Le voyage comme mode de vie, un rêve ?

Randonneur devant les montagnes

Mercredi soir, j’étais à une soirée networking ici à Genève des anciens de mon école de commerce. Je savais que je commençais à sortir du moule. Notamment en raison de mon mode de vie et mon projet de partir en voyage pour un an autour du monde avec ma compagne Lisa. Mais là c’était réellement frappant et intéressant de voir leurs réactions « conditionnées ». En effet, voici ce qui s’est passé lorsque j’ai dit que je partais pour faire le tour du monde avec ma compagne:

 

Quand tu as un rêve, ne te contente pas de le caresser

Tout le monde m’a dit (et quand je dis « tout le monde », c’est vraiment tout le monde) « ah j’aimerais trop le faire » ou encore « j’aurais dû le faire, je regrette ». Cela ne m’a pas conforté dans mon choix, non, car je savais déjà que c’était la bonne décision.

En revanche j’ai eu de la peine pour eux, pour ceux qui ne feront que caresser leur rêve sans jamais le réaliser… Alors comme disait Tim Ferris dans la semaine de 4h : il ne faut pas attendre que les étoiles s’alignent pour agir et réaliser son rêve, car elles ne s’aligneront jamais. L’humain excelle à se trouver des excuses. En somme, le seul véritable obstacle entre notre rêve et nous, c’est nous-même.

 

Le voyage comme mode de vie est un choix possible

On m’a dit « ah oui bonne idée de le faire avant de te poser, t’as raison de le faire maintenant ». Comme si c’était une année de césure et qu’après fini les voyages ! Comme s’il était impossible de penser le voyage comme mode de vie. Comme si ce voyage était juste une parenthèse. Nécessaire certes, mais néanmoins une parenthèse. Comme si ce n’était pas la « vraie vie ». Mais au fait, c’est quoi la vraie vie ?

En tout cas ça confirme une théorie évoquée avec ma compagne récemment : pour la plupart des gens, faire un tour du monde c’est bien de le faire une fois pour avoir une expérience inoubliable, avoir « vécu quelque chose » une fois puis c’est fini, on rentre au bercail, on achète une maison et on fait des gosses. C’est admettre sans le réaliser que voyager c’est en quelques sortes vivre. Et par là-même que la routine métro boulot dodo imposée n’est pas forcément la meilleure manière de vivre sa vie.

J’aimerais pouvoir prouver dans les années à venir, si la chance et mon audace me le permettent, que voyager peut être un mode de vie. Et pas seulement un loisir qui se cantonne à 3 ou 4 semaines de congés par an. Dans tous les cas, de nombreuses personnes ont déjà fait ce choix du voyage comme mode de vie. Il faut simplement admettre que c’est un choix possible de style de vie.

 

Sacrifier sa « carrière » oui et alors ?

J’ai aussi entendu « tu lâches tout mais t’inquiète pas, tu t’inquiète pas, c’est pas dangereux pour ta carrière ». Mon pauvre si tu savais comment j’en ai rien à faire de ma carrière de toute façon. Enfin disons que je ne vois pas ma vie en termes de carrière. C’est aussi simple que cela. Travail, carrière, travail, carrière, quelle belle litanie au service des entreprises et du consumérisme. Et même. Mon plan dans la vie, si j’en ai un, ce n’est pas de construire une carrière et embellir mon CV. Faire un travail qui me plait, oui, autant que possible. Gagner de quoi vivre aussi bien sûr, mais c’est tout. Le reste je m’en fiche éperdument.

Tout simplement parce qu’il n’y a pas que cela dans la vie, l’enrichissement matériel, le statut social, les responsabilités au sein d’une entreprise aussi grosse qu’en manque d’éthique … C’est tout de même outrageusement réducteur que de limiter la « réussite » à la carrière. Car réussir, ça devrait d’abord signifier réussir à être heureux.  

Et quand bien même ma carrière serait importante, c’est bien volontiers que j’en sacrifierais une partie sur l’autel du voyage. Car je suis persuadé au fond de moi-même que ce tour du monde va me rendre profondément heureux.

Vous aimez ? Épinglez !

Le voyage comme mode de vie, un rêve ?

Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, Essayez la routine… Elle est mortelle ! Paulo Coehlo


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7 commentaires

  1. J’adore au plus haut point ton article !!

    C’est tellement pathétique de voir la réaction des gens autour de nous lorsque nous sortons du moule… et le plus souvent ces gens ce sont nos amis et familles.

    Faire le tour du monde est un de mes rêves également, mais un peu différemment. Pour ma part, ce ne sera pas un tour « complet », mais uniquement des endroits que je désire explorer pour éventuellement m’installer. Des endroits chauds et ensoleillés !
    Je suis natif du Québec au Canada et j’ai toujours détesté l’hiver, mais plus les années passent, plus ça devient une réelle dépression qui dure 6 mois. J’ai toujours dits que je suis né dans le mauvais pays.

    Je veux donc trouver un petit endroit tranquille où il y a de la couleur, du soleil et de aucun gel.

    Là où ça devient pathétique, c’est quand je parle de ce projet. Je ne sais pas comment c’est ailleurs, mais au Québec, les gens sont lavés du cerveau à penser qu’ils sont protégés par un dôme et que l’autre côté des frontières, c’est l’enfer !
    « Penses-y, il y a plein de virus graves dans les pays chaud ! »
    « Il y a aussi des animaux et insectes mortels ! »
    « Tu ne seras jamais en sécurité comme au Canada »
    « Tu vas perdre tout tes bénéfices du Canada comme l’assurance maladie » (Une vrai farce cette assurance maladie)
    « Tu veux habiter au bord de la mer… T’as pas pensé aux ouragans et aux tsunamis ? »
    « N’oublie pas les volcans et tremblements de terre »

    Et j’en oublie surement ! C’est rendu à un tel point que je n’en parle plus avec mes proches.

    Je regarde leurs vie avec leur carrière, leur statut social, leur accumulation de matériel, leur petite routine et je pleure intérieurement pour eux, puis je regarde ma vie avec mes projets et je vibre !

    Merci pour ton excellent article !

    1. Merci à toi pour ton com’ et ton enthousiasme, c’est contagieux 🙂

      Il arrive aussi qu’en France (je travaille juste à Genève, mais suis français) les gens aient cette même peur totalement infondée sur l’étranger. Tu devrais faire lire à ton entourage la citation de Coehlo que j’ai mis à la fin de l’article 😉
      Après, je trouve que dire que c’est pathétique est un peur dur pour eux, mais d’ailleurs tu l’as très bien expliqué : il y a en effet un lavage de cerveau qui mène à un repli sur soi, qui n’est pas entièrement la faute de ces personnes.

  2. C’est un peu spécial ici au Québec.
    Tu vois, la société québécoise a presque toujours eu une mentalité de séparation. Plusieurs tentatives de se séparer du Canada ont eu lieu sans succès heureusement, mais il reste qu’il plane toujours une odeur d’animosité envers le reste du Canada et de toutes les autres communautés, mais surtout les anglophones. Le gouvernement du Québec est le premier responsable en contrôlant et en obligeant son peuple à ne vivre qu’en français (école, affichage des commerces, etc), ce qui rend une grosse majorité de sa population ignorant du reste de la planète. Un moyen tant qu’à moi de garder son peuple en otage en les rendant inapte à partir vivre ailleurs.

    Dernière parenthèse, juste pour te faire comprendre un côté, cette fois-ci, vraiment pathétique. Quand je dis que nous sommes obligé à vivre en français, ce n’est pas de la blague, nous avons un ministère au sein du gouvernement qui contrôle l’utilisation du français, c’est l’Office québécois de la langue française, aussi affectueusement appelé la police de la langue française.
    Tous les bureaux gouvernementaux ont dû faire des petits collants pour « franciser » les méchants appareils anglophones, comme les cafetières, micro-ondes, etc… Ils ont donc fait des collants pour rendre les « ON/OFF » des « MARCHE/ARRÊT », les « START » en « DÉMARRER » et ainsi de suite. Tu vois le topo !

    Désolé d’avoir déraillé totalement du sujet de ton article, mais à chaque fois que je parle de ça, je deviens un peu enflammé. Ça me révolte de voir ça dans une société de liberté supposément.

    Une excellente fin de journée à toi.
    Namasté 🙂

  3. Moi aussi je veux le faire ce tour du monde, mais pour ma part quelque chose m’en empêche, j’ai pas un rond… C’est bien beau de dire je vais faire le tour du monde, mais sans travail pas d’argent, pas d’argent pas de voyage. Et si on ne sait pas parler la langue universelle pas de travail ailleurs… Donc bon  » je vais faire le tour du monde » on oublie peut être derrière de dire « parce que je suis riche » c’est pas gratuit tt ça et si ça l’était les trois quarts des êtres humains sur cette planète le ferait et sortir du moule ce serait métro boulot dodo. Sinon ben bon voyage et profitez pleinement! 😉

    1. Hey Audrey !

      Je comprends tout à fait ton point, partir voyager n’est pas toujours une évidence pour des raisons économiques en effet. Ce que je voulais mettre en exergue dans mon article, c’est la façon dont le voyage comme mode de vie est vu, et montrer que les mentalités évoluent difficilement quant à la vision du voyage et plus généralement du nomadisme. Ce que je voulais aussi montrer c’est que, parfois, c’est le blocage psycho-culturel qui nous empêche de partir réaliser nos rêves.
      Ceci dit, comme je disais, ça n’empêche pas que ce soit malheureusement bien plus difficile d’accès techniquement (pour des raisons économiques souvent) pour des personnes comme toi. Moi j’ai eu la chance de bosser en Suisse. Enfin la chance, parce qu’en Suisse les salaires sont bons. Après, ça c’est pas fait tout seul non plus hein, j’ai postulé à énormément d’offres avant de trouver. Ensuite, dans ma vie quotidienne, je me suis fixé des objectifs pour pouvoir mettre de côté. Même si encore une fois c’était facilité par le fait de travailler en Suisse, il me fallait garder en tête mon rêve, c’était mon objectif numéro 1 pendant plus d’un an ! Sinon on se laisse entraîner par le quotidien, on veut profiter de son argent tout de suite et puis… le rêve ne se réalise jamais. Je sais que j’étais privilégié, mais sans objectif, pas de voyage ! Car c’est aussi vrai pour des salaires plus bas ! Bien sûr c’est moins confortable je le sais et en-dessous d’un minimum c’est plus dur de partir en voyage long terme. Mais ce que je veux dire, c’est que le principe est le même : le voyage doit être ton objectif premier.
      Je suis donc désolé si j’ai l’air d’un privilégié qui ne se rend pas compte de sa chance. Car je m’en rend compte. En fait pour résumer un peu, je dirais que pour partir voyager il faut un mélange de chance et de bon état d’esprit (se concentrer sur son objectif). Dans cet article, je voulais, encore une fois, m’attarder sur les blocages psychologiques et culturels autour du voyage et du nomadisme. Mais ce n’est qu’une partie des blocages car il est vrai que sans boulot, cela éloigne considérablement ce rêve.
      En tout cas tout ce que je peux te souhaiter c’est de trouver un travail !! Et te rapprocher de ton rêve de partir !

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