est pas si pittoresque que ça le prétend, mais j’y étais bien. Mais j’ai aussi beaucoup aimé le quartier nord-ouest Nayabazaar où on a logé chez une famille, un endroit plus authentique pour le coup ! D’ailleurs notre séjour d’une semaine (puis plus après) chez cette famille a été l’occasion de vivre Tihar (la fête hindou en l’honneur de la déesse Laxmi) avec eux ! Et tout ça grâce au slow travel !

 

3) Créer de vraies relations

Voyager est naturellement l’occasion ou jamais de rencontrer des gens ! Des gens différents pour s’enrichir, découvrir leur culture qu’ils soient locaux ou voyageurs. Bien sûr on préfère des locaux quand il s’agit de découvrir le mode de vie ou la culture locale. Mais les voyageurs apportent bien sûr aussi leur dose d’enrichissement et de partage !

Le truc, c’est qu’en voyageant vite, on a pas vraiment le temps d’approfondir la relation. On a pas le temps d’apprendre beaucoup sur eux, ni de se lier vraiment. Et c’est bien dommage que la relation reste à la surface, surtout si c’est quelqu’un qu’on apprécie !

Mais si vous ralentissez, ce sera l’occasion d’aller un peu plus loin dans la relation et même de créer une amitié ! On en a eu l’occasion à plusieurs reprises durant notre voyage ! Dès qu’on a ralenti, on a pu se créer de vraie amitiés, et non juste faire des connaissances. Que ce soit nos amis Grant et Cristina (un couple canado-écossais adorable) rencontrés en Mongolie, Mahendra notre prof de yoga au Népal ou encore Bhadra et sa famille au Népal également, ces belles et vraies rencontres ont ponctué notre périple autour du monde !

Nous et la famille de Bhadra à Pokhara au Népal
Bhadra et son adorable famille chez qui on a passé 3 semaines au total

 

4) Être plus libre

Moi posé dans un resto à Jaisalmer en Inde
Aujourd’hui, on a décidé : pas de visite ! C’est glandouille et skype avec la famille

Souvent si on voyage rapidement, c’est qu’on a liste de choses à “faire” ou “voir” et qu’on a un programme assez défini à l’avance pour tout faire tenir dans le temps imparti. Je comprends bien la logique de vouloir voir un maximum de choses. Mais le problème, c’est que si tout à coup une opportunité qui semble géniale se présente ou une envie soudaine de visiter un autre endroit pas prévu, vous faites comment ? Et c’est là que ça devient compliqué. Bien sûr, avec un peu de chance et de souplesse, vous pouvez refaire votre plan.

Mais c’est toujours plus compliqué. Ca veut dire enlever quelque chose de la liste. Et quand on veut “tout faire”, le renoncement apparaît comme difficile…

En pratiquant le slow travel, tout devient plus simple !! En prenant son temps, la liste d’endroits à voir ou d’expériences à avoir est plus courte. D’ailleurs, on a pas vraiment une liste. Enfin, on a des idées plutôt. Mais on est ouvert d’esprit à ce qui peut nous arriver ou passer par la tête.

Coucher de soleil à Pakbeng pendant notre croisière en slow boat de Huay Sai à Luang Prabang au Laos
Une croisière de 2 jours en slow boat avec en cadeau un sublime coucher de soleil ? On avait le choix avec le bus, mais on s’est donné du temps, alors on a choisit la croisière !

Par exemple, lorsqu’on était au Népal avec Lisa, on a décidé d’aller à Pokhara, une ville qui nous donnait très envie de la découvrir. On avait pas vraiment de programme fixe pour la suite et du temps devant nous. On avait réservé quelques nuits seulement dans une guesthouse… Eh bien nous sommes restés 3 semaines à Pokhara ! L’endroit nous a totalement charmé, on s’y sentait bien, alors on a décidé de rester plus longtemps. La découverte nous a plu, on a voulu profiter de l’ambiance de cette ville, alors on l’a fait ! Car on était libre de le faire ! C’était aussi simple et spontané que ça. Pas de prise de tête, liberté totale. Ca aurait été impossible si on avait la pression des nombreux endroits où se rendre après. Puis du jour au lendemain quasiment, on s’est dit, bon on part !

La liberté, ça se gagne en ralentissant, en prenant le temps, pas l’inverse comme voudrait nous faire croire notre société. Le temps se prend, il ne s’obtient pas par une recette magique où on compresse autant de choses possibles dans un minimum de temps ! De toute façon il n’y a jamais assez de temps.

 

5) Être plus écolo

4000 îles au Laos
On a passé 6 jours aux 4000 îles, ce qui veut dire des transports moins fréquents !

En voyageant vite, on prend souvent les transports (j’aime enfoncer des portes ouvertes pour mes démonstrations).  Et pour aller encore plus vite, on privilégie l’avion au bus ou au train. C’est bien pratique certes, mais le bilan carbone de ce genre de pratique est vraiment pas fameux. Et c’est pas ça qui va arranger notre planète que nous aimons tant visiter !

Voyager plus respectueusement de la planète devrait être aussi naturel que de faire le tri chez soi ! En plus, en voyageant, on s’offre quand même le luxe de rajouter une empreinte supplémentaire pour notre environnement, on ne va pas se mentir. Autant j’adore voyager, autant c’est de base pas vraiment une pratique spécialement écolo. Mais l’avantage du voyage c’est quand même que ça nous fait justement prendre plus conscience des problèmes écologiques. Alors, le minimum c’est de réduire son impact lorsque c’est possible, non ?

Le slow travel est une alternative parfaite pour être plus écolo ! En privilégiant le bus ou le train à l’avion par exemple. Ou en se déplaçant moins souvent, on respecte bien davantage notre environnement. De même, en ville par exemple, si les distances ne sont pas trop grandes, pourquoi ne pas marcher ou faire du vélo ? Plutôt que prendre un taxi ou un tuk-tuk. En plus prendre son temps ainsi permet de mieux profiter de l’atmosphère du lieu.

Moi avec mes sac à la gare routière
Il vaut mieux privilégier le bus à l’avion, en plus d’être plus écolo, c’est aussi plus authentique

Et ça marche plutôt bien ! En passant 2 mois au Népal et 2 mois en Thaïlande en bougeant lentement dans chaque pays, on est à peu près certains d’avoir fait moins dégâts que si on s’était déplacés à toute vitesse !


6) Moins dépenser

Moi en train de bosser à Pokhara au Népal
On s’est posé à Pokhara pour 3 semaines, ça nous facilement économisé pas mal de tickets de bus !!

Les transports, avec le logement, est un des premiers postes de dépenses quand on est en voyage. Si vous allez un peu loin, rien que le billet d’avion peut facilement vous coûter la moitié de votre budget. Et même pendant le voyage lui-même, un bus par ici, un autre bus par là, à un rythme de 3 bus par semaine, ça fait vite grimper l’addition ! Un bus par semaine, tout de suite, ça fait moins cher.

C’est ce qu’on a remarqué en s’attardant une semaine à Katmandou, le temps de préparer notre trek au camp de base de l’Everest puis encore plusieurs jours plus tard pour faire notre visa pour l’Inde. Et… prendre notre temps pour découvrir vraiment la ville et la culture locale. Eh bien en regardant les comptes a posteriori, je dois dire qu’on s’en sort bien !!

Et pour en revenir au logement justement. Si vous vous attardez une semaine quelque part, il y a aussi moyen de négocier un tarif plus sympa pour votre logement ! Et c’est encore plus facile si vous restez, 2, 3 semaines ou plus ! J’ai fait un séjour de 2 semaines à Chiang Mai et ai trouvé un super logement à Nimman mais c’était un peu limite pour mon budget… Du coup, j’ai contacté l’hôte Airbnb et lui ai demandé une réduc en justifiant la durée de mon séjour. Bingo, j’ai économisé 10% ! C’est toujours ça de pris.

Enfin, cerise sur le gâteau : si vous vous posez un peu quelque part, vous pourrez bosser sur place, cuisiner vous-même et ainsi de suite ! En faisant du volontariat, parfois on vous offre le logement, ou même plus, ça dépend.

 

Allez-y, ralentissez !

Moi en pleine détente pendant le Thakhek loop au Laos
Allez-y, ralentissez !

Après avoir lu tout ça, j’espère que vous serez convaincus des multiples avantages du slow travel ! Et que vous réaliserez que le slow travel, bien qu’ayant toute l’apparence d’une mode passagère, est un mouvement de fond, avec une vraie pensée sur la manière de voyager et de voir le monde.

Une manière de voyager qui privilégie la qualité à la quantité, dans une société où on préfère habituellement l’inverse. Une société où on fait tout à toute vitesse, sans profiter de rien. L’économie dominant nos modes de vie peut nous laisser penser qu’il faut toujours être en compétition avec les autres, aller toujours plus vite et “faire” plus.

Mais vous l’avez vu, on en perd toute la saveur. On zappe plutôt qu’on ne fait ou ne vit. La vie n’est pas une course, le voyage non plus. On ne voyage pas comme on prend le métro ou navigue sur le net, en courant. On voyage pour prendre le temps de découvrir vraiment des cultures, des paysages, des gens. Appréciez votre voyage, ralentissez.

Et vous, vous pratiquez le slow travel ?

Si oui, quelles sont vos raisons à vous ? Si non, ça vous donne envie d’essayer ?

Vous aimez mon article ? Épinglez-le !

6 bonnes raisons de pratiquer le slow travel

 

16 commentaires

  1. Bonjour Pierre,
    En effet, le slow travel a bien des avantages et je dirais même la slow life (par extension…) que je pratique assidûment !
    Je découvre ce blog à l’occasion de cet article et je vais m’accorder le temps d’y revenir… J’y vois déjà pas mal de thèmes abordés qui m’intéressent.
    Bonne route à vous deux.

    1. Salut Sev !
      Hm intéressant, je savais pas que la slow life existait aussi, mais ça paraît évident maintenant que j’y pense. En plus du slow travel, il y a bien la slow food, la slow fashion etc… 🙂
      Chouette, content que mon blog plaise ! J’ai jeté un coup d’oeil au tiens, j’aime beaucoup ton style, va falloir aussi que je m’y attarde un peu !
      Merci !

  2. Merci Pierre ! Ton retour fait plaisir. Je suis en slow publication aussi, histoire d’être cohérente… À bientôt au détour d’un billet… Bon appétit (je viens de lire ton dernier article qui mène à l’idée du flexitarisme, un bon compromis en voyage…) et encore bonne route à toi et Lisa.

  3. Bonjour ! C’est exactement comme ça que nous avons envisagé notre tour du monde : avion uniquement pour traverser les océans (et encore, c’est parce qu’on n’a pas trouvé d’autre solution pas trop chère…) et sinon bus, train locaux, ferry… Et on reste suffisamment longtemps à chaque étape pour bien rayonner dans les environs : on vient de passer 54 jours au Japon, et on n’a visité « que » 7 villes ! Mieux en voir moins mais le voir mieux, et cela permet aussi un meilleur contact avec les gens. En tous cas, bravo pour votre site et bon voyage !

    1. Salut Sophie,
      C’est excellent ce que vous faites !
      Oui malheureusement l’avion reste assez indispensable pour les océans.
      Oui c’est vrai, tu as raison, moins mais mieux, ça devrait être un slogan pour le voyage… Et bien d’autres choses ! Enfin bref 😉
      Merci, bon voyage à vous aussi ! 😊

  4. Super article ! Je partage vos valeurs à 100% ! C’est vrai que le voyage n’est pas un concours de qui a visité le plus de pays. Intéressante réflexion, quasi philosophique (?) Pourquoi cette quête de collectionner les destinations, est-ce que quelque chose nous échappe au fond ? 😉
    Bonne continuation dans votre projet !
    Bucoliquement,
    Audrey

    1. Merci Audrey !! 🙂
      Hihi oui ça ne m’étonne pas, j’avais été faire un tour sur votre site et c’est vrai qu’on semble partager des valeurs 😉
      Hm tu poses une bonne question, ça mériterait peut-être un article à l’avenir ! En tout cas comme ça sans réfléchir trop longtemps, je dirais que ça viens du fait qu’on consomme le voyage comme tout ce qu’on consomme dans nos sociétés contemporaines : à toute vitesse, sans prendre le temps de profiter et en privilégiant la quantité à la qualité…
      Merci, vous aussi !

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